N° LIT
Lettre de © à sa majesté le roi Jacques.
Très digne prince, les dangers qui ont menacé les personnes qui vous sont affectionnées, ont été si pressans, qu'ils ont forcé celui qui est fidèlement dévoué à votre personne à rompre le silence , et que lorsqu'il sera mis à l'épreuve, on le verra disposé à courir tous les hasards de la fortune pour le maintien de vos justes droits au trône, qui sont inhérens en votre personne royale par les lois de Dieu, de la nature et des nations. N'abandonnez donc point, très noble et renommé prince, celui dont la Providence vous a préservé de tant de dangers, sans doute pour être un instrument de sa gloire et du bonheur de ses peuples. Je trouve que de certains secrets ont été révélés à votre préjudice : ce qui doit provenir de quelque personnage ardent, ambitieux et violent , qui approche de votre majesté dans le conseil, et qui a part à votre bienveillance. Je ne veux accuser personne en particulier, mais je suis assuré que cela ne peut regarder aucun de ceux avec lesquels, pour le bien de votre service, j'ai entretenu correspondance : sans cela j'aurais été depuis long-temps déconcerté dans l'accomplissement de ces devoirs, dans l'exécution de ces efforts que les sentimens de mon cœur m'ont inspirés, et qui ne sont connus uniquement que de ce digne gentilhomme, porteur de la présente, l’un de ceux qui se sont le plus distingués dans toutes les parties de la chrétienté, pour sa fidélité envers votre personne et votre état ; de M. David Fowlis, votre plus fidèle serviteur, le premier de mes correspondans, et le plus affidé ; et de Jacques Hudsone, que j'ai trouvé, dans toutes les affaires qui vous concernaient , le plus fidèle et le plus sûr. En conséquence, il plaira à votre majesté, sur les très humbles représentations de © (signe que je désire être la suscription des commandemens qui me seront par vous adressés ), que par quelques marques de votre bienveillance, je puisse connaître de quelle manière vous considérez sa fidélité, sa discrétion et ses services. Mon affection pour votre personne va jusqu’à la passion ; ce n’est pas parce que vous êles un roi, mais parce que vous êtes un bon roi, et parce que vous avez un titre légitime pour étre, après ma souveraine, un grand roi, Mon zèle me transporte, et je deviens présomptueux ; ne condamnez pas, très noble prince, ces
mêlés de défauts de jugement.
1. En conséquence, je supplie premièrement votre ‘majesté, que pour le bien de ceux que Dieu, par sa divine providence, a destinés à ‘étre confiés à vos soins, il vous plaise d'observer avec une attention extraordinaire, tous les intrigans et intrigues contre votre personne ; car il n’est pas douteux que dans les deux royaumes, soit par des motifs d’ambition, de faction ou de crainte, il n'y ait bien des gens qui désirent avoir leur souverain en minorité ; ce qui ferait que la souveraineté et l'état pourraient étre gouvernés par la partialité de personnes subalternes, plutôt que par les véritables règles du pouvoir et de la justice. Veillez à la sûreté de votre personne, et ne craignez les intrigues d’aucun homme sur le point de votre droit, qui sera conservé et maintenu contre (ous assauts et attaques quelconques. Ainsi, je laisse la protection de votre personne et de votre royale postérité au tout-puissant Dieu du ciel, et je le prie de bénir
et conserver pour sa gloire, vous et tous les vôtres en toute royale prospérité,
2. Ensuite de la conservation de votre personne, il est question que le secret soit gardé dans vos conseils, lequel, ainsi que je l'ai dit ci-dessus, est souvent trahi et découvert, soit par un prétendu zèle de religion, soit par la turbulence des factions, ou par des imaginations déréglées; ce que votre majesté doit observer avec toute sorle de circonspection, comme la chose la plus dangereuse pour votre personne et pour votre état, et le seul moyen de perdre et détruire tous ceux qui sont fidèlement dévoués au service de votre majesté. Je ne fais aucun doute que quelques particuliers et personnes de cette espèce n'aient élé découverts par les soins du gentilhomme porteur de la présente, de quoi votre majesté pourra être plus amplement informée.
3. Le troisième point important, c’est que votre majesté, par tous les moyens possibles, s'assure par ellemême de la bonne amitié du roi de France et des états généraux des Provinces-Unies, par la négociation de quelque confident fidèle et discret, les Français voyant naturellement avec chagrin la réunion des iles Britanniques sous un seul monarque. Je ne doute point que vous n'ayez en Allemagne beaucoup d’alliés et d'amis, mais comme leurs états sont éloignés, ils ne peuvent pas être d’un grand poids en cette affaire, qui doit être conduite par des opérations promptes et subites,
4. Lorsque Dieu, qui, dans les décrets de sa providence, a fixé le terme de toutes les personnes et de tous les temps, appellera sa majesté la reine dans le royaume de sa gloire (bien que je sois dans la plus ferme confiance qu’il ne peut s'élever aucune question en concurrence, mais parce que je tiens que dans une affaire de cette haute importance il ne faut pas laisser la plus petite lacune), je supplie humblement votre majesté de faire choix d’un de vos serviteurs de confiance, discret, fidèle et expérimenté, d’une fidélité à toute épreuve, et d'un bon jugement, pour être continuellement ici résident, et dont il est à propos que votre majesté consolide la négociation, et qu’elle la munisse d'une confiance si intime, et de pleins pouvoirs tellement étendus, qu’il ne soit pas besoin d'un délai de quatorze jours pour courir après l’autorité dans une affaire qui ne pourrait pas souffrir dix
: jours de retard, sans étre exposée à des vicissitudes danmouvemens d'affection et d'amour, bien qu'ils soient |
gereuses. Et sur ce, il est à observer que ceux qui seront les plus malintentionnés pour votre avénement, ne s’attacheront point à attaquer ouvertement votre titre, mais que par un raffinement d’ambition, ils chercheront adroitement à gagner du temps, en alléguant qu’ils n’ont en vue que le bien public de cet état, en proposant des moyens honnêtes pour décharger la république de diverses lois sévères, d’impositions onéreuses, des corruptions, des oppressions, etc., ce qui est le moyen le plus
assuré pour entraîner les peuples qui sont le plus indis- \
posés par une infinité de détails de cette espèce. Par conséquent, il serait convenable que la prévoyance de votre majesté vint au-devant de ces prétextes par vos offres volontaires sur les points suivans, savoir :
1° Que votre majesté voudra bien abolir les pourvoyeurs et la pourvoirie, choses qui sont fort à charge au peuple et à tout le royaume, et qui ne sont d'aucune utilité pour le prince.
2° Que votre majesté veuille bien supprimer la cour
des tuteurs délégués aux mineurs, qui fait la ruine des nobles et anciennes familles de ce royaume, par des mariages horteux et par la mauvaise éducation des enfans, et qui ne fournit aucune augmentation aux revenus de la couronne.
3° L'abrogation de la multiplicité des lois pénales, qui excite des murmures de la part de tous les sujets, à cause de leur ambiguité, ayant été altérées et détournées de leur véritable sens par la variété des-interprétations.
4° Que votre majesté veuille bien permettre la libre exportation des denrées et marchandises du cru de ce royaume, laquelle a souvent été génée par des personnes subalternes pour leur profit particulier, ce qui porte le plus grand préjudice au commerce de tous les marchands:
la couronne; elles serviront bien plutôt à les améliorer, ÎLest vrai que le petit gain de quelques officiers de l’échi-
. quier, que les profits vils et mercenaires de certains clercs
et serviteurs inutiles et fainéans pourront en souffrir
: quelque détriment; mais il en résultera un bien infini
pour le royaume, et ce bien assurera à votre majesté l'a-
; mour et l'affection du peuple, fcra passer votre renom à
ce qui tend à l'entière destruction de la véritable indus-
trie et des manufactures dans tout le royaume, et qui est contraire aux émolumens de la couronne.
Ces choses étant à point nommé proposées par des personnes affidées à votre majesté, ne pourront pas manquer de vous concilier solidement les cœurs et les affections de tout le royaume, et en faisant sentir le prix de votre modération, de votre jugement et de votre justice, elles préviendront efficacement toutes les insinuations de ces patriotes susdits, lesquels ne cherchent qu’à s'accréditer eux-mêmes parmi le peuple, à s'emparer de l’auto-
générosité et de la bienveillance de votre majesté. Ces faveurs de votre majesté, ainsi répandues sur ses sujets, ne porteront aucun préjudice aux émolumens de
Le n° 1, pag. 343, conforme au même numéro dans l’édition anglaise de 1831, est daté du 5 août 1559. 11 est extrait de la bibliothèque cottonienne, Cal. B. X, fol. 17, et est transcrit sur une copie faite de la main du secrétaire d'état Cecil.
Le n°11, pag. 344, conforme au même numéro de l'édition anglaise, porte la date du 20 janvier 1559-60. Bibliothèque cottonienne, Cal. B. IX, d’après un original écrit de la propre main de Maitland.
Le n° 111, pag. 347, est conforme au même numéro de l'édition citée ci-dessus. Il est tiré des archives d'état.
Le n° IV, même remarque. Tiré de la même source.
Le n° V, pag. 849, même remarque. Bibliothèque cottonienne, B. X, fol. 32,
Le n° VI, pag. 350, même remarque. Tiré d'une copie déposée aux archives d'état. C'est la totalité de la même pièce dont l'évêque Keith, collecteur aussi impartial qu'industrieux, a publié un fragment, d’après ce qu'il appelle ses /ambeaux de manuscrits.
Le n° VII, pag. 351, même remarque. Copié sur l'orifinal déposé aux archives de l’état.
Le n° VII, numéroté X par erreur, p. 359, répond, en effet, au n° X de l'édition anglaise.
Le n° IX, pag. 357, numéroté XI par erreur, et répondant en effet au n° X1 de l’édition anglaise original de la bibliothèque cottonienne, Cal. B. IX, fol. 216.
e n° dant en effet au n° XAI de l'édition anglaise est tiré d’un original déposé aux archives d'état.
Le n° XI, pag. 360, numéroté XIII par erreur, répond en effet au n° XIII de l'édition anglaise. Il est tiré des archives d'état,
Le n° XII, même page, numéroté XIV par erreur, ré-
est tiré d'un |
X, pag. 359, numéroté XII par erreur, et répon- |
la postérité, et l’affermira dans la plus haute estime.
Que le Seigneur conserve votre majesté, et qu'il vous fasse triompher de tous vos ennemis.
Mon attachement pour Ja personne dont .les lettres sont incluses en ce paquet, et qui voudrait plutôt mourir que de cesser d’être à vous, durera autant que ma propre vie, et je ferai toujours le même cas de vos fidèles conf dens. Cependant je veux me tenir sur la réserve, rester sans être connu d'aucun d'eux, et persévérer en mon dévouement et affection particuliers envers votre ma-
; jesté. Ce digne homme, cet homme extraordinaire, dont
j'ai partagé les infortunes, est le seul qui connaisse les secrets de mon cœur. Nous prions tous les deux pour vous; el si uous vivons, vous nous trouverez tous les deux ensemble.
Je supplie votre majesté de brûler cette lettre, et les autres; car bien que ceci soit écrit par une main étran-
, : ; | gère, cependant cela pourrait être découvert. rité, et à détruire l'opinion qu'on a de la bonté, de la !
De Votre Majesté, Le très dévoué.et humble serviteur,
WiriamM ROBERTSON.
‘pond en effet au n° X{V de l'édition anglaise. 11 a été
copié sur l'original.
Le n° XII, pag. 361, numéroté XV par erreur, répond en effet au n° XV de l'édition anglaise.
Le n° X1V, pag. 363, numéroté par erreur XVI, répond en effet au n° XVI de l'édition anglaise et est tiré d’une lettre originale de Randolph dans les archives d'état, en date du 4 avril 1566.
Le n° XV, méme page, numéroté par erreur XVII, répond en effet au Ps Il de l’édition anglaise. L'avis de ce qui se passait en Écosse est tiré du manuscrit original du comte de Bedford dans les archives d'état
Le n° XVI, pag. 363, numéroté par erreur XVIII, est conforme eu effet au n° XVIII de l'édition anglaise,
Le n° XVII, même Rage, numérolé par erreur XIX, répond en effet au n° XIX de l'édition anglaise, et est tiré des archives d'état.
Le n° XVIII, pag. 365, numéroté XX par erreur, répond au n° ki de l'édition anglaise, au sujet du meurtre du roi Henry Darnley. Il est tiré des archives de la famille Morton, liasse B, n° 25
Le n° XIX, même page, numeroté XX par erreur répond au n° XXII de l'édition anglaise. C’est un extrait de la correspondance de Nicolas Throkmorton , tiré des originaux déposés aux archives d'état.
e n° XX, pag. 372, numéroté par erreur XXII, répond au n° XXII de l'édition anglaise, et a été transcrit sur une copie envoyée par sir Nicolas Throkmorton à la reine.et déposée dans les archives d'état. :
Le n° XXI, pag. 373, nunéroté par erreur XXIV, répond en effet au n° XX1V de l'édition anglaise, et est tiré des archives d’état. :
Le n° XXII, même page, numéroté par erreur XX VI,
répond dire d’un Len°) répond e extrait d et dépose Le n° répond e copié sui morceau, d'une co Le n° répoud e tiré des a Le n°) répond et tiré des à “ n° À et répond a été copi Le n° et répond est tiré de avec la da Le n° X répond au puscrit a Le n° est confor tiré d’une bliothèque lisle, le 5:
Le n° X répond au sur un ori tonienne, Len X répond au sur l’origi Le n° X.
répond au manuscrits Le n° X; répond au date du 15 Le n° X répond au Le n° X) répond au furent env crits de Ca Le n° X répond au l'évêque de de la biblic Le n° X) répond au 1 mars 1577 liasse B. n° B. n° 31.
Le n° X} et répondaïr manuscrits Le n° XI pond au n° manuscrits Le n° XI anglaise, ei tonnienne Le n° XL qiglaie € espasien, Le n° XL tion anglais bibliothèque Le n° XL
LÔt à les améliorer, s officiers de l’échis de certains clercs rront en souffrir (era un bien infini \ votre majesté l'asser votre renom à y haute estime,
jesté, et qu’il vous
e dont .les lettres trait plutôt mourir laut que ma propre le vos fidèles conf * la réserve, rester ersévérer en mon envers votre matraordinaire, dont | qui connaisse les ous les deux pour trouverez tous les
ette lettre, et les r une main étranvert,
humble serviteur, M ROBERTSON.
anglaise, 11 a été par erreur, répond
erreur XVI, réanglaise et est tiré dans les archives
par erreur XVII, n anglaise. L'avis 1 manuscrit origives d'état
erreur XVI, est tion anglaise.
par erreur XIX, n anglaise, et est
XX par erreur, ise, au sujet du tiré des archives
S XX par erreur + C’est un extrait morton , tiré des
erreur XXII, réet à été transcrit lhrokmorton à la
r erreur XXIV, n anglaise, et est
ar erreur XX VI,
répond en effet au n° XXVI de l'édition anglaise, et est tiré d’un onival déposé aux archives d'état.
Len° XXIII, même page, numéroté par erreur XX VII, répond en effet au n° XX VIII de l'édition anglaise, et est extrait d’une copie corrigée par le secrétaire d'état Cecil, et déposée aux archives d'état.
Le n° XXIV, pag. 374, numéroté par erreur XXIX, répond en effet au n° XXIX de l'édition anglaise, et.est copié sur l'original dans les archives d'état. Le second morceau, c’est-à-dire la lettre de l'évêque de Ross, est tiré d’une copie de la bibliothèque cottonienne, Calig., c. 1.
Le n° KXV. même numérolé par erreur XXX, répoud en effet au n° KXx de l'édition anglaise. 1l est tiré des archives d'état,
Le n° XXVI, pag. 375, numéroté par erreur XXXI,
répond en effet au n° XXXI .de l'édition anglaise. Îlest
tiré des archives d'état.
Le n° XXVII, pag. 376, numéroté par erreur XXXI, et répondant en effet au n° XX XII de l'édition anglaise, a été copié sur l'original,
Le n°XXVIII, pag. 377, numéroté parerreur XXXIH, etrépondant.en effel au n° XXXHII de l'édition anglaise, est tiré de la bibliothèque harléienne,37, B. IX, foi. 43, avec la date de 1560. -
Le n° XXIX, pag 379, numéroté par erreur XXXIV, répond au n° XX de l'édition anglaise, et est tiré d’un ma? puscrit ApRArienent à M. David Falconer, avocat, fol. 455,
Le n° XXX, pag 380, auméroté par erreur XXXV, est conforme au n° XXV de l'édition anglaise. 11 est tiré d’une copie ou plutôt d'une traduction dans la bibliothèque cottonienne, Cal, I. Il porte la date de Carlisle , le 5 juillet 1568.
Le n° X Xe Paf: 381, numéroté par erreur XXXVI : répond au n° 1 de l'édition anglaise, et est copi sur un original de lord Herries dans la bibliothèque cottonienne, Cal. C.
Le n° XXXII, pag. 384, numéroté par erreur XXXVII répond au n° XXX1{V de l'édition anglaise et a été copié sur l'original,
Le n° pes 385,numéroté parerreur XXXVHI, répond au n° XXXV de l'édition anglaise, et est tiré des manuscrits de Calderwell. Histoire, vol. ll, pag. 169.
Le n° XXXIV, ag 386, numéroté par erreur XXXIX, répond au n° XXXVI de l'édition anglaise :et porte la date du 15 juin 1370.
Le n° XXXV, pag. 387, numéroté par erreur XL, répond au n° XXXVIÏ de l'édition anglaise.
Le n° XXXVI, méme page, numéroté par erreur XL, répond au n° XX XVIII de l'édition anglaise. Ces articles furent envoyés par Knox, et la copie est tirée des manuscrits de Calderwell. Histoire, vol. 11, pag. 356.
Le n° XXXVII, pag. 388° numéroté par erreur XL, répond au n° XXXIX de l'édition anglaise, La note de l'évêque de Glasgow est datée de 4576 , et elle est tirée de la EEE cottonnienne, Cal. B. IV.
Le n° XXXV répond au n° XL de l'édition anglaise. ll porte la date du 3 mars 1577 el est tiré des archives de la famille Morton, Es à n° 19, et le deuxième, desmêmes archives, liasse
Le n° XXXIX, pag. 390, numéroté par erreur XLII, et répondant au n° XLII de l'édition anglaise, est tiré des manuscrits de Calderwell. Histoire, vol, dil, pag. "208.
Le n° XL, pag, 391, numéroté Par erreur XLIV, répond au n° XLIII de l'édition anglaise, et est tiré des manuscrits de Calderwell. Histoire, vol, Hi pag. 374.
Le n° XLI, pag. 393, répond au n° XLV de l'édition anglaise, ci est tiré d’un original de la bibliothèque cottonnienne, Cal. B. 8, fol. 147.
11, pag. 389 , numéroté par erreur XLH,
anglaise et ent tiré d’un manuscrit autographe du oi pe + la bibliothèque cottonnienne, Caliquie €. 9,
XLV, même folio, répond à la suite du même
n° | n° XLIX de l'édition anglaiso, et est tiré de la collection ! de sir A L. Dick, vol. Il , fol, 219.
Le n° XLVI ,même page, répond au n° [V de l'édition anglaise : il est daté du 16 octobre 1586, et est copié sur l'original dans la collection de sir À. Dick , Vol. I, fol, 324, Le mémoire pour sa majesté, daté du 12 janvier 1586, esl tiré d'un manuscrit ae A re dans la collection
\ a lettre au lord vicechancelier, datée du 12 janvier 1586, est tirée d’un aufol. 179. La lettre de sir Robert Melvil, datée du 20 janvier 1586, est tirée d'un autographe de la collection du même sir A. Dick, vol. À, fol, 1 {; et enfin la dernière lettre au roi, du 21 janvier 1586, est tirée d'un original de la même collection de sir À. Dick , Vol, A., fol, 180.
Le n° XLVII, pag. 402, répond au n° XL] de l'édition anglaise tirée de la bibliothèque cotionnienne , Calig., Cal. 6. Les notes qui suivent cette lettre sont tirées de la même source, même numéro.
Le n° XLVIN, pag. 404, répond au n° XLIV de l'édition anglaise, etest tiré de la biblioth. Coltonn. Calig, C. 8.
n° XLIX , pag. 407 répond au n° XL VIII de l'édition anglaise , et est tirée de la biblioth. cott. Catig., C, 9, n° £, pag. 408, répond au n° Li de l'édition anglaise.
Le n° Li, pag. 412, répond au n° LII de l'édition an 8laise, et est tiré de la bibliothèque cottonn. , Cal., C. 1.
Le n° Lilet dernier, pag. 413, répond au n° LHII de l'édition anglaise, et est tiré d’un original dans la biblio thèque dela Faculté de droit d'Édimbourg, À. 1, 34, avec date du4 novembre, Danssapremière édition, Robertson avait pensé que cette lettre était de sir Robert Cecil : mais il reconnut plus tard son erreur voyez les remarques de sir D, Dalrymple sur l'Histoire d Écosse, p. 233). Comme cette lettre estintéressante, Robertson l'a conservée sans pouvoir assigner auquel des nombreux correspondans du roi en Écosse an doit l’attribuer.
Ainsi l'édition anglaise renferme deux numéros, les n° VIII et IX, qui ne se trouvent pas parmi ceux rapportés dans noire Appendice. Nous les donnerous ici :
VIN. Lettre de Randolph au trés honorable sir W. Cecil, chevalier, Principal secrétaire de sa majesté la reine.
Archives d'état, copié sur un autographe.
u’il plaise à votre honneur de savoir ce qui suit :
7 du courant Rowlet, secrétaire de la reine, arriva ici; il rendit un compte honnête de sa bonne conduite, et apportait à la reine plusieurs lettres venant de France et toutes pleines de chagrins et de lamentations. Ellea recu de la reine-mère deux lettres; l’une contient une répétition de ses griefs, l’autre la met au courant de l'état de la France, lui indique les arrangemens qui ont été pris, les desseins formés pour parvenir à apaiser la discorde, et la confiance où est la reine-mère que, si la raison ne
! peut se faire entendre de la reine d'Angleterre, elle trou-
Le n° XL, pag. 304, répond au n° XLVI de l'édition |
anglaise, et est tiré de la bibliothèque cottonnienne, Vespasien, chap. XVI, fol. 41.
. Le n° XIII, pag. 398, répond au n° XLWII de l'édi- Uon anglaise. [l'est daté de mois d'avril et est tiré de la bibliothèque harléienne, 37 B. IX, fol. 126.
Le n° XLIV, pag. 397, vépond au n° XLIX de l'édition
vera la reine d'Écosse prête à soutenir et à défendre ses droits, ainsi qu’elle y est obligée par son affection personnelle et par la vieille alliance qui a toujours subsisté entre les deux royaumes.
Votre honneur peut apercevoir la parfaite conformité de ces paroles avec les actions, En voyant la reine-mère écrire ainsi à la reine d'Écosse (ce que je puis vous assurer être parfaitement vrai), vous pouvez reconnattre qu'elle ne néglige rier. de ce qui peut amener des débats et des discussions entre cette reine et notre souveraine.
La reine d'Écosse a beaucoup médité elle-même sur ce renouvellement d'affection, si vif qu’elle a reçu deux longues lettres presque en méme temps, et tout entières de sa propre main, disant que jamais, depuis son retour, elle n'avait reçu la moitié autant de lignes qu'en contenait une seule de ces lettres; et je puis certifier la vérité dece fait, d'abord par les paroles de la reine , et ensuite par d’autres bonnes assurances qui jusqu'ici ne m'ont pas
induit en erreur. Je puis vous assurer aussi que cette reine a dit qu'elle sait bien maintenant que l'amitié de sa majesté la reine, ma souveraine, peut faire plus en sa faveur que celle de sa grand'mére de France, et que désirant les obtenir toutes deux, elle ne veut pas perdre l'une pour l’autre. Je puis aussi assurer à votre honneur que dans toutes les occasions cette reine prouve qu’elle a au fond du cœur quelque chose qui éclate dans la circonstancê, et prouve qu'il se sera passé entre elles quelqu'une de ces choses qu'on ne saurait oublier. : Quelquefois dans des conversations avec moi, elle dit que la reine-mère aurait pu traiter les choses autrement v’elle ne le fait, et doute fort du succès qu'elle obtiendra e son grand désir de toujours gouverner seule et de ne jamais agir que d’après sa volonté, Les voyant aujourd'hui dans de tels termes ensembie, j'ai cru plus convenable de confirmer la reine d'Écosse dans ses soupcons, que de rien dire qui lui fit concevoir une meilleure idée de l’autre; et cependant je suis assuré que la reine-mère recevra de cette reine-ci autant de lettres amicales, autant de mots de tendresse que l’autre lui en a écrit. Si la reine-mère
dira un mot à lord Lidington sur ce qu’elle a écrit ici, |
c'est ce que je ne puis savoir ; mais si elle lui en parle, je serais étonné que votre honneur ne le sût pas à son r'etour ou que rien ne m'en arrivät à moi-même ici par un moyen où un autre. Îl pourrait se faire que la reine-mère n’ait écrit tout cela que pour savoir quelle réponse on lui fera, ou quelles sont ses dispositions envers la reine notre souveraine. La reine sait maintenant qu'on a envoyé le comte de Bothwell à Londres. Elle en a fait demander la raison par un de ses gentilshommes, J'ai répondu que je n’en connaissais pas d'autre, sinon que ceux qui l’avaient pris étaient en débat pour savoir qui i'avait pris, et que ce débat serait jugé à Londres. Je sais qu’elle est très fâchée de ce qu’il n’est pas envoyé en Écosse. Il est fort à craindre que s’il était dans ce pays, il ne fût un instrument de mal. Si lord Lidington n’a pas été franc à cet égard avec votre honneur, il a un tort envers ses amis d'ici et surtout envers lui - même. Si jamais cet homme redevenait en crédit, ce serait un vautour qui dévorerait le royaume.
X. Discours tenu par William Maitland de Le- | thinglon, alors second secrétaire, dans le parle- |
ment tenu par notre souveraine, mère du roi, reine de ce royaume, au temps du rétablissement de Mathieu , conte de Lennox.
Milords, et autres ici assemblés, bien que par les choses qu'il a plu à sa Le rire de vous déclarer de sa propre bouche, vous soyez déjà suffisamment informés du sujet de cette convocation, cependant, ayant de sa majesté un mandement exprès de remplacer le chancelier qui vient de mourir, ainsi que vous le savez, je me propose de vous développer ces choses avec un peu plus d’étendue.
Vous savez que pendant la minorité de son altesse, le procès du comte de Lennox a été instruit, et qu'il a été prononcé contre lui une sentence de confiscation pour certaines offenses dont il était accusé. Ces offenses sont spécifiées dans l’acte du parlement promulgué à ce sujet, et c’est par suite de cette affaire qu'il est depuis si long-
temps en exil et absent de son pays natal, Vous avez vu
quelle est la rigueur de son sort, par les requêtes adressées |
ar lui à diverses reprises à sa majesté. Elles contiennent es expressions les plus soumises et les plus louables ; elles témoignent de son parfait dévouement à sa majesté,
sa princesse naturelle, et de son attachement inébranla- |
ble au service de son altesse , s’il lui plaisait d’user envers lui de clémence et le faire jouir du bénéfice de sujet. Plusieurs considérations peuvent avoir porté son altesse à écouter favorablement sa requête : l’ancienneté de sa famille, le nom qu’il porte, l'honneur qu'il a d’appartenir à son altesse par les liens du sang, par lady Montague, tante de son altesse, ainsi que d'autres motifs concluans, et entre auires la demande urgente de sa bonne sœur la reine d'Angleterre, dont la recommandation est d’un très grand poids. Sa majesté est de plus portée par la bonté de son caractère à voir avec peine les grandes
familles tomber en décadence ; et elle préfère de beaucoup, ainsi que nous le lui avons entendu dire, favoriser l'élévation et le maintien des anciennes familles, plutôt que de devenir l'instrument de leur ruine et de leur des. truction.
Sa majesté a donc, dans cette conjoncture, jeté un regard de bienveillance sur la requête de lord Lennox Elle a eu Fur à la gracieuse lettre que sa bonne sœur la reine d'Angleterre, lui avait écrite pour lui recommans der la cause de ce lord ; et par ces considérations, elle non-seulement accordé à lord Lennox des lettres de res. titution en forine de pie , Mais elle lui a encore permis de se pourvoir en réhabilitation , en employant les voies accordées par la loi à ceux qui se croient lésés par un juget quelconque irrégulièérement rendu, et de deman-
er la révision de son procès.
C'est pour travailler à cette affaire AL a plu à sa malus d’assembler aujourd’hui, vous, milords et messieurs
es trois états de son royaume, pour procéder ainsi que de raison, et suivant l'intention de sa majesté, à l’examen des plaintes de lord Lennox, conformément au mérite de la cause, aux lois de ce royaume, et aux usages observés en pareilles occasions. Tout ce qui sera soumis à votre dé. libération vous étant ainsi exposé, je n'aurais plus qu'à terminer ici mon discours, si l'affaire dont il s’agit ne rendait nécessaire d'ajouter quelques mots sur un point qui n'est pas étranger au sujet, et sur lequel j'aurais à entrer dans de bien plus longs détails. Mais je craindrais d’offenser son altesse : elle n'aime pas les longs discours et hait la flatterie, Sans cela je pourrais vous entretenir de choses qui tendent , selon moi, à toutes sortes de biens et de perfections.
Je serais coupable toutefois de négligence et d'oubli, si je ne cherchais à vous rappeler de quelle manière nous devons considérer cette affaire, et les preuvés que sa majesté vous donne ici de son excellent naturel. Je dirai que sa bienveillance envers tous ses sujets en général nous est un gage assuré de celte félicité que nous pouvons espérer de goûter sous son gouvernement, aussi long-temps qu'il plaira au Seigneur de nous la conserver ; car pour qu’une parfaite harmonie règne dans ce royaume, il faut que les devoirs entre le prince et le8 sujets soient réciproques. De même que nous sommes redevables à sa majesté de la paix avec toutes les nations étrangères, de la tranquillité de l'intérieur, tranquillité tellement affermie que jamais l'Écosse n’a été vue par personne vivante dans un plus grand calme, de même aussi il est de notre devoir, à nous tous sujets affectionnés, de lui témoigner notre reconnaissance de tant de bienfaits dus à sa bonne administration, en lui offrant nos actions de grâces et en lui rendant l’obéissance qu'un prince juste a droit d’attendre de sujets soumis. Je ne veux pas parler ici d'une obéissance forcée : je sais qu’une obéissance de contrainte déplairait à sa majesté; mais je veux parlsr de ce sentiment de condescendance né de notre conviction de la 8a-
esse de son administration, et propre à produire des
ruits précieux d'affection et de soumission. Tous en gé néral nous avons ressenti les effets de la bienveillance de sa majesté pendant les trois ans durant lesquels elle nous a gouvyernés, et plusieurs ont éprouvé les effets particuliers de sa libéracité et de sa franchise. D'un autre côté, son altesse a reçu des prautes multipliées de notre soumission à ses ordres. Ainsi que nous avons commencé, ainsi nous convient-il de persévérer, en considération des témoignages notables de sa clémence, qui surpasse toutes ses autres bonnes qualités. Nous devons donc abhorrer sincèrement tous les faux bruits et mauvais discours, et tous ceux qui leur donnent cours, comme le plus dange: reux des fléaux qui puisse affliger un état. Ainsi seronsnous assurés d’avoir dans la personne de sa majesté la reine une très gracieuse souveraine, et ainsi sa majesté sera-t-elle assurée d’avoir les sujets les plus fidèles et les plus affectionnés. Le chef et ies membres étant ainsi encouragés l’un par l’autre à maintenir l'harmonie entre eux et entre les corps politiques, la gloire en reviendra à sa majesté, et une prospérité nouvelle nous en reviendra à nous tous qui sommes ses sujels.
réfère de beauu dire, favoriser familles, plutôt ie et de leur des-
mcture, jeté un de lord er : sa bonne sœur r lui recommans dérations, elle x es lettres de res.
à encore permis ployant les voies lésés par un judu, et de deman-
il a plu à sa mards et messieurs, céder ainsi que jesté , à l'examen ent au mérite de usages observés Jumis à votre déaurais plus qu'à t il s’agit ne rensur un point qui j'aurais à entrer r'aindrais d’offens discours et hait retenir de choses : de biens et de
nice et d'oubli, si lle manière nous euvés que sa matrel. Je dirai que général nous est RAS espérer ong-temps qu'il Car pour qu'une 1e, il faut que les ent réciproques.
| sa majesté de la de la tranquillité ermie que jamais nie dans un plus > notre devoir, à joigner notre re- 1 bonne adminisgrâces et en lui a droit d’attenparler ici d’une ace de contrainte rlrr de ce sentinviction de la sa- > à produire des ion. Tous en gé.
bienveillance de esquels elle nous es effels particu- D'un autre côté, ‘es de notre souons commencé, considération des li surpasse toutes s donc abhorrer vais discours, et ne le plus dangeit. Ainsi seronsde sa majesté la ainsi sa majesté lus fidèles et les es étant ainsi enl'harmonie entre re en reviendra à ous en reviendra
l'ouvrag lonies sein. Pe:
une gue rechereh formes n’exister Leur ét:
genre hu heureus:
dans l'A de chose:
J'attend la ferme régulier tie de assez ave nies por!
tres nati j'aurai c« Les de contienn Monde et espagnol l ’Améric elle est e forme pa ble par l’ les maxi:
leurs col quelque sont dévi elle servi établisser répandra sances qt importan
avec le public à l'égard de l'histoire de l'Amérique, mou intention était de n’en rien publier avant que l'ouvrage entier fût achevé. L'état actuel des colonies britanniques m’a obligé à changer de dessein. Pendant que ces colonies sont engagées dans une guerre civile avec la Grande-Bretagne, des recherches et des spéculations sur d'anciennes formes de gouvernement et de législation qui n'existent plus ne pourraient être intéressantes. Leur état futur fixe aujourd'hui l'attention du genre humain. De quelque manière que cette malheureuse querelle se termine, on verra naître dans l'Amérique septentrionale un nouvel ordre de choses, et ses affaires prendront une autre face.
Eu remplissant l'engagement que j'avais pris |
J'attends avec l'inquiétude d’un bon citoyen que
la fermentation s’apaise, et qu’un gouvernement régulier s’établisse : alors je reprendra cette par-
En décrivant les exploits et les institutions des Espagnols dans le Nouveau-Monde, je me suis écarté plus d'une fois des relations des auteurs qui m'ont précédé, et j'ai souvent rapporté des faits qu'ils paraissent avoir ignorés. Je dois au public d'indiquer les sourees d'où j'ai tiré les informations qui m'autorisent ou à placer les événemens dans un jour nouveau, ou à former quelque opinion nouvelle sur leurs causes et leurs effets. Je m'acquitte de ce devoir d'autant pius volontiers qu’il me fournit l’occasion de témoigner ma reconnaissance à des bienfaiteurs qui m'ont honoré de leur appui et de leurs secours dans mes , recherches,
Comme c'était de l'Espagne que je devais attendre les éclaircissemens les plus essentiels, à l'égard
, de cette première partie de mon ouvrage, j'ai re-
tie de mon ouvrage, dans laquelle je suis déjà |
assez avancé; et en y joignant l’histoire des colo- |
nies portugaises et celle des établissemens des au-
tres nations de l’Europe dans les tles d'Amérique,
j'aurai complété mon plan.
Les deux volumes que Je publie aujourd'hui !
contiennent un récit de la découvertedu Nouveau- Monde et des progrès que les armes et les colonies espagnoles y ont faits. Cette partie de l’histoire l’Amérique en est non-seulement la plus brillante, elle est encore tellement détachée du reste, qu’elle
forme par elle-même un tout parfait, remarqua- |
ble par l'unité du sujet. Comune les principes et les maximes des Espagnols, dans la formation de leurs colonies, principes qui ont été adoptés en
quelque sorte par toutes les nations de l'Europe , très grande obligation. Cet ecclésiastique a conti-
! nué à faire des recherches pour moi pendant
sont développés dans cette partie de mon ouvrage, elle servira d'introduction à l’histoire des autres établissemens européens en Amérique, et elle répandra sur cet objet intéressant des connaissances que peut-être on ne trouvera pas moins importantes que curicuses,
gartlé comme une cireonstance heureuse pour moi de voir nommer à l'ambassade de Madrid lord Grantham : j'avais l'honneur d’être connu personnellement de lui, et je devais tout espérer de son caractère naturellement généreux et obligeant.
Quand je m’adressai à lui, l'accueil que j'en reçus ne me laissa pas douter qu'il ne fit toutes les démarches convenables pour me procurer ce que je désirais ; et en effet je suis persuadé que le succès de mes recherches en Espagne doit être attribué principalement à l'intérêt que lord Grantham à paru y prendre.
Mais quand je ne lui devrais que d’avoir
, engagé M. Waddilove, chapelain de son am-
bassade, à se charger de la conduite de mes affaires en Espagne, je lui aurais toujours une
cinq ans, avec une activité, une persévérance et
, une connaissance de la matière, qui ne m'ont pas
moins étonné que satisfait. Il m'a procuré la plus grande partie des livres espagnols que j'ai consultés; et comme, dans ce nombre, il y en a plusieurs
qui ont été imprimés au commencement du seitième siècle, et qui sont devenus très rares, la seule occupation de les recueillir doit lui avoir coûté beaucoup de temps et de peines. C'est à ses soins et à son amitié que je suis redevable des copies de plusieurs manuscrits importans qui contiennent des faits et des détails que j'aurais cherchés en vain dans les ouvrages imprimés.
Encouragé par les bontés de M. Waddilove, je lui envoyai une liste de questions relatives aux coutumes et à la politique des naturels de l'Amérique et à plusieurs institutions des établissemens espagnols ; et j'avais eu soin de présenter ces questions de manière qu'un Espagnol püt y répondre sans divulguer rien qui ne püt être communiqué à un étranger, Il a traduit mes demandes en espagnol, et il a cbtenu de différentes personnes, qui avaient résidé dans la plupart des colonies espagnoles, des éclaircissemens qui m'ont été du plus grand secours,
Malgré ces avantages singuliers, c'est à regret que je me vois obligé d'ajouter que le succès de mes recherches en Espagne doit être attribué uniquement à la bonté desindividus et non à aucune facilité qui m'’ait été donnée par l'autorité publique. Par un arrangement bizarre de Philippe If, tous les registres de la monarchie espagnole sont déposés dans l'archivo de Simancas, près de Valladolid, à la distance de cent vingt milles du siége du gouvvernement et des cours suprêmes de justice. Les papiers relatifs à l'Amérique, particulièrement ceux qui attiraient mon attention, parce qu’ils regardent la première époque de l'histoire du Nouveau-Monde, remplissent, dit-on, une des plus grandes chambres de l'archivo, et composent huit cent soixante-treize liasses. Comme je crois posséder en partie le degré d'industrie qui convient à un historien, la perspective d'un scmblable trésor excita en moi la curiosité la plus ardente; mais je n’ai joui que de la perspective,
L'Espagne, par un excès de précaution, a constamment jeté un voile épais sur ses opérations en Amérique. Elleles cache aux étrangers surtout avec un soin particulier. L'archivo de Simancas n’est pas ouvert, même aux nationaux, sans un ordre exprès de la cour ; et, après l'avoir obtenu, on ne
peut pas copier de papiers sans payer des frais de bureau si exorbitans , que la dépense excède les sacrifices qu'on peut faire à une simple curiosité littéraire. Il faut espérer que les Espagnols sentiront un jour que cet esprit mystérieux est aussi contraire à la bonne politique qu'à la générosité, D'après ce que j'ai appris dans le cours de mes recherches, je suis persuadé que si l'on pouvait approfondir plus en détail les premières opérations de l'Espagne dans le Nouveau-Monde, quelque repréhensibles que puissent paraître les actions des individus, la conduite de la nation se montrerait sous un jour beaucoup plus favorable, J'ai trouvé dans les autres parties de l’Europe des dispositions bien différentes. Après avoir fait chercher sans succès en Espagne une lettre de Cor. tès à Charles-Quint, écrite peu de temps après son débarquement dans l'empire du Mexique «{ qui n’a pas encore été publiée, il me vint dans l’idée que cet empereur étant sur son départ pour l'Allemagne dans le temps que les députés de Cortès arrivèrent en Europe, il était possible que la lettre dont ils étaient chargés se füt conservée dans la bibliothèque impériale de Vienne, Je communiquai cette idée au chevalier Robert Murray Keith qui m'honore depuis long-temps de son amitié, et j'eus bientôt le plaisir d'apprendre qu’à sa sollicitation sa majesté impériale avait bien voulu ordonner qu'on m'envoyât une copie non-seulement de cette lettre si on la trouvait, mais aussi de tous les papiers qui pourraient jeter quelque jour sur l'histoire de l'Amérique. La lettre de Cortès n'est pas dans la bibliothèque impériale; mais on ÿ trouve unc copie authentique et légalisée par un notaire de celle qui fut écrite par les magistrats de la colonie qu’il avait établie à la Vera-Cruz: on a eu la bonté de la transcrire et de me l’envoyer. Cette lettre, non moins curieuse et aussi peu connue que celle qui avait été l'objet de me; recherches, ne m'est parvenue qu'après l'impres sion de cette partie de mon histoire à laquelle al se rapporte; mais j'en ai cité ce qu’elle contient de plus intéressant à la fin des notes du dernier volume. J'ai reçu en même temps une lettre de Cortes qui contient une longue relation de son expédition à Honduras, et sur laquelle je n'ai pas
jugé qu tail pa des peir trouver J'ai t cès dans examin( voisine rique, i tions au dans leu d'Améri en 1741 relation ont cru ment les niers na fût trom Une telle les senti protectio la souver apercevo terdire «€ dernières vrir une Mon sav premier r quête à s désavoua dans l’ins zin, qui :
ait été fai traduit , « mon usag donner, d vertes rus qu'on a j:
J'ai r& utiles et ministre « command sement p les Indier
mœurs p commerce
payer des frais épense excède les simple curiosité :spagnols sentitérieux est aussi 'à la générosité, le cours de mes » si l'on pouvait ières opérations Monde, quelque aître les actions \ nation se mon- 18 favorable, ties de l’Europe Après avoir fait ine lettre de Cor.
de temps après : du Mexique «t il me vint dans son départ pour députés de Cort possible que la t conservée dans ne. Je communirt Murray Keith de son amitié, et e qu’à sa sollicit bien voulu ore non-seulement , mais aussi de ter quelque jour lettre de Cortès périale ; mais on légalisée par un r les magistrats \la Vera-Cruz:
et de me l'encurieuse et aussi é l'objet de mes ’après l'impres re à laquelle al qu'elle contient otes du dernier ps une lettre de ation de son exelle je n'ai pas
jugé qu'il fût nécessaire d'entrer dans aucun détail particulier, On m'a envoyé aussi de Vienne des peintures mexicaines très curieuses, dont on trouvera la description à la fin de cet ouvrage. J'ai trouvé les mêmes facilités et le même succès dans mes recherches à Saint-Pétersbourg. Pour | examiner quelle était la communication la plus voisine de notre continent avec celui de l'Amérique, il m'était essentiel d'obtenir des informations authentiques sur les découvertes des Russes, dans leur navigation de Kamtschatka vers la côte d'Amérique. À l'égard de leur premier voyage, en 1741, Muller et Gmelin en ont publié une relation très exacte. Plusieurs auteurs étrangers ont cru que la cour de Russie cachait soigneusement les progrès qui avaient été faits par les der- | niers navigateurs, et qu'elle souffrait que le public | fût trompé par de fausses relations sur leur route. Une telle conduite me paraissait incompatible avec les sentimens généreux, la grandeur d'Ame et la protection accordée aux sciences, qui distinguent la souveraine actuelle de Russie, et je ne pouvais apercevoir aucune raison politique qui püt m'interdire de demander des éclaircissemens sur les dernières tentatives faites par les Russes pour ouvrir une communication entre l'Asie et l'Amérique. Mon savant compatriote, le docteur Rogerson , premier médecin de l'impératrice, présenta ma requête à sa majesté impériale, et non-seulement elle désavoua toute idée de mystère, mais elie crdonna dans l'instant que le journal du Capitaine Krenitzin , qui a dirigé le seul voyage de découvertes qui ait été fait par l'autorité publique depuis 1741, fût traduit, et que sa carte originale füt copiée pour mon usage. En les consultant, je suis parvenu à donner, des progrès ct de l'étendue des découvertes russes, une idée plus satisfaisante que ce | qu'on a jusqu'ici présenté au public.
J'ai reçu aussi d’ailleurs des instructions très utiles et importantes. M. le chevalier de Pinto, ministre de Portugal à la cour britannique, qui a commandé plusieurs années à Matagrosso, établissement portugais dans l'intérieur du Brésil, où les Indiens sont en grand nombre et où leurs mœurs primitives ont été peu altérées par leur | tummerce avec les Européens, a bien voulu m'en- |
voyer des réponses très satisfaisantes 4 plusieurs questions sur le caractère et les institutions des naturels de l'Amérique, que j'avais été encouragé à lui adresser par la politesse avec laquelle il avait reçu une demande qui jui avait été faite en mon nom. Ses réponses m'ont convaincu qu'il a examiné avec beaucoup d'attention et de discernement les objets curieux que sa position avait offerts à sa vue, et je l'ai souvent suivi comme un de mes meilleurs guides.
M. Suard , qui par l'élégante traduction qu'il a publiée de mon istoire du règne de Charles-Quint,
| a procuré à cet ouvrage l'accueil favorable qu'il a , reçu sur le continent, m'a envoyé des réponses
aux mêmes questions, rédigées par M. de Bougainville, qui a eu occasion d'observer les naturels de l'Amérique septentrionale, et par M. Godin le jeune, qui a résidé pendant quinze ans parmi les Indiens à Quito et vingt ans à Cayenne. Celles-ci sont d'autant plus précieuses, qu'elles ont passé sous les yeux de M. de la Condamine qui, peu de semaines avant sa mort, y fit quelques additions, qu'on peut regarder comme le dernier effort de cet amour pour les sciences qni a rempli l'espace d'une longne vie.
Mes recherches ne se sont pas bornéts à une seule région de l'Amérique. Le gouverneur Hutchinson a pris la peine de recommander mes questions à MM. Hawley et Brainerd, deux missionnaires protestans employés parmi les ludiens des cicq notions. Ils ont eu la bonté de me faire des réponses qui montrent une grande connaissance des peuples dont ils décrivent les usages. J'ai reçu de M. Guillaume Smith, auteur d'une histoire in-
téressante de New-Yorck, quelques éclaircissemens | . . .
| utiles. En traitant l'histoire de nos colonies de
l'Amérique septentrionale, j'aurai occasion de reconnaître tout ce que je dois à plusieurs habitans de ces colonies.
Dans la collection précieuse de voyages rassemblée par M. Alexandre Dalrymple, dont on connatt le goût pour la navigation et les découvertes, j’ai trouvé quelques livres très rares, et particulièrement deux grands volumes de mémoires, moitié manuscrits etmoitié imprimés , qui ont été présentés à la cour d’Espagne pendant les règnes de Phi-
lippe I et de Philippe IV. J'ai puisé dans ces sources plusieurs particularités curieuses sur l'état
intérieur des colonies Espagnoles et sur différens projets pour les améliorer. Comme cette collection |
de mémoires appartenait autrefois à la bibliothèque de Colbert, c’est sous cette dénomination que je lai citée.
J'ai lu tous ces livres et ces manuscrits avec l'attention qu’exige le respect qu'un auteur doit au
publie, et j'ai cherché à constater par des citations | l'authenticité de tout ce que j'avance. Plus je ré- |
fléchis sur la nature des ouvrages historiques, plus je suis convaincu que cette exactitude est nécessaire. L’historien qui narre des événemens de son temps, est cru en proportion de l'opinion que le public a conçue de sa véracité et des moyens qu’il a eus d’être bien instruit. Celui qui décrit les événemens d’un temps éloigné n’a aucun droit à la confiance du publie, à moins qu'il ne produise des témoignages à l'appui de ses assertions. Sans ces autorités il pourra écrire des récits amusans , mais on ne dira pas qu’il a fait une histoire authentique. J'ai été confirmé dans ces sentimens par l'opinion d’un auteur à quises recherches laborieuses, son érudition et son discernement ont donné avec justice un rang distingué parmi les premiers historiens de ce siècle'. Encouragé par son autorité, j'ai publié un catalogue de livres espagnols que j'ai consultés. Cet usageétait commun dans le dernier siècle, et on le regardait comme la preuve d’une exactitude louable de la part d’un auteur : aujourd’hui on l’attribuera peut-être à une vaine ostentation; mais, comme plusieurs de ces livres sont inconnus dans la Grande-Bretagne, les renvois au bas de chaque page auraient occupé trop de place, puisqu'il aurait fallu insérer les titres en entier. Tous ceux qui voudront me suivre dans la même route trouveront ce catalogue très utile 2.
Mes lecteurs observeront qu’en citant des sommes d'argent, j'ai suivi constamment la méthode es-
pagnole de compter par pesos. Le peso fuerte ou
cwo, est le seul qui soit connu en Amérique, et
3 Gibbon, auteur de l'AÆistoire de la Décadence et de la Chute de l’Empire romain.
% On le trouvera à la fin de l'Histoire d'Amérique.
c'est celui qu'on entend toujours quand on parle d'une somme exportée d'Amérique. Le peso fort a varié, ainsi que les autres monnaies, dans sa valeur numéraire, mais on m'a conseillé de ne tenir aucun compte de ces légères variations et de l'éva-
| luer à quatre schellings six sous de notre monnaie, Il faut cependant se souvenir que , dans le seizième | siècle , la valeur effective d'un peso, c'est-à-dire la
quantité de travail qu'il représentait, ou celle des denrées dont il était l'équivalent , était einq à six fois aussi considérable qu’elle l'est aujourd’hui.
P.-S. Depuis que cette édition est sous presse, il a paru, en 2 volumes in-4°, une Æistoire de Mexico, traduite de l'italien de l'abbé don Francesco Saverinc Clavigero. 11 était naturel de s'attendre à trouver dans l'ouvrage d’un homme né dans la Nouvelle-Espagne, qui l’a habitée quarante années, et est familier avec la langue mexicaine, un grand nombre de renseignemens nouveaux, Après l'avoir parcouru, je me suis toutefois convaincu qu'il contient à peine une seule addition aux notions fournies sur l’histoire ancienne de l'empire mexicain, par Acosta et Herrera, si ce n’est quelques faits puisés dans les narrations improbables et les conjectures fantastiques de Torquemada et de Boturini. Après avoir copié leurs splendides descriptions du haut état de civilisation de l'empire mexicain, M. Clavigero, dans l'expansion deson zèle pour l'honneur de son pays natal, m’accuse d’avoir oublié quelques points et de m'être mépris sur d'autres, Toutes les fois qu’un auteur a la conscience d’avoir mis tout ce qu'il avait d'activité à faire ses recherches, tout ce qu'il avait d’impartialité à former ses décisions, il peut sans présomption réclamer la louange due à ces qualités, et il ne saurait étre insensible aux reproches qui tendraient à affaiblir la justice de ses réclamations. C’est par un sentiment de cette nature que j'ai voulu examiner les repioches faits par M. Clavigero à mon Yistoire d'Amérique , et j'en étais d'autant plus impatient que ces reproches m'étaient faits par un homme qui avait été en possession de tous les moyens d'obtenir d'exactes informations. La plupart de ces accusations, je dois le dire, sont dénuées de toute base, ainsi que je j'ai expliqué dans des notes sur les passages de mon histoire qui ont donné prise à sa crit‘jue.
Université d'Édimbourg , 1°" mai 1788
Wazram ROBERTS0N.
Les à peu par de plusiel des he été d'a l'occasi mais n( et le te rentes l'histoi ces ten mettre les pre des soc
Nou:
premiè toutes la terre qui sép tinés à éloigné que po marque où la n:
que ce que les midabl et d'au et des dans la et incoi
La n sont de a eu be plusieu:
de pert premie \ière q constru avec st
quand on parle . Le peso fort a es, dans sa vaeillé de ne tenir ions et de l'éva- ‘notre monnaie, dans le seizième o, c’est-à-dire la tait, ou celle des , était cinq à six aujourd’hui.
18 presse, il a paru, Mexico, traduite averinc Clavigero.
er dans l'ouvrage igne, qui l’a habiec la langue mexinemens 1OUVeaux, outefois convaincu à aux notions fourire mexicain, par es faits puisés dans ctures fantastiques avoir copié leurs de civilisation de l'expansion deson , m’accuse d’avoir épris sur d’autres, cience d’avoir mis s recherches, tout 8 décisions, il peut due à ces qualités, reproches qui tenamations. C’est par i voulu examiner > à mon #istolre plus impatient que omme qui avait été tenir d’exactes insations, je dois le nsi que je j'ai exje mon histoire qui
Les hommes ne sont parvenus à découvrir et à peupler ies différentes parties de la terre que par des progrès extrêmement lents. [1 s’écoula plusieurs siècles avant qu'ils pussent s'éloigner des heureuses et fertiles régions où ils avaient été d’abord placés par le Créateur. On connaît l'occasion de leur première dispersion générale ; mais nous ignorons le cours de leurs émigrations et le temps où ils prirent possession des différentes contrées qu’ils habitent aujourd’hui. Ni l'histoire ni la tradition ne nous ont laissé, sur ces temps reculés, assez de lumières pour nous