SCÈNE m
bler de toute sa puissance, — c'est ce qui n'est pas à craindre.
HÂSTINGS.
S'il le fait, —il laisse ses derrières sans défense, les Français et les Gallois — aboyant à ses talons. Ne craignez rien.
— Qui doit, selon toute apparence, diriger ses forces contre nous ?
HASTINGS
— Le duc de Lancastre et Westmoreland. — Lui-même et Harry Monmouth marchent contre les Gallois. — Mais quel est le lieutenant qu'il oppose aux Français, — c'est ce qu'aucun renseignement certain ne m'a appris.
l'archevêque.
En avant ! — Et publions les motifs de notre prise d'armes. — Le peuple est malade de son propre choix : — sa trop avide affection s'est écœurée. — Il a une demeure vertigineuse et mobile, — celui qui bâtit sur le cœur de la multitude. — 0 peuple stupide, quelles bruyantes acclamations — tu jetais au ciel en bénissant Bolingbroke, — alors qu'il n'était pas encore ce que tu voulais qu'il fût ! — Et maintenant que tu es servi à souhait, — monstrueux mangeur, tu es tellement rassassié de lui — que tu t'efforces de le rendre. — Ainsi, ainsi, chien immonde, tu as recraché — de ton estomac glouton le royal Richard; — et maintenant tu as faim du mort que tu as vomi, — et tu l'appelles de tes hurlements. A qui se fier do notre temps? — Ceux qui, du vivant de Richard, voulaient sa mort, — sont maintenant énamourés de son tombeau. — Toi, qui jetais de la poussière sur sa tète auguste, - alors qu'à travers Londres en fête il avançait en soupirant — sur les pas admirés de Bolingbroke, — tu t'écries maintenant : 0 terre ! rends-nous ce roi-là —et reprends celui-ci ! 0 imagination des hommes
maudits ! - Le passé et l'avenir semblent toujours préférables ; le présent, toujours pire (58).
MOWBRAY
— Irons-nous réunir nos troupes pour entrer en campagne?
HASTINGS
— Nous sommes les sujets du moment, et In moment nous presse de partir.
Ils sortent.