MO APPENDICE DES
de leur police. Heureusement les recherches exactes et étendues des modernes suppléent amplement au défaut de leurs observations. Dans l’espace presque de trois siècles, le nombre des émigrans européens dans l'Inde a été considérable, plusieurs de ceux qui y sont restés long-temps, et qui joignaient du génie A une éducation soignée, ont vécu dans une familiarité si grande avec les naturels, et ont acquis une connaissance si étendue de leur langue, qu’ils se sont rendus capables d’observer leurs institutions avec attention , et de les décrire avec fidélité. Quelque respectable que soit leur autorité, dans les remarques qui serviront A éclaircir la procédure judiciaire des Indiens, je ne m’y arrêterai pas uniquement, mais je tirerai mes observations de sources plus certaines et plus pures. Vers le milieu du seizième siècle, Akbcr VI , descendant de Tamerlan , monta sur le trône de l’Indostan. C'est un des petits souverains qui fut tiré du titre de grand et de bon, le seul de la race mahométane dont l'âme parait s’élre tellement élevée au-dessus des faux préjugés de la religion fanatique dans laquelle il était nourri, qu’il fut capable de former un pian digne d'un monarque aimant son peuple et jaloux de le rendre heureux. Comme dans chaque province de scs vastes domaines, les Indiens formaient le corps principal de ses sujets, il travailla A acquérir une parfaite connaissance de leur religion, de leurs sciences, de leurs lois et de leurs institutions, afin de pouvoir conduire chaque partie de son gouvernement de la manière la plus conforme A leurs idées '. Celte entreprise hardie fut secondée avec zèle par sou
1 Nous ne pouvons placer le gouvernement doux et équitable d'Akber dans un point de vue plus avantageux qu'en le menant en opposition avec la conduite des autres princes mabométans. Ce contraste ne parut jamais plus frappant dans aucun pays que dans l'Inde. L'an mil de l'Cre chrétienne , Mahmoud de Gba2na , au domaine duquel étaient soumises tes mêmes contrées qui formaient l'ancien royaume de Haetriane , s’empara de cette contrée. A mesure qu'il s'avancait, ses pas étaient marqués par le sang et la désolation. Les pagodes les plus célébrés, les anciens monumens de la dévotion et de la magnificence des Indiens furent détruits , les ministres de la religion massacrés, la contrée ravagée avec une férocité sans exemple , et les tilles furent pillées cl brûlées. Environ quatre cents ans après Mahmoud, le fameux Timur ou Tamerlan, tourna ses amies irrésistibles contre t'Indostan ; et , quoique ué dans un siècle plus policé , nonseulement il égala , mais souvent il surpassa de si loiu les
vizir Abul-Fazel, ministre dont l’intelligence n'était pas moins éclairée que celle de son maître. l’ar leurs recherches assidues et la consultation des hommes savans1, une instruction suffisante mit Aboul-Fazel en état de publier un abrégé succinct de la jurisprudence des Indiens dans l'Aveen Akbery*, qui peut être regardé comme la première communication fidèle qui ail été faite de ses principes A des personne»
acte* cruel* de Mahmoud, qu’il fut justement flétri du non odieux de prince destructeur, que lui donnèrent b* Indien*, victime* innocente* de sa rage. On trouvera uie description rapide, mai* élégante, de leur* dévaluation* dans une dissertation de M. Orme sur le* éiablissenrns faits par les conquéran* mabométans dans iudosan. M. Gibbon en a donné une relation plus étendue ( vol V, p. 016, vol.Vl , p. 336 , etc.). Le mépris arrogant avec lequel les mahométans superstitieux regardent toute* es nations qui n’oiil pas embrassé la religion du prophAe, expliquera la rigueur inflexible de Mahmoud et de Ttaur à l’égard des Indiens, et rehaussera beaucoup le Hérite de l'esprit tolérant et de la modération avec laquelle Àkber gouverna Res sujets. Nous connaissons »ar une belle lettre de Jesswant Sing, rajah de Joudpo eà Aurengzeb, son successeur fanatique et perséculeir, quelle impression la douce administration d'Akber avait faie sur les Indiens. « Votre ancêtre royal , Akber, dont fe tr6ne « est maintenant dans le ciel , gouverna les attire* de a l’empire avec équtié et fermeté pendant l'espace de cin- « quante-deux ans; maintenant chaque tribu ci» dans l'ai- « sance et le bonheur ; soit que les sujets fuss^t disciples « de Moïse, de David ou de Mahomet ; soit ,<ù'il* fussent a bramiues ; soit de la secte de* dariens, jui nient l’é- « ternité de la matière, ou de celle qui liribue l'existe tence du monde au hasard ; ils jouissant tous de sa « protection et de sa faveur ; aussi son peuple, en re- « connaissance de la protection impartie qu’il leur acte cordait, lui donna le litre honorable^ Juggut Grotv ,
« conservateur du genre humain. / Si votre majesté « a quelque confiance dan* ce* livré, honoré* du nom « de divin*, ils vou* apprendront qjè Dieu est le Dieu de « tout le genre humain et non le lieu des mahométans « seulement. Le païen et le musulman sont également en « sa présence. Les distinctions de/ouleur sont de sa vo- « lomé. C’est lui qui douoe l'exycnce. Dans vos temple* a à son nom la voix s'élève P prière, dan* la maison « des images, où l'on sonne la /loche, il est encore i’ob- « jet de l’adoration. Dégradera religion et les coutumes « de* autres hommes, c’est i^ï iuterpréter la volonté du a Tout-Puissant. Quand noj* effaçons un tableau, nous « encourons naturellemmeÿ le ressentiment du peintre,
« et c’est avec raison que Ifpoéte a dit : Ne présume pas « de critiquer ou de sondeiles œuvres infinies de la puis- « sance divine.» Nous sortie* redevables de ce morceau important à M. Orme. ( Paginais , notes , p. 97.] Quelqu'un qui a lu celte lell^ dans l'original , m’a assuré que la traduction anglaise ef c*t non -seulement fidèle, mai* élégante. /
1 Ayeen Akbery, A. Aol. 111, p. 95.- * Vol. III , p. 197.
SUR L’INDE ANCIENNE