‹ Œuvres complètes de W. Robertson [microforme]Chapitre 68 sur 155 · N° XLI · texte numérisé non relu

N° XLI

Lettre de la reine Marie à la reine Érisanera 1

Madame ma bonne sœur,

M'asseurant que vous avez eu communication d’une lettre de Gray, que vostre homme Semer me livra hier

| Soubz le nom de mon filz, y recognoissant quasi de mot la reine d'Angleterre n'ont dans aucun temps été impu- |

à mot les mesmes raisons que ledit Gray m'escrivit en chiffre, estant dernièrement près de vous, desmontrant la suffisance et bonne intention du personage; je vous prieray seulement, suivant ce que si-devant je vous ay tant iustantement importuné » que vous me permettiez d'esclaircir librement et ouvertement ce point de l'association d'entre moy et mon filz, et me deslier les mains pour procéder avec lui comme je jugeray estre requis pour son bien et le mien, Et j'entreprendz, quoy que l'on vous die et puisse en rapporter , de faire mentir ce petit brouillon, qui, persuadé par aucuns de vos ministres, a entrepris cetie séparation entre moy et mon enfant, Et pour y commencer, je vous supplie m'octroyer que je puisse parler à ce justice clerk, qui vous a esté nouvellement envoyé pour mander par lui à mon filz mon intention sur cela, ce que je me promès que ne me refuserez ; quant ce ne seroit que pour démontrer en effect la bonne intention que vous m'avez asseurée avoir à l'accord et entretien de naturel devoir entre la mère et l'enfant, qui dit en bonnes termes estre empesché pour vous, me tenant captive en un désert, ce que ne pourrez mieux

desmentir et faire paroître vostre bon désir à nostre union , que me donnant les moyens d'y procéder, et non

m'en retenir et empescher comme aucuns de vos mi-

uistres prétendent, afin de laisser toujours lieu à leurs mauvais el sinistres practiques entre nous. La lettre porte que l'association n'est pas passée. Aussi ne luy ai-je jamais dit, bien que mon filz avoit accepté et que ous

en avions convenu ensemble, comme l'acte signé de sa

main ; et ces lettres, tant à moy que en France, en Font

foy, ayant donné ce mesme témoignage de sa bouche

association , le roi m’a ordonné, en présence du domes- | Propre à plusieurs ambassadeurs et personnes de crédit,

tique de votre seigneurie, d'assurer sa majesté la reine d'Angleterre et votre seigneurie, au nom de sa majesté

! Cette lettre est ainsi en français dans le texte : le titre seu est en anglais.

s’excusant de ne l'oser faire publier, par craînte de vous seulement , demandant: forces pour vous résister d'avant de se déclarer si ouvertement, estaiit journellerment persuadé au contraire par vos ministres, qui luy prometoyent avec une entreîre à Yorck, le faire déclarer vostre héritier. Au surplus, madame, dttand'mon erifant seroit si malheureux que de s'opiniastreren cette extr#me impiété et ingratitude vers moy, je ne puis penser que vous, non plus qu'aucun autre prince de la chrétienté, le voulissiez en ccla applaudir ou meintenir pour luÿ fayre acquérir ma malédiction, ains que plutos éntroviendrez' pour luy fayre recognoître la raison trop juste et évidante devant Dieu et les hommes. Hélas et encores ne luy vouloiè-je en oster, mays donner avec droit ce qu'il tient par usurpation. Je me suis du tout commise à vous, et fidèlement faites si il vous plest que je ne en soie pis qu'auparavant, et que la fauiseté des uns ne prévale desvant la vérité vers vous, pour bien recevant mal, et la plus grande afflictioni qui me sCaurroit arriver, à sçavoir la perte de mon fils. Je vous supplie de me mander, en cas qu’il persiste en cette mesconnoissance de son devoir, que de luy ou de moy il vous plaist advouer pour légitime roy ouroyne d'Écosse; et si vous avés agréable de poursuivre avec moy à part le traité commencé entre nous, de quoy je vous requiers sans plus attendre de response de ce mal gouverné enfant, vous en requerrant avec autant d'affection que je sens mon cœur oppressé d'ennuy. Pour Dieu, souvenezvous de la promesse que m'avez faite de me prendre en vosire protection, me rapportant du tout à vous, et sur ce, priant Dieu qu'il vous veuille préserver de touts vos .ennemys et dissimuiez amys, comme je le désire de me consoler et de venger de ceulz qui pourchassent un tel malheur entre la mère et l'enfant. Je cesseray de vous troubler, mais non à m’ennuier , que je ne reçoive quelque consolation de vous et de Dieu : encore un coup, je le supplie de vous garder de tout péril.

Futhbery, xij mars.

Vostre fidèlement vouée sœur et obéissante cousine,

Mani, reine.

N° XLIL Testament de la reine Manre2,

N. BB. Ce papier a été copié par le révérend M. Crawford, ci-devant professeur royal d'histoire ecclésiastique en l’Université d'Edimbourg. Une partie de ce papier est, selon lui , écrit par Navé, secrétaire de Marie , le reste est de la propre main de la reine; ce qui est marqué avec des guillemets est de lu main dé la reine.

Considérant par ma condition présente, l’état de la vie humaine, si incertaine que personne ne s’en peust ou

doibt asseurer, sinnon soubs la grande et infmie miséri- |

corde de Dieu; et me vuulant prévaloir d’icetle contre

1 Ce mot est en italique dans le texte, Le titre et le N. B. sont en anglais ainsi que les mots en italique, qui rendent compte des lacunes : le reste de cet écrit est eu français.

toité les! danpers’et accidens qui me pourrolent'inopinément survenir en cette captivité, mesmes à cause de grandes et longues maladies où'j'ayété détenue jusques à présent; j'ay advisé, tandis que j'y la commodité, ou raison etjugemernit , dé pourvoir après ma mort la salut de mon'ame, enterrement de mon corps, et disposition de mon bien , estat et affaires, par ce présent mon testament et ordonnance de mon dernier volonté, qui s’ensuyt.

Au nom du Pere, du Filz et du benoite Saint-Esprit, Premièrement, me recongnoissant indigne pécheresse, avec plus d'offences envers mon Dieu, que de satisfaction par toutes les adversités que j'ay souffert ; dont je la loue sa bonté; et m’appuyant sur la croix de mon sauveur et rédempteur Jesus-Christ, je recommende mon ame à la benoiste et individue Trinité, et aux prières de la glorieuse Vierge Marie, et de tous les anges saincts et sainctes de paradis, espérant, par leurs mérites et iniercession , estre aydée à obtenir de estre faitte participante avec eulx de félicité éternelle, Et pour m’y acheminer de cueur plus net et entier, despouillant dès à présent tout ressentiment desinjures, calemnies, rébellions, et aultres offenses qui me pourroient avoir été faictes durant ma vie par messujets rebelleset aultres ennemis, j'en remets la vengeance à Dieu, et le supplie leur pardonner, de mesme affection, que je luy requiers pardon àtmes faultes, età tous ceulx et cellesque je puis avoir offensé de faicts ou de parolles.

Je veulx etordonne, etc. (Les deux paragraphes sui. vans contiennent desdispositions ausujet du lieu et des circonstances de son enterrement. }

Pour ne contrevenir à la gloire, honneur et conservation de l’église catholique, apostolique et romaine, en laquelle je veulx vivre et mourir, sile prince d'Écosse mon filz y puest étre réduict ,.contre la mauvaise nourriture qu'il a prise, à mon très grand regret , en l'héresie de Calvin eutre mes rebelles, je le laisse seul et unique héritier de mon royaume d'Escosse , de droiet que je prétends justement en la couronne d’Angleterreet pays qui en dépendent, et généralement detous et chacun mes meubies el immeubles qui resteront après ma mort, et exécution de ce présent testament. ;

Sinon, et quemon dit filz continue à vivre dans la dite hérésie : « je céde, transporte, et faicts don de touts el « chacun mes droicts que je prétende et puis prétendre «à la courcnne d'Angleterre, et aultres droicts, seigneu- «ries où royaulmes en dépendamtz, au roy catholique, «ou aultre de siens qu'il luy plaira, avesques advis et « consentenient de sa sainteté; tant pour le voyr aujour- <Cd’huy le seul seurs appui de la religion catholique, que «pour reconnoissance de gratuites faveurs que moy, ei « les miens "ecommandez par moi, ont et avons receu d:: «luy en ma plus grande nécessité ; et resguard aussi at « droict que luy-mesme peut prétendre à ces ditz re «yauknes et pays. Je le supplie, qu’en récompense «preign'alliance de lamaison de Lorraine , et si il ce pleu: « de celle de Guise, pour mémoire de la race ce kiquell: « je suis sortie au costé de ma mére, n'a ayant de celu «de mou père que mon seu} enfant, lequel estant cathc «clique j'ay toujours voué pour une de ses filles, si il lu « plaisoit de l’accepter, ou faillant une de ses niepces m: « riée comme «a fille,

« Je laysse mon fi:z à la protection du roy, de print « et ducs de Lorrayne et de Guise, et du Mayne, au:

« quelz j « droict 1 parlie Je fait tenu par mon héri volonté.

Je ver se trover faits « à et tout t quelz j’e!

deux où ticuliers Shefeld soixant e

Aprés

«Si mo « Hamitto «et plus « Lorrain «à qui j’:

«dé part «en la di

S'ensuive

«Et le :

« prétend, «mon co «le comte «roy mo « assistan:

« soing d'< «au lès nc «vie, et p « bannièr:

« toute au « sur prou « que la di «trouve ; « mort de « poursuit « filzde se « à ses par « à luy, le «de mon « naire,

« Je reco « filz, et lu; «et je luy | « en respec (Ceslé laisse

« Je déc «St. Croix «que ce ne « par la rév « d'avant 1 «rer si ils « aulx estat

ourrolent inopinélesmes à cause de té détente jusques la commodité, ou ma mort la salut de *, et disposition de ent mon testament é, qui s’ensuyt.

noite Saint-Esprit, ndigne pécheresse, que de satisfaction fert; dont je la loue de mon sauveur et ende mon ame à la prières de la glo- ; anges saincts et rs mérites et inier- : faitte participante m'y acheminer de dès à présent tout ‘bellions, et aultres faictes durant ma inemis, j'en remets eur pardonner, de rdon àmes faultes, ir offensé de faicts

paragraphes sui.

sujet du lieu et 4111 7)

lonieur Et COnsErue el romaine, en e prince d'Écosse la mauvaise nour- 1 regret, en l’hée le laisse seul et osse , de droiet que Angleterneet pays ous ét chacun mes près ma mort, et

| vivre dans la dite ts don de touts el el puis prétendre s droicts, seigneuiu roy catholique, avesques advis et ur le voyr aujouron catholique, que veurs que ImOy, €:

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resguard aussi au tre à ces ditz re en récompense ne,etsiil ce pleut la race ce hkiquell:

n’a ayant de celu quel estant cathe ses filles, si il lu de ses niepces mi

lu roy, de princ:

, du Mayne, au:

« quelz je recommende et son estat en Écosse, et mon « droict en Angleterre, si il est catholique, et qu’elle le 1 parlie de ceste royne. »

Je faitz don au «compte dé Lenox» de compté de Lenox tenu parfeu son père, et commande mon filz, comme mon héritier et successeur. d’obéir en cestendroit à mon volonté.

Je veulx et ordonne toutes les sommes et deniers, qui se troveront par moys deues, Lien mis cause de droict estre faits « à Lohliven » étre promptement payéesetacquittés, el tout tort et griefs réparés par les dits exécuteurs des quelz j'en charge la conscience. Ouitre, etc. ( Suivent: deux ou trois paragraphes concernant des legs particuliers , et ensuite est ajouté : ) Faict au manoir de Shefeld en Angleterre, le jour de... mil cinq cens soixant et dix-sept.

Aprés une page en blanc suit de la main de la reine.

«Si mon filz meurt, au comte dé Lenox ; Ou Claude « Hamilton, lequel se montrera le plus fidèle vers moy, «et plus constant en religion au jugement de... ducs dé « Lorraine et de Guyse, où je le rapport sur ce de ceulx «à qui j’auray donnay la charge de trayter avesque eux «dé par moyet ceulx, à condition dé se marrier ou allier «en la dite maïson ou par leur advis. »

S'ensuivent environ deux'pages de legs particuliers.

« Et le remets ma tante de Lenox au droict qu’elle peut «prétendre à la conté d’Angous, avant l'accord fait'par «mon commandement entre ma dite tante de Lenox'et «le eomte de Morton, veu qu'il a esté fait et par lé feu (roy mon mary èt moy, sur la promesse de sa fidelle « assistance , si luy et moy encourions dangier et be « soing d’ayde, ce qu’il rompit, s’entendant secrétement «au lès nos ennemis rebellés, qu’attemptoient contre sa «vie, et pour cest effect pris les armes, et ont porté les «bannières desployées contre nous. Je révoque: aussi «toute autre don que je luy ay fait de conté de Morton « sur promesse de ses bonus services à advenir, etentendé « que la dite conté soit réunie. à la ccuronne, si elle se «trouve ÿ parteuir; comme ses irahisons'tant en la « mort de mon feu mary, que en mon banissement , et « poursuit de la mienne l'ont mérité. Et defends à mon « filzde se jamays servire.de luy pour le hayne qu'il aye « à ses parents, laquelle je crains ne s'estende jusques « à luy, le connoissant dutout affectionné aur: ennemis «de mon droite en ce royaume du quel il est pençon- « naire.

« Je recommande mon nepveu François Stuart à mon « filz, et luy commande de tenir près de luy:et s'enservir: «Cet je luy laysse le bien du comte de Boduel , Son oncle, (Cen respecL qu'il est de nou sang, mon filleul, et m'a (eslé laissé en tutelle par son père.

« Je déclare que mon frère bastard Robert, abbé de «St. Croix, n’a eu que par circonveution Orkenay, et «que ce ne fut jamays mon intention, comme il apperi « par la révocation que j'ay faite depuis, et été aussi faite « d'avant la asge de xxv ans, ce que j’aurois délibé- «rer si ils ne m’eussent prenner par prison. de défayre «aulx estats, Je veulx donc que Orkenay soit réunie à la

(Couronne comme une de plus nécessaires pour mon « filz; et:sane mayson ne pourra être bien tenue

« Les files de Morra ne poroient accessi hériter; aius « revient la conté à la couronne, si il luy plest lui donner (#a..... ou file en marriasge , et il nome l'en sienne

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