‹ Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 180 sur 325 · XI · texte numérisé non relu

XI

l'hôtesse.

Par la terre céleste où je marche, je serais forcée de mettre en gage et mon argenterie et les tapisseries de mes salles à manger.

FALSTAFF

Des verres, des verres, c'est tout ce qu'il faut pour boire ; et quant à tes murs, une gentille petite drôlerie, comme l'histoire de l'Enfant prodigue, ou la Chasse allemande, peinte à la détrempe, vaut mille fois mieux que tous ces rideaux de lit et ces tapisseries mangées des mouches. Qu'il y ait dix livres, si tu peux. Allons ! n'étaient tes humeurs, il n'y aurait pas de meilleure fille que toi en Angleterre. Va, lave-toi le visage, et retire ta plainte. Allons, il ne faut plus être avec moi de cette humeur-là. Est-ce que tu ne me connais pas? Allons, allons, je sais qu'on t'a poussée à ça.

Je t'en prie, sir John, que vingt nobles suffisent! En vérité, je serais forcée d'engager mon argenterie, sérieusement, là.

FALSTAFF

Renonçons-y; je me retournerai autrement : vous serez toujours une sotte.

l'hotesse.

Eh bien, vous aurez la somme, quand je devrais mettre ma robe en gage. J'espère que vous viendrez souper ; vous me payerez tout ensemble ?

FALSTAFF

Vivrai-je?

A Bardolphe.

Va avec elle, va avec elle; amorce, amorce.

l'hotesse.

Voulez-vous que Dorothée Troue-Drap soupe avec vous ?

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