‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 46 sur 155 · N° VII · texte numérisé non relu

N° VII

Lettre de RANDOLPH à $5a grandeur le chevalier GuiLrLAuMe Ckoiz , chevalier, premier secrétaire de sa majesté la reine,

Depuis ma dernière jusqu’à l'arrivée de M. La Croch, je n’ai rien et qui méritAt d'étre Mandé à votre frandeur. Avant sa venue nous avons eu si peu de choses qui méritassent attention, que nous avons passé

tout notre temps en fêtes, en festins, Mascarades, cour- 8e de bagues, et autres choses pareilles, La Croch a ap porté un si grand nombre de lettres, une telle abondance de nouvelles, que pendant trois jours nous n'avons fait que'lire des écrits et entendre des contes, et la plupart si fidèlement rendus, qu'on peut les comparer à tout ce que Lucien à écrit de Peris harrationibus, Parmi toutes

à voire grandeur comme un fait indubitable, c’est que le cardinal de Lorraine, étant chez l'empereur, a parlé du mariage entre le duc d'Autriche, le plus jeune des fils de l'empereur, et la reine d'Écosse. Le Cardinal a si bien manœuvré, qu'il en est déjà venu à ce point, que si la reine approuve la chose, le duc enverra sur-le-champ son ambassadeur , et procèdera à Ja Consomimation de cette affaire avec toute la diligence possible. Et pour que les intentions de la reine soient mieux connues, La Croch est envoyé vers elle de la part du cardinal , Qui a promis à l’empereur d’avoir la réponse avant la fin de mai, La Croch, par cette raison, € tient prét à partir, et on écrit ses dépéches jour et nuit. La reine, avertie d'avance des dispositions du duc d'Autriche, a cherché de loin à connaître le sentiment de milord de Murray sur cette affaire ; mais elle n’a jamais été traitée ouvertement avec lui et de manière à lui faire connaitre ce qu’elle pense et quelles sont ses inclinations. Elle n'a pris conseil de personne, que de cet homme qui est arrivé dernièrement. Il est certain que jusqu’au retour de lord Lidington, elle fera ce qu’elle Pourra pour garder le secret ; et comme en l’absence de ce lord on ne peut pas prendre de résolution sur ce point, elle renverra cependant La Croch avec une demande pour avoir plus de temps pour délibérer. Ensuite elle se propose déterminément de donner avis de ses intentions au cardinal son oncle. Cette affaire a été communiquée au lord Lidington. Je ne sais point si cette communication s'est faite par des intelli- &ences avant son départ pour la France ou depuis son arrivée en ce royaume. La reine et lui se sont écrit plusieurs lettres. Les moins importantes ont été montrées à quelques personnes, Ce qui était en chiffre est resté entre eux deux. Savoir si le lord Lidington a été en conférence sur cette affaire avec l'ambassadeur d’Espagne en Angleterre, je m’en rapporte aux inoyens que votre Grandeur jugera à propos d'employer pour avoir exactement connaissance de ce fait. Dans une matière de cette importance, je me reprocherais de vous donner pour des vérités, des conjectures et des présomptions. Votre Grandeur peut regarder comme certain que l'empereur, en offrant son fils, a proposé pour le douuire de la reine le comté de Tyrol, qui rapporte, à ce qu’on dit, trente mille livres par an. Le Rhingrave a aussi écrit, il n’y a pas long-temps, une lettre de France à la reine sur celle affaire, C’est tout ce que je puis écrire présentement à ce sujet à votre grandeur : si d’autres choses ve. naient à ma connaissance votre &randeur en sera informée,

J'ai reçu des lettres de votre grandeur par un Écossais qui est venu dernièrement dans ces cantons. 11 à apporté aussi des lettres de lord Lidington pour la reine d'Écosse. Elles étaient d’ancienne date, et ne contenaient que des nouvelles de France. J'apprends de divers endroits que Neubaven est serré de près. Mais je suis au fait du caractère de ces gens-là, et je sais qu’ils ne se

vanteront que de ce qu'ils pourront faire , et je me donferai bien de garde de leur appliquer le proverbe : Canis timidus fortits latrat. En conséquence je les assure, que quelque mesures qu'ils prennent, quelque pitoyables que soient leurs gémissemens, ils recevront peu de consolation de tous leurs alliés. Nous sommes nous-mêmes tous les jours dans le doute de ceux de l'amitié desquels nous pourrions avoir besoin , à moins que nous ne metsions plus d'ordre que nous n'avons fait parmi nos papistes mal morigénés, ou que nous ne trouvions le moyen de nous débarrasser d'eux.

Ce matin, 15 de ce mois, la reine est partie de cette ville et s’est acheminée vers Édimbourg. Si j'ai quelque us cutendrez bientôt parler de quelque plaisaute à o de l'archevêque de Saint-André. Mercredi prochain 1] doit être assigné, et cinq autres prêtres, pour avoir dit la messe aux dernières fêtes de Pâques. Sur ce, je prends très humblement congé de vous.

Ce 15 mai 1568,

M eut

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