‹ Œuvres completes de W. Robertson precedees d'une notice (volume 2)Chapitre 52 sur 116 · N° XXXI · texte numérisé non relu

N° XXXI

La reine au chevalier François Kmmxevs.

33 janvirr lit*

A vous, salut. Notre intention n’est pas, dans ce moment où je vous écris, de rappeler ce qu'il a plu à Dieu dr nous envoyer d’insoutenable pour nous et de chagrinant pour vous. Oublions tout cela , il n'en est pas question dans ce moment-ci. Mais ayant occasion de vous donner des ordres pour notre service , et pendant que vous êtes ainsi occupé à nous servir, nous vous demandons de considérer ce qui suit avec toute l'attention et la diligence que vous avez jusqu’ici accoutumé d'apporter à notre service. Lors des dernières lettres que nous vous avons écrites, le 14 de ce mois, pour transférer la reine d’Ecosse, nous avons reçu d’Ecosse avis de certains écrits par elle envoyés en ce pays, et parmi lesquels il s’en trouve un qui contient des mensonges insignes et évidens sur notre compte et sur celui de quelques autre* , ainsi que vous pourrez et devrez l’apercevoir clairement par la copie dudit écrit que nous vous envoyons aussi ; et comme nous avons en même temps été avertie que cet écrit devait être incessamment publié en Écosse, bien que eela n’ait point encore été fait , nous avons jugé à propos de transférer premièrement la reine avant que de divulguer cet écrit, et d’attendre ensuite quelle en sera l’issue ; et maintenant nous avons été cejourd’hut assurée par notre cousin de Hunsdon que , depuis ce temps-là , les mêmes choses contenues en cet écrit ont été publiées en divers endroits de l’Ecosse ; sur quoi nous avons jugé très convenable , pour l’acquit de notre honneur, et pour confondre la fausseté contenue en cet écrit , non-seulement de le réfuter par une proclamation publiée sur nos frontières et dont nous tous envoyons copie , mais aussi d’en charger convenablement la reine afin de l’engager à en déclarer les auteurs, et à nommer ceux qui l’ont portée à écrire et débiter contre nous ces calomnies; et cependant, ne connaissant aucunes gens qui puissent être soup çonnés avec plus de vraisemblance d'étre participans de ce fait, que les commissaires de la reine d’Ecosse, nous les avons fait arrêter ici jusqu'à ce que celte reine en ait nommé d’autres et quelle ait justifié ceux-ci; lesquels, ayant été chargés en général, et sans qu'on soit entré avec eux dans aucune particularité , ne manqueront pas de jaser et de tenir des discours de toutes sortes pour se disculper d'eux - même». Partant , notre volonté est qu’a pré* avoir lu d'un bout à l’autre cet écrit qui vous est envoyé, vous déclariez à la reine que nous avons été bieu informée de diverses lettres et écrits par elle envoyés en Ecosse, signés de sa propre main, parmi lesquels il se

trouve un écrit envoyé par son ex pré* commandement , tri qu’il vient d'élre publié ; écrit qui a jeté le trouble dan* notre âine, en voyant qu'une princesse qui a actuellement entre nos mains une affaire aussi compliquée, aussi remplie de difficultés et de malheurs, ait pu concevoir d’elle- même des choses aussi fausses , aussi calomnieuses, aussi éloignées de toute vraisemblance, contre nous et contre notre honneur; ou bien qu’elle ait avoué ceux qui les ont forgées, et spécialemeut qu'elle se soit exposée au risque d'étre soupçonnée d'avoir eu connaissance de la publication de calomnies aussi atroces. El vous lui direz aussi que, comme nous ne voulons point assez mal penser d'elle pour croire que cela procède d'elle- même , mais que nous voulons plutôt croire qu’elle a été en ce mal conseillée , ou que par séduction elle a été portée à penser que quelques-unes de ces calomnies étaient véritables, nous la requérons, si elle désire d'avoir quelque part en notre bienveillance, de se disculper ellemôme en ceci avec autant de sincérité qu’il lui sera possible, et de nommer ceux qui en ont été les auteurs et promoteurs, et elle fera ainsi envers nous satisfaction telle que le cas peut l'exiger. Après que vous aurez ainsi procédé et que vous aurez obtenu d’elle quelque réponse, soit qu’elle déuie absolument cet écrit, ou qu'elle nomme quelques-uns de ceux qui ont donné en ce de* avis, vous lui direz que nous avons retenu ici ses commissaires jusqu'à ce que nous puissions avoir sur ce quelque réponse précise, ne pouvant imputer qu’à eux une partie de ce* mauvaises manoeuvres, jusqu'à ce que par sa déclaration les véritables auteurs nous soient connus. Et aussitôt que vous aurez obtenu d’elle des réponses précises, nous vous prions de nous le* faire parvenir ; car ainsi que la chose se comporte , nous ne pouvons eu être qu’en grande inquiétude, voyant noire honneur aussi fortement attaqué des imputations si contraires à nos idée* ; et voyant , autant que nous en pouvons juger, que le comte de Murray et autres nommés en cet écrit sont bien éloigné* de pen* ser les choses qui leur sont imputées, ou vous communiquerez à la reine d'Ecosse l'original de la leltre qui contient ces calomnies, ou bien vous lui en ferez lire la copie; et vous communiquerez pareillement la chose au lord Scroop pour qu'il sc joigne à vous eu ceci, autant que vous le jugerez convenable.

Le chevalier Fhançois Knoi.leys à la reine Élisabetb.

Do Wfllinbj, t* a« janvirr i568.

. . . J’oublie tous mes chagrins et je les passerai sous silence, en apprenant actuellement reux de voire majesté ; .... et quant à la réponse de cette reine et à la copie de la prétendue lettre envoyée par elle en Ecosse, j'ajouterai ceci à la lettre de mon frère, envoyée hier au soir fort tard à M. le secrétaire. A la longue , elle n'a pas pu nier que les premières lignes contenues en celte même copie ne fussent conformes à la lettre qu elle a envoyée en Ecosse concernant ta promesse faite par milord de Murray de remettre son fils {à elle ) entre les mains de votre majesté , et d'éviter que cela ne se fit sans son consentement . et c’est, dit- elle , ce qui l’a engagée à éciire à ce sujet. Elle dit aussi qu'elle a écrit pour faire faire une proclamation aux fins de soulever le peuple, et de l'cuipécher de favoriser les iuleulious et desseiut» de rai-

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lord de Murray par rapport à la remise de sondit fil* , comme aussi de contrecarrer son gouvernement séditieux : ce sont ses propres termes. Mats elle nie absolument d’avoir écrit aucune autre partie de ta lettre contenant des calomnies contre votre majesté. Elle m'a dit aussi qu'elle soupçonnait un Français, actuellement en Écosse , d'être l’auteur de quelques lettres écossaise* forgées en son nom ; mais elle n’a pas voulu que j’écrivisse ceci comme faisant partie de sa réponse.

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