‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 135 sur 155 · SUR L'HISTOIRE · texte numérisé non relu

SUR L'HISTOIRE

productions dans les magasins publics, Ainsi le souverain recevait une partie de tout ce qu'il y avait d'utile et de précieux dans le pays, tant des productions naturelles de la terre que de l'industrie du peuple : ce que chaque particulier payait au gouvernement parait avoir été peu de chose. Corita, pour répondre à l’une des questions proposées par Philippe 11 à l'audience de Mexico, a cherché à estimer en argent la valeur de ce que chaque citoyen payait, et il ne le fait monter qu’à trois ou quatre réaux, c’est-à-dire quarante à cinquante sous.

NOTE 148, p. 696.

Côrtès, qui paraît avoir été étonné de ces ouvrages comme d'une preuve du génie des Mexicains, en donne une description particulière, « Le long de la chaussée, | dit-il, qui mène à la ville, on a pratiqué deux conduits, | composés d'argile mélée de mortier, larges d'environ | deux pas, sur six pieds de hauteur. Par l’un de ces conduits passe un courant d’eau excellente, du volume du corps d'un homme, qui va jusqu'au milieu de la ville, dont elle abreuve abondamment tous les habitans. Le second conduit n’est destiné qu’à y faire passer l’eau lors- | qu’il est nécessaire de nettoyer ou de réparer le premier. | Comsme ces conduits passent le long de deux ponts, aux ;

endroits où il y a des brèches à la chaussée par lesquelles | coule l’eau salée du lac, il y a des tuyaux de la grosseur d'un bœuf. L'eau est portée par des canots dans tous les | quartiers de la ville pour y être vendue aux habitans, (Relac. ap. Ramus., p. 241, À.)

NOTE 149, p. 696.

On voit dans l'arsenal du palais royal à Madrid, une armure complète qu'on dit avoir été celle de Montézuma. Elle est faite de plaques de cuivre fort minces et vernies. Les personnes les plus instruites croient que c’est un ouvrage oriental; ce qui paraît confirmé par les dragons qu'on voit sur les ornemens d'argent qui la couvrent | et dont le travail est infiniment supérieur à tout ce qu'a | produit l'art des Américains. 11 est probable que les Espagnols ont reçu cette armure des Îles Philippines. Le seul ouvrage incontestable des Mexicains que je connaisse en Angleterre, est une coupe d'or fin, qu'on dit avoir ap- | partenu à Montézuma. Elle pèse environ cinq onces et un |

demi-gros. On en présenta trois dessins à la Société des ! Antiquaires , le 10 juin 1765. D'un côté on voit la tête | d'un homme en face, de l’autre en profil, et du troisième par derrière. On dit que le relief a été fait en frappant | d’un poinçon le côté intérieur de la coupe, ce qui a pro- | duit la représentation de l’objet sur le côté extérieur. Les traits sont grossiers, cependant passables, mais trop mal dessinés pour être un ouvrage espagnol. Cette coupe fut achetée par Édouard, comte d'Oxford , pendant qu'il se trouvait avec sa flotte dans le port de Cadix , et elle appartient aujourd’hui au lord Archer, son petit-fils. Je dois ce délail à mon respectable et spirituel ami, M. Barrington.Dans le sixième vol. de l’Archéologie(p.107),on | a publié quelques renseignemens sur des casques de terre cuite trouvés dans un cimetière sur le continent américain, à environ soixante-dix milles de l'établissement anglais sur la terre des Mosquitos; on assure que ce sont autant de portraits de chefs ou de personnages distingués |

du pays. Les descriptions et dessins qui en ont été donnés achèvent de prouver l'état d'imperfection des arts chez les Américains.

NOTE 150, p. 698.

Le lecteur instruit s'apercevra facilement que je dois beaucoup, pour cette partie de mon ouvrage, à l’évêque de Glocester, qui a marqué avec autant d'érudition que de génie les progrès successifs qu'a faits l'esprit humain daus cette route. Il est le premier, je crois, qui ait formé un système raisonnable et plausible des différentes manières d'écrire des nations, suivant les différens degrés de leurs connaissances. ( Div. legation of Moses, Il, p. 69.) Le savant et judicieux auteur du Traité de la Formation mécanique des langues, y a ajouté quelques observations importantes { 1, p. 295, etc. ).

Comme les peintures des Mexicains sont un des plus cu: rieux monumens des premières méthodes d'écriture, il ne sera pas hors de propos de faire connaltre par queln moyens on les a préservées de l'oubli général dans lequel sont tombés tous les ouvrages de l’art en Amérique, et comment elles ont été communiquées au public. C’est à lttention du curieux observateur Hackluyt que nous en

| devons la première et la plus curieuse collection , publiée

par Purchas. Don Antoine Mendoza, vice-roi de la Nouvelle-Espagne, ayant jugé que ces peintures étaient dignes d’être présentées à Charles V, les envoya en Espagne ;

| mais le vaisseau qui les portait fut pris par un garde-côte

francais, et elles tombèrent entre les mains de Thevet,

géographe du roi, qui ayant voyagé lui-même dans le Nouveau-Monde et décrit une de ses provinces, recher- | chait avec soin tout ce qui pouvait jeter un nouveau jour

sur les mœurs des Américains. À sa mort elles furent achetées par Hakluyt, qui alors était chapelain de l’'ambassadeur d'Angleterre à la cour de France, et qui les laissa à Purchas, lequel les publia à la prière du savant antiquaire Henry Spelman. (Purchas,t. M, p. 1065.) Elles ont été traduites d'anglais en français par Melchisédech Thévenot, et publiées dans la Collection des Poyages en 1683.

Le second monument de l'écriture en tableaux des Mexicains fut publié en deux planches par le médecin François Gemelli Carreri. La première est une carte ou un

| tableau des progrès des anciens Mexicains lors de leur

première arrivée dans lepays, et des différentes habitations qu'ils formèrent avant d'avoir fondé la capitale de

| Jeur empire sur le lac de Mexico. La seconde est une

roue chronologique, ou un cercle qui représente la manière dont ils calculaient et marquaient leur cycle de cinquante deux ans. Le premier tableau fut donné à Carreri dans la ville de Los Angeles par le docteur Christova! de Guadalajora, et il reçut le second de don Carlos de Siguenza y Gongorra. Mais comme on croit aujourd'hui, js ne sais sur quelle preuve, que Carreri n’est jamais sorti de l'Italie, et que son fameux Giro del Mundo n’est que le récit d'un voyage supposé, je n'ai pas parlé de ces peintures dans le texte. Elles paraissent cependant manifestement des productions mexicaines ; elles étaient regardées comme telles par Boturini, qui était fort en état de juger si elles éiaient véritables ou supposées. Le style du premier de ces tableaux est beaucoup plus parfait que celui d'aucun autre ouvrage de dessin qu'on ait conservé des

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