C. IV). O
Les historiens orientaux ont mélé A tant de circonstance» fabuleuses et incroyables le peu qu'il* savent desafraire* des nations européennes et particulièrement d’Alexandre- Ic Grand et de se» conquêtes de la Perse, que leurs récifs ne méritent que bien peu d'attention. Rien qu'il» aieui représenté de la maniéré la plu» fausse tous les événctneiis de sa vie , ils s 'étaient formé la plu» haute idée de la grandeur de son pouvoir el le distinguaient par le nom d'Eirander Dbulc.irnein . c’est-à-dire à deux cornes, par allusion à l'étendue de son empir**, qui, suivant eux , s'étendait de l'orient à l'occident du monde. (D’Uerbelot, Btbt. Orient. , article Escander. Ane. (jniv. J/ist vol. V, édit., iu-8” , p. 432. Richardson , dan» la dissertation qui précède son Dictionnaire arabe et persan, p. 12.) On ne peut savoir si les historiens de l’Hiudostan ont donne un compte rendu plus exact de l'invasion de l’Inde par Alexandre , jusqu'à ce que quelques uns de leur* ouvrages, écrits eu langue sanscrite , aient été traduits. Plusieurs circonstances prouvent que l’on conserve encore dans les provinces septentrionales de la péninsule quelques notions traditionnelle» sur l'invasion de l'Inde par Alexandre. Les rajah» de Chitore , qui sont regardé» comme les souverain» le* plus anciens parmi les princes indiens, se vaillent de descendre de rorus , aussi célèbre dans l’orient qu’il l'est dans l'occident pour sa valeureuse opposition au conquérant macédonien ( Fragin . d'Ormc, p. 5 ). I<e major Rcnncll a dit, d’apres de» reuseiguemen» nouvellement reçus de l'Inde el continués par de nombreux témoignages, que dans le pays de Kullore.à l'extrémité orientale de l'ancienne Ractriane , il existait encore au moment de l’invasion des provinces par Tatuerlau , un peuple qui prétendait descendre de» compagnon* d'Alexandre. Dan» la Rijnre, la Razira d'Atexaudn , pays de même district, mais plus à l'occident , il existe encore aujourd'hui une tribu qui fait remonter son origine à certains individus lanués par le conquérant dans son passage à travers cette province. About Èazsl et Sonja h Rae, historien oriental d’une grande réputation, rapportent cette même tradition sans aucune différence remarquable, le dernier ajoute seulement que ce» européens, si on peut leur donner ce nom, continuèrent à conserver sur leurs voisins l'ascendant qu'on pouvait supposer leurs ancêtres en possession d’exercer lorsqu'ils étaient venus s'y établir. Bien que nous devions rejeter comme fausse celle généalogie, cependant le simple fait de la prétention prouve la croyance de» habtlan* du pavs et il doit y avoir quelque base à la croyance qu'Alexaudre non-seulement conquit le Bijore, tuais iratisféra cette conquête à quelques-uns de ses compatriotes. Le* babitans de Bijore avaient aussi une très haute opinion de l’étendue d’autorité d’Alexandre et ils lui donnaient aussi le nom de E «corne, cou»
Digiti,
VjC
SUR L’INDE
formément à l'emblème frappant du pouvoir dan* toute* le* langue* orientale* ( Àyeen Akbery , vol. XI, p. 194 ). Ceux qui sont accoutumé* à la torture de* écriture* saintes, doivent se rappeler plusieurs exemple* du même emploi de celte image.
NOTE 8, 5ect. f, p. 515.
11 parait que c’est une opinion généralement rerue qu’Alexandre ne bâtit que deux ville* dan* linde, Nieêe et Bucépbalie stir le* bord* de l'Hydaspe, aujourd’hui Chaul. et que c’est Cratère qui fut chargé de ce double soin. Mais il est évident . d'après Arrien ( fîb. v, c. Oit) , qu'il fit bâtir une troisième ville sur l’Acésinès, aujourd'hui le Jénnob, sou* l'inspection d'Fpbe*tloii ; et si sou dessein était de tenir ce pavs en respect , il parait qu’il ne pouvait le faire que par le moyen d’une place ferle sur l’une de* rivières qui sont au sud de l’Hydaspe. Cette t partie de l’Inde a été *i peu fréquentée de* modernes, qu’il e*t impossible de marquer avec précision la situa* lion de ces ville*. Si le P. Thsscnt lialer, qui pense que la rivière qu’on appelle aujourd’hui Rave est PAseêsioès d’ Arrien (Bernouilti , vol. I. pag. 39 j, est bien Fondé dans sa conjecture, il est probable que cette ville fin bâtie quelque part près de Labore, Ton de* postes les plu* importons de cette partie de Nndc, et regardée dan* t’Ayeen Akbery comme une ville de la plu* haute antiquité. Mais le major Rennell est, selon moi, très bien fondé dan* sonopiniou que le Jénaub duil être KAcésinés de* aucien*.
NOTE 9, Srct. i, p. 516.
Le* scrupule* de religion qui empêchaient le» Perse* d’entreprendre aucun voyage par mer étaient connus de* anciens. Pline rapporte de l’on des mages que Tiridate avait envoyé en ainltassade à l'empereur Néron ,
« qu’il n’avait pas voulu venir par mer, parce qu’il ne pensait pas qu’il fût permis de salir cet élément de tous les immondices qu’v occasionerait le séjour de* hommes»
( IV nt. hist. , lib. xxx , c. il ) ; ils portaient si loin cette aversion pour la mer que, suivant l’observation J’mi historien très bien instruit , il n’y avait pas dan* leur empire une seule ville nn peu importante hâtie sur te* côtes de la mer (Ammian. Marcel., lib. xxiti. c. vt). Le docteur Hyde nous apprend combien ce* idée* étaient intimement liées avec les principes de Zoroastre { Hcl. vrt., Pers., cap. vi) ; dans toute* le* guerre* des Perse* avec la Grèce, le* flottes du grand roi n’étaient composées que de vaineaux fournis par le* Phéniciens , le* Syriens, les provinces conquise* de l’Aste-Mineure et le* Iles adjacente*. Hérodote et Dîodore de Sicile parlent de la proportion dans laquelle chaque pays contribua, pour former la flotte de douze cents vaisseaux avec laquelle Xercès entra dans la Grèce; et parmi ces vaisseaux il n’y en a pas un seul qui appartint à la Perse. 11 est bon d’observer en même temps que, saivant Hérodote, dont l’autorité est incontestable h cet égard , la flotte était commandée par Ariabiginet, fils de Darius , qui avait plusieurs satrapes distingués sous *e* ordres, et que le* Perse* et les Mède* «erraient à bord en qualité de soldats ( Herod., lib. vu, c. xen, xcvii). Je ne puis dire par quels motifs ou par quelle autorité on les engagea daus
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un tel service. Par une suite des même* scrupule* religieux, plusieurs naturels de l’indostan refusent encore aujourd'hui de s’embarquer et de servir *ur mer; et cependant , dan* certain* cas , le* cipayes au service des puissance* européenne* ont surmonté ces sortes de scrupules.
NOTE 10, Sect. i, p. 516.
M. le baron de Sainte-Croix, dans son ingénieuse et savante Critique des historiens d’Alexandre le-Crand (pag. 96). parait conserver des doute* sur le nombre de villes qu’on dit qti’ Alexandre a bâtie*. Plutarque ( de Fort, silex.,) assure qu’il n’en fonda pas moins de soixante-dix. Il paraH, par plus*icnrs passages de* ancien* auteurs, qne le moyen dont Alexandre et ces successeurs frisaient usage pour conserver leur autorité sur les peuples conquis, était de bâtir des villes, ou , ce qui revient au même, des places fortes. Séleucus et Àullochus, sous l'empire desquels tomba la plus grande partie de la Perse, ne furent pas moins remarquables que Alexandre pour bâtir de nouvelles villes, et il parait que ce* ville* remplissaient parfaitement le but de* fondateurs, et qu’elle» empêchèrent effectivement , comme j’aurai occasion de l’observer, la révolte des provinces conquises. Quoique les Grec* , animé* de l’amour de la liberté et de leur patrie , eussent refusé de s’établir en Perce tant qne cet empire fut sous la domination de re* propres monarques, malgré tou* le* avantages qti’on leur promettait, comme le remarque M. de Sainte-Croix , le cas devint fout différent lorsque le pay* fut soumis à leur propre domination , et qu’il* s’y établirent non pas comme sujets, mais comme maître*. Alexandre et ses successeurs montrèrent un égal discernement dan* le choix qu i!* firent de remplacement des vHies qo'Hs fondèrent. Séleucie, que bâtit Séteurns, ne le cédait qn’â Alexandrie pour le nombre des hahitarm, pour la richesse et l'importance. { M. Gibbon, vol. I , M. tPAnviflc, Ném. de LUtér. , xx*.)
NOTE 1!, Sect. 1, p. 517.
C’est dans Justin que se trouve le peu do détails que nous avons snr le* progrès de Séleucus dans Flnde ( lib. xv , c. rr ) ; mais nom ne pouvons compter sur son témoignage que lorsqu’il est appuyé de celui de* auirr» auteur*. Plutarque semble affirmer que Séleucus avait pénétré fort avant dans l'Inde : mais ce respectable écrivain brille davantage dam l’art de tracer les caractères et par l’heureux choix de* circonstances qui les éévelop’pent et les distinguent, que par l’exactitude des recherches historiques. Pline, dont l’autorité est d’un phi*, grand poids, semble regarder comme une chose certaine que Séleueo* avait porté ses armes dans les districts de l’Inde où Alexandre n’était jamais entré (Pline, Ifnt. hist., lib. vt, e. xvii).Le passage où il en est question n’est pas très elair, mais il semble intimer que la marche de Sélencos avait été de l’Hyphase à l’Hysudre, de là à Pa-, lybothra , et de ce dernier endroit à l’embouebare du Gange. Le* distances de* principaux endroits où il s’arrêta sont marquées , et font un total de deux mille deux cent quarante-quatre milles romains. Telle est l’interpré- Uiiou que donne à ce passage de Pline M Bayer [l/hlur.