RE DU ROI HENRI
clairement prouvé qu’ils doivent avoir été écrits après le meurtre du roi, et antérieurement au | mariage de Marie avec Bothwell, Mais comme | | | |
aucune partie de ma narration n’est fondée sur ce qui se trouve contenu dans les sonnets, et que d’ailleurs les critiques judicieuses auxquelles j'ai été contraint de me livrer dans cette dissertation ont peut-être déjà lassé la patience de mes | lecteurs, je me contente de renvoyer ceux qui désireraient à cet égard de plus amples rensei- &nemens aux Remarques sur l'Histoire d'Écosse, Chap. xx.
Après avoir ainsi exposé les preuves de part | et d'autre, après avoir examiné dans un si grand détail les différens Systèmes par rapport aux faits en question, on s'attend sans doute que je
l'engager à les remettre suivant le désir de sa majesté,
Ces jours passés J'ai travaillé à découvrir où pouvaient cire le coffre et les écrits ;:maîs sans le secours du prieur j'y aurais été furt ermbarrassé. Je vais à présent essayer de persuader Gowrie » et je vous donnerai avis du succès de mes démarches,
À Édimbourg , 13 novembre 1582,
Ayant appris que la cassette et les papiers mentionnés dans ma dernière étaient ci-devant parvenus en la Possession du comte de Gowrie, mais sachant aussi qu'il n'était Pas possible de se les Procurer et de les retirer de ses mains sans qu’il en eût Connaissance et qu'il y donnét son consentement , attendu que j'avais déjà pris les moyens les plus convenables Pour y réussir, mais sans aucun succès; j'ai pris le parti de m'adresser à lui-même, et je lui ai représenté que lesdits Papiers et cassette avaient déjà, sans doute, été remis À sa majesté, volontairement et par les offices de gens affidés, et que la remise de ces pa-
piers el cassette avait été faite à sa majesté avant que lui Gowrie les eût en sa &arde et entre ses mains. J’ajoutai que le sachant également affectionné à la reine, et disposé à faire ce qui pouvait être agréable à sa majesté, particulièrement en une chose qui la touchait aussi sensiblement, qui lui serait par conséquent fort agréable ; et qu'elle saurait aussi reconnaitre en princesse par des remercimens et des libéralités capables de donner, à lui Gowrie , toute sorte de salisfactions et de contentement,
je lui conseillais d'envoyer dès à présent ces choses
à la reine, et que j'aurais soin de les faire parvenir
| à 8a majesté, Je répétai ce qui pouvait faire concevoir ätt. | dit Gowrie les plus
grandes espérances de la libéralité de la reine, ce qui par conséquent était le plus analogue
au but que je me proposais. Il refusa d'abord de convenir que ces choses fa
lui dire par qui j'avais été instruit de cela, et si ce n'était point par les enfans du comte äe Morton. Je ne lui répondis sur cela ni oui ni non, et je me contentai de lui diee ;
qu’il pouvait bien venser que celui qui me l'avait dit était le prieur, qui était prêt à l'avouer, et qui trouvait bon
vais prononcer et dire mon sentiment. ya, selon moi, deux conclusions à tirer des faits :
dont je viens de faire le récit.
L'une est que Bothwell poussé par son ambi-
d'être cité, Ensuite il me dit, que quand mrême ces lettres seraient en sa garde, ce qu'il ne voulait ni nier ni avouer, il ne pouvait les remettre à qui que ce soit sans le consentement et la participation du roi, qui y était intéressé , et des seigneurs qui avaient formé cette entreprise contre la mère du roi, et qu'il devait les garder comme des preuves et pièces jusiificatives de cette action. Je lui ré-
pliquai que le procédé de ces seigneurs était pleinement |
justifié pour ce qui concernait la remise de la couronne faite au roi par la reine sa mère ; que cette cession de la couronne était établie, confirmée et fortifiée par des actes du parlement, et par d'autres actes el instrumens publics, en sorte que le fait ne pouvait souffrir ni contestation ni débats, et qu’il ne serait jamais nécessaire, pour justifier et autoriser cette action, de produire ces parchemins et papiers, lesquels devaient être remis à sa majesté et laissés entre ses mains, puisqu'ils lui avaient été destinés
avant que d'être mis en la garde de lui Gowrie ; mais il |
me fut impossible de l'ébranler et de le convaincre. Après bien des raisonnemens, il finit.par me dire que ni le comte de Morton ni aucun de ceux qui auraient ces papiers en garde , n'oseraient en aucun temps s’en dessaisir et les livrer ; que c'était la première fois que je lui avais park de cela ; qu’il serait charmé de répondre aux marques de confiance que sa majesté lui donnait, et de rempiir en même temps ses devoirs envers son souverain, et ses associés, par rapport à l’action ci-dessus : en conséquence qu'il chercherait lesdites cassette et lettres lorsqu’il serait de retour chez lui, ce qui serait dans peu, à ce qu'il croyait ; et que lorsqu'il les aurait trouvées, lorsqu'il aurait bien examiné la chose et qu'il s'en serait bien instruit , il rendrait une réponse positive. Tel est le résultat de ma négociation sur ce point ; et pour le présent, je n’ai pu rien faire de mieux que de m'en rapporter à lui sur l'attention qu’il devait avoir de donner à sa majesté des preuves de sa bonne volonté en agissant franchement et sans détour avec la reine, de manière à la confirmer dans la bonne opinion qu’elle avait conçue de lui, et à l'engager à lui donner de plus en plus des marques de sa bienveillance. Je ne cesserai point de le solliciter, soit par moi-même , soit par d’autres voies; mais je me méfie beaucoup du succès de mes démarches sur ce point. » A Édimbourg » 24 novembre 1582,
«J'ai encore tâté dernièrement le comte de Gowrie, pour obtenir de lui les lettres renfermées dans la cassette qui est entre ses mains. Je lui ai fait entendre que la reine d'Écosse était dans l'intention de publier que ces lettres avaient été forgées par ses sujets rebelles, et qu’elle cherchait ainsi à se les faire remettre, ou bien à les faire supprimer; que les moyens qu’elle emploierait, pour arriver à ses fins, seraient si forts et si efficaces, qu'il ne serait pas sûr de garder ces papiers dans le royaume ; que celui qui s'en trouverait chargé courrait de grands risques, et que lorsqu'il serait connu, on ue souffrirait certainement pas qu'il en restât en possession. Je lui ei exagéré les périls auxquels seraient exposés tous
DISSERTATION
tion, ou entrainé par l'amour, encouragé par l’aversion qu'il savait que la reine avait pour son mari, et comptant sur la violence de l'attache. ment que la reine avait pour lui-même, fit le
ceux qui seraient compliqués dans une pareille action, et lui en particulier, qui était actuellement connu pour avoir”ces papiers en sa possession, Je lui ai représenté lex avantages et la sûreté qui en résulteraient pour la cause en général, pour toutes les parties qui y étaient inté. ressées, et pour lui-même en particulier, si ces papiers étaient remis en bon état, et sous le secret, à la garde de sa majesté, afin qu’on pôût les avoir toutes les fois qu'on serait dans le cas d'y avoir recours, et pour que ces papiers et ceux qui y avaient intérêt fussent à couvert, sous la protection de sa majesté, des inculpations odieuses dont on pourrait les charger. Entin, je lui ai dit que s'il n’était point encore satisfait pleinement , et que s'il était dans le doute que ses autres associés voulussent consentir à remettre ainsi de bon gré et par les considérations cidessus les papiers à sa majesté, j'étais prêt à aller trouver ses associés, à entrer en conférence avec eux, et à lui procurer leur consentement sur ce point (chose néanmoins plus aisée à dire qu’à faire). Je finis par lui dire, que pour que le secret fût exactement gardé en cette affaire, pour le bien de la cause commune, et pour affermir et confirmer de plus en plus la bonne opinion que sa majesté avait conçue de lui, en acceptant de bonne grâce ce qu'elle lui proposait, il devait, sans aucun détour, et sans s'arrêter à de vains scrupules, confier ces papiers à la garde de sa majesté, attendu le bon usage qu'elle en ferait et les avantages qu'il en retirerait, Nous disputâmes long-temps sur le même ton, et il finit par me dire : qu’il voudrait donner positivement à sa majesté des preuves de son zèle, et faire ce qui pourrait lui étre agréable, pourvu qu'il pût agir sans offenser le roi son souverain et sans faire tort à ses associés dans le complot ; qu'en conséquence , il allait commencer à relire lesdites lettres et les examiner, prendre conseil sur la manière dont il devait se conduire, et voir comment il pourrait satisfaire et contenter sa majesté, et qu’ensuite il rendrait une réponse positive ; mais il déclara nettement, qu'après qu'il aurait trouvé et vu les écrits en question, il ne pourrait point les donner sans la participation du roi, Ce fut en vain que je voulus combattre le parti qu'il prenait d'informer de tout le roi son maître, avant que les lettres fussent remises à la reine ma maltresse, et que je cherchai à lui faire sentir le danger où il mettrait son parti en agissant de la sorte : je ne pus jamais le détourner d son plan. 11 pourrait arriver que Gowrie fût dans l'in tention d'aller, comme de lui-même, découvrir le tout au roi : ainsi je vais en conséquence travailler à obtenir le consentement du roi, à ce que les lettres soient confiées à la garde de la reine ma maitresse, et je crois qu’il sera plus aisé de réussir sur ce point auprès du roi, attendu l'amitié et l'affection qu’il a actuellement pour sa majesté la reine, que de gagner quelque chose sur ceux qui sont associés dans le complot, attendu que, parmi les principaux d'entre eux, quelques-uns sont et demeurent à la dévotion de la mère du roi. Cependant j'insisterai toujours auprès de Gowrie, pour qu'il fasse la recherche de la
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