‹ Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 138 sur 325 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

LE PRINCE HENRY

Pour voler de la crème? je le crois en effet; car à force d'en voler tu es devenu beurre. Mais dis-moi, Jack, à qui sont ces hommes qui viennent derrière nous?

FÂLSTAFF.

A moi, Henry, à moi.

LE' PRINCE HENRY

Je n'ai jamais vu d'aussi pitoyables gueux.

FALSTAFF

Bah! bah ! c'est assez bon pour la pointe d'une pique : chair à canon, chair à canon! Ils rempliront un trou aussi bien que des meilleurs. Eh ! mon cher, des hommes mortels! des hommes mortels!

^VESTMORELÂND.

Oui, mais, sir John, il me semble qu'ils sont pauvres et étiques à l'excès ; ils sont par trop misérables.

FALSTAFF

Ma foi, pour leur pauvreté, je ne sais oh ils l'ont prise ; et pour leur étisie, je suis sûr qu'ils ne la tiennent pas de moi.

Non, j'en jurerais; à moins que vous n'appehez étisie trois doigts de graisse sur les côtes. Mais dépêchons-nous, l'ami : Percy est déjà dans la plaine.

FALSTAFF

Comment! le roi est-il déjà campe?

WESTMORELAND

Oui, sir John; je crains que nous ne nous attardions.

FALSTAFF

Au fait, —un combat finissant, un repas commençant vont, l'un, au soldat mou, l'autre, au convive ardent.

Ils s'éloignent.

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