‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 44 sur 155 · N° IV · texte numérisé non relu

N° IV

RANDOLPH à CECIL.

D'Édimbourg, 10 août 1480,

Depuis le 23 de juillet, date de ma dernière lettre à votre grandeur, je n’ai rien appris qui méritât de vous être mandé, J'ai l’honneur de vous écrire aujourd’hui pour vous dire que la plupart des nobles sont arrivés ici, ainsi que votre grandeur le verra par la liste de leurs noms.

| Le comte de Huntly s’est excusé sur un mal de jambe.

Son lieutenant actuel est le lord de Lidington, qui a été choisi pour orateur du parlement, ou harangueur, comme on le nomme ici. Les lords doivent prendre leurs séances au parlement jeudi prochain. Jusqu'à préserit, tous les lords qui sont ici ont concerté entre eux et arrangé quelques points qui doivent être proposés et envoyés, les uns en France, les autres en Angleterre. 11 leur est beaucoup plus aisé de trouver ces derniers que les autres. Il paraît presque déterminé que le maitre! de Maxwel et le seigneur de Lidington iront en Angleterre, et que Pitarrow et le clerc de justice iront en France, 8 ont aussi délibéré sur le choix des vingt-quatre, desquels les douze conseillers doivent être tirés. Ils ont intention d'envoyer incessamment en France le héraut Dingwall, avec les noms de ceux qui auraient été choisis, et de de

mander aussi le consentement du roi et de la reine pour la tenue de ce parlement. Ils ont délibéré sur les moyens de faire confirmer par l'autorité du parlement le traité avec l'Angleterre, et d’y faire ratifier les articles de l’accord fait entre eux et leurs roi et reine. Cependant ces choses n'ont encore été prises qu’en communication. Je ne doute point de la confirmation du traité avec l’Angleterre; car j'entends dire qu'il est agréé de plusieurs, comme le comte d’Athol, le comte de Sutherland, le lord Glamis, qui dina hier avec le lord Jacques. Le lord Jacques m'a demandé aujourd’hui de lui apporter la traité, Je compte aussi parler aujourd'hui au lord Graÿ de la part de notre lord Gray, parce que je lui ai entend@ promettre qu'il le signerait; et il l'aurait fait sur-lechamp si on avait pu avoir le traité. Pour prévenir tous les inconvéniens, et rendre la chose plus assurée, outre la ratification du parlement, dont je ne fais aucun doute, je voudrais que tous les nobles d'Écosse y missent leurs signatures et leurs sceaux, ce qui en ferait toujours nu monument recommandable, quand même Pacte du par.

1 Note di: Traducteur, On anvelle maître , en Écosse le fils aîné d’un lord baron.

lement serait dans la suite annulé. Si vous jugez donc à propos qu’on en écrive aux lords, pendant qu'ils sont ici présens à cet effet, ousi votre grandeur me donne des ordres plus précis de travailler sérieusement à cet objet, je ne doute point de la réussite. Si l'on pouvait aussi connaître, par des paroles précises, par des ordres effectifs de votre part, à quel point vous désirez la confirmation du traité, je ne crois pas qu'il fût fort difficile d’y parvenir. Le comte Marechal a souvent été sollicité de le signer, et il y apporte plus de délais qu’on ne l'aurait cru. Son fils me dit hier qu'il voulait me parler à tête reposée. Drumlanrick m'en a dit autant; je ne sais point à quel dessein. J'ai si bien fait que, lorsqu'on délibérait dernièrement sur les moyens de cimenter et perpétuer l'amitié entre les deux royaumes, le lord Jacques sollicita fortement le lord Marechal à cause du grand crédit de ce dernier : et que lorsqu'on vint à délibérer sur ce point, entre autres opinions qui furent proposées, quelqu'un dit qu'il ne connaissait point d'autre moyen que de réunir les deux royaumes, et des deux n’en faire qu'un seul; et que si l’on en avait quelque espérance, on ferait bien des choses qui sans cela ne seraient jamais accordées. Le comte d’Argyll exhorta le lord Marechal avec empressement de tenir ferme sur ce qu’il avait promis; et de plus il a ajouté que tout le crédit de ce lord et celui des rusés fripons de son conseil ne suffiraient pas pour traverser l'exécution d’un projet aussi salutaire. (J’ose répéter à votre grandeur les propres termes du comte d’Argyll.) Ce propos fut au gré de tous les assistans : je ne sais pas s’il en fut de même decelui à qui il fut adressé. Les barons qui ont été autrefois du parlement tinrent hier entre eux une assemblée dans l’église. Tout s’y passa honnétement et tranquillement. Ils convinrent de présenter une requête pour être rélablis dans leur ancien privilége d'avoir voix au parlement. Ils ont présenté aujourd'hui aux lords leur bill àcet effet. Je vous en enverrai la copie lorsque j'aurai pu me la procurer. On a pris leur démarche en bonne part, et on leur a fait une réponse honnête. On s’en est rapporté aux lords des articles, lorsqu'ils seront nommés, pour décider sur ce point.

(Ici est un long article concernant les fortifications de Dumbar , etc.)

Ce matin, 9 du courant, jai appris que les lords étaient dans l'intention d’aller au parlement, ce qui m'a faitretarder l’expédition de ma lettre, pour voir si je n'apprendrais rien qui méritât d'être écrit à votre grandeur. Les lords se sont assemblés à dix heure, au palais où le duc habite. De làils sesontacheminés vers le Tolbooth en cérémonie, et chacun ayant pris séance dans le même ordre où votre grandeur les verra. dans la liste ci-jointe, la couronne, les masses et l’épée furent déposées à la place de la reine. Après avoir fait faire silence, le lord Lidingion commença sa harangue, 11 débuta par des excuses de son insuffisance pour la place qui lui avait été confiée. 11 parla sommairement des choses passées, de l'obligation imposée à tous les hommes de défendre leur patrie, de demander à Dieu de leur envoyer les remèdes et les secours nécessaires dans des temps de nécessité, et d’en conserver dans le cœur toute la reconnaissance, Il écarta l'idée que plusieurs personnes indéterminées avaient

L Nota. Cette lacune est ainsi dans le texte.

conçue qu'il proposait une chose, et qu'il voulait en faire une autre. Îl avertit tous les états de mettre à part , tout ce qui regardait les particuliers, et de s’astreindre ! à se dévouer entièrement au service de Dieu et de leu. | patrie. Il les pria de se rappeler l’état où leur pays était depuis si long-temps par le défaut de bon gouvernement! et d'exercice de la justice. Enfin il les exhorta à l'union, à l'amitié cordiale entre eux, et à vivre les uns avec les autres comme les membres d’un seul corps. Il pria le Seigneur de maintenir la paix et l’union entre tous les princes, et particulièrement entre les royaumes d’Angleterre et d'Écosse, et d’y entretenir la crainte de Dieu ; et il finit. Le clerc des rôles se leva aussitôt après, et leur demanda à quelle affaire ils voulaient travailler. On jugea qu’il était nécessaire que les articles de la paix fussent confirmés d’un commun accord, parce qu'on pensa qu'il fallait les envoyer promptement en France pour en recevoir la ratification le plus tôt qu'il serait possible, Les articles ayant été lus, ils furent aussitôt agréés. On indiqua le jour pour les faire signer par un certain nombre de nobles qui y mettraient leurs sceaux, et pour les envoyer ensuite par un héraut, qui en rapporterait la ratification. Les barons dont je vous ai parlé précédemment, demandèrent une réponse à leur requête, sur quoi on leur fit quelques objections. Les barons alléguèrent en leur faveur la coutume et des autorités. 11 fut à la fin résolu qu’on choisirait six personnes qu’on joindrait aux lords des articles, et que si ce comité, après mûre délibération, trouvait cela juste et nécessaire pour le bien public, cela serait ratifié en parlement , et prendrait force de loi perpétuelle. Sur ce, les lords procédèrent aussitôt aux choix des lords des articles. L'ordre est que les lords ecclésiastiques choisissent les séculiers, les séculiers choisissent les ecclésiastiques, et la bourgeoisie choisit les siens. Le choix est tombé sur ceux que vous verrez dans cet autre papier ci-joint. Cela fait, les lords se séparèrent, et accompagnèrent le duc jusqu'au Bow (c'est le nom de la porte qui sort dans la grande rue). Plusieurs le suivirent jusqu’au palais où il demeure. La ville est toute en armes : les trompettes sonnent, et leur musique , telle qu'ils l'ont, se fait entendre. Je mande 4 votre grandeur tout ce que j'ai vu et entendu. ll n’y a d'ailleurs eu rien de remarquable dans les solennités, si ce n’est qu’anciennement les lordsavaient leurs robes de parlement, et qu'aujourd'hui ils ne s'en servent plus du tout,

Noms des comtes et Lords, ecclésiastiques el séculiers , assemblés en ce parlement.

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