N° XXIX
Le chevalier FRANÇOIS KNOLLYS à Ceci.
D'Yorok, le 9 octobre 1568,
.... Sa grâce, milord de Norfolk, m’ayant envoyé dire à Bolton de venir le trouver ici jeudi dernier, je m'y suis rendu en conséquence, comptant y rester jusqu’à lundi prochain. Pour ce qui concerne l'objet de la commission dont sa grâce et les autres ont été chargés de la part de son altesse, sa grâce m'a fait part de toutes les choses qui y ont rapport, et de ce qui s’est passé jusqu’à présent à ce sujet ; et quoique les matières soient trop importantes pour ma faible capacité, et que je n'aie point assez de présomption pour oser produire mon sentiment sur de pareilles choses, cependant je vois que milord Herries travaille de son côté à procurer une réconciliation sans se porter à des extrémités d’accusations odieuses. Milord de Lidington m'a dit aussi qu'il désirerait que ces choses se terminassent par les voies de a douceur, en sorte qu'on pût agir en ceci avec sûreté. Vous pourrez vous former une idie du reste sur les avis et écrits en- Yoyés par nos commissaires.
Lettre de l’évêque de Ross à la REINE d'Écosse.
D'Yorck, octobre 1568,
Votre majesté me permettra delui dire, que j'ai conféré dernièrement avec À une grande partie de la nuit, lequel m’assura qu'il avait raisonné avec B ce même samedi C à la campagne, qui lui prouva que D était déterminée à ne point laisser finir votre affaire en ce tempsci, mais à la tenir en suspens ; et qu’elle faisait ce qu’elle pouvait pour porter E à de fâcheuses extrémités, afin que F et ses adhérens puissent produire tout ce qu'ils pourront à votre déshonneur, à l'effet de vous rendre odieuse à tous les sujets de ce royaume; afin que vous soyez d'autant moins en écat de rien entreprendre 4 sou
ce différend n'ait été terminé : et partant, que vous per-
conque lui a fait un pareil récit ; et que comme vous vous êtes remise entre ses mains, comme étant celle de tous les êtres vivans qui avait le plus d’atfection pour vous, vous la priez de ne concevoir de vous aucune opinion, si ce n'est que vous voulez suivre ses conseils en toutes vos affaires, et que vous préfèrerez toujours son amitié à celle de tous les autres, méme à celle de vos oncles et
autres : et de l’assurer que vous tiendrez tout ce que vous
avez promis à vos sujets par ses avis; et que si vous êtes décréditée dans l'esprit de D, vous serez charmée de la
| satisfaire en ce point, d’être conduite en son royaume
secrètement et sans bruit, en tel endroit qu'il plairait à sa grâce, jusqu'à ce que sa grâce fût pleinement satisfaite et que toute occasion de penser mal de vous fût éloignée d’elle. Et ainsi, votre royaume serait cependant tenu en tranquillité, et vos fidèles sujets rétablis et maintenus en leurs propres biens, comme aussi autres choses tendantes à ces bons effets ; et ils assurent qu'ils croient que ce peut être une occasion de lui donner de la confiance en vous, que de lui faire de pareilles offres ; et qu’il pourra arriver qu'entre ci et deux ou trois mois, elle concevra de meilleures intentions pour votre grâce, car pour le présent elle n'est pas bien intentionnée, et elle ne vous donnera aucune satisfaction pour les raisons susdites,
NV. B. Le titre de ce papier est de la main de Cecil. La clef suivante est d’une autre main.
A. Le laird de Lidington.
B. Le duc de Norfolk.