N° XXII
Le chevalier Nicolas Throkmorto* à l’archevêque de SAiirr- AnmÉ et à l’abbé d’ARBRorsE.
Après mes affectueuses recommandation* à vos seigneuries, celle-ci est pour vous donner avis que sa majesté la reine ma souveraine m’a envoyé id en qualité de son ambassadeur vers la reine sa sœur, votre souveraine, pour lui communiquer ce que sa majesté à jugé convenable en considération de la bonne amitié et bonne intelligence qui subsistent entre elles : laquelle reine, votre souveraine, étant détenue en captivité, ainsique vos seigneuries le savent, à l’encontre du devoir de tous bon» sujets, sa majesté m’a donné charge de traiter avec les lords assemblés à Edimbourg pour l’élargissement de votre dite reine, et rétablissement en sa dignité, et de leur offrir toutes conditions raisonnables et moyens possibles pour la sôrcté du jeune prince , pour la punition de ce meurtre exécrable dernièrement commis, et pour la dissolution du mariage de votre reine avec Botbwell , et enfin pour leurs propres sûretés. En la négociation desquelles choses, j'ai .comme vos seigneuries le savent , employé bien du temps inutilement, n’ayant jamais pu rien gagner en aucun point sur ces lord* à la satisfaction de la reine ma souveraine ; desquels étranges procédés de > ces lords envers sa majesté , et de leur conduite irrégulière envers leur souveraine , j’ai donné avis à sa majesté la reine, laquelle, n'étant point dans l’intention de souffrir de telles indignités, m’a ordonné de déclarer à ces lords ses intentions ultérieures , en sorte qu’ils puissent apercevoir que sa majesté désapprouve leurs procédés; et sur ce elle m’a rappelé. Et en outre, elle m’a chargé de communiquer les mêmes choses à vos seigneuries, requérant de me foire savoir , avant mon départ (lequel sera, s’il plaît à Dieu, aussitôt que j’aurai reçu votre réponse), ce que vous et vos confédérés êtes résolus de foire pour mettre la reine votre souveraine en liberté, et pour la rétablir en sa première dignité , par force ou autrement, voyant que ces lords ont refusé toute autre médiation ; et à cette fin , sa majesté la reine ma souveraine pourra concourir avec vos seigneurie* dan* cette honorable entreprise.
Et dans le cas oû, par la dispersion de vos associé* , vos seigneuries ne pourraient ni en communiquer avec eux , ni recevoir actuellement la résolution d’eux tous , vous aurez agréable de m’envoyer les avis de ceux avec lesquels vous aurez pu conférer, entre d et deux ou trois jours , en sorte que je puisse avoir votre réponse en cette ville lundi ou mardi prochain au plus tard , 19 du présent mois d’août; car je compte, Dieu aidant, partir pour \ l’Angleterre le mercredi suivant Sur ce, je prends très « humblement congé de vos seigneuries.
A Édimbourg, ce 13 août 1567.
Au dos est écrit , 13 août 1567
Le chevalier Nicolas Tbrokbokton au lord U mates
J’ai reçu le 19 août h lettre que votre bonne seigneurie a eu la bonté de in'écrirc le 13 de ce mois. Pour réponse , votre seigneurie voudra bien me permettre de lui dire franchement que j’étais déjà parfaitement instruit des volontés de sa majesté la reine ma souveraine
au sujet de la détention de la reine votre souveraine , et touchant sa délivrance.
Quant au premier objet, sa majesté m'a ordonné d'employer en sou nom tous les moyens possibles de persuasion pour engager les lords assemblés à Edimbourg à se désister de ces procédés violent et illégitimes dont ils usent envers leur souveraine; et sa majesté a voulu qu’en ce point, indépendamment des raisons et motifs de persuasion dont je pourrais faire usage pour traiter A l’amiable avec ces lords , je prisse avec eux un ton de franchise et de sévérité , en leur déclarant que s'ils ne , voulaient pas suivre de meilleurs conseils et s'abstenir des ’ procédés outrageant exercés contre leur souveraine, ils pouvaient être assurés que sa majesté ne voudrait ni ne pourrait souffrir qu'on fit de pareilles indignités à la reine sa bonne cousine et voisine.
Cependant, après toutes les démarches que j’ai faites en conséquence auprès de ces lords, ils ont donné des preuves qu’ils étaient peu touchés de mes discours, car • ils n'ont voulu ni consentir & la délivrance de la reine , ni me permettre de lui parler ; en sorte qu’il me parait qu’il serait inutile de traiter plus long-temps avec eux sur ce ton. C’est de quoi j’ai donné avis à sa majesté la reine ma souveraine et j'attends de jour en jour les ordres ultérieurs de sa majesté. Lorsque je les aurai reçus, je ne manquerai pas d’en donner avis à votre seigneurie ; et cependant j’informerai sa majesté de ce que votre seigneurie m’a écrit. Sur ce , je présente dûment mes obéissances à votre bonne seigneurie, et je la recommande au Tout -Puissant , étant toujours disposé à vous faire tous les plaisirs et rendre tous les services que je pourrai, sauf mou devoir.
A Édi ni bourg.
Et au dos est écrit , 24 août 1267.