‹ Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 126 sur 325 · XI · texte numérisé non relu

XI

brûlant instrument, la verge céleste — qui doit punir mes transgressions. Autrement, dis-moi, — comment des passions si dépravées, si basses, — des occupations si misérables, si sordides, si impures, si viles, — des plaisirs si stériles, une société aussi grossière — que celle à laquelle tu t'associes et t'adjoins, — pourraient-elles se concilier avec la grandeur de ta race, — et être de niveau avec ton cœur princier?

LE PRINCE HENRY

— Sous le bon plaisir de Votre Majesté, je voudrais pouvoir — me justifier de toutes mes fautes — aussi complètement que je suis sûr de me laver de — maintes accusations lancées contre moi. — Aussi bien, laissez-moi implorer votre indulgence; — et, quand j'aurai réfuté les nombreuses fables — que l'oreille du pouvoir est trop souvent condamnée à entendre — de la bouche des flagorneurs souriants et des vils faiseurs de nouvelles, — puissent les quelques erreurs réelles où. s'est égarée — à tort mon irrégulière jeunesse - trouver leur pardon dans mon sincère repentir !

LE ROI

— Dieu te pardonne!... Pourtant, Harry, laisse-moi m'étonner — de tes aspirations qui prennent un vol — tout à fait contraire à l'essor de tous tes ancêtres. — Tu as brutalement perdu ta place au conseil, — laquelle est maintenant occupée par ton frère puîné ; — et tu t'es à peu près aliéné les cœurs — de toule la cour et des princes de mon sang. — Les espérances fondées sur ton avenir - sont ruinées ; et il n'est pas d'homme qui, — dans les pressentiments de son âme, ne prévoie ta chute. —Si j'avais été aussi prodigue de ma présence, — si je m'étais ainsi prostitué à la vue des hommes, — si je m'étais ainsi usé et avih dans une vulgaire compagnie, - l'opinion, qui m'a poussé au trône, — serait restée fidèle au maître d'alors, — et m'aurait abandonné à un exil obscur, — comme un homme sans éclat et

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