N° XX
Lettre d'Angleterre au sujet du meurtre du roi Henri DARNLY.
Trouvant l’occasion du départ de M. Clark , j'ai jugé à Propos de vous écrire par lui ce peu de mots. J'ai reçu Plusieurs lettres de vous » €t j'en ai vu dernièrement quelques-unes que vous avez écrites à d’av tres, comme, Par exemple, celle au comte de Bedford du 16 mai. J’en ai communiqué le Contenu à ceux à qui j'ai cru qu’il était à propos d'en faire part ; C’est de quoi je puis très hum-
blement vous assurer. Les bruits que les F rançais ont ré- |
Pandus ici n’ont aucun fondement ; car Papiste ni protestant qui ne consente, qu’avec l’aide et la Protection de la reine ma souveraine , il ne soit fait justice de celui qui a méchamment commis ce meurtre abo-
minable dans votre pays. Mais, à dire le vrai , le défaut d'action et a lenteur ne vi
il n’y a ici ni
que quiconque est Coupable ou complice de ce crime, est indigne de vivre. 1l n'es
empêéchemens et les délais qu’ qu'on pourrait faire ici. Vous
? La faut
que moi, Je suis néanmoins forcé d’avouer que, quoique nous négligions de répandre des bienfaits, de suivre le emin de l'honneur et de la sûreté, il est avantageux Pour tout le corps de votre noblesse, et nommément Pour ceux qui, devant et après le meurtre, ont été soupser Bothwell, de Poursuivre avec le
justice la punition de ces actions abomina- Quoique nous ne vous donnions que de faibles 8e.
d’infamie, et déshonorée Par ces choses
» autant que nous apercevrons que vous désirez effectivement la sûreté de
voulez pas vous livrer aux impulsions de la F rance , qui entraînera votre pr
garde. Je ne connai i » de quelque qualité et condition
le 23 de mai, N° XXI.
| Fragment d’une lettre du chevalier Nicoras TAROGMORTON | à CEcuc.
| De Berwick, 11 juillet 1567.
| Monsieur,
| +... J'ai reçu le 10 de juillet à Berwick votre lettre du 6 de ce mois. Je suis fâché de voir que les dispositions | de la reine envers les lords soient changées à l'occasion de tout ce qui a été fait. 1] esL Certain que ces lords peuvent être plus utiles à sa Majesté que la reine sa cousine, | et qu’ils sont des instrumens plus propres à procurer
| quelques avantage et tranquillité à sa majesté et à son Cosse, qui est mal famée,
| l'OYaume , que la reine d'É
Lettre du chevalier Nicoras THROGMORTON à CEcur.
De Fastcastle, 12 juillet 1567.
Monsieur,
les connaissez aussi bien | POint négligé de Porter leurs attentions sur tout ce qui
| Pouvait ou tourner à leur préjudice, ou contribuer à leur e de la date est ainsi ul. | Sûreté. Îls n’ont point oublié, en co: VHC dprilis, corrigée de la main de Ceul e
le bien et le mal que la France peut leur faire, et i* ont
séquence , de peser
fait les mémes observations par rapport à l’Augleterre. , Mais, autant que j'ai pu l'apercevoir, je vous dirai fran- |
chement qu'ils trouvent plus de danger au progrès des
négociations entamées chez eux par sa majesté la reine, |
qu'au succès des menées de la France ou de celles de toute autre faction contraire formée parmi eux. Ils regardent comme une chose assurée que s'ils courent la fortune de la reine, elle ne manquera pas de les laisser dans l'embar-
ras. {ls reconnaissent toute l'utilité de la conduite de la | reine à Leith, tant pour eux-mêmes que pour le royaume |
d'Angleterre ; et ils conviennent tous que sa majesté et les deux royaumes en ont retiré de grands avantages,
Mais à l'occasion d’autres évéuemens postérieurs , ils ont | observé des circonstances dans les procédés de la reine, |
qui ont mis en danger ceux qui s’y sont prêtés , qui ont méme renversé vos propres desseins, et qui ont peu contribué à la sûreté d'aucun parti. D'après ces considérations et de longs propos à ce sujet, je crois qu’ils sont dans la disposition ou de conclure leur marché avec la France, ou bien de ne s'attacher ni à la France ni à vous ; de faire ce qu'ils jugeront le plus convenable pour jeur état et pour leur sûreté, et d'appliquer les remèdes ainsi que l’occasion pourra les y déterminer, ne voulant ivriter ni la France ni l'Angleterre jusqu'à ce qu'ils puissent faire avec l’une ou l'autre un marché stable et permanent , et pensant qu’il est à propos de marcher, pendant quelque temps, d’un, pas égal entre vous deux : ce sont les propres termes de milord Lidington. Je me suis aperçu qu’ils ont supporté impatiemment de n'avoir pas reçu une réponse plus favorable à la lettre que les lords ont adressée à sa majesté, et de n'avoir pas obtenu plus de satisfaction de votre part. Je leur ai répondu de mon mieux ; je leur ai représenté l’ambiguité de leurs procé-
dés envers la reine, et que leurs incertitudes avaient oc- |
casioné ce qui arrivait aujourd'hui; que sa majesté m'avait envoyé pour que je pusse l'informer en détail du véritable état des choses, et que sur la déclaration qu'ils me feraient de leurs intentions et sentimens sur ce que j'avais à leur proposer pour l'avantage de leurs majestés, ils recevraient une réponse raisonnable et décisive, Le lord Lidington se mit à rire, et branlant la tête , il me dit : « Si ce que vous avez à nous proposer est si avanta- «geux pour nous, vous deviez nous le dire à nous seuls, « plutôt que de ne faire du bien ni à nous ni à vous, ainsi « que je crains bien que cela n'arrive. » Monsieur, si ces gens-ci ont quelque confiance en Lidington, du Crocq est venu ici pour y préparer l'arrivée de Rambouillet ou de quelque autre homme aussi qualifié, et pour les délivrer pour jamais de leur reine, qui passera le reste de ses jours en France renfermée dans une abbaye. Le prince sera au pouvoir des Francais . le royaume gouverné par un conseil mational choisi et nommé par les Français ; les forteresses seront confiées à la garde de ceux qui seront choisis parmi la nalion : aussi vois-je peu d'apparence que je puisse avoir accès auprès de la reine, Îls me disent qu'ils ne veulent point ainsi déplaire au roi dè France, à moins qu’ils ne soient assurés de trouver +n la reine d'Angleterre un ami véritable : « et lorsqu’eu « vous donnant accès auprès de la reine nous aurons of- « fensé la France, alors, disent-ils , vous saurez en faire «votre profit en nous perdant. » Quant à la liberté de la
reine d'Écosse, qui est le premier point que j'ai proposé, |
ils disent qu'ils voient bien par-là que la reine voudrait !
les perdre, puisque mettant en préalable la liberté de la reine , ce serait une folie de parler des affaires qui s'ensuivraient. « Eh! disent-ils, si vous ne voulez pas nous « faire du bien, ne uaus faites point de mal, et nous avi- « serons bien nous-mêmes à ee qui nous convient.» Enfin ils disent qu’ils nous mettront dans le cas de refuser notre propre avantage, avant que de traiter avec aucun autre. C'est ce que je verrai lorsque je serai arrivé à Édimbourg, Je compte , par ma première, vous envoyer la conclusion de la ligue des Hamilton, d'Argyil, Huutly, et autres de cette faction , et qui ne sera pas autant au désavantage des lords d'Édimbourg que celle qui a été envoyée en France, Le temps me manque : on me presse de monter à cheval avee les lords pour aller à Édimbourg. Je prends humblement congé de vous. À Fastoastle , le #2 juillet 1567.
La reine à NicoLas TuroëmonTon, étant en Éeosse. 14 juillet 1567,
Féal et bien amé, salut, Bien que nous sachions que les affaires peuvent souvent changer de face par le concour de divers événemens, cependant nous pensons par plu sieurs considérations qu’il n’est point hors de propos de vous dire, qu'ayant commission de traiter avec les lords qui sont chargés du jeune prinee pour les engager à nous le confier dans notre royanme, vous feriez bien aussi , en traitant avec la reine, de lui représenter que son royaume paraissant, de temps à autre, sujet à diverses révolutions , et que son fils ne pouvant pas ( comme on le voit clairement ) y être en liberté; si elle consent que son fils jouisse de la sûreté et de la tranquillité en notre royaume, qui, comme elle le sait, est si voisin , nous ne manquerons pas de lui donner dans nos états, pour son fils, des assurauces aussi fortes qu'on pourrait les désirer pour notre fils, né de notre propre corps, et que nous serons bien aises de lui faire voir en cette occasion les véritables effets de la nature ; et sur ce, vous aurez soin de lui rappeler combien il serait avantageux pour son fils d'être nourri et connu dans notre pays ; et que, par conséquent , tout bien considéré , cette heureuse occurrence pour son fils devrait plutôt être recherchée par elle et par les amis de son fils que proposée par nous; et à cette fin, nous pensons que vous devez négocier avec elle de manière à la détourner de se prêter effectivement aux projets de la France, qui sont, comme nous le 8avons, de la transporter en France, elle et son fils; comme aussi de manière à prévenir qu'elle ne se croie justement offensée, comme cela pourrait dans la suite arriver, si elle apprenait ce que nous devons négocier avec les lords par rapport au prince son fils.
Le chevalier NicoLAS THROGMORTON à la reine ÉLISARETE
A Édimbourg, 14 juillet 1567.
Votre majesté est sans doute informée de ce que j'ai mandé à M. le secrétaire par mes lettres des 11 et 12 juillet, du jour de mon entrée en Écosse, des raisons de mon retardement, de mon logement à Fastcasile, place appartenant au lord Hume, lequel est venu m'y trouver avec le lord Lidington, et de ce qui s’est passé dans la conférence que j'ai eue avec eux pendant le séjour que j'ai fait audit Fastcastle, Depuis ce temps-là, je me suis
rendu deslor m'avaie
medi, celte vi publié, blés en dire av
le lord
du chât Ceper
ton pou
fis de p:
contrai bien qu ceux du
les moy rence a midi, ou parler d heures 2
et me dit
de trouv
ce qui € comtes d
et autres matières majesté, pourraie avec moi lords et dit aussi.
particuliè avoir pro raine, et ici feraier sieurs con avaient r France, el grandeme éviter, ati avait tenue point qu'il et de perdi par rappoi M. de Ville avant que !
principal b riage de la ici, j'avais ( mission de mariage ; qi qu'il eût re choses dep quent ils ava de leur inter qu’ils n’allas d'instruction que de bien de toutes les ici pour trait à la conserv teur propre :
la liberté de la ifaires qui s'enjoulez pas nous al, et nous avionvient.» Enfin de refuser noter avec aucun serai arrivé à >, VOUS envoyer on, d'Argyli, ne sera pas aurg que celle qui narique : On me
s pour aller à jé de vous.
t'en Éeosse.
14 juillet 1567,
sachions que les par le concour msons par plu rs de propos de » avec les lords engager à nous riez bien aussi, senter que son sujet à diverses pas ( comme on lle consent que quillité en notre si voisin , nous no états, pour on pourrait les re corps, et que n cette occasion ce, vous aurez vantageux pour e pays ; et que, te heureuse ocrecherchée par ée par nous; et z négoeier avec er effectivement nme nous le 8ale et son fils; elle ne se croie it dans la suite levons négocier fils.
ine ÉLISABETP
4 juillet 1567.
se de ce que j'ai s des 11 et 12 , des raisons de astcastle , place nu m'y trouver st passé dans la L le séjour que s-là, je me suis
rendu à Édimbourg, le 12 du courant, en la compagnie deslords susdits, et escorté par quatre centschevaux qu'ils m'avaient donnés pour ma sûreté, Le 13, qui était un sa-
medi, jour indiqué pour une communion solennelle en *
celte ville, et le jeûne solennel ayant en conséquence été publié, je n'ai pu avoir conférence avec les lords assemblés en cette ville, ainsi que je l'aurais desiré , c'ent-à dire avec les comtes d’Athol , de Morton , le lord Hume, le lord Lidington, le chevalier Jacques Balfour, capitaine du château, M. Jacques Macgill et le président de lasession,
Cependant je fis des démarches auprès du lord Lidington pour que mon audience ne fût point différée, et j'en fis de pareilles auprès du comte de Morton, que je rencontrai par hasard. L'un et l’autre me répondirent que, bien que ce jour fût destiné à des exercices de piété, ceux du conseil qui étaient en ce lieu délibèreraient sur les moyens de me procurer mon audience et la conférence avec eux : et ils m’ajoutèrent que, dans l'aprèsmidi, ou bien ils viendraient chez moi, ou que j’entendrais
parler d'eux. Le même jour 13 juillet, vers les suatre heures après-midi, le lord Lidington vint à m pis, et me dit de la part des lords et autres, qu'ils me priatent
de trouver bon que ma conférence avec eux fit lifférée, ce qui était principalement occasioné par l'absence des comtes de Mar et Glencairn, des lords Semple, Crighton, et autres du conseil, 11 m'ajouta qu'ils regardaient les matières que j'avais à traiter avec eux de la part de sa majesté, comme étant d’une telle importance, qu'ils ne Pourraient ni me satisfaire, ni traiter convenablement avec moi, ni me donner une réponse, sans l'avis des lords et de leurs autres associés. Le lord Lidington me dit aussi, qu’il s'était aperçu dans notre conversation particulière en venant ici, que je pressais fortement pour avoir promptement accès auprès de la reine leur souveraine, et qu'il voyait que les lords et autres qui étaient ici feraient de grandes difficultés sur ce point, par plusieurs considérations, mais principalement parce qu'ils avaient refusé cette même chose à l'ambassadeur de France, et que, si on me l’accordait, la France en serait grandement offensée; ce qu'ils voulaient absolument éviter, attendu que par la conduite que votre majesté avait tenue avec eux jusqu’à présent, ils ne voyaient point qu'il leur fût avantageux d'irriter le roi de France, et de perdre sa faveur et sa bienveillance, Je lui répondis, par rapport au refus fait à l'ambassadeur de France , que M. de Villeroi, ambassadeur de France, avait été dépéché avant que toutes ces choses fussent arrivées, et que le principal but de cette ambassade était d'attaquer le mariage de la reine avec Bothwell ; que depuis mon arrivée ici, j'avais été bien informé que c'était l'objet de la commission de cet ambassadeur, et de proposer un autre mariage; quant à M. du Crocq, qu'il n’était pas possible qu’il eût reçu des ordres de France par rapport à ces choses depuis qu'elles étaient arrivées : que par conséquent 1i8 avaient de fort bonnes raisous de s'en méfier, et de leur interdire des conférences avec la reine, de peur qu’ils n’allassent traiter des affaires du temps sans avoir d'instructions à ce sujet , et qu'ils ne fissent plus de mal que de bien : mais que votre majeslé, ayant été instruite de toutes les choses qui étaient arrivées, m'avait envoyé ici pour traiter avec eux relativement au bien du royaume à la conservation de leur honneur et de leur crédit, et à leur propre sûreté, et que je pouvais hardiment lui dire
que votre majesté avait mieux af que la France à leur égard, H me dit que, pour ce qui était de lui, il avait de grandes obligations à votre Majesté, et qu'il avait toujours trouvé en Angleterre faveur et honnéteté. « Mais “ Pour vous parler franchement, monsieur, in'ajouta- « t-il, il n'y à pas beaucoup de gens dans cette asserblée « qui croient avoir à la reine votre souveraine autant « d'obligations qu'au roi de France, Les comtes de Mor- « Lon et de Glencairn sont les seuls qui aient profité du « secours de la reine à Leith, les autres seigneurs n’é- « taient point à cette affaire; et nous pensons, dit-il, « que sa majesté la reine votre souveraine, de l'avis de «C8on propre conseil et de celui de tout le monde, à re ( iré plus d'avantages de cette affaire que le royaume « d'Écosse en général, ni aucune Personne en particu- « lier. Mais pour ne vous plus parler comme à l'ambas- ( sadeur, mais comme au chevalier Nicolas Throkmor- (ton, milord Morton et tous ceux qui se sont trouvés « dans la peine à l’occasion de la mort de David Riio « n’ont reçu que de faibles offices de votre reine lorsqu'ils « ont été bannis de leur propre pays Je voudrais que ‘toute notre compagnie fit aussi bien disposée que je le (C suis de mon côté à suivre les intentions et à répondre « aux désirs de la reine votre souveraine : mais je ne * suis que seul; je ne suis pas des plus considérables, et « il y aun grand nombre d’autres seigneurs qui ont un | « intérêt très fort en celte affaire. Je puis bien vous as- « surer que je m'y emploierai moi-même et tout mon « crédit, que je ferai tout ce qui est en moi pour donner « satisfaction à la reine votre mattresse autant qu'il me « sera possible ; mais vous avez vous-même, me dit-il, « beaucoup d'amis dans cette assemblée : » et il finit par plusieurs autres bonnes paroles. Pour conclusion, il faut que je prenne ceci pour une réponse jusqu’à l’arrivée des autres lords, et sur ce, j'ai cru devoir donner avis à Yoire majeslé de ce qui s'est passé ici, et du progrès de 2émarches, pour répondre au désir qu’elle a de sace qui se passe ici.
Ur, pour que votre majesté soit pleinement instruite de l'état des choses ainsi que je les ai apprises depuis mon arrivée ici, je la supplie d’agréer les détails suivans :
La reine d'Écosse est en bonne santé dans le château de Lochleven, gardée par le lord Lindsay, et Lochleven, propriétaire de ce lieu. Le lord Buthven a été employé à une autre commission, parce qu'il commençait à montrer beaucoup d’attachement Pour la reine, et qu'il lui donnait avis de ee qui se passait. Elle est accompagnée de cinq ou six dames, quatre ou cinq demoiselles, et de deux femmes de chambre, dont l’une est française, Le comte de Buchan et le frère du comte de
Murray ont aussi la liberté de voir la reine autant qu'ils le veulent. Les lords susdits, qui l'ont en garde, la tiennent fort étroitement resserrée ; et autant que je puis l'apercevoir, la rigueur est exercée par l'ordre de ces messieurs, parce que la reine ne veut point, à quelque prix que ce soit, accorder son autorité Pour poursuivre le meurtrier, ni consentir, quelque chose qu'on puisse lui représenter, à abandonner Botiwell et à le renoncer pour son mari; qu’elle déclare constamment qu’elle veut vivre et mourir avec lui; qu’elle dit que s'il était à son choix d'abandonner la couronne et son royaume, ou le Jord Bothwell, elle abandonnerait son royaume et sa dignité pour vivre avec lui comme une simple demoiselle,
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et qu'elle ne consentira jamais qu’il éprouve de mauvais traitemens, ni qu’il ait plus de mal qu’elle-même.
Autant que j'en puis juger, la principale cause de la détention de la reine vient de ce que les lords voient cette vive affection de la reine pour Bothwell dans l’état où elle est actuellement, et qu'ils seraient obligés d’être contiruellement sous les armes, et souvent dans l’occasion de donner des batailles, attendu qu'on a découvert, et qu'il est notoire et évident , que Bothwell est le principal auteur du meurtre, et que lesdits lords ont intention de poursuivre Bothwell en justice , ainsi qu’il le mérite.
Les lords pensent aussi que le divorce entre la reine et lui, ainsi que le mariage, ne peuvent point être soufferts par plusieurs considérations, et que cette séparation ne vourrait plus avoir lieu si la reine était en hberté, et si elle avait en main le pouvoir.
Ils ne peuvent pas non plus oublier leur propre péril, joint avec le danger de la vie du prince. Mais, autant que j'en puis juger, ils ne sont point dans l'intention d’attenter à l'honneur ni à la sûreté de la reine, car ils parlent toujours d'elle avec respect et vénération ; et je pourrais bien affirmer, ainsi que d’ailleurs cela m'est revenu, que les conditions ci-dessus une fois accomplies ils la remettraient en liberté, et qu'ils larétabliraient en son état.
Ces lords ont pour la garde de leur ville quatre cent cinquante arquebusiers, qui sont en fort bon état ; et pour l'entretien de cette compagnie jusqu'à ce que toutes les affaires soient arrangées , ils supplient votre majeuté de les aider d’une somme d’argent, telle qu’elle a été
mentionnée dans la lettre du lord Lidington à M. le secrétaire, et qui se monte, à ce que je vois, à dix ou douze mille écus,
lle ont eu dernièrement avis que le roi de France était
dans l'intention d'envoyer ici M. de Lachapelle des Ursins, chevalier de l’ordre de France, homme fort attaché à la maison de Guise : et bien que la Forest, Villeroi et du Crocq aient parlé à votre majesté en faveur de la reine et au désavantage de ces lords-ci, du Crocq ne rapportera ici que des choses peu avantageuses pour la reine ; si bien qu'on croit même que lorsque du Crocq sera arrivé près du roi son maitre, ce prince aimera mieux sat:sfaire les lords que de complaire à la reine; car la partie des lords est si bien liée que la France fera plus de profit par leur moyen que par aucune aulre voie,
J'envoie Li-joint, à votre majesté, la dernière convention accordée et signée par les Hamilton, le comte d’Argyli, Huntiy t plusieurs autres, à Dumbarton.
Cependant, depuis mon arrivée en cette ville, les Hamilton m’ont envoyé un gentilhomme de leur nom, appelé Robert Hamilton, avec une lettre de l’archevêque de Saint-André et de l'abbé d’Arbrothe, dont j'envoie copie à votre majesté, airsi que de la réponse que je leur ai faite, laissant au porteur à lui rendre compte de certaines choses qui m'ont été dites par ce gentilhomme.
Le comte d’Argyll m'a pareillement dépêché un homme avec une lettre de créance. J'en ai usé avec lui comme avec les autres, et j'envoie à votre majesté la copie des lettres respectives. Le lord Harries a envoyé vers moi, mais sans écrire, et j'en ai usé de même envers lui.
Vers le 20 de ce mois, il y aura une assemblée de toutes les églises, provinces et bourgs de ce royaume, particulièrement de ceux qui désiraient de venir joindre les lords en cette ville, où l'on pense que toute celte a'-
faire sera traitée; et je crains bien que ce ne soit au désavantage et grand danger de la reine, à moins que le lord Lidingtos et quelques autres qui sont les plus affeciionnés à la reine n'y apportent quelque remède ; car je m'aperçois que le plus grand nombre, pour ainsi dire tous , et surtout la populace, témoins de ces événemens, parlent hautenient du déshonneur de la reine, et qu'ils sont for! occupés ou de la déposséder ou de la perdre Considérant la fureur qui a saisi ici tous les esprits , j'ai employé tous les moyens que j'ai cru les plus propres à faire proroger celte assemblée, car ce remède m'a paru le plus convenable dans cette occurrence. Je ne pouvais pas parler de la dissolution de l’assembiée , car on ne l'aurait pas souffert ; je me serais fait détester, et je me serais mis en grand danger. La plupart des lords qui sont ici seraient , à ce que je crois, portés à prendre les voies de douceur à l'égard de la reine, mais ils craignent la rage du peuple. Les femmes sont les plus effrontées et les plus furieuses contre la reine ; cependant les hommes, de leur côté, sont assez fous pour qu'un étranger qui voudrait trop s’en mêler pôt, en un moment, en devenir la victime, On disait fortement ici que, vers le 24 de ce mois, les
\ Hamilton et leurs adhérens devaient mettre leurs troupes
en campagne ; mais je ne trouve pas que cela soit aussi vrai que le bruit en court.
Le comte d’Argyli est dans les montagnes, où il y a de la discorde entre ses propres gens.
Le comte de Lennox est fort désiré ici par les lords qui y sont, et je crois que votre majesté pourrait l’'employer utilement et diriger ses démarches, ainsi qu’elle le jugera à propos, pour l’accomplissement de ses vues, vis-à-vis de ces gens-ci.
Le comte d’Argyll, les Hamilton *t lui sont incompatibles. .. .. Je vois dans les Hamiltou, Argyll et ses associés, une contrariété et varlélé de passions.
Les Hamilton font semblant de vouloir la liberté de la reine et de travailler sérieusement à la lui procurer, parce qu’ils aimeraient mieux voir succomber la reine aux efforts de ces lords, que de la voir enlever par force de leurs mains. D’autres fois ils paraissent désirer sa liberté et la destruction de Bothwell, parce qu’ils voudraient arranger un mariage entre la reine et le lord d'Arbrotke
Le comte d’Argyll paraît vouloir la liberté de la rein: et la destruction de Bothwell, parce qu'il voudrait qu son frère épousäât la reine.
Malgré les liaisons déclarées de ces seigneurs, comm il apparait par leur convention, aucun d’eux ne découvr ses idées à un autre, et ne veut tendre au même but. Knox n’est point ici, il est dans la partie occidentale, Lui et les autres ministres doivent se rendre ici à la grande assemblée. Je crains la sévérité de cet homme pour la reine, autant que celle de qui que ce soit.
Par des conversations que j'ai eues avec quelques personnes de ce conseil d'ici, il me paraît qu'ils ont eu avis que la reine d'Écosse était dans la disposition de sortir de ce royaume, et de se retirer, soit en Angleterre, soit en France, mais plus volontiers en Angleterre, à cause du mauvais vouloir qu’elle sait être contre elle, et qui existe encore en France. Elle laissera, dit-on , la régence à un certain nombre de personnes par elle déléguées et autorisées, soit à une seule personne, soi: à plusieurs,
Je supplie votre majesté de m'excuser si je crois ne devoir point omettre de lui rappeler, que si la r'cine
d'Écosse | le consen qu'on lui de chose France a son crédi de temps un homm un instru nouveaux quent, da En con:
flexions s qu'il se pc en cette 0 la reine, :
lier les es, derniérem ment que aller en A vité, quoi dire que q cupés de pour la sa santé, la £
A Édin
Le cheva
Votre n mois, les sont ici, € temps-là j' lord Lidin taine de « moyen, je à Lochleve sence des | ils, ils atte autant que reine me 8 devais poi j'eusse une Je suppli Robert Mel cette ville, la reine , e ici, et qui co Elle dem.
santé, et q ils consente tion, et à qu’elle puis que consola leven, elle avec elle , :
apothicaire un brodeur travailler, € port à l’adi choses, qui termes géné LUE
ue ce ne soit du e, à moins que le nt les plus affecle remède ; car je ; Pour ainsi dire le ces événemens, a reine, et qu’ils ou de la perdre 18 les esprits , j'ai es plus propres à remède m'a paru ice. Je ne pouvais nbiée , car on ne étester , et je me Jes lorûs qui sont prendre les voies js ils craignent la 18 effrontées et les nt les hommes, de anger qui voudrait devenir la victime, 24 de ce mois, les ettre leurs troupes que cela soit aussi
agnes, où il y a de
ci par les lords qui ourrait l’'employer si qu’elle le jugera ses vues, vis-à-vis
lui sont incompati- Argyll et ses assosions.
oir la liberté de la à la lui procurer, uccomber la reine nlever par force de it désirer sa liberté e qu'ils voudraient le lord d’Arbrotke liberté de la rein:
qu'il voudrait qu
seigneurs, comm
| d’eux ne découvr dre au même but.
tie occidentale, Lui dre ici à la grande cet homme pour la soit.
avec quelques perft qu'ils ont eu avis position de sortir de Angleterre , soit en leterre, à cause du re elle, et qui existe on , la régence à un : déléguées et autoi à plusieurs.
user si je crois ne ler, que si la cine
d'Écosse passe en Angleterre par votre permission et sans le consentement du roi de France, elle perdra le douaire qu'on lui fait en France, et qu’elle n’aura d'ici que peu de chose pour son entretien ; et que si elle passe en France avec le consentement du roi, et si elle reprend son crédit (sa disgrâce pouvant être effacée par le laps de temps ), elle pourra, soit en faisant un mariage avec un homme de sa qualité, soit par d’autres voies, devenir un instrument dont on saura faire usage pour susciter de nouveaux troubles dans son propre pays, et, par conséquent, dans les états de votre majesté.
Eu conséquence votre majesté voudra bien faire ses réflexions sur ce point, et me faire connaître , le plus tôt qu'il se pourra, ses volontés, et comment jé dois répondre en celte occurrence si la chose m'était proposée, soit par la reine, soit par le conseil, comme une voie pour concilier les esprits et pour terminer les querelles. J'ai appris derniérement , et je suis sûr qu’elle paratt désirer fortement que les choses se passent de manière qu’elle puisse aller en Angleterre en se retenant son état et son autoité, quoiqu'elle ne l’exerce point. J'ai pareillement oui dire que quelques-uns du conseil, et qui sont moins occupés de sa sûreté, pensent qu’il n’y a point d’autre voie pour la sauver. Je prie le Tout - Puissant de conserver la santé, la gloire et la prospérité de votre majesté.
A Édimbourg, 14 juillet 1567.
Le chevalier NicoLAs THROKMORTON à la reine ÉLISABRTS, A Édimbourg, le 18 juillet 1567.
Votre majesté aura vu par mes lettres du 14 de ce mois, les démarches que j'ai faites auprès des lords qui sont ici, et les réponses que j'en ai reçues. Depuis ce temps-là j'ai parlé en particulier au comte de Morton, au lord Lidington, et au chevalier Jacques Balfour, capitaine de ce château; je n'aperçois pas que, par leur moyen, je puisse jamais obtenir accès auprès de la reine à Lochleven, attendu qu’ils m’ubjectent toujours l’absence des lords et autres leurs associés, lesquels , disentils , ils attendent dans deux -jours ; et comme je pense, autant que je puis le conjecturer, que l’accès auprès de la reine me sera difficilement accordé, j'ai cru que je ne devais point faire partir cette dépêche, jusqu’à ce que j'eusse une réponse décisive sur ce point.
Je supplie en conséquence votre majesté d’entendre Robert Melvin, revenu de chez la reine À Lochleven , en cette ville, le 6 de juillet, et qui a apporté une lettre de la reine , et écrite de sa propre main, aux lords qui sont ici, et qui contient, à ce que j'entends, les choses suivantes:
Elle demande aux lords d’avoir quelque égard pour sa santé, et que s'ils ne veulent pas lui rendre sa liberté 3 ils consentent au moins à changer le lieu de sa détention, et à la transférer au château de Stirling, pour qu’elle puisse avoir son fils avec elle et en recevoir quelque consolation ; que s'ils ne veulent point l'ôter de Lochleven, elle demande d'avoir quelques autres dames avec elle, mais sans en nommer aucune; d’avoir son apothicaire ; d’avoir un ministre modéré; . . .. d’avoir un brodeur pour dessiner un ouvrage auquel elle veut travailler, et d’avoir un valet de chambre. ... . Par rapport à l'administration de ce royaume, elle offre deux choses, qui ne sont mentionnées dans sa lettre qu’en
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termes généraux, sans entrer dans aucun détail, et qui !
sont référées à la créance donnée à Robert Melvin : les unes, pour n'être confiées qu’au comte de Murray seulement et uniquement ; les autres, pour être communiquées aux lords dont les noms s’ensuivent , assistés de tels autres qu’ils jugeront à propos d'y appeler, comme le duc de Chatellerault, les comtes de Morton , de Murray, de Mar et Glencairn.
Elle leur mande, que je puis avoir accès auprès d'elle... Elle leur demande, au surplus, que s’ils ne veulent point la regarder et la traiter comme leur reine, ils en usent au moins avec elle comme avec la fille de leur souverain (que plusieurs d’entre eux ont connu) et comme avec la mère de leur prince... Elle ne veut point, à quelque prix que ce soit, cesser de regarder Bothwell comme son mari, ni l'abandonner; chose qui, plus que tout, contribue à son malheur, et qui endurcit les lords à une plus grande sévérité à son égard.
Elle consent, en paroles seulement, à la poursuite du meurtre.
Jai les moyens de lui faire savoir que votre majesté m'a envoyé ici pour la secourir.
J'ai essayé aussi de lui persuader de se prêter à ce qu’on cxigeait d'elle, savoir, de renoncer à regarder Bothwell comme son mari, et de consentir que le divorce soit fait entre eux. Elle m'a fait dire qu’elle n’y consentirait jamais, et qu’elle aimerait mieux inourir. Elle se fonde sur cette raison, qu’elle se croit grosse de six semaines, et qu’en renonçant à Bothwell, elle se reconnaîtrait grosse d'un bâtard, et avoir forfait à son honneur, ce qu’elle ne voudrait jamais faire au péril de sa vie. Je Vai exhortée à sauver sa propre vie et celle de son fils, et à choisir la condition la moins dure.
M, Knox est arrivé en cette ville le 6 de ce mois; j'ai eu quelques conversations avec lui, ainsi qu'avec M. Craig, l’autre ministre de cette ville.
Je les ai exhortés à prêcher, et persuader les voies de douceur. Je n’ai trouvé en eux, dans cette conversation, qu’austérités ; je ne sais pas ce qu’ils feront dans la suite. Ils sont munis de force argumens, les uns tirés de l’Écriture, les autres puisés dans l’histoire, quelques-uns appuyés, disent-ils, sur les lois de ce royaume, d’autres sur les usages reçus, et quelques autres sur les conditions stipulées et le serment fait par leur prince lors de son couronnement.
L'évêque de Galloway, oncle du comte de Huntley, a mandé aux lords qui sont ici que le comte son neveu, et quelques autres de ce parti, avaient eu quelques pourparlers à Linlithgow ou à Stirling avec quelques lords de l’autre parti, et qu'ils les avaient assurés que les lords de leur parti étaient dans la disposition de se concerter avec ceux-ci, leur promettant de plus, qu'il n’y aurait point de division entre eux pour des bagatelles ou des choses inutiles et, suivant ce qu'on m’a donné à entendre, ils cunsentiront à la continuation de la détention de Ja reine jusqu’à ce que le meurtre soit poursuivi contre toutes sortes de personnes, ce qui embrasse la séparation de la reine et de Bothwell, la conservation des jours du prince, la sûreté de tous les citoyens, le bon ordre établi dans le gouvernement, et la tranquillité dans le reyaume,
Le capitaine Clerk, qui a servi pendant si long-temps en Danemark, et qui a été employé à Newhaven, a tué, le 16 de ce mois, un nommé Wilson, marinier, Clerk
était accompagné d’un de ses soldats; et le bruit généra?
est que c’est le soldat qui a fait le coup. Ce Wilson était fort estimé par les lords qui sont ici, tant pour son habileté que pour sa hardiesse, sa probité et sa bonne volonté dans les occurrences présentes. Sur quoi Clerk a pris le parti de se cacher. La querelle est venue sur un vaisseau qui a pris Blacketer, lequel vaisseau était envoyé par ces lards d'ici pour aller, dans la partie septentrionale de l'Écosse, barrer le chemin au comte de Bothwell, en cas qu'il voulût passer aux Îles, ou en quelqu’autre endroit. La mort de cet homme fait échouer ce projet.
L'évèque de Galloway est venu à Linlithgow, et a dehandé à parler au lord Lidington.
L'abbé de Killwinning a envoyé chercher le chevalier Jacques Balfour, commandant du château, pour conférer avec lui.
Ainsi que je l'ai écrit à votre majesté dans ma dernière lettre, les Hamilton ne cherchent point actuellement à désunir les nobles et à semer parmi eux la division; ils veulent, au contraire, concourir en tout avec les nobles, et même à se porter aux dernières extrémités envers la reine, en sorte qu'ils puissent être assurés que si le prince d'Écosse est couronné roi, et qu’il vienne à mourir sans postérité, le fils du comte de Lennox n’héritera point de la couronne de ce royaume comme le plus proche héritier de son neveu.
Et quoique les lords et les conseillers parlent de leur reine avec respect, avec dônceur et avec charité, en sorte que je ne puis apercevoir dans leurs discours aucune intention de se porter à la violence et à la cruauté, cependant je vois par mes correspondances que la reine est dans un grand danger de la vie, parce que le peuple rassemblé ici à cette convention est fortement entêté de la perte de la reine,
On dit hautement parmi le peuple et parmi les gens de tous les états, à l'exception des conseillers, que la reine n’a pas plus de droit de commettre un meurtrè ou un adultère, qu'aucun particulier, et qu'elle est également soumise en ces points aux lois divines et humaines,
Le comte de Bothwell et tous ses adhérens et associés ont été trompettés par ordre de la justice ordinaire de cette ville, nommés {es Lords de sessiôn, et l’ordre a été donné à tous les sherifs et autres officiers, de le prendre, lui, et tous autres ses associés et recéleurs.... Le portier du comte de Bothwell, et un autre de ses serviteurs, ont été pris, et ont avoué divérses circonstances
qui prouvent évidemment que ledit comte était un des irincipaux exécuteurs du meurtre, y ayant assisté en qersonne, accompagné de plusieurs'autres, dont je n’ai as pu jusqu'ici savoir le nombre ni les noms, à l'excention de trois, savoir deux des Ormiston de Tivotdall, et un Hayborn de Bolton. Les lords seraient bien aises qu'aucun des meurtriers ne pût trouver accueil ni retraite en Angleterre, et ils demandent que tes officiers des frontières aient des ordres en conséquence. Bothwell se tient toujours dans la partie septentrionale; mais le lord Seaton et Fleming, qui y avaient été avec lui, l'ont entièrement abandonné, et sont en chemin pour venir de ce côt6-ci... La bonne intelligence s’affermit de jour en jour entre ces lords-ci et ceux qui ne voulaient pas se joindre à eux. Cependant ces lords Ont énvoyé cent cinquante arquébusiers à Stirling pour garantir la ville et le passage de toute surprise. Ils en ont fait autant à Saint- Johnston, qui sont les deux endroits où l’on passe en
venant de la partie septentrionale et de la partie occi
dentale en cette ville. J'apprends que le commandant dr Dumbar est fort occupé à fortifier cette place. Je sui: étonné que les voitures ne soient pas interceptées autrement qu'elles ne le sont.
Dernièrement la reine a écrit au commandant dudit château, La lettre a été interceptée, et l’on y a découvert des choses qui sont peu à l'avantage de la reine,
Je n’ai rien appris de plus qui mérite d’être mandé à votre majesté, partant je prie le Seigneur d’accorder à votre majesté une longue vie, une santé parfaite et une félicité sans nuages.
Cé 18 fuiltèt 1567.
Lettre du chevalier NicorAs TRROKMORTON, au trés honorable comte de LEICESTER , chevalier de l’ordre , et l’un des lords du conseil privé de sa majesté,
Mes précédentes dépêches envoyées à sa majesté et à M. le secrétaire, depuis le 12 de juillet, auront suffisamment instruit votre seigneurie de l’état de ce pays-ci et du train qu'y prennent les affaires; ainsi je croirais inutile d’importuner votre seigneurie par de longs détails. La reine est sur le point d’être privée de la dignité royale ; son fils va être couronné roi. Elle est détenue en prison dans son royaume, lequel va être gouverné, au nom du jeune roi, par un Coriseil composé d’un certain nombre de nobles et autres hommes expérimentés de ce royatme. Ainsi, il est aisé d’apercevoir que tout ce qui pourra se faire à l'avantage de sa majesté la reine et du royaume d'Angleterre, dépendra principalement, et en quelque sorte, entièrement des lords d'ici, et autres leurs associés qui sont assemblés à Édimbourg. Or, si sa majesté la reine persiste dans les mêmes sentimens par rapport à la reine d'Écosse (de quoi il ne peut jamais revenir aucun bien à sa majesté ), je vois clairement que ces iords-ci et tous leurs adnérens deviendrontaussi bons Français que le roi de France peut le désirer, relative ment à ses vues et à ses desseins. Quant aux Hamilton, aux comtes d Argyll, deHuntley et leur faction, ils sont tellement entêtés sur ce point, qu'il ne sera pas besoin de grandes négociations pour les attirer entièrement à la dévotion de la France; car les choses sont, en ce pays-ti, disposées de manière que la France tient aujourd’hui plus que jamais l'Écosse dans son union et sa dépendance pour l’accomplissement de tous ses desseins : savoir de quelle manière on pourra se servir du jeune prince pour inquiéter l'Angleterre, je m’en rapporte aux lumières et à la sagesse de votre seigneurie, qui apercevra toute l'importance de la chose, et qui en pèsera toutes les cir constances. Je suis persuadé que votre seigneurie saura, dans le temps, et ce temps est fort prochain, donner conseil à sa majesté de ne rien négliger pour avoir le prince d'Écosse en sa possession, où du moins à sa dévotion. Quant au premier point j'imagine, entre autres choses, que rien ne serait plus propre à produire cet effet que de caresser les lords et autres qui sont rassemblés, ‘et de tourner leurs affections vers sa majesté, J'ai eu quelques conversations avec le lord Lidington à ce sujet; et à en juger par quelques propos qu’il m'a tenus, je vois que lorsque sa majesté aura gagné ces hommes et les aura mis dans ses intérêts, la principale chose qui pourra les engager à envoyer leur prince en Angleterre,
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ne sera pas besoin rer entièrement à la sont, en ce pays-ci, ent aujourd’hui plus n et sa dépendance desseins : savoir de u jeune prince pour rte aux lumières et jui apercevra toute èsera toutes les cir re seigneurie saura, t prochain, donner sliger pour avoir le du moins à sa dévoagine, entre autres ppre à produire cet es qui sont rassemvers sa majesté, J'ai ord Lidington à ce pos qu’il m'a tenus, agné ces hommes (i rincipale chose qui ince en Angleterre,
dépendra de la déclaration que la reine et les royaumes feraient pour rendre le prince habile à succéder à la couronne d'Angleterre, faute d’héritiers de sa majesté, procréés de son corps. On pourrait encore demander quelque autre chose, comme, par exemple, que l'entretien du prince et de sa suite fût à Ja charge de l’Angleterre. Ce que j'apercois très bien » C’est qu’on ne pourra Jamais engager ces hommes à donner leur prince en Angleterre, sans la première condition par rapport à la succession au trône d'Angleterre : car, dit Lidington, cette condition étant une fois stipulée, le prince deviendra aussi cher aux peuples d'Angleterre qu'aux peuples de l'Écosse ; les uns et les autres seront également intéressés à sa conservation. Autrement, dit-il, tout bien considéré, on pourra dire que les Écossais, pour mettre leur prince en sûreté, ont fait comme des gene qui donneraient les brebis à garder aux loups. Enfin, votre seigneurie pourra apercevoir où lon en veut venir et quel est le but dans toute cette affaire. Pour ce qui est de donner leur prince en recevant des otages pour sa sû reté : « Ne pensez pas, dit-il, que la condition qui re- «garde la succession, n’étant point 'encure accomplie, la « noblesse et la nation consentent jamais à se voir privés «de leur souverain, quelques otages qu’on pût leur don- «ner, sous quelques promesses qu'on pôt ‘eur faire, quel- ‘ques avantages apparens qu'on pôt leur présenter pour « l'avenir, Il ne serait pas même avantageux pour vous «autres, me dit-il, que cela se passdt ainsi, car vous
«ce pays. Partant, notre intention est, qu’aussitôt la « présente reçue, vous envoyiez Middlemore, votre do- € royaume, qui r déclarer qu'il 18 ayant été en-
point leurs pro-
egardés, nous et «nos bonnes intentions, avec autant d’indifférence, nonendre et de vous
» Mais (aussi, ce qui est le plus étrange, en ne daignant pas
«nous faire aucune réponse. Et, bien qu’en effet ces ac- «tions soient telles que nous ne devions pas nous y at- «tendre de leur part, toutefois nous trouvons que leurs (Comportemens et procédés envers leur reine et souve- (Craine surpassent toui le reste et sont si extraordinaires, ‘(que nous ne pouvons pas nous empêcher de penser, et « tout l’univers sans doute avec nous, qu’ils ont en ceci «été bien au-delà .du devoir de sujets, et qu’il doit né- «eessairement en résulter sur eux une tache perpétuelle «et ineffaçable, Et, en Conséquence, il leur dira que, «pour ne pas faire plus long-temps des démarches ina- «tiles, nous avons jugé à propos de vous rappeler auprès «de nous, les requérant de vous donner congé et passe- «port pour ce faire; et voulons qu'aussitôt que vous les «hasarderiez alors toute votre fortune dans un seul vais- «aurez obtenus, vous vous rendiez ici près de nous avec «seau, ce aug a avoir des conséquences dange- | «toute la diligence qui vous sera possible, Donné, etc... » reuses, attendu l'éloignement de la reine votre souve- «raine, à consentir à l'établissement d'aucun successeur Btsar le dos est écrit, 6 août Li «à la couronn it-i ucune «nière, que ar Prfreuee A | FAROKMORTON au très honorable sir GUILLAUME CEcir,, l’un «d’autres personnes qui peuvent prétendre à ja cou des conseillers de sa majesté en son conseil privé et son f ‘ Premier secrétaire.
«ronne d'Angleterre, ou en hériter, ait ainsi notre «prince confié à sa garde? Sans de bonnes capitulations, (Cune pareille démarche pourrait avoir des suites étranges «et dangereuses, quoique la reine votre maltresse croie Vous avez su par la lettre que j'ai écrite dans le temps « que de pareilles idées ne peuvent provenir que de cer- | à sa majesté, ce que j'ai appris depuis l’arrivée de milord «Veaux creux, ainsi que vous nous l'avez déclaré de sa | de Murray et de M. de Linnerd. Les Français sont dans « part. » leurs négotiations comme dans leur boisson : ils mettent
Quant à ce qui s’est passé depuis ma dernière dépêche, | de l'eau dans leur vin, Autant que je puis pénétrer leurs
et au point où les affaires sont parvenues, votre seigneu- menées, ils ne s’embarrassent pas bcaucoup de savoir si rie en sera informée par les lettres que j'ai adressées dans | la reine a bien dormi, si elle vit ou si elle meurt, si elle le temps à la reine. Et sur ce, je prie le Tout-Puissant | est en liberté ou en prison. Le point où ils visent est le de porter votre seigneurie au comble des honneurs et de | renouvellement de leur ancienne alliance; et ils seront la prospérité, également contens de faire ce renouvellement avec ce
A Édimbourg, æ 24 juillet 1867, jeune roi, quel que soit son titre, et par l’ordre de ces
lords-ci ou autrement. Lynerell n’est arrivé que d'hier, Votre seigneurie aura pour agréable de faire part de | etje crois qu’il ne fera pas un long séjour. Vous pouvez
celte lettre à milord Stuart, penser si les Français ont cherché à déplaire à ces lords-ci, lorsqu'ils ont changé Lachapelle des Ursins pour cet homme, parce qu'ils se sont doutés que Lachapelle, étant Päpiste, ne leur serait point agréable, ; Monsieur , pour vous parler plus clairement que je ne « Féal et bien amé, salut, Considérant qu'il y a déjà | le ferais avec un autre, je crois que le comte de Mu «long-temps que vous êtes en ce pays sans avoir obtenu | suivra la même route que ces gens-ci, et qu'il partagera «d'expédition en Ja Charge qui vous a été commise, et | leur fortune. Je n’ai entendu personne parler avec autant (CYoyant que nos bonnes intentions envers Cet état n’ont | d’aigreur que lui contre cette tragédie et les acteurs què «point eu le bon accueil et le succès qui leur étaient dns ÿ ont eu des rôles, tant il a d’éloignement pour ces hor- «par de très bonnes raisons, nous pensons qu’il n’est
reurs. J'ai eu vent que Lidington devait aller en France, « point convenable que vous restiez plus lonf-temps en | ce que je regarde comme une des choses les plus con-
Monsieur,
La RBINE au chevalier Nicoras THROKMORTON, « De par la reine,
traires à ro8 desseins. Je puis vous assurer que tous les protestans de France veulent vivre et mourir dans la querelle de ces gens-ci; et je ne sais d'où peut venir le bruit qui a couru chez vous, qu’on devait envoyer des secours à la partie adverse, et que Martigues devait venir ici avec quelques troupes. M. Baudelot m'a assuré, sur son honneur, que bien loin que Martigues vint contre eux, il arrivait au contraire avec un bon renfort pour les secourir , et s’il n'est envoyé qu'avec une faible escorte, Robert Stuart doit venir avec un plus grand nombre pour le renforcer. Mais le connétable a assuré ces seigneurs que le roi de France n’a aucun dessein de les offenser. Monsieur , je vous prie d’agréer :non rappel, et de me l’expédier promptement, car je ne peux rien faire ici, qu’animer de plus en plus les lords contre nous. Sur ce, je prends humblement congé de vous.
D'Édimbourg, ce 12 août 1567, À votre service et à vos ordres.
La REINE à NICOLAS THROKMORTON.
Féal et bien amé, salut. Nousavons, depuis deux jours, reçu trois de vos lettres, des 20, 22 et 23 de ce mois. Nous avions été précédemment sept jours sans en recevoir. Nous voyons par vos lettres, que vous nous avez avertis, avec beaucoup de soin et dans un grand détail, de tous les procédés violens et téméraires de ces gens-là, lesquels nous n’approuvons aucunement, et espérons avec le temps de les voir plus calmes, et qu’ils pourront se modérer; car nous ne pouvons pas concevoir que ceux avec lesquels vous avez traité puissent répondre aux doutes proposés par les Hamilton. Ce qu'ils ont dit peut avoir lieu pour quelqu'un d’eux en particulier ; mais les choses proposées par les Hamilton doivent étre agréées par toutes personnes raisonnables : car si, étant les nobles du royaume, ils ne peuvent pas soutenir d'entendre la reine leur souveraine déclarer ses intentions au sujet des bruits qui ont été répandus sur son compte par ceux qui la tiennent en captivité, comment peuvent-ils ajouter foi à ces mêmes bruits, et obéir à ceux qui les répandent ? Par conséquent, notre intention est que vous fassiez bien entendre aux Hamilton, que nous approuvons leurs procédés (en ce qui concerne la reine leur souveraine, par rapport à sa délivrance), et que nous sommes disposée à faire sur ce point tout ce qu’il nous paraîtra raisonnable de faire pour la reine notre sœur. Et si l’on vous dit, qu'avant votre départ, on désire que le lord Scroop se concerte avec le lord Herreis pour nous faire part de leurs intentions et savoir les nôtres, nous voulons bien ÿ consentir, et vous ordonnons d’en donner avis par lettres au lord Scroop, et de vous montrer favorable à eux daus leurs actions, lorsqu'elles paraîtront clairement tendre à la délivrance de la reine et au maintien de son autorité. Et comme nous avons ordonné à notre secrétaire de vous écrire de revenir après votre message fait au comte de Murray, notre intention est que vous ‘ous conformiez à ce qu’il vous écrira à ce sujet : ct si vous êtes en chemin lorsque nos lettres vous parviendront, vous aurez toujours soin de faire savoir nos intentions au lord Scroop, et aux Hamilton.
Et au dos est écrit , 29 août 1567.