PREMIER VOYAGEUR
Ah ! nous sommes perdus à tout jamais, nous et tout ce que nous avons.
FALSTAFF
A la potence, misérables ventrus! Vous, perdus!... Non, gros ladres. Je voudrais que toute votre réserve fût ici! En avant, couennes, en avant! Quoi, coquins! faut-il pas
que les jeunes gens vivent? Vous êtes grands jurés, pas vrai? Nous allons vous faire jurer, sur ma foi.
Falstaff et ses compagnons dépouillent les voyageurs, les garrottent et les emmènent. Au moment où ils sortent, rentrent le prince Henry et POINS.
LE PRINCE HENRY
Les bandits ont garrotté les honnêtes gens. Maintenant, si nous pouvions, toi et moi, voler les bandits et nous en retourner joyeusement à Londres, ce serait matière à jaser pour une semaine, à rire pour un mois, et à plaisanter pour toujours.
POINS
Rangeons-nous, je les entends venir.
Rentrent les voleurs.
EÂLSTAFF.
Allons , mes maîtres , partageons , et puis à cheval , avant le jour ! Si le prince et Poins ne sont pas deux couards fieffés, il n'y a pas d'équité au monde ; il n'y a pas plus de valeur dans ce Poins que dans un canard sauvage.
LE PRINCE HENRY, s'élançanl.
Votre argent !
Scélérats ! Comme les bandits sont en train de partager, le Prince et Poins fondent sur eux. Après une estocade ou deux, tous les bandits se sauvent, ainsi que Falstatf, laissant tout le butin derrière eux.
LE PRINCE HENRY
— Conquête bien aisée I... Maintenant à cheval, et gaiement! — Les voleurs sont dispersés, et possédés d'une frayeur — si forte, qu'ils n'osent même pas approcher l'un de l'autre. - Chacun prend son camarade pour un exempt-. — En route, bon Ned. Falstaff sue à mort, — et engraisse