N° II
Lettre de MAITLAND DE LETHINGTON!, ainsi adressée :
4 mon cher ami Jacques , pour étre remise à Londres.
J'ai appris, par la dernière lettre que j'ai r'éçue de vous, que discourant avec vos compatriotes eur le chapitre de l'Écosse , et sur les avantages qui pourraient dans la suite en résulter pour ce royaume, si présentement vous nous assistiez avec vos forces, vous trouvâtes une quantité d'avis vontraires, et de gens qui se doutaient qu’on ne trouverait point à la fin en nous des amis fidèles, et que nous n’étions point dans l'intention de persévérer dans une amitié constante, bien que nous le promettions, mais seulement pour éviter le danger présent, pour vous faire servir à nos desseins ; et après que nous serions délivrés, pour devenir ennemis comme auparavant. Pour preuve de quoi ils allèguent les choses qui se sont cidevant passées entre nous, et quelques présomptions tendantes au même but, et toutes fondées sur la méfiance; ce qui, à la première inspection, aurait quelque ombre d'apparence, si l'on ne pesait pas les circonstances de la chose, Mais si l’on veut comparer le temps présent et le temps passé, et considérer la nature de cette affaire et l’état de notre pays, je ne doute point que le jugement qu’on portera ne soit capable de bannir la méfiance. Et premièrement je désirerais que vous examinassiez les causes de l’ancienne inimitié entre les royaumes d’Angleterre et d'Écosse, et ce qui a porté nos ancêtres à contracter une alliance avec la France ; ce qui, par nos
historiens et registres d’antiquité, paraît être ceci. Les princes d'Angleterre, quelquefois alléguant une certaine espèce de souveraineté sur le royaume d'Écosse, d’autres fois pour faire montre de leur courage, ou bien provoqués par les incursions de nos habitans des frontières,
s Cette pièce est en Écossais,
temps-là entre nous, au moins lorsque nous avons été
et autres pareilles circonstances, entreprirent nlus’eurs fois de nous conquérir ; et ils firent de tels progr, . Lar la force de leurs armes, que nous fümes réduits aux ‘+rnières extrémités par la perte de nos princes, de “x nobles et d’une bonne partie de notre pays, en sorte que l'expérience nous apprit que nos propres forces étaient à peine suffisantes pour résister aux forces de !’Angleterre. Les Français, vos anciens ennemis, considér: nt que la nature nous avait placés avec vous dans une 1, £me Île, en sorte qu'aucune autre nation n’était aussi capable de molester l'Angleterre que nous, lorsque nous serions ses ennemis, cherchèrent à nous joindre à eux par une ligue, dans l'intention de détourner par ce moyen vos armées de l'invasion de la France, et de vous occuper chez vous à la défense de votre pays, c‘frant à cet effet de nous accorder quelques subsides à titre onéreux : et pour mieux concerter l’accomplissement de leurs desseins, ils choisirent, pour proposer la chose, un temps où la mémoire des injures depuis peu reçues de votre part était encore toute récente, et si profondément gravée dans nos cœurs que tous nos esprits n'étaient occupés qu’à chercher les moyens de nous venger et de nous renforcer nous-mêmes par l'appui de quelque prince étranger.
Tel fut le commencement de notre confédération avec la France, auquel temps nos chroniques font mention, que quelques-uns des plus sages prévirent le danger et le peu de fruit qui nous en reviendrait à la fin. Cependant l'affection aveugla si fort le jugement, que l'avis de la plus grande partie l’emporta sur celui de la meilleure, La plupart de toutes les querelles survenues depuis c@
les agresseurs, sont toujours arrivées par leurs intrigues plutôt que par aucune cause provenant de nous-mêmes ; et qui que ce soit qui ait rompu la paix, cela est venu en partie parce qu’ils ont attisé le feu, et en partie par le désir d'empêcher la conquête de ce royaume, qu'ils avaient envie de faire. Mais maintenant la providence de Dieu a tellement changé les choses, et les a même amenées dans une position tout-à-fait contraire : en sorte que, comme les Français avaient pris votre place à notre égard, nous, avec beaucoup de jugement, désirons d’avoir en leur place votre royaume pour ami. Nos yeux sont ouverts : nous observons combien ils ont été peu occupés de notre bien dans tous les temps; de quelle manière ils nous ont toujours fait servir à leurs intérêts; ils nous ont toujours attirés pour leurs propres avantages dans des voies dangereuses, et néanmoins ils ne se sont point abstenus bien souvent de contrevenir à la substance de la confédération, en faisant la paix, et nous laissant dans la guerre. Nous voyons que leur soutien, dans ces derniers temps, n’a point élé accordé pour aucune affection qu’il nous portassent, pour la pitié qu’ils eussent de notre état, pour reconnaitre l’amitié réciproque que nous leur avions montrée dans le temps de leurs afflictions, mais par ambition, et par là cupidité insatiable de régner et de faire de l'Écosse un accessoire du royaume « France. Ceci n’était point un office d'amitié, mais un office mercenaire; ils demandaient en cela une chose qui excédait la proportion de leurs bons offices : ils demandaient tout le royaume { pour la défense d'une partie, Nous voyons qu'ils entre- | prennent ouvertement ce que nous avions soupçonné de
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votre part : nous craignions que vous n'eussiez en vue la conquête de l'Écosse, et ils ont formé manifestement cette entreprise. Nous vous haïssions, parce que nous nous doutions que vous aviez contre nous de mauvaises intentions; et pourquoi les aimions-nous , pendant que, sous le nom d'amis, ils cherchaient à nous entraîner dans la plus basse servitude ? Si par votre soutien amical , au moment présent, vous voulez faire connaître que nonseulement vous ne cherchez pas la ruine de notre pays, mais que vous voulez en conserver la liberté et le préserver d’être conquis par des étrangers, toute occasion: d’inimitié avec vous et de ligue avec eux ne sera-t-elle pas supprimée ? les causes ne subsistant plus, comment les effets pourraient-ils exister ? La crainte d'être conquis nous a fait vous haïr et les aimer : la chance ayant tourné, lorsque nous les avons vus entreprendre ouvertement notre conquête, et vous nous montrer de l'amitié, ne devons-nous pas les haïr et vous favoriser ? Si nous avons montré tant de constance en persévérant pendant tant d'années en amitié avec eux, desquels nous retirions si peu d'avantages, qu'est-ce qui Pourra nous porter à rompre avec vous ? et de toutes les nations, quelle est celle de qui nous pourrions obtenir autant de bienfaits ? Mais, nous direz-vous, ces affaires peuvent se conci-
lier, et vous poufez alors devenir amis des Français autant que vous l'étiez ci-devant. Je pense bien que la paix est la fin de toutes les guerres, mais nous pouvons bien vous assurer de ceci, que nous n'aurons jamais assez de confiance en cette réconciliation pour consentir à oublier l'amitié de l'Angleterre, ni pour faire aucune chose qui puisse vous mettre en soupcon contre nous. Supposez que, pour leur plaire, nous voulions en aucun temps rompre avec vous, ne serions-nous pas, outre la perfe de l'estime et le discrédit qui en résulterait pour nousmêmes, continuellement dans le cas d'exposer notre république au danger le plus manifeste, et de devenir la proie de leur tyrannie ? Quelle est la nation qui pourrait nous aider si elle le voulait, et qui le voulût si elle le pouvait? Et il est assez apparent que, dans la suite, ils ne balanceront pas à prendre avantage sur nous, lorsque les chagrins et l’animosité auront jeté de part et d'autre de profondes racines , puisqu'on voit que l’ambition a pris tant d'empire sur leur raison » qu'avant que nous ayons fait aucune chose qui puisse les offenser , et pendant que nous avons, au contraire, cherché à leur plaire par toutes sortes de voies justes ou injustes, ils ne
‘se sont pointabstenus d'entreprendre la subversion totale
de notre état. Je voudrais que vous ne nous crussiez pas assez vides de sens pour que nous ne puissions pas prévoir notre propre danger , ni assez fous pour que nous ne voulions pas nous attacher par tous moyens honnêtes à conserver la chose qui peut faire notre sûreté, laquelle consiste à nous munir de votre amitié. Je vous prie de considérer si, dans les temps de vos princes de la plus noble mémoire, le roi Henri VII, et le roi Édouard VI ; lorsqu'on proposa des moyens d'établir l'amitié entre les deux royaumes , ce ne fut pas dans toutes les occasions la différence de religion qui seule empécha que ces moyens ne fussent adoptés, Les artifices de notre clergé, et le pouvoir de leurs adhérents » ne vinrent-ils pas à bout de déconcerter les avis les plus sages ? Mais maintenant Dieu, dans sa miséricorde, a ôté de notre chemin cette pierre d’achoppement : maintenant ces intri-
fués ne peuvent plus avoir lieu en aucune manitre, puisque nous sommes Parvenus à une conformité de doctrine et à professer la même religion que vous, ce que je regarde comme le lien d'amitié le plus fort qu'on. puisse inventer, Si l'on peut m’alléguer que quelques-uns de nos concitoyens ont, en de certains temps, violé leurs. promesses, qu'on pèse les circonstances , et l’on trouvera que les promesses avaient plutôt été faites par la nécessité , après une perte considérable de nos hommes, que formées de notre franche volonté ; qu’elles tendaient toujours à notre incommodité et à la décadence de tout notre état ; et que tel était le véritable esprit de leurs Promesses. Mais, dans le cas présent, le maintien de: notre liberté sera lié inséparablement avec l’observation. de la promesse , et le violement de notre foi nous préci- Pitérait dans la servitude la plus déplorable : si bien que quand même ni la crainte de Dieu , ni le respect humain , ni la religion » Ni le devoir, ni la promesse, ni l'honnêteté mondaine » ne seraient pas capables de nous lier, le zèle pour notre Pays natal, le maintieu de notre: propre état, le désir de sauver nos femmes et nos enfans de l'esclavage, nous forceraient à tenir notre promesse, Je suis assuré que de notre part, on est dans l'intention réelle et sincère de persévérer dans une amitié continuelle avec vous , et c’est ce qui sera manifesté par nos procédés. ‘si Vous en avez le même désir que nous, on pourra imaginer des assurances, au moyen desquelles toutes les parties seront hors de doute. Il ya de bons moyens pour établir cette amitié , et des instrumens très propres à cet effet. Les circonstances sont fa- Yorables : les habitans des deux royaumes la désirent ; Dieu a gravé de Part et d’autre , dans les cœurs des peuples, un certain concert permanent à ce sujet, et jamais, dans aucun temps, un si grand nombre de choses n'a Concouru tout à la fois pour en resserrer les nœuds. Les dispositions d'un petit nombre de gens, dont le Seigneur tient les cœurs dans sa main » Peuvent achever tout l’ouvrage. J'espère que Dieu, qui a commencé cette œuvre ; et qui l’a maintenue au-delà de l'attente des hommes : la portera à son degré de perfection.
Je vous prie de ne pas souffrir que vos gens perdont le temps à délibérer s'ils doivent ou non nous secourir, Voyant que la chose parle d'elle-même, et que vous devez prendre sur vous la défense de notre cause, si vous avez quelque égard à votre propre bien. Les préparatifs qu'ils font en France, et les levées d'hommes qu'ils font en Allemagne, choses dont j'ai eu dernièrement avis , ne sont Pas entièrement ordonnés contre nous, vous êtes le but auquel ils visent ; ils ne recherchent notre royaume que pour se donner par-là une entrée chez vous, S'ils diri. geaient ouvertement leurs hostilités contre vous, ils savent que vous seriez actuellement tout prèts à les recevoir. En conséquence ils cherchent, par des voies in. directes, à vous aveugler sur une chose qu'ils n'osent pas. maintenant eutreprendre ouvertement. Ils font semblant de nous envahir, afin qu'après avoir assemblé toutes leurs forces aussi près de vos frontières, ils puissent vous atta . quer à l’improviste. C’est une de leurs anciennes ruses de paraître aller dans un endroit pour arriver dans un autre. Rappelez-vous de quelle manière ils ont assaill Couverlement et emporté vos places aux environs de Boulogne, étant alors en paix avec vous comme ils y sont aujourd’hui, Je pense que vous n'avez pas sitôt perdu le
souvenir de l’entreprise de Calais et de la finesse avec laquelle cette expédition fut masquée. Prenez garde à la troisième,. et sachez par votre prudence prévenir leur politique. Si vous ne voyez pas qu'ils sont présentement dans de pareilles dispositions, vous ne voyez rien. C’est une ignorance grossière de vouloir s’aveugler sur une chose que toutes les nations aperçoivent clairement. Prenez garde de vous trouver dans la suite dans le cas de dire: «Si je l'avais imaginé !» parole messéante à être proférée par la bouche d’un homme sage. Cela vous est arrivé à l'improviste; cela que vous aviez généralement
souhaité, que ce pays fût séparé de la France ; et cela |
vous est arrivé de la manière la plus avantageuse pour vous, Car si, à votre instigation, nous avions entrepris cette affaire, vous auriez pu nous soupconner d’être des amis peu assurés, et qui ne seraient persévérans qu’autant que nous verrions le péril imminent. Mais maintenant que de nous-mêmes nous avons conçu la haine, étant provoqués par des injures particulières, et que leur mauvaise conduite envers nous mérite notre inimilié, ne dou-
guerre, plus vous devez croire que le temps est favorable pour vous. Si une pareille occasion se présentait aux Français contre vous, jugez avec quelle joie ils saisiraient ce moment, N’êtes-vous pas honteux de votre négligence, d'épargner ceux qui ont déjà concerté votre destruction s'ils en étaient capables? Considérez en vousmémes lequel il faut choisir, de faire la guerre contre eux , au dedans ou au dehors de votre royaume, Si pendant que vous dormez nous sommes écrasés, ils ne man queront pas de vous fouler dans votre propre pays, et de se servir de nous comme d’un marchepied pour avoir les yeux sur vous. Mais, diront quelques-uns, peut-êtr: ne songent-ils point à cela. C’est une folie de penser qu'ils ne le feront point s'ils en sont capables, puisque ci-devant ils n’ont point hésité à prendre vos armes et le titre de la couronne. Or, quelle différence y a-t-il à camper
| dans vos propres limites ou au dehors? C’est ce qu'il est
Lez pas qu'ils ne nous trouvent réellement leurs ennemis, |
puisqu'ils se sont comportés avec si peu de courtoisie envers notre pays, et puisque nous ne pouvons attendre de leur part que d’être réduits aux dernières extrémités, si jamais ils prennent le dessus. Ne laissez pas échapper cette occasion qui se présente à vous si heureusement. Si vous négligez de vous prévaloir de l'opportunité pré-
sente, et vous espérez qu’un jour un regard de bienveil- | lance viendra se reposer sur vous, il est à craindre que |
votre ennemi ne devienne trop grand et si fort, que dans la suite, lorsque vous le voudrez, vous ne soyez plus capable de le rabaisser; et alors, pour votre malheur, dans les temps à venir, vous reconnaîtrez votre erreur,
Vous avez senti, par expérience, les maux qui résultent |
de l’inadvertance et du trop de confiance aux promesses de vus ennemis. Nous vous offrons une occasion par la-
quelle vous pouvez réparer vos pertes précédentes. Que |
si vous la laissez échapper en souffrant que nous soyons subjugués, dites-moi, je vous prie, les Français se tiendront-ils de vous envahir sur vos propres frontières , puisque telle est leur soif de régner, qu’ils ne peuvent ni se contenter de leur fortune présente ni se tenir tran-
quilles, et être satisfaits lorsque la fortune leur est favo- !
rables mais qu’ils veulent toujours aller en avaut , ayant
conçu dans leurs propres cerveaux l’image d’une ausgi | grande conquête : que pensez-vous qui en sera le bulP |
Tout homme, quelque peu de jugement qu'il puisse avoir, ne sera-t-il pas capable de prévoir que toutes leurs forces seront portées contre vous ?
ll n’est point hors de propos de considérer dans quelle position les Français sont présentement. Ils ne sont pas toujours, chez eux et dans leur état, aussi tranquilles qu’on le pense ; et certainement ce n’est point leur grande aptitude pour la guerre qui leur à fait former cette entreprise, mais c'est plutôt une vaine confiance en leur propre politique, ayant pensé qu’ils ne trouveraient aucune résistance ; et ayant été trompés dans leur.opinion, c'est ce qui fait aujourd’hui le sujet de eur étonnement, Les états de l'empire ont, à ce qu’on m'a dit, demandé la restitution des villes impériales de Metz, Toul et Verdun, ce qui pourra donner aux Français quelque occupation : et toutes choses ne sont pas calmes en leur propre pays. Moins ils sont en état de faire actuellement la
aisé d’apercevoir. Si deux armées campaient dans votre pays, seulement pendant un mois, quoique vous n’en recussiez pas d’autre mal, cependant vos pertes seraient plus grandes que toute la charge que vous auriez à supporter en nous accordant votre secours, sans compter le déshonneur.
Ne souffrez pas que des hommes qui sont mal avisés, ou qui pour des considérations particulières ne sont pas bien affectionnés à la cause, vous engagent à nous refuser votre main secourable, en alléguant comme possibles des choses qui n’ont point de vraisemblance. Je conviens qu'il n’est pas impossible que nous recevions des coyditions de paix ; mais je vois peu d'apparence que nos ennemis nous fassent des offres qui puissent écarter tquie méfiance : et si nous avions voulu en accepter d’autres, nos affaires auraient été depuis long-temps accommodées. Ne vous laissez point persuader par ceux qui nous donnent le nom de rebelles, et qui veulent diffamer notre juste querelle par le nom odieux de conspiration contre notre souveraine, Ce sont les propres droits de son altesse que nous maintenons. C’est la liberté de son royaume que nous nous attachons à conserver au péril de nos vies. Nous ne som .:s pas, Dieu le sait, arrivés à ce point de libertinage, comme des gens qui ne peuvent pas souffrir le bon ordre ou qui veulent secouer le joug du gouvernement ; mais nous y avons été entrainés par la nécessité, pour éviter la tyrannie des étrangers qui cherchaient à nous priver frauduleusement d’un gouvernement légitime. Si nous souffrions que des élrangers vinssent paisiblement se porter dans toutes les forteresses de notre royaume, fortifier les ports de mer, et munir les places les plus importantes comme des moyens de faire une conquête aisée, notre souveraine étant mineure , et hors du royaume, ne serions-nous pas regardés comme peu soigneux du bien public, comme traitres à notre patrie, et comme de mauvais sujets, de sa majesté ? Quelle autre opinion sa majesté pourrait-elle avoir de nous? Ne pourrait-elle pas, dans la suite, nous demander compte de notre conduite comme à des ministres négligens? Si l'on souffre ainsi q''e des étrangers possèdent les principaux offices, et qu'ils aient toute l'autorité, qu’ils altèrent et pervertissent à leur gré n08 lois et notre liberté, le peuple ne nous regardera-t-il pas, nous autres nobles, comme indignes des places de conseillers? Nous n'avons, en aucune manière , intention de nous soustraire à l’obéissance de notre souveraine, de
manque rentes ( rien aut altesse, la succe times di Je vo l'amitié chée, Ce d’être de dont l'ir coup pl puissant:
olus, ve prince qu ‘erre en excessive aison de ‘iocre si royaume iertiie, es utilité, à de police de grand nous vou pas les ay sont offe ni à les él être en é d'autant | sérieusen notre ar réussir. | d’une lett vbservati sire que x preniez | chène, apr conseils q aux Athé grande af harangue:
vous pour conseil qu est en feu.
Le Sai
Fragment
Je ne ve que jai f, vous le r velte caust moitié des gager un plus forter grandeur i
le temps est Favosion se présentait quelle joie ils saihonteux de votre léjà concerté votre onsidérez en vous- > la guerre contre > royaume, Si pencrasés, ils ne man propre pays, et de hepied pour avoir ues-uns, peut-être lie de penser qu'ils es , puisque ci-deos armes et le titre > y a-t-il à camper sP C'est ce qu'il est mpaient dans votre quoique vous n’en yos pertes seraient vous auriez à suprs, Sans compter le
ui sont mal avisés, ulières ne sont pas agent à nous refunt comme possibles blance. Je conviens cevions des condirence que nos enssent écarter tauie accepter d’autres, G-temps accommopar ceux qui nous ulent diffamer no- Ix de conspiration propres droits de st la liberté de son conserver au péril u le sait, arrivés à ens qui ne peuvent ent secouer le joug s été entrainés par des étrangers qui went d’un gouverque des étrangers putes les forteresses de mer, et munir ne des moyens de iveraine étant mins-nous pas r'egarlic, comme traitres s sujets, de sa ma:
pourrait-elle avoir la suite, nous demme à des minisq''e des étrangers , qu’ils aient toute sent à leur gré n08 jous regardera-t-il ignes des places de manière , intention otre souveraine , de
manquer au respect qui lui est dù , de frauder les droits, rentes et revenus de sa couronne. Nous ne cherchons rien autre chose, si ce n'est que l'Écosse puisse demeure: comme ci-devant un royaume libre, gouverné par son altesse, et par ses ministres natifs du pays même, et que la succession de la Couronne demeure aux héritiers légitimes du sang royal.
Je voudrais que vous ne fissiez pas assez peu de cas de l'amitié de l'Écosse pour la juger indigne d'être recherchée, Ce ne sera pas pour vous un médiocre avantage d’être délivrés de l’importunité d’un voisin aussi proche, dont l’inimitié peut mettre le trouble chez vous, heaucoup plus que celle d'aucune autre nation deux tois plus puissante, et qui ne serait pas limitrophe avec vous. De ovlus, vous n'avez point à craindre l'invasion d'aucun prince qui n'aura pas la commodité de vous attaquer par ‘erre en passant par chez nous. Considérez les dépenses excessives que vous faites pour lés fortifications et la garaison de Bérwick , ce qui serait réduit à‘une somme mé- ‘“iocre si vous nous aviez pour amis; Vous savez que le royaume d'Irlande, qui par sa nature est un pays bon et sertie, est plutôt pour vous une charge que d’une grande utilité, à cause des troubles continuels el par le défaut de police; et que s’il était en paix vous pourriezen retirer de grands avantages. Vous n'iguorez pas les services que nous pourrions vous rendre pour le pacifier. Ne refusez pas les avantages, sans compter plusieurs autres quivous: sont offerts , lesquels, sans que je cherche à les amplifier ni à les étendre, aucun autre pays ne pourra: néanmoins être en état de vous en offrir depâreils: et vous devez d'autant plus les acceptér, que Vos ancêtres ont cherché sérieusement ; ét par toutes sortes de moyens, à obtenir aotre amitié, sans néanmoins avoir eu le bonheur d'y réussir. La matière m'a entrainé bien au-delà des bornes d’une lettre, et par conséquent après vous avoir fait cette ubservation, je veux cesser de vous importuner! Je dé: sire que vous et ceux qui sont versés dans les sciences preniez lecture des deux premières oraisons de Démoschène, appelées Olynthiaques, et que vous méditiez sur les conseils que ce sage orateur donna, dans un cas pareil, aux Athéniens ses compatriotes ; lesquels avis ont une si grande affinité avec nos affaires, que chaque mot de ces harangues peut être appliqué à notre objet. C'est là que vous pourrez apprendre de ce fameux orateur quel est le <onseil qu’on doit suivre lorsque la maison de vos voisins est en feu. Sur ce je vous dis cordialement adieu. Le Saint-André, le 20 janvier 1559,
N° NII.
Fragment d’une lettre de Tomas RANDOLPH au chevalier GUILLAUME CECIL.
Du camp devant Leith, 29 avril 1550,
Je ne veux aujourd'hui que m’acquitter de la prothesse que j'ai faile au comte de Huntly, qui m'a demandé de vous le recommander comme un homme qui favorise velte cause de tout son cœur et de tout son pouvoir, La moitié des discours qu'il m à tenus aurait suffi pour engager un homme sans expérience à parler en sa faveur plus fortement que je n'oserais le faire, Je laisse à votre grandeur à juger cet homme, qui ne vous est point in
connu, Quant à moi, je mesurerai mes idées sur son compte suivant ce qu'il méritera qu’on dise de lui dans le public. Ce n'a été qu'avec beaucoup de peine et à force de raisons persuasives qu'il s’est déterminé à signer avec les autres lords pour se joindre à eux dans cette action. Îl a promis par un serment-solennel, et avec une abondance de paroles, de faire tout ce qu’il pourrait inventer pour l'avancement de cette cause. Il prétend qu'il attirera beaucoup de gens dans cette affaire, et il assure que personne n’osera biaiser dans les choses doit ilse mélera. 11 a signé aujourd’hui une alliance entre l'Angleterre et cette nation ; et il dit que jamais chose ne lui a fait plus de plaisir.