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ISOTE 3, Suer. i, p, 51 1.
L’état qui nous est donné par Hérodote du revenu de la monarchie perse e*t curieux , et parait avoir été copié sur quelque registre public qui lui avait été communiqué. D'après cet état , l’empire perse était divisé en vingt satrapies ou gouvernement. Le tribut levé sur chacun de ces gouvernement est spécifié, et la totalité en monte à 14,560 talent d’Eubée, ce qui fait, suivant le docteur Arbuthnot , une somme égale à celle de 2,807,437 livres sterling ; somme très petite pour le revenu du grand roi, et qui ne s’accorde guère avec tout ce que les anciens historiens racontent des richesses, de la magnificence et du luxe de l'orient.
NOTE 3 bis , Skct. i , p. 512.
major Rennell , dans la deuxième édition de son Mémoire, où il donne aussi le* mœurs modernes de l'Indu* ou Hydaspes { Behut et Thylam ) , a tracé, d’après de* matériaux fort imparfaits et cependant avec une exactitude qui fait honneur à son discernement, le* routes par lesquelles Alexandre, Tainerlan et Nadir Shah ont pénétré dan* l’Inde. Il déploie dans ccs recherches la supériorité de ses connaissances dans la géographie ancienne et modernp de ce pays. Une carte nouvelle sert à préciser ses recherches, j’y renvoie nos lecteurs. Il faut bien se garder de considérer ces laborieuses investigations comme un pur objet de curiosité. La géographie de celle région fertile et considérable de l’Inde connue sou* le nom de Panjab, peut devenir sous peu d’années fort intéressante , bien qu’aujourd'hui nous la connaissions fort peu. Si d’un côté les fondemens , sur lesquels l’empire britannique dan* le* Indes semble appuyé depuis l'heureuse issue de la dernière guerre, restent long-temps solide* , et d’un autre coté les Saiks , cette confédération de plusieurs états indépendans, coutinuant à étendre leurs conquêtes avec la même rapidité qu’ils l’ont fait depuis le commencement du siècle, il est fort probable que l’esprit commercial s entreprenant de l’un des deux peuples , et l’ardeur mar-
tiale de l’autre , ardeur qui conserve toute l’activité et toute l’impétuosité, naturelles aux homme* dans les première* époques de leur union sociale , pourront donner naissagee à des événemens de la plus grande importance. Les frontières des deux états se rapprochent de plus eu plus. Les Saiks sont déjà parvenus sur la rive occidentale du fleuve Jumna, et le territoire du nabab d’Oude s’étend le long de sa rive orientale. Ce nabab allié ou tributaire de la compagnie des Indes est protégé par une brigade de l'armée de Bengale, stationnée constamment sur les frontières occidentales ( Rennell, Mém. Introd ., p. 116 ). Dans une position S| rapprochée, la rivalité du pouvoir, le choc des intérêts, et d’autres causes innombrables de jalousie et de discorde ne peuvent guère manquer d’amener t6t ou tard des hostilités ouvertes. Les Saiks possèdent tout le Soubah de (.ahore, la plus grande partie du Moultan et la partie occidentale de Delhy. Ce territoire comprend environ 400 milles anglais du N. O. au $. E , sur une largeur qui varie de 3Û0à 150 milles. Leur principale ville est Lahore. On connaît peu de chose de leur gouvernement et de leurs maxime* politiques ; mais on les représente comme fort doux. Dans leur manière de faire la guerre, ils se montrent cependant sauvages et cruels; leur armée est tout entière composée de cavalerie , et ils peuvent rassembler jusqu’à ceut mille hommes. ( Rennell. , Mém. , deuxième édit., Introd. , p. 121 , 122 à p. 365. Voy. aussi Esquisses de M. Crawford , deuxième édit, v. Il, p. 2630
NOTE 4, Sacr. i, p. 512.
Il est étonnant qu’Alexandre n’ait rien appris des pluies périodique* de l’Inde, dans les provinces limitrophes de cette péninsule; cette connaissance aurait pu l’aider à mieux y choisir le temps de *es opérations militaires. Son expédition dans l'Inde commença ver* la fin du printemps (Arrian., lib. n , c. xxn), lorsque les pluie* étaient déjà commencées dans les montagnes, d’où toutes les rivières qui arrosent le Panjab parlent , et dont les eaux par conséquent devaient être considérablement accrues avant qu’il arrivât sur leur* bords ( Rennell , pag. 268 ). — Il passa i’Hydaspe à la mi-été, à peu prè* dans le fort de la saison pluvieuse. Dans un pays que traversent tant de grands fleuve*, une armée en campagne à cette époque de l’année doit avoir beaucoup souffert. Arrien (lib. v, c. ix) donne une description exacte de la nature des pluie* et des inondations dans cette partie de l’Inde ; on en trouve une plus étendue encore dans Strabon ( lib. xv , 1013). Célalt de ce que leur faisaient souffrir ces pluies, que se plaignaient les soldais d’Alexandre (Strabo, i, xv, 1021 , D. ) ; et ce n’était pas sans raison, car il n’avait cessé de pleuvoir pendant soixante-dix jour* ( Diod. Sicul., xvn , c. xciv ).— Une circonstance qui fait voir avec quelle exactitude les officiers d'Alexandre observaient tout ce qui se passait dans cette partie de l’Inde, mérite d’étre remarquée. Aristobule , dans son journal dont j'ai fait mention, remarque que quoiqu’il eflt abondamment plu daus les montagnes et dans le pays qui les avoisine, les plaine* qui s'étendent au-delà ne reçurent pas la plus petite ondée (Strabo, lib. xv , 1013, B. 1015, B.). Le. major Rennell apprit d’une personne digne de foi, qui avait résidé dan* ce district de l’Inde, où le»
SLR L’INDE
Européens ne vont guère aujourd’hui , que pendant une grande particde ta mousson du S.O.,ou au moins dan* le* moi* de juillet , août et partie de septembre, qui sont les temps des pluies pour la plupart des autres endroit* de l'Inde, l'atmosphère dans le Delta indien est chargé de nuages en général, mais sans aucune pluie, sicen’ett très près de 1a mer. Il tombe même à peine quelques ondées pendant tout le cours de la saison. Le capitaine Hamilton rapporte que quand il se rendit à Tatta , il y avait trois an* qu'il n'avait plu du tout ( Mémoires , p. 288). — Tamerlau, dont la capitale n’était pat éloignée de l’Inde, doit avoir été à même de connaître la nature du pays; il évita la faute d’Alexandre, et ht sa campagne de l’Inde pendant la belle saison. Comme Nadir Sbab, lors de son invasion de l’Inde l’an de Jésus-Christ 1738, et à son retour l’année suivante , traversa les mêmes pays qu’Alexandre, et marcha presque sur la même ligne. Rien ne peut donner une plus forte idée de l’invincible constance du conquérant macédonien , que la description des embarras que Nadir Shah eut à surmonter , et des fatigues qu’essuya son armée. Quoique possédant un pouvoir sans bornes et des richesses immenses, et non moins distingué par ses grauds talens que par une longue expérience dans la conduite de la guerre, il eut la douleur de perdre une grande partie de ses troupes eu traversant les rivières du Panjab, en s’ouvrant un chemin à travers les montagnes du nord de l’Inde, et dans les chocs qu’il eut à essuver de la part des belliqueux babitans de* pays qu* s’étendent depuis les bords de l’Oxus jusqu’aux frontières de Perse. Il se trouve dans les mémoires de Kbojeb Abdulktirreera, Cachcinirien de distinction qui servait dans son année, une description intéressante de sa retraite et de 8 es malheurs.
NOTE 5, Sect. i, p. 313.
11 paraîtrait d’abord incroyable qu’on eût pu rassembler eu 8i peu de temps une flotte aussi nombreuse. Cependant Arricn nous assure qu'il ir indique ce nombre que d’après Ptolétnée, fils de Lagus, dont il regarde le témoignage comme étant du plus grand poids (lib. vi, c. ni). Mais comme le Panjab est rempli de rivières navigables sur lesquelles se faisait tout le commerce entre les naturels, il s’y trouvait de tous les côtés des vaisseaux tout prêts à la disposition du conquérant, qui ne doit pas avoir eu de peine à en rassembler un si grand nombre. Si l’ou pouvait ajouter foi au récit de l'invasion de l’Iode par Sémiramis, il n’ y avait pas moins de quatre mille vaisseaux réuni* dans l'Indus , pour barrer le passage à sa flotte. ( Diod. Sicul., lib. iï,c. lxxiv).— Il e*l singulier que lorsde l’invasion de l’Inde par Mahmoud de Gaznah, ou ait rassemblé contre lui dans l’Indus une floue composée du même nombre de vaisseaux. Nous apprenons de Ayeen Akbery, que les babitans de celte partie de l’Iode commercent encore aujourd’hui entre eux par eau ; le* babitans du Circar. de Telia seul, ne possèdent pas moins de quarante mille vaisseaux de différentes constructions ( v. Il, p. 143).
NOTE 6, Sect. i, p. 313.
Tous ces détails sont tirés de Y Histoire de /7/w/c,d’Arrien, ouvrage différent de celui dont j’ai déjà parlé, et J'uu des traités les plus curieux qui nous soieut venus de
l’antiquité. Des extraits de la Description que donne Néarque du climat et du sol de l’Inde et des mœurs de* naturels, remplissent la première partie. La seconde contient le Journal où cet officier rend compte de son voyage depuis l’embouchure de l’Indus jusqu'au fond du golfe Persique. Cette lecture donne lieu à plusieurs observations. — 1. Il est remarquable que ni Néarque, ni Ptolémée, ni Aristobule, ni même Arrien, ne fassent pas la moindre mention du voyage de Scylax ; ce silence ne pouvait pas venir de leur ignorance ; car Hérodote était l’auteur favori de tout Grec qui avait quelque prétention littéraire. Il avait probablement pour cause les raisons qu’ils avaient de se défier de la véracité de Scylax, et dont j’ai déjà fait l’exposé. En conséquence , Arrien met dans la bouche d’Alexandre un discours où il affirme qu’il est le premier après Bacchus qui ait passé l’Indus ; ce qui suppose qu’il n’ajoutait pas foi à ce que l’on rapporte de Scylax , et qu’il n’avait pas entendu parler de ce que l’on dit que Darius Hysdaspe avait fait pour soumettre celte partie de l’Inde à la couronne de Perse ( Arrian., vu , c. x ). Cette opinion est confirmée par Mégasthène , qui avait fait une très longue résidence dans l’Inde. Il assure qu’à l’exception de Bacchus et d’Hercule (aux exploits fabuleux desquels Strabon s'étonne qu’il ait pu accorder quelque confiance (lib. vx, p. 1007, D.), Alexandre était le premier qui se fût emparé de l’Inde (Arrian., Hist. indic., c. ▼). Arrien nous apprend que les Assacans et d’autres peuples qui possédaient le pays qu’on appelle aujourd'hui le royaume de Candahar, payèrent tribut d'abord aux Assyriens et ensuite aux Mèdes et aux Perses ( Hisi indic., c. 1 ). Comme toute* les belle» provinces au nord-ouest de l’indu* étaient censées anciennement faire partie de l’Iode, il est probable que ce qu'e'les payaient en impôt est la somme portée sur le rôlequ'llérodote avait consulté dans le compte qu’il rend du revenu annuel de l’empire perse, et qu'aucune des provinces au sud de l’Indus ne fut jamais soumise aux rois de Perse. — 2. Ce voyage de Néarque fournit plusieurs preuves frappantes du peu de lumières des anciens sur toule aulre navigation que celle à laquelle ils étaient accoutumés dans la Méditerranée. Quoique le génie entreprenant d’Alexandre et la grandeur de ses vues lui eussent inspiré le dessein d’établir un commerce par mer entre l’Inde et se* étais de Perse, cependant Néarcrue et lui avaient si |ieu d’idée de l’Océan qu’ils désiraient de parcourir, qu’ils craignaient que leur navigatiou n’y fût arrêtée par des détroits impraticables et d’autre* obstacles semblables ( Hist. indic., c. xx , Q. Cm*., lib. ix, c. ix). Lorsque la flotte arriva à l’embouchure de l’Indus, t’étounsraent que produisit le flux et le reflux de la marée de l’océan Indien, phénomène, selon Arrien, jusqu’alors inconnu à Alexandre et à scs soldats, est une autre preuve de leur ignorance dan* l’art de la navigatioh (lib. vi, c. xix ); et il n’y a nullement Heu d'être surpris de leur étonnement, les marées étant à peine sensibles dans la Méditerranée où se renfermait toute la science des Grecs et de* Macédonien*. C’est pour cette raison que lorsque les Romains portèrent leurs armes victorieuses dans le* pays situés sur l’océan Atlantique, ou sur les mers qui y communiquent, ce phénomène nouveau des marées fut pour eux un objet de surprise et de terreur. César décrit l’étonnement de se* soldats au sujet d’une inaline qui endommagea beaucoup sa flotte quand il fit
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sa descente en Angleterre, et avoue que c'était pour eux un spectacle nouveau ( Bell. Gallic., Mb. iv, c. xxix); les marées sur la côte voisine de IViubonrhuie de l'Indu», sont extrêmement hautes et suivies de grands effets, surtout cette précipitation soudaine de la marée dans la bouche des fleuves et des bras de mer étroits qui est connue dans l’Inde sous le nom du calibré , et dont le major Renne II dorme une description exaclef /ni., xxi v, Mém, p.278‘; dans le P tripla* Maris Erythrasi, p. 26, il est question de ces hautes marées, eL la description qu'on en donne ressemble beaucoup à celle du calibré. l'Iine rend un compte fort exagéré des marées dans l’océan Indien {Nat. kist ., lib. xiu.c. 25) Le major Remit II semble croire qu’Alexandrc et ses compagnons ne devaient pas être si absolument étrangers au phénomène des marées puisque Hérodote avait appris aux Grecs, « qu’il y avait tons les jours un flux et reflux régulier de la marée dans la mer Rouge ( lib. 11, c. n). « C'est là toute l'explication que donne Hérodote de ce phénomène. Mais il y a chez les anciens des exemples du peu de cas que l'on faisait des faits rapportés par des auteurs respectables, qui ont de quoi surprendre dans les temps modernes. Quoique Hérodote, comme je viens de le remarquer, eût raconté fort au long le voyage exécuté par î'Cylax, Alexandre et ses historiens ne font pas la moindre mention de cet événement. J'aurai daus la suite occasion de citer un exemple encore plus remarquable du peu d'attention qu'ont fait des écrivains, venus après Hérodote, à la description exacte qu'il donne de la mer Caspienne. D’après ces exemples et d’autres semblables , qu’il eût été Facile de produire , nous pouvons couclure que le peu que dit Hérodote du flux et du reflux singulier de la marée dans la mer Rouge, r.'est pas une raison suffisante pour rejeter, comine indigne de foi, ce qu’Arrien raconte de la surprise des soldais d'Alexandre à la vue des effets extraordinaires de la marée à I embouchure de l'Indu*. — 3. Le cours entier du voyage de Néarque, les promontoires, les anses, le* rivières, les villes, les montagnes, qui se présentèrent successivement à ses regards, sont décrits avec tant d’ordre, et les distances des lieux 1 es plus remarquable* , tracées avec tant de précision , que M. d’Anville, en les comparant avec la position acuelle du pays, d’après les rapports anciens cl modernes les mieux faits à ce sujet, s’est vu eu état d'indiquer la plupart des lieux doul parle Nénarque , avec un degré de certitude qui ne fait pas inoius d'honneur à ta véracité du navigateur grec, qu’au taleut, au savoir et à la pénétration du géographe français ( Mém. de littéral., tom. XXX, p. 132, etc).
Dans les temps modernes, le nom de mer Ronge est particulier au golfe Arabique ; mais les anciens appliquaient à la mer qui s'étend depuis ce golfe jusqu'à l'Inde, la dénomination de mer Éry thrée, d’un roi Lryibras, dont <m ne connaît rien de plus que le nom, qui, en grec, signifie rouge. D'après la signification accidentelle de ce mot , on s’est imaginé que celte mer était d'une couleur différente des autres, et par conséquent d’une navigation plus dangereuse.
NOTE 7, Sect. i. p. 514.
Alexandre s'occupait tellement de cimenter de plus en plus cette union de ses sujets, qu’uprè» sa mort on trouva
dans ses tablettes, entre autres magnifiques projets qu’il méditait, plusieurs indice* qui annonçaient le projet de bâtir plusieurs villes nouvelle», les unes en Asie ri Ica autres en Europe, et de peupler celles d'Asie d'i européens et celles d'Europe d'Asiatiques, « afin, dit l'historien , qu'en tm'lant les mariages et en »e rendant des services mutuels, le» hahilans de ces deux grand* cnntinens parvinssent insensiblement à n’avoir qu’une même Ame, et A rester attaché* les uns aux autres par le* liens d’une affection réciproque ( Diod. Sicul., lib. xvm,