N° XLIII
Lettre de M. ArcaiBaLn DoucLas ä‘la REINE des Écossais.
Votre majesté aura pour agréable d'apprendre que j'ai reçu votre lettre en date du 12 de novembre , et j'ai vu pareillement quelques points du contenx d'une autre de même date, adressée à M. de Mauvissière, ambassadeur de:sa majesté très chrétienne : l'une et l'autre sont bien dignes d'une pr'1cesse telle que vous. Par l'une, votre altesse désire de savoir la véritable cause demon bannissement, et m'offre touté sorte de protection, si'je suis tronvé innocent de ce fait odieux commis'en la personne de votre mari, d'heureuse mémoire : par l’autre, ledit ambassadeur est charyé de me déclarer , que si le meurtre de votre mari peut , avec justice, m'être imputé, que vous ne solliciterez puni en ma faveur, ni en faveur d'aucune personne qui serait partieipante de ce fait exécrable; mais que vous chercheriez à en tirer vengeance , lorsque vous auriez quelques movens de le faire. Les offres de votre majesté, si je suis innocent de ce crime, sont desiplus favorables, et votre désir de savoir la vérité de ce:fait est des plus justes : et, par conséquent, il est très raisonnable que je réponde sur cela avec toute ma simplicité, ma sincérité et ma vérité, afin que votre dignité princière puisse me secourir si mon innocence est suffisamment apparente, et qu’elle procure ma condamwätion si je suis coupable en aucune chose , Sice n'est d’avoir connu l’indisposition des esprits de la plus grande partie de votre noblesse contre votre dit mari, et de ne l'avoir pas révélée, étant assuré que cela lui était suffisamment connu el à Lous ceux qui, dans ce royaume Ont quelque jugement, si faible qu'il puisse être. Ce que j'ai aussi été obligé de savoir, comme étant celui qui était spécialement employé entre le comte de Morton et un grand nombre de vos nobles, afin qu’iis pussent, en toute humilité, intercéder auprès de votre majesté pour le reconfort dudit comte; dans les points qui sont spécia lement contenus en la déclaration suivante , Cl que je suis forcé, pour ma propre justification, de rappeler dans cette lettre au souvenir de votre majesté, nonobstant que je:sois assuré, à mon grand regret, que ce récit pourra blesser fortement voire âme royale. 1 plaira à votre ma-
jesté de se rappeler qu'en l'année du Seigneur 1566, ledit comte de Morton avec divers autres nobles et gentilshommes, fureut déclarés rebelles envers votre majesté , et bannis de votre royaume pour le meurtre insolemment Commis en la propre chambre de votre majesté ; ce qu’ils alléguaient avoir été fait par le‘commandement de voire mari, lequel néanmoins affirmoit qu'il avait été forcé par eux de signer l'ordre donné à cet effet, quoi: que la vérité de ce fait soit une chose renfermée entre eux; line m'appartient pointactuetlement d'être curieux. La vérité est que j'étais l'un de ce nombre qui ‘a si grièvement offensé votre majesté, et que j'ai passé'en Frange le temps de notre bannissement à la demande des au: tres, pour prier humblement votre frère le roi très
chrétien, d'intercéder pour que nos offenses pussent être pardonnées, et que la clémence de votre majesté s'étenditenvers nous , quoique diverses personnes de réput:- Lion peu commune dans ce royaume-là fussent dans l'oninion que le fait susdit ne méritait point d’être sollicité, et encore moins d’être pardonné. Cependant telle fut l'âme officieuse de sa majesté le roi de France pour la tranquillité de ce royaume, que la négociation de cette affaire fut commise à M. de Mauvissière, qui fut alors destiné à aller en Écosse pour faire les complimens de congratulation sur l'heureuse naissance de votre fils, que le Dieu tout-puissant veuille long-temps conserver en heureux état et perpétuelle félicité. Le travail dudit Mauvissière fut si efficace, et l'âme de votre majesté tellement portée à la miséricorde, que fort peu de temps après il me fut permis de revenir en Écosse pour traiter avec les comtes de Murray, d’Athol, de Bothwell, d’Argile et le secrétaire Lidington, au nom et de la part dudit comte de Morton, des lords Reven, Lindsay, et du reste des complices, afin qu'ils pussent faire offre au nom dudit comte, d'aucuns points capables de satisfaire le courroux de votre majeste, et de faire en sorte que votre clémence s’'étendit en leur faveur. À mon arrivée vers eux, après que je leur eus déclaré le sujet de mon message, ils déclarèrent que le mariage entre vous et votre mari avait déjà été l'occasion de grands maux dans ce royaume, et que si l'on souffrait que votre mari suivit les désirs et les passions de ceux qui étaient autour de lui, cette manière d'agir produirait avec le temps de plus mauvais effets : que pour remédier aux inconvéniens qui pouvaient résulter de cetie manière d'agir, ils avaient jugé à propos de se réunir en une ‘igue et confédération avec quelques autres nobles, étanc déterminés à obéir à votre majesté, comme à leur souverain naturel, et de ne rien faire par commandement quelconque de votre mari :
que si ledit comte voulait lui-même entrer en cette ligue |!
et confédération avec eux, ils seraient contens de requérir humblement et travailler par toutes sortes de voies auprès de votre majesté, pour obtenir son pardon; mais qu'avant de faire aucun pas en avant, ils désiraient de savoir les intentions dudit comte sur ce point. Lorsque ie leur eus répondu , qu'à mon départ, ni lui ni ses amis ne pouvaient pas savoir qu'aucune chose pareille leur serait proposée , et que par conséquent je n’élais point instruit de ce qu’il y avait à répondre sur ce point, ils me demandèrent de revenir suffisamment instruit sur cet objet à Stirting avant le baptême de votre fils, qu'il plaise à Dieu de conserver. Le compte de ce message fut par moi fidèlement rendu à Newcastle en Angleterre, où ledit comte demeurait alors, en présence de ses amis et compagnie; et là tous convinrent de ne plus traiter avec votre mari, et d’entrer tous dans ladite confédération, Avec celte délibération jerevins à Strling, où, à la requête du roi très chrétien et de sa majesté la reine d'Angleterre, par leurs ambassadeurs présens, le gracieux pardon de votre majesté fut accordé à eux tous À sous condition toutefois qu'ils resteraient bannis hors du royaume l’espace de deux année.et plus, suivant le bon plaisir de votre majesté ; laquelle condition fut dans la suite mitigée à la très humble requête de votre propre noblesse; si bien qu'immédiatement après, ledit comte de Morton revint en Écosse à Quhittingaime, où lecomte de Bothwell et le secrétaire Lidington vinrent le trouver.
Comme Dieu doit être mon juge, je ne sus rien alors des discours qu'ils tinrent entre eux en cet endroit : mais à leur départ, je fus requis, par ledit comte de Morton, d'accompagner le comte Bothwell etle secrétaire à Édimbourg, et de revenir avec la réponse qu'ils pourraient obtenir de votre majesté, laquelle réponse, qui me fut donnée par les personnes susdites, ne fut, comme Dieu doit être mon juge, autre chose que ces mots : « Faites « savoir au comte de Morton que la reine ne veut point « entendre parler de la matière à lui commise.» Lorsque je demandai que la réponse fût rendue plus intelligible,
| le secrétaire Lidington me dit que le comte l’entendrait ! suffisamment, quoique peu ou point de personnes enten-
dissent alors ce qui s'était passé entre eux. Îl est connu de tout le monde, que, comme il y eut des lettres injurieuses écrites entre ledit comte et Lidington lorsqu'ils entrèrent en des factions différentes , il y eut aussi un
: livre publié par les ministres, dans lequel ils affirmaient
que le comte de Morton leur avait avoué avant sa mort, que le comte Bothwell était venu à Quhittingaime pour proposer de faire mourir fe roi mari , à laquelle proposition ledit comte de Morton affirma qu'il ne pouvait point donner de réponse jusqu'ou temps où il pourrait savoir les intentions de voire majesté sur cela , ce qu’il n’avait jamais pu savoir. Quant au meurtre abominable, on sait aussi par les dépositions de plusieurs perscanes qui furent exécutées à mort pour l'avoir commis, que ce meurtre futexécuté par ceux et par les ordres de ceux de le noblesse qui avaient souscrit l'acte d'association à cet effet. Par cette déclaration désagréable de gens dont la plupart vous, sont connus à vous-mêmes (et les autres peuvent être découverts par les susdits témoins qui furent examinés à la question, et qui sont encore existans en la garde des juges ordinaires en Écosse), mon innocence, pour ce qui concerne aucun fait, peut apparattre suffisamment à votre majesté. Et quant à mes démarches précédentes, je ne puis pas être en ce chargé autrement que par ceux qui accuseraient le vaisseau qui garde le vin, du mal arrivé par l'intempérance de ceux qui en
: ont fait un usage immodéré. Quant à la cause spéciale de
mon bannissement, je crois qu’il est provenu de l'opinion qu'on a conçue que j'étais capable d'accuser le comte de Morton de toutes les choses qu’ils disent que lui-même a avouées avant sa mort; et ie ne voudrais pas, au risque de perdre ma réputation, être induit à faire la moindre pariie de pareilles choses. Si tel est le sujet de mes peines, ainsi que je présume que cela est , quelle punition puis-je mériter? Je m'en rapporte À l'excellent jugement de votre majesté, qui sait parfaitement combien le plus simple gentilhomme doit étre jaloux de sou renom , de sa réputation et de son honneur, et combien même tout homme doit avoir en horreur le.nom de pol
tron, et à quel point il aurait été indécent à moi d’accuser le comte de Morton, étant son parent anssi proche, malgré les injustices que j'ai été contraint d'endurer de sa part dans le temps de son gouvernement , et ce pour aucune autre cause, si ce n'est pour avoir donné des marques d'une amitié particulière à des amis particuliers, dans le temps de ces derniers troubles cruels en Écosse. Je serais fâché de l'accuser actuellement qu'il est mort, et je serais encore plus fâché, si, pendant sa vie, j'avais, par de tels procédés, mérité le nom d’ingrat, Au reste, pour ce qui me concerne en mon particulier, j'ai
été ba quatre l'âme, cres, :
de me:
vissièr plaisir voire 1 du pré singha je puss ne pou jusqu’à majeste tesse d mation partief la prése prendr sentes.
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le reste votre fil et pour plaisait mon int récit, au pardon de votre derniers pourrais tous les jesté dei tre maje cette gr de servi tions. El jesté, api prends ci
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Soyez :
long-tem fait trop | travaux F alors iln ceux qui tant, pre:
envers vo inais lisez conforme cette req, crédit là-
Octobr
ne sus rien alors des 1 cet endroit ; mais À dit comte de Morton, Lie secrétaire à Édim.
nse qu’ils pourraient réponse, qui me fut ne fut, comme Dieu ue ces mots : « Faites \ reine ne veut point i commise,» Lorsque due plus intelligible, le comte l’entendrait de personnes ententre eux. Îl est connu y eut des lettres injut Lidington lorsqu'ils tes, il y eut aussi un lequel ils affirmaient voué avant sa mort, | Quhittingaime pour i , à laquelle proposiqu’il ne pouvait point où il pourrait savoir cela, ce qu'il n'avait abominable, on sait drs perscanes qui fuomimis, que ce meurordres de ceux de la e d'association à cet able de gens dont la mêmes (et les autres isdits témoins qui fusont encore existans | Écosse), mon innofait, peut apparaltre ant à mes démarches ce chargé autrement raisseau qui garde le ance de ceux qui en à la cause spéciale de est provenu de l’opicapable d'accuser le oses qu’ils disent que et ie ne voudrais pas, , être induit à faire la . Si tel est le sujet de e cela est , quelle puipporte À l'excellent it parfaitement com- Dit être jaloux de sou honneur, et combien rreur le.nom de pol décent à moi d'accuparent anssi proche, niraint d'endurer de rnement , et ce pour our avoir donné des à des amis particurs troubles cruels en ctuellement qu'il est , Si, pendant sa vie, le nom d’ingrat, Au mon particulier, j'ai
été banni de mon pays natal ces trois dernières années'et | N° XL.
quatre mois, vivant dans l'angoisse et la perplexité de l'âme, tous mes biens en Écosse, qui ne sont pas médiocres, saisis et confisqués; et depuis que j'ai été soulagé de mes peines dernières, à la sollicitation de M. de Mauvissière, jai toujours eu l'attention de connaître le bon plaisir de votre majesté, et d'attendre ce qui plairait à votre majesté de me commander pour son service. Le 8 du présent mois d'avril, votre bon ami le secrétaire Walsingham, me déclara que son altesse jugeait à propos que je pusse me retirer où il me plairait. Je lui déclarai que je ne pouvais en aucune manière fixer sur cela mes désirs, jusqu'à ce que cette proposition me fût faite par votre
majesté ; et que je ne savais point où il plairait à votre al- -
tesse de m'envoyer, jusqu’à ce que jeusse reçu des informations ultérieures de votre part. A cette occasion, et en partie par permission , j’ai osé prendre la liberté d'écrire la présente lettre, par laquelle votre majesté peut comprendre une partie de mes peines passées et encore présentes, Quant à mes intentions pour l'avenir, je ne nierai jamais que je ne sois pleinement déterminé à employer le reste de mes jours au service de votre majesté et du roi votre fils, partout où je scrai envoyé par votre majesté : et pour que je puisse mieux m'acquitter de ce devoir, s'il plaisait à votre majesté de recommander le jugement de mon innocence, et l'examen de la vérité du précédent
récit, au roi votre fils, le requérant que je puisse obtenir pardon pour les offenses qui ont été relatives au service de votre majesté, et communes à tous les hommes de ces
derniers temps, et pardonnées à tous, excepté à moi; je pourrais en être moi-même le porteur , et être destiné à
tous les services quelconques qu'il plairait à votre ma-
jesté de me commander. Je supplie très humblement vo-
tre majesté de faire sur cela ses réflexions, et de me faire cette grâce de donner ses ordres pour que j'aie occasion de servir votre majesté suivant la pureté de mes intentions. Et sur ce, en attendant la réponse de votre majesté, après avoir baisé votre main en toute humilité, je prends congé,
De Londres.
No XLIV.
Lettre du roi d'Écosse à M. ArcuipazD DouGias, son ambassadeur en Angleterre.
15 octobre 1586.
Soyez vous-même plus retenu à ne pas traiter plus long-temps sérieusement pour ma mère, car vous l'avez fait trop long-temps ; et ne croyez pas qu'aucun de vos travaux puisse faire le bien, si la vie lui est enlevée, car alors il ne serait plus question de mes négociations avec ceux qui en seraient les principaux instrumens ; et, partant, prenez garde à la continuation de ma bienveillance envers vous. N'épargnez ni peines ni soins à cet effet, inais lisez ma lettre écrite à Guillaume Keith, et vous conformez entièrement à ce qui y est contenu; et quant à celle requête, laissez-moi mûrir les fruits de votre grand crédit là-bas, dès maintenant ou jamais. Adieu.
Octobre 158€
. reçu, le 5 d'octobre, votre lettre, en date du 28 de sep-
Lettre du chevaïier GuixLaume Keira, ambassadeur en Angleterre, probablement écrite par le secrétaire MAITLAND,
27 novembre 1586
Par vos lettres envoyées par ce porteur, quoique sur
des matières désagréables, sa majesté conçoit votre exactitude et fidélité dans vos négociations, comme aussi l’activité et la diligence de M. Archibald dont vous faites de si grands éloges, et que vous recommandez si fortement. Je désire que le succès réponde à l'opinion de sa majesté, à vos soins et travaux, et à cette grande diligence de M. Archibald, telle que vous la dépeignez dans vos lettres. Sa majesté a le cœur vivement pénétré de ce procédé rigoureux contre sa mère , Comme étant une affaire qui l'intéresse grandement , tant pour l'honneur que par. d’autres considérations. Les actions et le maintien de son altesse annoncent manifestement non-seulement combien la nature prévaut, mais aussi combien elle appréhende les suites de ce procès , et le degré d'importance qu’elle lui attribue On doit envoyer dans peu d'ici une ambassade , en laquelle seront employés le comte et deux conseillers ; et de la réponse qu'ils rapporteront dépendra la continuation ou la dissoluiion de l'amitié et bonne intelligence entre les princes de cette t'e. Cependant si l’on se porte à de plus grandes extrémités, et si les prières et requêtes de sa majesté sont dédaignées, son altesse se croira lui-même déshonoré et méprisé bien au-delà de son attente et de ce qu'il mérite. Vous pourrez apercevoir les dispositions de sa majesté par la lettre qu'il vous écrit que vous commur uerez à M. Aïchibald , et vous vous conduirez l’un €. l’autre en conséquence d'icelle, Je n’ai pas besoin de recommander à vos soins ce qui concerne le service de votre maitre, tant pour son bien que pour son honneur. De même que vous vous conduirez vous et votre collègue en cette affaire, aussi, de mon côté , j'aurai soin de faire valoir votre affection envers votre maitre. Je suis bien aise de ce que j'entends dire de vous, et je donne une entière créance à ce que vous écrivez de M. Archibald. Ses amis qui sont ici font un grand cas de son parfait dévouement pour la reine , ainsi que de son exactitude à remplir ses devoirs envers sa majesté le roi son fils, Au surplus je suis obligé de remettre le reste à la prochaine occasion, ayant à peine le temps de vous griffonner ce peu de lignes, qui peuvent elles-mêmes donner des preuves de ma précipitation , vous souhaitant une heureuse issue en votre négociation, je m'en remets à vous,
Holyroodhouse, 27 novembre 1586.
Le peuple et tous les états ici sont tellement touchés des procédés rigoureux contre la reine, que sa majesté el tous ceux qui ont du crédit n’osent paraitre dehors, à
cause des clameurs qui s'élèvent contre eux, el des imprécatious proférées contre la reine d'Angleterre.
Ne XLYI.
À sa majesté le Roi, par M. ARGHIBALb DOUGLAS.
Votre majesté aura pour agréable de savoir que j'ai
tembre , et ce même jour 5 d'octobre, j'ai envoyé Guillaume Murray vers votre altesse. Par les lettres dont il est porteur, et par d'autres de différentes dates, votre majesté peut apercevoir qu'avant la réception de sa lettre , je n’avais rien omis, autant que mon travail et mes soins peuvent y atteindre, touchant l’accomplissement des deux points principaux cpntenus,en votredite lettre, ce que, par ces présentes, je dois vousirépéter, pour répondre à votreditc.lettre.
Quant au premier point, en ce qui concerne l’intercession pour la vie de sa majesté la reine votre mère, j'ai en diverses fois, et à chaque audience, négocié sur cetre affaire avec la reine d'Angleterre, principalement pour connaftre quelle pouvait étre sur ce point sai pleine détermination ; et je n’ai jamais pu l'amener à aucune réponse ultérieure, si ce n'est que ce procédé contre la reine votre mère , par ordre de justice , n’était pas moins contre ses intentions d’elle reine d'Angleterre, que contre les intentions de ceux.qui aimaient le mieux la reine d'Écosse. Que quant à la vie de la reine d'Écosse, elle, reine d’Angleterre, ne pouvait sur cela douner aucune réponse, jusqu'à ce que la loi eût prononcé si la reine d'Écosse était innocente ou coupable. Qu'au surplus, elle voulait bien.aller jusqu’à m'informer qu'il y avait un nombre d'associés qui la pressaient. de permettre que la loi pût procéder coutre la reine d'Écosse, donnant pour raisons que tant qu'on laisserait la reine d'Écosse négocier er. ces affaires , jamais ce royaume ne serait dans le,calme , ni sa vie, à elle reine d'Angleterre, ni cetétat en assurance ; et enfin qu'ils faisaient cette protestation, que si elle, reine d'Angleterre, ne voulait pas suivre leurs avis.en cette affaire, ils resteraient hors de tout blâme, quelque chose qui püût jamais arriver : sur quoi elle leur avait accordé la liberté de procéder, de peur que ceux qui avaient présenté cette requête ne pussent dans la suite la charger elle méme de tous les inconvéniens qui pourraient en arriver.
Et j'ai connu par moi-même la vérité de ce discours ; car tant les papistes que les protestans se sont conduits ainsi qu’il a plu à la reine d'Angleterre de me le déclarer, mais par des motifs différens : les uns, pour éviter les soupeons qu’autrement on aurait pu concevoir contre eux ; lesauires, par le zèle et le soin qu’ils veulent qu’on apercoive en eux pour la conservaiion de la vie et de l’état de leur souveraine dans ces temps orageux : en. considération. de quoi j'ai été obligé d’entrer en quelque négociation avec les uns et les autres, de quoi j'ai eu soin d'informer sa majesté la reine. Les protestans , et ceux qui, en d’autres affaires, veulent faire connaître qu'ils ont beaucoup de zèle pour le service de sa majesté , ont prié qu’on voulût bien les dispenser de toute action contraire à ce qu'ils ont voué par leurs sermens à leur souveraine, et à ce qu'ils lui ont demandé par leurs requêtes , et ce, avant mon arrivée en ce pays; que s'ils voulaient actuellement agir différemment, cela ne produirait d'autre effet que de les exposer à être accusés d'inconstance par
leur souveraine lorsqu'elle jugerait à propos de le faire, en ce qu'ils donneraient des conseils par lesquels ils pourraient courir le danger d'être regardés comme de mauvais conseillers, et par conséquent dignes de punition, Ceux des papistes avec qui je traite allèrent aussitôt redire à sa majesté la reine ce que je leur avais dit, laquelle, bien qu'elle fût déjà ci-devant au fait de l'affaire, m'envoya
chercher, et me vépéta les propres discours que j'avais tenus à ces papistes ,. désirant, de moi que, pour le bien duiservice de mon maître ,,je m’abstinsse de traiter avec ces gens- , attendu qu’ils n'étaient point .eneore suffi. samment portés à penser de mon,maitre ainsi qu'elle Je faisait. Je demandai permission à.sa majesté la reine que je pusse les informer de. laconduite que voire majesté avait tenue.ci-devant.envers.elle.et l'état de ce royaume : sur quoi, avec quelque difficulté, elle me, donna son consen
tement. À mon dernier. départ. de la cour, qui était le 5 du.courant,.et le jour d'après que les lords-jurés de cette grande commission eurent pris congé de sa majesté pou aller vers la partie septentrionale à Fothringham , Ja reine d'Angleterre voulut bien promettre. qu'elle aurait une conversation ultérieure sur cette affaire au retour desdits lords,. et qu’elle donnerait une réponse positive au contentement de votre majesté sur les autres affaires que j'avais proposées au nom de votre majesté. Quant au second point concernant l'association, et le désir que la promesse faite au maitre de Gray au sujet du titre de votre majesté fût exécutée, il paraît, par ladite lettre, que ie véritable point sur lequel le titre. de votre majesté pourrait être révoqué.en doute, n’a pas été bien aperçu en écrivant ladite lettre , ce qui, je crois, est arrivé, faute d’avoir lu l'acte de parlement dans lequel on a accompli toutes ies promesses faites par la reine d'Angleterre audit maitre de Gray, et rien ne peut faire actuellement qu'il s'élève aucun doute sur votredit titre , si ce n’est que ces lords qui, maintenant, sont si animés contre sa majesié la reine votre mère , peuvent avoir dans l’idée que votre majesté est ou pourrait être dans la suite consentante de ses procédés ; et quelques-uns de ceux qui sont affectionnés au service de votre majesté sont de cette opinion, qu'une demande trop empressée pourrail donner fondement aux soupçons qui, sur ce, pourraient naître en l'esprit de gens si malintentionnés eu cette affaire, ce qui, à ce que je pense, pourrait être remédié en obtenant
| en pariement.une déclaration de l'innocence actuelle de
votre majesté ; el attendu que le bon naturel et l'honnéteté publique vous obligeraient d’intercéder pour la reine votre mère, cet acte de parlement pourrait, sans qu'il
| fût besoin d'aucune autre déclaration ultérieure , effacer
les soupçons qui pourraient porter les gens les plus mal: intentionnés à doute: de vous. Dans mes premieres lettres, j'ai très humblement supplié votre majesté que quelques hommes habiles dans les lois fussent engagés à donner leurs avis sur les termes de l'association , et sur la mitigation contenue en l'acte de parlement, et surtout d'aviser sur les effets de la requête de votre majesté, et sur les soupçons qu’elle pourrait inspirer dans ce tempsci à ces hommes colériques, et sur les moyens les plus propres à calmer leurs âmes et à leur faire entendre raison ; et que d'après toutes ces considérations, ils prescrivissent les termes d’un acte déclaratoire de l'innocence de votre majesté, qui serait obtenu en parlement ; et, faute de ce, qu’ils donnassent les propres tér mes d’une protestation à ce même effet, afin qu’elle pût être la plus utile pour le service de votre mäjesté, et que cela pût me servir de plus ample instruction. Bien que ceci soit mon véritable sentiment. je serai content de suivre le plan qu'il plaira à votre majesté de me prescrire. J'ai déjà communiqué en substance tout ceci à la reine de ce royaume, qui ne paraît pas en avoir été offensée, et qui
Mé
. Plaig était pl qu’elles me son!
Je vi Guillau donnass Elle pr mère, $ entendu jour le c sèrent jl ciation.
expliqué cette lett à votre 1 honnéter examina la condui meilleure Le 29° nous ne f la manièr voir les ar uous env ou pour primes q congé, et y trouver M. George Le pren lègue env audience.
lettre com réponse ju:
votre majc nous ne fût nous ayons Le hui center, Et dans la let Qil ditouv conne pris
discours que j'avais que , pour le bien nese de traiter avec point .eneore suffi.
aire ainsi qu'elle Je majesté la reine que votre majesté avait de ce royaume : sur .donta son consen cour, qui était le 5 lords-jurés de cettc é de sa majesté pour à Fothringham , la nettre, qu'elle aurait e affaire au retour réponse positive au 28 autres affaires que rjesté. Quant au seet le désir que la au sujet du titre de , Par ladite lettre, re,de votre majesté pas été bien aperçu ois, est arrivé, faute quel on a accompli e d'Angleterre audit e actuellement qu'il , Si ce n’est que ces és contre sa majesié ans l'idée que votre suite consentante de x qui sont affectionnt de cette opinion, rrait donner fonde- Jurraient raitre en eu cette affaire, ce emédié en obtenant innocence actuelle de naturel et.l'honnércéder pour la reine pourrait, sans qu'il ultérieure , effacer 8 gens les plus mai:
s mes premières letvotre majesté que js fussent engagés à l'association , et sur irlement, et surtout e votre majesté, et irer dans ce tempsles moyens les plus leur faire entendre idérations, ils prestoire de l'innocence en parlement ; et, opres tér mes d’une ’elle pût être la plus , et que cela pût me n que ceci soit mon t de suivre le plan prescrire. J'ai déjà i à la reine de ce été offensée, et qui
a.accordé la liberté de traiter sur ce avec ceux du parlement à qui il pourrait rester des doutes dans l'esprit. Ceci étant le résultat de mes procédés en cette affaire, en sus du restant contenu en d’autres lettres de différentes dates, je suis obligé de m’ouvrir sur le tout à votre majesté, et de la prier humblement qu’une pleine information puisse m'être envoyée sur ce que je dois faire ultérieurement en ceci; et cependant, jusqu'à ceique j'aie reçu de plus amples instructions je procèderai et agirai suivant les ordres que j'ai déjà reçus. Et sur ce, très gracieux souverain , désirant à votre majesté toutes sortes d'heureux succès en vos affaires ; je prends humblement mon congé.
De Londres, 16 octobre 1586.
De votre majesté le très humble sujet et obéissant serviteur.
Mémoire pour SA MAJESTÉ, par le maltre DE GRAY.
, Plaise à votre majesté de savoir que j'ai pensé qu'il était plus à propos d'exposer toutes les choses ainsi qu'elles se sont présentées, et tous les avis ainsi qu'ils me 40nt parvenus, et de les réunir dans une lettre. |
Je vins à Vare le 24 de décembre, et j'envoyai chez | Guillaume Keith et M. Archibald Douglas, pour qu'ils.en
donnassent avis à la reine, ce qu’ils firent à leur audience,
Elle promit que la vie de sa majesté la reine, votre
mère, serait épargnée jusqu’à ce que nous eussions été
entendus. Le 27, ils vinrent me trouver à Vare, auquel jour le chevalier Robert vint à Vare; et là 118 nous exposèrent jusqu où ils étaient déjà parvenus.en leur uégociation. Mais attendu que le détail sur ce point est
expliqué dans notre lettre commune, je m'en réfère à
cette lettre, si ce n’est qye je veux en outre témoigner
à votre majesté que Guillaume Keith s’est comporté très honnêtement et équitablement jusqu’à notre arrivée, examinant toutes les circonstances, ét surtout observant la conduite de son collègue, laquelle en effet n’est pas meilleure que votre majesté ne l’a déjà vue par le passé.
Le 29° jour de décembre nous allâmes à Londres, où nous ne fûmes point du tout reçus amicalement : et après la manière honnête dont il a plu à votre majesté de recevoir les ambassadeurs de la reine d'Angleterre, on ne uous envoya personne pour nous souhaiter labienvenue où pour nous accompagner, Le même jour, nous apprimes que M. de Bellièvre prenait son audience de congé, et comme l'usage ne nous permettait pas de nous ÿ trouver, nous envoyâmes faire nos excuses par M. George Young.
Le premier jour de janvier, Guillaume Keithet son collègue envoyèrent, suivant l'usage, demander notre audience. Nous reçûmes la réponse Contenue dans la lettre commune, et nous ne pûmes pas avoir d'autre réponse jusqu'au sixième jour, ce qui fut fait le jour que voire majesté l'a vu dans la lettre Générale : cependant nous ne fûmnes pas alors privés de notre altente, quoique Nous ayons recu des réponses fort dures.
Le huiième jour, nous parlâmes au comte de Leitester, éi notre conférence fut telle qu’eile est rapportée | daus là lettre générale. Je remarquai ceci : que ce jour-
A il ditouvertement que la détention de la reine d'Écosse, Ï Fouine prisonnière, enait de ce qu'elle prétendait A la |
succession de cette couronne. Jugez donc par-là de ce qu'on a pensé de votre majesté lorsqu'un moment après 01 à entendu vos propositions.
Le neuvième jour, nous parlâmes à l'ambassadeur de
nous fit un discours fort sage sur tous ses procédés et sur ceux de M. de Bellièvre. Nous le remerciâmes au nom de votre majesté, et nous lui découvrimes toutes
ce qui, à ce que je crois » est véritable; car depuis le départ de Beltièvre, on parle d’un domestique de ce Châteauneuf qui a été pris avec tous les papiers ef paquets que Châteauneuf envoyait en France, parce que ces papiers le chargeaient d'une conspiration formée dernièrement contre ja vie de la-reme d'Angleterre, On prétend! que son domestique a avoué'la chose. Mais quant à.ce que j'en dois croire » €’est ce que j'ignore : mais jusqu’à ce que je voie Ja preuve, je regarderai Châteauneuf Comme un honnête homme ; car en effet il paraît tel, et l’un de ceux qui, sans contredit » Ont suivi cette affaire avec le plus de chaleur. Je lui ai fait connaitre que la reine d’Angleterre et le comte de Leicester avaient désiré de me parler en particulier, et je luisdemandai son avis. Il me le donna, et il me dit franchement qu'il pensait que cela était très convenable. Je lui fis voir pour quelle
raison je lui avais communiqué cela : que c'était parce que j'avais été soupçonné par quelques-uns des amis de fa majesté la reine d'Écosse en France » d’avoir rendu de Mauvais offices pour le service de ladite reine ; qu'il Pouvait m'être témoin que empressées en ceci me seraient un témoignage suffisant que tout cela n’était que menteries, et que ce fripon de Navé, qui venait Maintenant de trahir la reine, m'avais | en ceci rendu de mauvais offices. 1] me dit que, puisque
j'apercevais que la reine d'Écosse ne voyait uniquement que par les yeux d'autrui, je ne devais en aucune manière imputer cela à ladite reine, et qu’elle ne lui avait fait une pareille chose qu’à l'instigation de Navé. Je lui répondis qu'il me servirait en cela de témoin.
mes négociations les plus
Le neuvième jour, nous envoyâmes à Ja cour demander
| audience, ce que nous obtinmes le dixième jour : dès l’abord elle? nous dit « doit être la bienvenue lorsqu'elle arrive : je voudrais (Savoir à présent quelles sont les offres de votre mat- {tne. » Je répondis qu'on ne faisait point d'offres, à moins que ce ne fût Pour quelque cause, et que nous Voulions, ainsi que votre majesté, savoir d’abord si la Cause pour laquelle nons avions des offres à faire était existante, et en même temps si elle serait existante jusqu'à ce que votre majesté eût entendu notre rapport « de crois, dit-elle, qu’elle est encore existante, mais «je ne veux pas promettre qu’elle le soit dans une «heure, Mais vous Je répondis que nous:ne songions point à ruser, mais à offrir, dela part de notre souverain, Lout ce qui pourrait être raisonnable; et que nous offrions spécialement tout
: «Une chose long-temps attendue
cherchez par-là à ruser avec moi. »
| La reine d’Angleterre.
dd 24
ce qui est contenu dans notre lettre générale : toutes lesquelles choses furent refusées et regardées comme rien. Êlle appela trois personnes qui étaient dans la chambre, le comte de Leicester, milord-ainiral, et le lord-chambellan, et en leur présence à lous trois, elle répéta avec dédain toutes nos offres. Je déclarai la deruière partie, et je dis : « Madame, quel est le motif qui peut faire agir « des hommes contre votre personne ou contre votre «état, pour la cause de la reine d'Écosse ? — C'est, me « répondit-elle, parce qu'ils pensent que la reine d'Écosse « doit me succéder, et parce qu'elle est une papiste. « {1 y a lieu de croire, lui dis-je, que ces deux causes « doivent être écartées. — Je serais bien aise , dit-elle, « de comprendre ce que vous me dites là, — Madame, « lui dis-je, si tout le droit que la reine d'Écosse a à la « succession était transporté en la personne du roi notre « souverain, n’aurail-on pas toutes sortes d'espérances « que les papistes seraient écartés ? — Je l'espère ainsi, « me répondit-elle. — Alors, madame , lui dis-je, je « pense que la reine sa mère se démettrait volontiers de « tous ses droits en faveur du roi son fils. — Elle n’a, « me répondit la reine, aucun droit, car elle a été dé- « clarée inhabile, — Si elle n’a, lui repartis-je, aucun « droit, toutes les espérances sont apparemment éva- «nouies, si bien qu’il n’est point à craindre qu'aucun « homme entreprenne rien en sa faveur, — Mais, me « répondit la reine, les papistes ne reconnaissent point «notre déclaration. — Laissez donc tomber, lui dis- «je, le droit de succession en la personne du roi, par «la démission de la reine sa mère. » Le comte de Leicester répondit : « La reine d'Écosse est prisonnière, «comment pourrait-elle donner valablement sa démis- «sion? » Je répondis : « La démission serait faite à son « fils par l'avis de tous les amis qu’elle a en Europe ; et «en cas, ce qu’à Dieu ne plaise, que quelque entreprise «enlevât la reine d'Angleterre, qui est-ce qui osera « prendre le parti de la reine d'Écosse pour prouver que « sa démission ou résignation serait sans effet, son fils « étant à la tête d'un parti opposé, ayant pour lui tous « les princes amis de la reine sa mère, et s'étant ligué « précédemment avec sa majesté la reine d'Angleterre «pour rendre cette démission efficace? » La reine fit semblant de ne point entendre ma pensée, et le chevalier Robert ayant de nouveau expliqué la chose, elle fit toujours comme si elle ne l’entendait pas. Alors le comte de Leicester répondit que notre idée était que le roi fût mis au lieu et place de sa mère. « Si cela était ainsi, répondit « la reine, je me mettrais en pire état que je n'étais ci- « devant. Par la passion de Dieu, ce serait me couper la « gorge à moi-même, et pour un duché, pour un comté «qui vous serait donné à vous-même, vous ou des gens «tels que vous engageriez quelques-uns de vos scélérats «à me tuer. Non, par Dieu, le roi d'Écosse ne sera «jamais en cette place. » Je répondis : « Le roi mon «maître ne demande rien à votre majesté, mais à sa «mère. » Le comte de Leicester répondit : « Ce serait «rendre le roi d'Écosse partie adverse de la reine ma « maîtresse. » Je répliquai : « 11 le serait bien davantage «s’il était en sa place par sa mort. »
La reine d'Angleterre ne voulut pas rester plus longtemps : mais elle dit, qu'en la place de la mère, elle ne voulait pas avoir le fils, qui serait pire que la mère; et
elle ajouta : « Dites au roi votre mal?re tout le bien que « je lui ai fait en soutenant la couronne sur sa tête depuis « qu'il est né, et que je suis dans l'intention de garder « l'alliance qui subsiste actuellement entre nous; et que « s’il la rompt, il fera une double faute : et nous pen- «sions qu’en ceci, il voulait rompre avec nous, mais « nous voulons l'éviter.» Je lui parlait encore, pour lui demander que la vie de la reine votre mère fût épargnée pendant quinze jours. Elle le refusa, Le chevalier Robert demanda seulement pour huit jours, Élle réponait : « Pas « seulement pour une heure; » etelle se retira, Votre majesté voit que nous nous sommes acquittés de toutes les offres que nous avions à faire ; mais le tout à été inutile, @r la reine d'Augleterre et son couseil ont pris une résolfion en laquelle ils veulent persévérer, et je vois que cela vient plutôt de son conseil que d'elle-même ; ce qui, à mon gré, est le pire ; car sans aucun doute, cela vous fera perdre entièrement tous les amis que vous avez ici. Car bien qu’ils aient autrefois été bien intentionnés pour votre majesté, cependant lorsqu'ils se rappelleront
| qu'ils ont trempé leurs mains dans le sang de votre
mère, en bonne foi, ils ue pourront pas attendre beaucoup de bien de votre part, chose dout je suis en vérité très affligé. De plus, votre majesté peut apercevoir, par le récit de la dernière proposition que j'ai faite, que s'ils avaieni été bien intentionnés pour votre majesté, ils en auraient usé différemment qu'ils ne l'ont fait, par les raisons qui les retiennent. Mais Je n'ose pas tout écrire, j'ai intention de ne faire quelquefois que parler en cette affaire, car nous apercevons que nos lettres seraient sûrement interceptées en chemin.
Attendu que je vois que ni le crédit d’un particulier, ni aucuns moyens ne pourraient changer leur détermination, bien que la reine ait désiré, ainsi que le conte de Leicester, de m'entrelenir en particulier, je ne veux plus parler, et je ne le dois pas. Mais assurément tout le monde pourra m'être témoin que je n’ai, en mou parliculier , aucunes sortes de liaisons avec l'Angleterre, si ce
| m'est par rapport au service de votre majesté. Ainsi,
quoique je ne puisse pas actuelleme::t effectuer ce que je désirais, la droiture de mes démarches, en cette affaire, sera néanmoins exposée aux yeux detout l’univers. Nous allons, Dieu aidant, demander audience, et nous comptons y suivre avec aigreur nos instructions, que nous avons suifies jusqu'à présent avec beaucoup de modération; car nous pouvons bien, pour ’honneur de la cause, ne pas dire moins, au nom de votre majesté, que l'an bassadeur de France en a dit au nom de son maître,
Ainsi, je prie votre majesté de considérer la droiture de mes démarches pour votre service, et non pas le succès : car, quand j'aurais eu auprès d’aucuns le double du crédit que je puis avoir eu ici, mais n'étant venu ici que pour cette seule affaire , je ne voudrais pas que mon crédit eût pu servir ici à aucun autre dessein. Je prie le Seigneur de conserver voire majesté, et de vous envoyer un ami sincère et véritable.
De Londres, ce 12 janvier 1586.
J'entends dire que la reine doit envoyer un des siens à votre majesté.
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plaudi. | pour voi pèce qui nous ser ration fo la suite < été pris; M. Staffo est comp ici. Au re tion, qu reine d’A d'Écosse, remets to) avions in nous avoir notre arr part, que chemin a:
notre arr droit à pa ce mois, ( rigueur de
‘re tout le bien que le sur sa fête depuis utention de garder entire nous; et que aute : et nous pene avec nous, mais lat encore, pour lui mère fût épargnée 4 chevalier Robert Île répondit : « Pas le se retira, Votre acquittés de toutes is le tout. à été inu- ‘ouseil ont pris une sévérer, et je vois ue d'elle-même ; ce aucun doute, cela amis que vous avez ‘ bien intentionnés x'ils se rappelleront le sang de votre pas attendre beauut je suis en vérité eut apercevoir, par » j'ai faite, que s'ils tre majesté, ils en l'ont fait, par les ose pas tout écrire»
que parler en cette nos lettres seraient
d’un particulier, ni xer leur déterminaisi que le conte de ier, je ne veux plus assurément tout le nai, en mou parli- : l'Angleterre, si ce tre majesté. Ainsi, Leffectuer ce que je es, en celte affaire, out l'univers. Nous nce, et 1ouS compructions, que nous aucoup de modéraonneur de la cause, majesté, que l'an de son maître.
usidérer la droiture , et non pas le sucaucuns le double du n'étant venu ici que is pas que mon créssein. Je prie le Seit de vous envoyer
joyer un des siens à
Au très honorable milord vice-cHANcELIER et secrétaire de sa majesté, par le maitre p& GRAY.
Milord,
Je vous envoie ces lignes avec la lettre ci-jointe à sa majesté, par laquelle votre seigneurie pourra apprendre de quelle manière les choses se passent ici, Et, avant toutes choses, je prie votre seigneurie d'engager sa majesté à avoir égard à mes soins et non à l'effet dans cette négociation ; car je vous jure que si j'avais eu à solliciter la couronne d'Angleterre pour moi-même, je n’aurais pu rien faire de plus : et ne laissez point mes ennemis prendre l'avantage sur moi, car tout le monde verra que je n’ai aimé l'Angleterre que pour le service de sa majesté seulement. Je m’attends dans peu à trouver un ami dans votre seigneurie, ainsi que vous me l'avez promis, et parbleu je serai le vôtre si je le puis. Guillaume Keith et moi désirions, si les affaires avaient réussi, de prendre des mesures pour que votre seigneurie püt être lci en crédit et les autres déconcertés; mais actuellement
je ferai pour vous comme pour moi-même, qui est de ne se point soucier d'avoir ici du crédit, car, en conscience, ils ne pensent point honnêtement du roi notre souverain ; et, s'ils le pouvaient, ils lui feraient prendre le chemin que sa mère a pris, ou qu’elle prendra bientôt, En conséquence, je vous prie, milord, d'avertir le roi, que le meilleur chemin n’est pas celui-ci. ils disent ici qu'il a été dit par un homme qui l'avait entendu de vous, que vous ne désiriez point que le roi et l'Angleterre fussent d'accord, parce que cela pourrait inquiéter les nobles, et que vous aviez sur cela cité l'exemple de Jacques IV. J'ai répondu en votre nom que j'étais assuré que vous n’aviez jamais dit cela. M. Archibald est celui qui a tenu ce propos, et je puis assurer votre seigneurie que cet homme a été un vrai poison en cette affaire, car on est ici fort porté à donner dans ses opinions. Il ne s’embarrasse Pas, dit-il, que le roi soit obligé de suivre ce chemin-ci, soit par des voies honnêtes » Soit par la nécessité : si bien que, lorsqu'il prend ce train-là, il est assuré d’être applaudi. 11 me faudrait plus de papier que je n'en ai ici Pour vous exposer par écrit tous les propos de cette espèce qui se sont tenus : ainsi je les remets au temps où nous serons réunis. On parle ici d’une nouvelle conspiration formée contre la reine, sur quoi trois hommes de la suite de l'ambassadeur de France, qui réside ici, ont été pris; mais je crois, qu’à la fin, cela se réduira à rien, M. Stafford, qui est ambassadeur de la reine en France, est compromis en cette affaire » et son frère à été arrété ici. Au reste, cet incident a fait ce mal en notre négociation, que tout le conseil d'ici ne veut point engager la reine d'Angleterre à laisser en repos le sang de la reine d'Écosse, jusqu’à ce que cette trame soit découverte, Je remets toutes les autres choses à la lettre ci-incluse, Nous avions intention d’envoyer à sa majesté un détail que nous aVOns mis par écrit de toutes 108 démarches depuis notre arrivée ici : mais nous avons été avertis, de bonne part, que le porteur devait certainement être enlevé en chemin avec nos paquets; ainsi nous remettons la chose à notre arrivée, J'ai inis ceci hors du Paquet, dans un endroit à part, Nous devons prendre congé vendredi, 13 de ce mois, et nous avons intention de suivre exactement la |
rigueur de nos instructions: car il ne serait point du tout | ui.
moins que l'ambassadeur de France, qui a dit : Ze roy mon maäistre ne peui moins faire que s'en ressentir ?. Si bien que vers le 24 nous comptons , Dieu ai . dant, que nous serons rendus chez nous, à moins qu'il ne survienne quelque retardement que nous ne pouvons pas prévoir. La reine et le comte de Leicester ont désiré de me parler, Je l'ai refusé, à moins que ce ne fût en présence de mes collègues, par la raison que je vois une détermination à laquelle le crédit d'un particulier ne pourrait point remédier, et je ne désire point d’avoir da crédit, si ce n’est pour cette cause. Il Plaira à votre seigneurie de retirer l’incluse pour 8a majesté et de la garder. Sur ce, après vous avoir présenté mes obéissances, à vous et à votre compagne, je vous recommande à Dieu
De Londres, le 12 janvier 1586.
| convenable à l'honneur du roi, que nous en dissions
A sa majesté le Ror, du chevalier RoBErT MELvIL.
Plaise à votre majesté de savoir que, depuis l'envoi de n08 lettres précédentes, nous ayons eu audience, et que sa majesté la reine d'Angleterre a paru prendre en bonne part les ouvertures que nous lui avons faites en présence de son conseil. Bien qu'ils ne puissent pas avoir lieu de s’en offenser, ayant pris la résolution de porter les choses à toute extrémité ; néanmoins il a plu à la reine d'Angleterre de nous demander de différer encore deux jours de prendre notre audience de congé, jusqu’à ce qu’elle eût délibéré sur nos propositions. Depuis lequel temps sa majesté la reine d'Angleterre est devenue plus difficile à l’occasion de quelques lettres qui sont, à ce qu'on nous a dit, venues d'Écosse, et qui donnent queique lieu de croire que votre majesté ne prend point cette affaire à cœur, pendant que nous savons réellement le contraire, et que nous avons ci-devant écarté de l'esprit de sa majesté la reine d'Angleterre cette idée qui a été accréditée par des mformations sinistres. Ces rapports ont traversé notre commission et trompé cette reine, et nous craignons aussi que nous ne soyons arrêtés ici jusqu'à ce qu'il soit venu réponse d'Écosse de la part des personnes qui ont eu connaissance de ces bruits. Et bien qu’il soit suffisamment connu à tout le monde combien Yotre majesté prend à cœur ces négociations, la vérité est qu'ils ont en cette occasion tellement persuadé la reine d'Angleterre, que cela a suffi puur traverser notre négociation. Comme aussi il est venu à notre connaissance qu’Allynour Stuart doit être envoyé dans leur parti, et qu'il s’est vanté de faire par son crédit bien plus de choses qu’il ne peut, à ce que je crois, en exécuter : et nous voulons le faire désister de cette affaire, en lui disant qu’il fait mal, et qu’il n’est pas propre pour ce dessein remettant à la bonne direction de votre majesté de prendre sur cela ses arrangemens, de manière que nous soyons responsables envers votre majesté de n’omettre aucun point de ce que nous avons en charge : comme aussi la vérité est que le maitre de Gray s’est lui-même conduit avec droiture et discernement en cette charge, et qu’il a été desservi par diverses personnes, chacune
en leurs parties, lesquelles personnes étaient auparavant ses amis. Nous avons eu obligation aux violons qui nous
"Note du Traducteur. Ces mots sont ainsi en français dans le texte.
ant tenu honne compagnie ; mais nous n'avons pas été troublés par d'autres, Guillaume Keith n’a rien omis de ce qu'il avait en charge, Quantau maitre Arehibaid, il a promis que dans tous les temps il ferait son devoir, en quoi il trouvera qu'on en a fait à votre majesté un fidèle rapport. Je demande pardon à votre majesté de ce que j'ai été si ennuyeux ; et après avoir baisé les mains de votre majesté, je prends humblement mon congé; priant Dieu d'accorder à votre majesté de bons et d'heureux jours, remettant votre majesté en la divine protection.
À Londres, le 20 janvier 1586.
Sire,
Quoique mattre George n’ait point été en commission, il n’est point inférieur en son service à aucun de nous, tant par ses bons avis que par les soins empressés qu’il
s’est donnés pour l'avancement de votre service; de quoi |
nous n'avons pas reçu de médiocres avantages.
A sa majesté le Roi, par ie maître ve GRAY et le chevalier RoBErRT MELVIL.
Plaise à votre majesté de savoir que, dans la dernière audience que nous ayons eue depuis les derniers avis que nous avons donnés par Guillaume de Murray, nous avons trouvé sa majesté la reine d'Angleterre , à la répétition de nos offres , en quelque chose adoucie, et disposée à les examiner plus mürement avant que nous prenions notre audience de congé. Suivant notre idée, certaines personnes du conseil, nommément milord de Leicester, le chevalier Christophe Hatton, milord Hunsdon et milord Hawart, qui étaient présens dans la chambre , ne marquèrent pas un grand contentement de voir la reine d'Angleterre éloignée de sa première résolution , et actuellement dans le doute de ce qu’elle doit faire, Quoi qu'il en soit nous la laissdmes en cet élat ; et depuis nous avons journellement insisté sur une conférence avec tout
le conseil, laquelle , jusqu’à cette heure, nous n’avons ! point encore obtenue. Nous avons envoyé aujourd’hui :
demander notre congé. Le plus grand obsiacle que nous ayons jusqu'ici rencontré en notre régociation est la persuasion où ils sont ici que, ou votre majesté n'agit que par manière d'acquit en cette affaire , ou bien qu'avec le
temps vous pourrez être amené à digérer la chose;et lors- | qu'avec de grandes difficultés nous sommes venus à bout |
de détruire ces idées, nous trouvons de nouveau que de certaines lettres, à eux dernièrement écrites d'Écosse, ont pris quelque faveur auprès d'eux, et les entraînent en des opinions toutes contraires avec tout ce que nous leur avous dit : si bien qu'ayant maintenant résolu de s’éclaircir de ce doute par un message particulier, ils ont fait choix du chevalier Alexandre Stuart pour sonder sur
cela les intentions de votre majesté , et pour persuader à ! votre majesté d'approuver leurs procédés ; ce dont nous
n'avons jamais pu détourner ledit Alexandre Stuart, quelque terreur que nous ayons cherché à lui inspirer. 11 a prétendu qu'il avait du crédit auprès de votre majesté, et
qu'il ne doutait pas qu'il ne terminât cette affaire au gré | de votre altesse, S'il va là-bas sur ces erremens, nous |
pensons que votre majesté ne négligera pas de con-
sidérer le discrédit considérable dans lequel cette entre- |
prise nous ferait tomber ici, si l’on n’y mettait pas ordre