SCENE IV
FALSTAFF
C'est dit, ayons-la.
Sortent l'hôtesse, Bardolphe, les exempts et le page. LE GRAND JUGE.
J'ai OUÏ de meilleures nouvelles.
FALSTAFF
Quelles sont les nouvelles, mon cher lord?
LE GRAND JUGE, àGower,
Où le roi a-t-il couché cette nuit?
GOWER
A Basingstoke, milord.
FALSTAFF
J'espère, milord, que tout va bien... Quelles sont les nouvelles, milord?
LE GRAND JUGE, à Gower, sans regarder Falstaff.
Est-ce que toutes ses forces reviennent?
GOWER
— Non; quinze cents hommes d'infanterie et cinq cents chevaux — vont rallier milord de Lancastre— pour marcher contre Northumberland et l'archevêque. —
FALSTAFF, au grand juge.
Est-ce que le roi revient du pays de Galles, mon noble lord?
LE GRAND JUGE, sans regarder Falstaff. Vous aurez une lettre de moi tout à l'heure; allons, venez avec moi, cher maître Gower.
FALSTAFF
Milord !
LE GRAND JUGE
Qu'y a-t-il?
FALSTAFF, sans regarder le juge*
Maître Gower, vous inviterai-je à dîner ?
GOWER
Je suis ici aux ordres de milord ; je vous remercie, bon sir John.
LE GRAND JUGE
Sir John, vous flânez ici trop longtemps, ayant à recruter des soldats dans les comtés que vous traverserez.
FALSTAFF , sans regarder le juge .
Voulez-vous souper avec moi, maître Gower?
LE GRAND JUGE
Quel est donc le maître sot qui vous a enseigné ces manières-là, sir John?
FALSTAFF, toujours sans regarder le juge.
Maître Gower, si elles ne me vont pas, c'est un sot qui me les a apprises... C'est la grâce même de l'escrime, milord : coup pour coup ; partant, quitte.
LE GRAND JUGE
Que le Seigneur t'éclaire ! tu es un grand sot.
Ils sortent.