‹ Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 163 sur 325 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

Voici le comte qui vient.

Entre Northumberland.

NORTHUMBERLÂND.

— Quelles nouvelles, lord Bardolphe? Chaque instant aujourd'hui — doit être le père d'un événement. — Les temps sont violents ; la discorde, comme un cheval — repu d'une nourriture trop riche, s'est follement emportée, — et renverse tout devant elle.

LORD BÂRDOLPHE.

Noble comte, — je vous apporte des nouvelles certaines de Shrewsburj!

NORTHUMBERLAND

— Dieu veuille qu'elles soient bonnes !

LORD BARDOLPHE.

Aussi bonnes que le cœur peut les souhaiter, —.Le roi est blessé presque mortellement ; — dans le triomphe de milord votre fils, ~ le prince Henry a été tué raide ; les deux Blunt - ont péri de la main de Douglas ; le jeune prince John, — et Westmoreland, et Stafford ont fui le champ de bataille ; — le poltron sir John, le porc de Henry Monmouth, — est prisonnier de votre fils. Jamais journée

— aussi disputée, aussisoutenue, aussi brillammentgagnée,

— n'est venue ennoblir les temps, — depuis les succès de César.

NORTHUMBERLAND

D'où tenez-vous tout ceci ? — Est-ce que vous avez vu le champ de bataille? Est-ce que vous venez de Shrewsbury?

— J'ai parlé, milord, à quelqu'un qui en venait, — un gentilhomme bien né et de bonne renommée, — qui m'a spontanément donné ces nouvelles pour vraies.

NORTHUMBERLAND

— Voici mon serviteur Travers que j'ai envoyé — mardi dernier à la recherche des nouvelles.

LORD BARDOLPHE.

— Milord, je l'ai devancé en chemin ; — il ne sait rien de certain — que ce qu'il peut avoir appris de moi.

Entre Travers.

NORTHUMBERLAND

— Eh bien, Travers, quelles bonnes nouvelles arrivent avec vous?

TRAVERS

— Milord, sir John Umfreville m'a fait rebrousser chemin — avec de joyeuses nouvelles ; et, étant mieux monté que moi, — il m'a devancé. Après lui est arrivé, à franc étrier, — un gentilhomme presque épuisé de fatigue, — qui s'est arrêté près de moi pour laisser respirer son cheval ensanglanté : — il m'a demandé le chemin de Chester , et je lui — ai demandé des nouvelles de Shrewsbury. — Il m'a dit que la rébellion avait eu mauvaise chance, — et que l'éperon du jeune Harry Percy était refroidi. — Sur ce, il a lâché la bride à son cheval agile, — et, se penchant en avant, il a enfoncé le fer de ses talons — jusqu'à la mollette dans les flancs haletants — de la pauvre bête : et, partant ainsi — sans attendre d'autres questions , — il semblait dans son élan dévorer le chemin.

NORTHUMBERLAND

Hein ? Répète I — Il t'a dit que l'éperon du jeune Harry Percy était refroidi ? — que l'ardent Hotspur était froid ? que la rébellion — avait eu mauvaise chance?

Milord, écoutez, — si mon jeune lord, votre fils, n'a pas la victoire, — sur mon honneur, je suis prêt à donner

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