‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 47 sur 155 · N° VIII · texte numérisé non relu

N° VIII

Lettre de RanpoLpu à sa grandeur le chevalier GUILLAUME CECIL, chevalier, premier secrétaire de sa majesté la reine.

Votre grandeur saura que le 7 du courant, Rowlet, |

secrétaire de la reine d'Écosse, est arrivé ici. I parle fort honnêtement de la bonne réception qu'on lui a faite, et il a apporté à la reine sa maîtresse, plusieurs lettres de France pleines de regrets et de lamentations. La reine d'Écosse a reçu de la reine-mère (de France) deux lettres; Y'une qui ne contient que la répétition de ses griefs, l'autre expose l’élat où la France était alors, de quelle manière les choses se sont arrangées, les moyens dont on a intention de se servir dans la suite pour apaiser la discorde qui y règne, et la persuasion où l’on est, que si l'on ne peut pas avoir raison de la reine d'Angleterre, on trouvera la reine d'Écosse prête et disposée à soutenir et défendre les droits de la France, ainsi qu'elle y est obligée par l'amitié et l’ancienne alliance établie entre les deux royaumes.

Votre grandeur apercevra le rapport de ces mots de la reine-mère avec sa conduite ; et cette reine écrivant en ces termes à la reine d'Écosse (ce que je puis certifier à votre grandeur ), vous connaitrez avec certitude que la reine d'Écosse n’omettra rien de ce qui pourra susciter des disputes et des démélés entre cette reine et sa majesté notre souveraine,

La reine d'Écosse elle-même a beaucoup réfléchi sur ces nouveaux témoignages d'affection de la part de la reine sa belle-mère, et sur ces deux longues lettres écrites de sa propre main, qu’elle a reçues : disant que depuis son retour eu Ce pays, elle n’à jamais reçu la moitié autant de lignes qu’il y en a dans uue seule de ces lettres. C'est ce que je puis attester, le sachant de la reine ellemême, et par d’autres relations assurées, et qui jusqu'ici ne m'ont point trompé, Je puis encore certifier à votre &randeur que la reine d'Écosse a dit qu'elle voyait à présent que l’amitié de sa majesté la reine, ma souveraine, pourrait lui être plus utile que celle de la reine sa bellemère en France ; et que comme elle désirait de se les Conserver toutes les deux, elle ne voulait point perdre l'une pour l'autre. J'ajouterai encore à votre grandeur, comme une chose très assurée, que toutes les fois que

l’occasion se présentera que la reine ait dans le cœur des sentimens qui éclateraient dans le temps, et qui feraient connallre qu'il y a eu quelques brouilleries entre elles, cela ne sera point aisément oublié, Dans les conversations que j'ai quelquefois avec elle, elle me dit, que la reinemère aurait dû se conduire différemment qu'elle ne l’a fait, et qu'elle doute fort du succès de ce grand désir au’a la reine-mère de gouverner seule, et que sa volonté soit faite en toutes choses. Voyant donc que ces deux reines sont en ces termes-là l'une avec l'autre, je pense qu'il est plus à propos d'entretenir la reine d'Écosse dans ces idées, que de dire un seul mot qui puisse lui en faire concevoir de meilleures de l’autre reine, Cependant je suis assuré que cette dernière recevra de la reine d'Écosse des effusions de cœur, des lettres aussi amicales et sur le méme ton que celles qu'elle lui a écrites. Savoir si la reine mère aura dit quelque chose au lord Lidington de ce qu’elle a écrit à cette reine-ci; c'est ce que j'ignore, Mais si cela est, je crois qu'il sera difficile que votre grandeur n'en découvre quelque chose au retour du lord, ou que peut-être je n’en aie quelque connaissance, La reine-mère se contentera peut-être d'écrire à celle-ci Pour voir la réponse qu’elle lui fera, ou pour connaître quels sont ses sentimens par rapport à sa majesté ja reine notre souveraine, La reine sait actuellement que le come de Bothwell a eu ordre de se rendre à Londres, Elle m'a envoyé un de ses gentilshommes pour m’en de-

| mander la raison. J'ai répondu que je n'en savais rien,

ai ce n’est que ceux qui l'avaient pris, avaient été en dispute pour savoir par qui il avait été pris, et que cela se. rait décidé là-bas. Je sais qu'elle est fâchée de ce qu'il n'a pas été envoyé en Écosse. Cependant s'il était ici, on est fortement persuadé qu'il y serait réservé pour de mauvaises manœuvres. Si le lord Lidington n’a pas été droit avec votre grandeur en ceci, il aura fait tort à tous ses amis d'ici, et bien plus encore à lui-même. Si jamais cet homme! reprend son crédit, ce sera un vautour dan

ce royaume, N° IX.

Harangue faite par GUILLAUME MAITLAND DE LETHINGTON, second secrétaire alors dans le parlement tenu par la mère du roi, notre souverain , relue alors de ce royaume, dans le temps du rétablissement de MATTHIEU , ci-devant comte de LENNOx.

Milords et autres ici assemblés, bien que par les choses qu'il a plu à sa majesté de vous déclarer très gracieusement de sa propre bouche, vous soyez déjà suffisamment informés du sujet de cette assemblée, cependant ayant commandement exprès de sa majesté de suppléer la place de milord chancelier, qui, comme vous le savez, vient de mourir, je me propose de vous faire observer les mêmes choses, en y donnant un peu plus détendue.

On sait que pendant la minorité de son altesse, on à instruit le procès de milord de Zennox, et prononcé contre lui une sentence de confiscation pour certaines offenses qu’on l’accusait d'avoir commises, et spécifiées dans l’acte de parlement rendu à ce sujet : pour raison de quoi il est en exit depuis si long-temps, et absent du pays de sa naissance. On a vu combien il est touché son sort par les requêtes qu'il a fait parvenir par diverses

1 Boihwell.

voies à « ptes hun moignag princesse très hun jesté d'us bénéfice porté sor ce seigne porte , l’I liens du 8 altesse , a:

demande d'Anglete:

poids. De naturel, à décadence l'avons ent vation et dans le cas versement occasion, j du lord de que sa bonr lui recomm sidérations lettres de r encore peri ployant les lésés par un et de dema travailler à :

bler aujourd dé son royau cisions, pro tions de sa n Lennox, sui royaume et | sions. Toutes vos délibérat vous venez d' cours si l'affs d'ajouter ene point étrange trer dans de] d'offenser son n'aime point Sans cela je se me paraissent tiun, Cependar d'oubli si je nc manière nous « dentes du bon vers (Ous ses gi de cette félicit Sous son heure &neur de nous parfaite harmor voirs entre le Comme nous s majesté de ja y étrangères, de |:

royauine et telle

L dans le cœur des ps, €t qui feraient lleries entre elles, s les conversations dit, que la reineent qu’elle ne l'a le ce grand désir , @t que sa volonté onc que ces deux c l'autre, je pense ‘eine d'Écosse dans puisse lui en faire ine, Cependant je le la reine d'Écosse i amicales et sur le riles. Savoir si la lord Lidington de st ce que j'ignore, difâcile que votre au retour du lord, > connaissance, La d'écrire à celle-ci ou pour connaitre rt à sa majesté ja ctuellement que le rendre à Londres, 1e8 pour m'en dee n’en savais rien, avaient été en disris, et que cela se.

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que par les choses er très gracieusedéjà suffisamment , Cependant ayant e suppléer la place le savez, vient de server les mêmes endue.

son altesse, on à ox, et prononcé »”n pour certaines ses, et spécifiées x : pour raison de ps, et absent du à il est touché venir par diverses

voies à sa majesté. Élles contiennent les soumissions les plus humbles et les plus convenabies, Elles rendent témoignage de $on parfait dévouement à sa majesté, sa princesse naturelle, et de son plus ferme attachement au très humble service de son altesse , s'il plaisait à sa ma-

jesté d'user envers lui de clémence et de le faire jouir du | de grâces, et lui rendant l’obéissance qu’un prince juste

bénéfice de sujet, Plusieurs considérations peuvent avoir Peut attendre de la part de sujets fidèles et soumis. Je ne porté son altesse à écouter favorablement la requête de parle point d’

ce seigneur : l'ancienneté de ga maison, le nom qu’il porte , l'honneur qu'il a d'appartenir à sa majesté par les | descendance qui liens du sang à cause de miladi Marguerite, tante de son altesse , ainsi que d'autres motifs déterminans, comme la demande effective de sa bonne sœur, sa majesté la reine d'Angleterre, dont la recommandation était d'un grand poids. De plus sa majesté est portée , par la bonté de son naturel, à avoir compassion des maisons qui tombent en décadence ; et elle aime beaucoup mieux , ainsi que nous l'avons entendu de sa propre bouche , favoriser et l'élévation et le soutien des anciennes Maisons , que d’être dans le cas de devenir l'instrument de la ruine et du renversement des bonnes races. Sa majesté a donc, en cette occasion , jeté un regard de bienveillance sur la requête du lord de Lennex. Elle a eu égard à la gracieuse lettre que sa bonne sœur la reine d'Angleterre lui a écrite pour lui recommander la cause de ce seigneur ; EL par ces considérations, non-seulement elle a accordé à Lennox des lettres de restitution par forme de grâce , mais elle lui a encore permis de se pourvoir en réhabilitation en employant les vaies accordées par la loi à ceux qui se croient lésés par un jugement quelconque irrégulièrement rendu, et de demander la révision de son procès, C’est pour travailler à cette affaire qu’il a plu à sa majesté d’assembler aujourd'hui, vous milords et messieurs les trois états dé son royaume , pour, Par vos avis, délibérations et décisions , procéder, ainsi que de raison , suivant les intentions de sa majesté, à l'examen des plaintes du lord de Lennox, suivant le mérite de la cause, les lois de ce royaume et les pratiques dbservées en de pareilles occasions. Toutes les choses qui sont aujourd'hui soumises à vos délibérations vous étant ainsi exposées par ce que vous venez d'enteñdre, je pourrais terminer ici mon discours si l'affaire dont il s'agit ne me donnait Occasion d'ajouter encore quelques mots sur un Point qui n’est point étranger au sujet , et sur lequel je désirerais d’entrer dans de bien plus longs détails, Mais je craindrais d'offenser son altesse : sa présence m'en impose. Elle n'aime point les longs discours ; elle déteste La flatterie, Sans cela je serais disposé à vous entretenir de choses qui me paraissent tendre à toute sorte de bien et de perfectiun, Cependant je pourrais être taxé de négligence et d'oubli si je ne cherchais Pas à vous rappeler de quelle manière nous devons considérer ceci, et ces preuves évidentes du bon naturel de sa majesté. Sa bienveillance en- Vers LOus ses sujets en général nous est un gage assuré de cette félicité à laquelle nous pouvons nous attendre | SOUS son heureux gouvernem at, tant qu’il plaira au Sei- &neur de nous la conserver : car Pour entretenir une parfaite harmonie dans la république , il faut que les devoirs entre le prince et les sujets soient réciproques, Comme nous sommes redevables à ja prudence de sa majesté de ja paix entretenue avec toutes les nations étrangères, d la tranquillité établie dans l'intérie r de « royaurne " tellement affermie , que je crois pouvoir

| firmer que tous ceux qui vivent aujourd'hui n’ont Jamais vu l'Écosse dans un plus grand calme ; il est de notre de-

mence, qui excelle sur toutes ses autres belles qualités, et d'abhorrer et détester les

majesté ; cela fera en même temps l'éloge des sujets , et il en résultera Pour nous tous qui sommes compris dans

Périls et troubles qui sont à craindre actuellement et à l’ave-

nir pour sa Majesté la reine d'Angleterre, et l’état de cœ

royaume , à l’occasion du Mariage de la reine d'Écosse avec le lord DARNLY.

Premièrement, les esprits de ceux qui sont attachés à la reinè d'Écosse, soit pour elle-même, soi

8 ont de ses prétentions à celte couronrie,

religion en ce royaume; soit pour raison de mécontentement de sa majesté la reine » d'inquiétude par rapport à sa Succession , d'appréhension de voir tomber cette suc-

tant au dedans qu’au dehors du royaume.

Les premiers sont ceux qui sont particulièrement attachés à la reine d'Écosse ou au lord Darnly par les liens du sang et par des alliances : premièrement » tous ceux des maisons de Lorraine et de Guise, partisans de la reine d'Écosse, le comte de Lennox et sa femme, et tous

Hamilton, Les autres sont cette espèce de gens, tant dans ce royaume qu'en d’autres Pays, totalement dé-

nn nc Mo PE

voués à la cour de Rome, et qui désapprouvent la religion nouvellement adoptée, Ces deux classes renferment tous ceux qui peuvent avoir de la satisfaction de ce mariage.

“ft encore considérer quelles espèces de troubles et de dangers ces sortes de gens peuvent susciter dans le royaume,

Premièrement, leur but en général et l'annonce de tous leurs désirs est, et a toujours été, de procurer à la reine des Écossais la couronne royale en ce royaume : et, en conséquence, bien que leurs délibérations pour arriver à ce but puissent varier entre eux, relativement aux circonstances des temps, et à l’occasion de divers empéchemens qu'ils peuvent rencontrer dans la bonne conduite et le bon gouvernement de sa majesté ia reine , il est certain néanmoins que tous leurs discours, menées, délibérations et actions, tendent uniqnement et entièrement à faire la reine d'Écosse reine de ce royaume, et à en déposséder la dame notre souveraine. Quant à leurs procédés , il y a deux façons de les apercevoir, et l’une est bien plus dangereuse que l’autre. La première est l'opinion de ceux qui, par un fanatisme de religion , ou par une affection naturelle pour la reine des Écossais et pour le lord Darniy, se persuadent que ladite reine des Écossais a dès à présent plus de droit à la couronne que la reine notre dame souveraine. Dans cette classe sont tous les parens de la reine d'Écosse et du lord Darniy, et Lous les gens dévoués au papisme, soit en Angleterre, en Écosse, en lrlande ou ailleurs. L'autre est suivie par ceux qui, avee moins de méchanceté, sont néanmoins persuadés que la reine d'Écosse est la seule qui, comme présomptive héritière de ce royaume, ait le droit d'y succéder à sa majesté la reine et à sa postérité. Il y en a peu de cette classe hors de ce royaume, ils sont au dedans; et s’il y en a au dehors, il est au moins certain que le nombre de ceux qui suivent l’autre opinion y est bien plus considérable : et c’est de ces deux sortes de gens que viennent toutes les menées et pratiques dangereuses. Voici les périls qu'on peut envisager de la part de ceux qui pensent que la reine d'Écosse a dès à préseut un droit réel au trône d'Angleterre. ?remiérement , il west pas douteux qu'il n’y en ait parmi eux plusieurs possédés du démon au point d’oser attenter à la vie de la dame notre chère souveraine, par tels moyens que le diable pourrait leur suggérer. Cependant il y a certainement lieu d'espérer que le Tout-Puissant, qui a veillé jusqu’à présent à la conservation de ses jours, la préservera de pareils dangers. Secondement, ils chercheront

par des insinuations , des rumeurs , des faux bruits, et autres pareilles meuées, à aliéner les esprits des bons sujets de sa majesté la reine, et à les disposer en faveur de la reine d'Écosse ; et par ce moyen les frontières et la partie septentrionale de ce royaume seront inquiétées et troublées. Troisièmement, on suscitera des causes de tumultes et de rébelliuns, particulièrement dans la partie septeniriouale, vers l'Écosse, en sorte qu’il pourra en résulter des voies de fait entreprises à force ouverte. Quatrièmement , le conseil et les amis de la reine d'Écosse pourront faire avec la France et l'Espagne quelque ligue nouvelle offensive contre ce royaume et favorable au titre de la reine d'Écosse : et ainsi il est vraisembiable qu'ils entretiendront autant de pratiques qu’il sera possible, tant sur les frontières qu'en lrlande, pour couti-

nuer et multiplier les affaires et dépenses de sa majesté la reine dans ce pays, pour y diminuer sa force et sa puissance : ils feront jouer tous les ressorts imagrinables pour sowtenir de telles entreprises, et on ne les verra jaais se relâcher sur ce point,

Quant à la seconde classe de ces gens, qui ne favorisent la reine d'Écosse que par rapport à son titre de présomptive héritière de sa majesté la reine, il n’y a pas beaucoup de chuses à craindre de leur part, Ils seront contents de voir que sa majesté la reine vivra dans le cé. libat, Hs chercheront à mettre des empêchemens à son mariage; ils fonderont des espérancos sur la postérité de la reine d'Écosse : ils regarderont cet événement comme une chose avantageuse à tous, parce qu’il opérerait la réunion des royaumes d'Angleterre et d'Écosse, et que les occasions de guerre cesseraient entre ces deux royaumes. Ces raisonnemnens séduiront une infinité de gens, et les entraineront dans le parti de la reine d'Écosse,

Remèdes contre ces dargers.

DuPLicATA.

Sommaire des délibérations et avis donnés par les dords et autres du conseil privé , recueilli des divers discours et propos desdits conseillers.

Le lord garde du grand sceau, M. le contrôleur, Le lord grand trésorier, M. le vice-chambel- Derby. lan.

Les comtes de | Beüford. M. le secrétaire.

Leicester, Cave, Le lord grand-amiral. Peter. Le lord graud-chainbellan. Mason.

Deux questions proposées.

Premièrement, les dangers qui pourraient résulter pour sa majesté la reine et pour son royaume, du mariage de la reine. Secondement, ce qu'il conviendrait de faire pour prévenir ces dangers où pour y remédier,

Quant au premier point.

Les dangers qui sont en grand nombre et de diffé rentes espèces furent réduits à une seule espèce par quelques-uns des conseillers.

Premièrement, que ce mariage de la reine d'Écosse, qui n’est pas encore fait, peut séduire un grand nombre de gens et des meilleurs sujets dans ce royaume; qu'l peut aliéner à sa majesté notre souveraine le cœur de st sujets, et les détourner de leurs obligations envers à majesté, et de leurs devoirs fondés sur les lois de la na ture; que ces bons sujets, séduits, fonderont des es pérances sur ce mariage d'Écosse, qu'ils regarderod comme un moyen d'établir la succession des deux couronnes dans la postérité de ce même mariage, et qu'ils favoriserunt en conséquence toutes inventions, menées et pratiques qui pourront tendre à l'avancement de la reine d'Écusse.

Secondement, qu’en considérant que ceux qui favorisent le mariage du lord Darnly se fondent principalement sur la confiance qu’ils mettent dans les papistes, lesquels regardent ce mariage comme le seul moyen qui leur reste de rétablir la religion de Rome, il est aisé d'a percevoir que, Lant daus ce royaume que dans celui

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d'Écomse , les papistes favoriseront, avanceront , soutiendront de tout leur pouvoir ce mariage du lord Darniy ; et que pour l'avancement de leur faction en fait de religion, ils inventeront toutes sortes de moyens, ils feront jouer tous les ressorts possibles dans l'intérieur de ce

royaume pour troubler les états de sa majesté la reine, et la paix de son royaume, et pour arriver par la force 4 l'accomplissement de leurs desseins, plutôt que de les voir échouer,

Cependant, eomme les dangers résultant du mariage en question de la reine d'Écosse ont en effet plusieurs branches, quelques autres conseillers les présentent, mais sous un autre point de vue, comme étant de deux sortes, qui, néanmoins, sont de nature à ne pouvoir être aisément divisées, et qui ont, au contraire, entre. elles une telle connexité, qu'elles viennent nécessatrement à l'appui l’une de l’autre.

La première était que, dans ce mariage avec le lord Darnly, on apercevait clairement l'intention de favoriser le prétendu titre de la reine d'Écosse, non-seulement celui de succéder à sa majesté la reine , que la reine d'Écosse avouait sans manquer aux devoirs de l'amitié, mais méme celui de s'emparer des états de la reine , ce qu’elle avait déclaré ouvertement lorsqu’elle était en pouvoir de k faire.

La seconde était que, par ce mariage, la religion romaine serait favorisée en ce royaume et y ferait tous les jours de nouveaux progrès, Or ces deux points sont tellement unis, que le soutien du titre est fondé sur le progrès de la religion romaine en ce royaume ; et réciproquement, le progrès de cette même religion est fondé sur le titre de la reine d'Écosse en Angleterre : sans quoi ee titre ne serait fondé sur rien.

Preuves de la première sorte de dangers.

Pour prouver que de l'assertion du titre de la reine d'Écosse au trône d'Angleterre il doit nécessairement en résuiter des troubles à sa majesté la reine notre souveraine , il est à propos de considérer que les intentions et la volonté de quelque personne que ce soit se manifestent bien davantage lorsque son pouvoir est plus grand ; et qu’au contraire, lorsque ce pouvoir est resserré dans des bornes plus étroites, les intentions et la volonté de cette méme personne sont cachées, elle craint qu’on ne les aperçoive, C’est ainsi qu'on a vu la reine d'Écosse, devenue plus puissante par son mariage avec le dauphin de France, manifester ce qu’elle avait dans l'âme; elle et tous ses amis employer ouvertement tous les moyens qu’elle pouvait inventer pour inquiéter et déposséder sa majesté la reine : d’abord, en prenant publiquement dans les écrits le titre de reine d'Angleterre; ensuite, en accordant des chartes, patentes et commissions conçues dans le même style, munies du sceau d'Angleterre uni à ceux de France et d'Écosse, chartes qui sont encore existantes. Et pour parvenir à l'exécution de ses desseins, on sait les préparatifs de guerre qui ont été faits, les troupes qui ont été envoyées en Écosse, et celles qui ont été rassemblées dans les pays étrangers. On sait la paix honteuse que fit la France avec le roi d'Espagne, Philippe, pour pouvoir employer toutes les forces de la France, et exécuter à force ouverte des projets que la divine Providence et la puissance de sa majesié la reine ont fait échouer. Et lorsque ensuite Ja fortune et le pouvoir de !a

reine d'Écosse furent changés'par la mort de son mart, elle commença à jeter plus d'obscurité dans ses démarches. Les commissaires de la reine d'Écosse avaient signé un traité à Édimbourg pour restreindre tous ces titres, prétentions et réclamations. Cependant la ratification de ce traité a été jusqu'ici éludée par des ruses et des délais affectés, Aujourd’hui » aussitôt qu'elle commencera à sentir son pouvoir, elle recommencera à agir à découvert , et ses amis et alliés, considérant les fautes qui ont été précédemment commises, se corrigeront par l'exemple du passé, et procèderont essentiellement à l’accomplissement de ses desseins, Quelques-uns des conseilters pensaient et déclarèrent qu'on avait plus à craindre du mariage avec le lord Darniy, sujet de ce royaume , que d’un marage avec le prince le plus puissant au dehors ; que, par ce mariage, Darnly, né sujet d'Angleterre, et qui pour raison de sa religion, ou par d'autres considérations, s'y est fait un parti, augmenterait, la force en main et aux dépens de la puissance de ce royaume, tout le crédit et l'autorité qu’il pourrait acquérir, soit par la faction des papistes, soit par la menée des Anglais mécontens, et qu'il viendrait peut-être à bout de se soustraire à la puissance de ce royaume; mais que, par un mariage avec un étranger, la reine d'Écosse ne pourrait point être assurée d’avoir aucun parti dans ce royaume. Si bien que, par ce mariage du lord Darniy, la reine d’Écosse réunirait, pour l'exécution de ses projets, son propre pouvoir et les efforts des ennemis que nous nourrissons dans le sein méme de la patrie, et qui, quoiqu’en petit nomwre, sont plus à craindre que trois fois autant d’ennemis au-dehors ; car, disaient ces conseillers , l'histoire nous apprend par une infinité d'exemples que les puissances étrangères n’ont jamais prévalu en ce royaume sans avoir eu des intelligences au dedans, On observa encore que, même avant qu'il fût question de ce mariage, on s'était aperçu que la faction qui favorisait le plus le titre d'Écosse avait levé la tête, avai manifesté son audace dans tous les coins du royaume, avait parlé hautement en celte cour, dans le palais et jusque dans les antichambres, et qu'ainsi il n’était pas possible, à moins qu’on ne prit sur ce des précautions promptes et assurées, que par ce mariage et par les pratiques de ceux qui le favorisaient, cette même faction ne fit en peu de ternps de grands progrès, et qu’elle ne devint si puissante et si dangereuse qu’il ne resterait presque plus aucune espérance de la réprimer. On se rappela à cette occasion que dernièrement, en parcourant les juges de paix. dans toute l'étendue du royaume, on en avait à peine trouvé un tiers sur lesquels on pût compter en matière de religion : trame sur laquelle s’ourdissent tous les fils qui soutiennent le titre de la reine d'Écosse à la couronne d'Angleterre ; et l'on peut bien penser que le comte de Lennox et ses amis sont plus au fait qu’on ne le croit de celte circonstance , qu’ils savent s’en prévaloir actuellement en Écosse , et que leur parti est devenu si considérable en Angleterre que sa majesté n’oserait entreprendre de s’opposer à ce mariage. Telle fut, en gros, l’exposi-. tion des dangers du mariage de la reine d'Écosse avec Darnly. Mais on s'étendit encore beaucoup plus sur cette matière. On la mit dans le plus grand jour, et on la rendit si claire par une infinité de démonstrations, que persocne, dans le conseil, ne put nier que celte affaire ne fôt €ntourée d’écueils en grand nombreet très dangereux.

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Seconde question.

1 s'agissait dans cette consultation de savoir ce qu'il convenait de faire pour éviter ces dangers, ou du moins pour détourner le dommage qui pourrait en résulter pour le royaume. On entra à ce sujet dans de grands détails. On proposa une foule d’avis différens, lesquels néanmoins furent réduits à trois chefs par quelques-uns des conseillers.

Le premier, qui tout d’une voix fut jugé nécessaire, qui fut regardé comme la chose la plus importante et la seule qui pôt efficacement remédier à tous ces dangers et à plusieurs autres, comme une chose enfin sans laquelle il n'était pas possible de trouver aucun autre remède efficace et suffisant, ce fut d'obtenir de sa majesté la reine de consentir à se marier, et de n’y point apporter de longs délais.

Le second fut de favoriser efficacement les progrès de la religion, d'en établir et cimenter le culte tant en Écosse qu'en Angleterre ; et de diminuer, affaiblir et anéantir le culte de ia religion contraire.

Le troisième était de prendre diverses mesures , soit pour rompre et déconcerter le mariage projeté , ou bien au moins pour faire en sorte que ce mariage ne fût point aussi préjudiciable à ce royaume qu'il pourrait l’être si l’on ne prenait pas ces précautions.

Le premier n’était susceptible d'aucun détail. 11 se réduisait à montrer à la reine un désir sincère et très empressé, à lui faire de très humbles supplications, à adresser des prières au Tout-Puissant, des avis et des conseils à sa majesté la reine pour l’engager à ne pas différer plus long-temps un mariage qui reléverait les espérances des bons sujets de ce royaume, lesquelles seraient alors fondées sur sa majesté et sur des enfans procréés de son corps; seul moyen pour assurer, à quelque personne que ce soit, la continuation de sa famille et postérité, et la jouissance de ce qui, sans cela, ne pourrait point lui advenir.

Le second, concernant la religion, et dans lequel la politique et la vérité se trouvaient réunies, donna lieu à quelques détails.

Premièrement , attendu qu'en dernier lieu les adversaires de la religion en ce royaume ont pris occasion d'étendre et de fortifier leur faction. tant en Angleterre qu’en Écosse, et au dehors en publiant et faisant espérer que la religion serait bientôt changée en ce royaume, attendu que les évêques, par le commandement de sa majesté la reine, avaient depuis peu traité réellement avec quelques personnes de Ja bonne religion, à l’occasion de la défense par eux faite de porter certains h2bits, et autres choses pareilles qui ne sont que de simpies accidens, et qui tiennent plus à la forme qu'au fonds de la religion : d'autant qu'il est notoire que sa majesté n’est point dans le dessein d'encourager ses adversaires, mais seulement d'entretenir une uniformité

tant dans les choses extérieures que dans la substance de ja religion, et qu’elle n’a même aucune intention de fre aucun changement en la religion, ainsi qu’elle est établie par les lois; on jugea tout d'une voix qu'il était très nécessaire, pour réprimer l’orgueil et l’arrogance des adversaires, de leur faire notifier int"ectement, par des lettres particulières de sa majesté, adressées aux deux archevéques, que ce commandement ci-dessus de

sa majesté n’avait pour objet que d'entretenir une uni. formité et non pas de donner lieu à qui que ce soit de

. mal interpréter ses intentions, étant fortement détermi-

née à maintenir la forme de sa religion telle qu'elle es établie, et à punir ceux qu’ oseraient en violer les toig Et par rapport à ces points, quelques-uns demandérent qu’il plût à sa majesté d’ordonner aux archevêques, que s’ils voyaient que les adversaires cherchassent les occasions de fortifier leur faction, ils prissent en ce cas-l le parti de la modération, jusqu’à la prochaine assemblée du parlement, auquel temps on aviserait aux moyens d'établir le bon ordre, l’uniformité et la décence dans toutes les cérémonies dont la gravité et l’uniformité doivent être entretenues parmi le clergé.

Le second moyen fut, que les ci-devant évêques qui refusent de reconnaitre l'autorité que sa majesté la reine a sur eux conformément aux lois, et qui ont été dernié. remenc cispersés, dans un temps de peste, en divers endroits hors du royaume, où l’on sait qu’ils ne cessent de grossir leur faction, seraient de nouveau renfermés en la Tour , ou dans quelqu'autre prison, où ils ne ge. raient point dans l’occasion de séduire et de soulever les sujets de sa majesté la reine, ainsi qu’ils le font journel. lement.

Le troisième moyen fut, que dans le cas où les évêques porteraient des plaintes, et diraient qu’ils n'osent point exécuter les lois ecclésiastiques pour l'avancement de là religion, dans la crainte de l’'emprisonnement dont les juges et les anciens de ce royaume, malintentionnés pour la religion, ne cessaient de les menacer, et ne manquaient aucune occasion de les pincer et détériorer; en ce cas-là on donnerait, de la part de sa majesté, aux. dits évêques, une autorité convenable, et qu’ils la con serveraient autant qu'il plairait à sa majesté.

Le quatrième fut, qu'attendu qu’on voyait tous les jours paraître en Angleterre des livres obscènes, extra. vagans, et contraires aux lois, apportés d’au-delà des mers, reçus, lus et conservés ha: uiment, surtout dans la partie septentrionale du royaume, séduisant un grand nombre de bons sujets, licence et témérité qui n'avaient jamais été tolérées sous le règne d'aucune autre souveraine, il était à propos de donner des ordres sévères pour éviter de pareilles choses, et de charger les juges d'examiner en quelle classe on placerait ce crime: de favoriser le débit des livres directement opposés à l'auto. rité de sa majesté, tendans à soutenir un pouvoir étran ger, et manifestement contraires aux lois du royaume.

Le cinguième était, qu'un grand nombre de moines, de religieux et autres fainéans de cette sorte, étant sortis de l’église, et étant employés en Angleterre, particuliérement dans la partie septentrionale, à desservir les églises en qualité de curés; toutes ces espèces de gens, dont la conduite ne serait pas trouvée honnête et con forme aux lois, seraient bannis hors du royaume, d'autant qu'il paraît qu’ils ne sont propres qu’à exciter dei séditions dans le royaume en divers » adroits, et qu'is cherchent actuellement à faire rehausser leurs actions.

Le sixième était, que plusieurs personnes qui avaieni des biens ecclésiastiques, résidaient de l'autre côté de la mer, et de là cherchaient à entretenir la sédition dans le royaume ; que, pour l'avantage du royaume, ces biens seraient mieux entre les mains des bons sujets,

Le septième était, que les juges du royaume ayant

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