‹ Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 252 sur 325 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Nous sommes prêts à suivre Votre Grâce.

Sangdieu! me suivre! nous partirons tous ensemble; je vous le déclare, mes maîtres, nous sommes tous camarades, et si le roi mon père était mort, nous serions tous rois. Sur ce, en route.

NED

Sangdieu ! bien parlé, Harry.

Tous soldent.

(38) La taverne de la Hure, dans East-Cheap, que la tradition désigne comme le théâtre des exploits bachiques de Falstaff et de sa bande, fut détruite par le grand incendie de 1666. Il ne reste de cet édifice célèbre qu'une enseigne de pierre sculptée vers 1568 et représentant une tête de sanglier dans un cercle formé de deux défenses. Celte précieuse relique est conservée dans le musée de l'hôlel-de-ville de Londres.

(39) « Le bâtard était une espèce de vin doux. Le prince, voyant que le garçon est incapable de lui donner la réplique, le mystifie par un verbiage incohérent et le renvoie. » — Johnson.

(40) Rivo était un cri de buveur, répondant à l'exclamation antique : Evohé!

(41) « Kendal, dans le Weslmoreland, est un lieu fameux pour la fabrication et la teinture des draps. Le kendal vert était la livrée des gens de Robert, comte de Hunlingdon, quand il menait la vie de bandit, sous le nom de Robin Hood. » — Steevens.

(42) C'était une superstition, fort répandue au moyen âge, que le lion, en sa qualité de roi des animaux, respectait toute

personne de sang royal. « Palmerin, étant dans l'antre des lions, ferma la porte sur lui et, avec son épée tirée et son manteau roulé autour de son bras, s'avança pour voir comment les bêtes agiraient avec lui. Les lions, l'ayant entouré et ayant senti ses habits, ne voulurent pas le loucher, mais (reconnaissant en lui le sang royal) s'étendirent à ses pieds et les léchèrent, » — Palmerin d'Oliva, part. II, chap. v.

(43) Raillerie à l'adresse d'une vieille pièce intitulée : Une lamentable tragédie, -pleine de gaîté plaisante, contenant la vie de Cambyse, roi de Perse, par Thomas Preston [1570].

(44) « D'étranges prodiges arrivèrent à la naissance de cet homme (Glendower); car dans la même nuit où il naquit, tous les chevaux des écuries de son père furent trouvés baignés dans le sang jusqu'au poitrail. » — Holinshed.

Le Gallois Owen Glendower, qui prétendait descendre de l'ancienne dynastie bretonne, avait été élevé à Londres dès son enfance et avait même été attaché comme avocat au barreau de Middle Temple. Devenu écuyer de Richard II, il resta fidèle à la cause du roi déchu jusqu'à sa captivité. Apres l'avènement de Henry IV, il souleva contre l'usurpateur son pays natal, et l'érigea en État indépendant. En 1402, il fut couronné prince de Galles et reconnu par Charles VI en cette qualité. Pendant douze années, il lutta contre les armées de Henry IV avec un succès qui fut attribué à la magie. Il mourut en 1415,

(45) « Ce partage (le partage de l'Angleterre entre Mortimer, Glendower etPercy) fut conclu, assure-t-on, en exécution d'une vaine prophétie d'après laquelle le roy Henry était la taupe, maudite de la propre bouche de Dieu, et ses trois alliés étaient le dragon, le lion et le loup, qui devaient se partager le royaume. » — Holinshed.

(46) Finsbury, près de Moorgate, était au xvi® siècle la promenade favorite des bourgeois de Londres.

(47) Dame Partiel est le nom de la poule dans la traduction anglaise du vieux roman du Renard.

(48) La pucelle Marianne, qui figurait dans les farces populaires comme l'amante de Robin Hood, était généralement représentée par un homme.

(49) « On rapporte comme une vérité que, quand le roi avait condescendu à tout ce qu'on lui demandait de raisonnable et semblait s'être humilié plus qu'il ne convenait à sa dignité, le comte de Worcesler, revenu près de son neveu, lui fit un récit tout à fait contraire à ce que le roi avait dit. » Holinshed.

(50) Le Turc Grégoire, c'est-à-dire le pape Grégoire VII.

« Fox, dans son histoire, avait rendu Grégoire si odieux que les bons protestants de cette époque devaient être charmés, je n'en doute pas, de l'entendre ainsi qualifier, comme unissant les attributs de leurs deux grands ennemis, le Turc et le pape. » — Warburton.

(51) « Le prince de Galles, en cette journée, aida son père comme un jeune et vaillant gentilhomme; car, bien qu'il eût été blessé au visage par une flèche, à ce point que divers nobles qui l'entouraient voulaient l'emmener hors du champ de bataille, pourtant il ne voulut pas les laisser faire, de peur que son départ ne frappât de frayeur les cœurs de ses hommes; et ainsi, sans souci de sa blessure, il demeura avec ses hommes, et ne cessa de combattre au plus chaud de la mêlée, ni d'encourager ses hommes au moment le plus urgent. Cette bataille dura trois longues heures, sans que la fortune penchât d'aucun côté. Enfin le roi, criant : Saint Georges ! victoire ! brisa la ligne de ses ennemis et s'aventura si loin que (selon quelques écrivains) le comte Douglas le renversa et, au même instant, tua si Walter Blunt et trois autres, habillés et armés comme le roi, disant : « Je m'étonne de voir tant de rois se succéder si soudainement. » Le roi fut relevé effectivement et accomplit ce jour-là maints nobles

faits d'armes, car il est écrit qu'il tua de sa propre main trente-six de ses ennemis. » — Holinshed.

(52) « Les quatorze vers qui précèdent ne se trouvent que dans l'édition in-folio de 1623. Un grand nombre d'autres vers de cette pièce ont été insérés de même après la première édition, mais l'inspiration en est généralement si magistrale qu'ils ont été évidemment ajoutés par Shakespeare lui-même. » — Pope.

(53) « Les vingt-un vers qui suivent ne se trouvent pas dans rin-4° de 1600, soit que le transcripteur ou le compositeur ait commis une inadvertance, soit que l'imprimeur n'ait pu se procurer une copie parfaite. Ils ont paru pour la première fois dans l'in-folio de 1623 ; mais il est manifeste qu'ils ont été écrits en même temps que le reste de la pièce, puisque la réponse subséquente de Northumberland leur est appliquée. » — Malone.

(54) La nef de la cathédrale de Saint-Paul était alors la promenade favorite des flâneurs de Londres.

(55) Ce magistrat n'est autre que sir William Gascoygne, lord grand-juge du banc du roi, qui, selon la tradition, aurait été souffleté par le prince de Galles sur le siège même du tribunal. «Un jour, dit Holinshed, le prince frappa le grand-juge au visage avec son poing, parce que celui-ci avait emprisonné un de ses compagnons; et pour ce fait, non-seulement il fut envoyé immédiatement en prison par ledit grand-juge, mais il fut renvoyé par son père du conseil privé et banni de la cour.» Cet incident légendaire forme le principal coup de théâtre delà vieille pièce anonyme intitulée : Les fameuses victoires de Henry V. Voici la scène à laquelle il donne lieu :

LE LORD GnA>'D JUGE siége sur son tribunal. Le voleur Cutbert Gurter est amené à la barre pour être interrogé.

Entre le jeune prince avec ned et tom. HENRY V.

Avancez, mes enfants. (Au voleur:) Tudiea! coquin, que faites-vous

ici? U faut que j'aille à la besogne moi-même, tandis que vous êtes ici à flâner !

LE VOLEUR

Mais, milord, ils m'ont garrotté et ils ne veulent pas me lâcher.

Ils t'ont garroUé, coquin I (Au grand juge.) Eh bien, comment va, milord?

LE JUGE

Je suis aise de voir Votre Grâce en bonne santé.

Eh bien, milord, cet homme est à moi. Je m'étonne que vous ne l'ayez pas connu longtemps auparavant. Je puis vous assurer que cet homme-là sait se servir de ses mains.

LE VOLEUR

Jarnidieu, oui. Me mette à l'épreuve qui l'ose!

LE JUGE

Votre Grâce se fera peu d'honneur en reconnaissant cet homme comme étant à elle.

Bahl milord, qu'a-t-il donc fait?

LE JUGE

Sous le bon plaisir de Votre Majesté, il a volé un pauvre voiturier.

Sur ma parole, milord, il ne l'a fait que pour rire. LE JUGE.

Vraiment, seigneur, est-ce l'état de votre homme de voler les gens pour rire? Sur ma parole il sera pendu tout de bon.

Eh bien, milord, que prétendez-vous faire de mon homme?

LE JUGE

N'en déplaise à Votre Grâce, la loi doit lui être appliquée, conformément à la justice : il faut qu'il soit exécuté. HENRY V.

Encore une fois, milord, que prétendez-vous faire de lui?

LE JUGE

N'en déplaise à Votre Grâce, conformément à la loi et à la justice, il faut qu'il soit pendu.

Ainsi, il paraît que vous prétendez pendre mon homme.

LE JUGE

Je suis fâché que teUe doive être la conclusion.

Ça, inilord, qai sois-je, je vous prie?

LE JUGE

Souslel)on plaisir de Votre Grâce, vous êtes milord le jeune princo destiné à être roi après le décès de notre souverain seigneur, le roi Henry quatrième, que Dieu fasse longtemps régner !

Vous dites vrai, milord, et vous voulez pendre mon homme?

LE JUGE

N'en déplaise à Votre Grâce, je dois faire justice.

HENRY y.

Dites-moi, milord, me laisserez-vous reprendre mon homme?

LE JUGE

Je ne puis, milord.

Vous ne voulez pas le laisser aller?

LE JUGE

Je suis fâché que son cas soit si grave. HENRY V.

lîah! ne me casez pas de cas I Me laisserez-vous le reprendre?

LE JUGE

Je ne le puis ni ne le dois, milord.

Dites oui, et votre réponse me ferme la bouche.

LE JUGE

Non.

Non! eh bien, je veux le ravoir.

Il donne un soufflet au juge.

NED

Corne et tonnerre! milord, lui ferai-je sauter la lête?

Non, je vous défends de tirer l'épée. Décampez, et procurez-vous un orchestre de musiciens. En route, partez !

Les voleurs, Tom et Ned sortent.

LE JUGE

Soit, milord! je me résigne à accepter cela de vous.j

Si vous n'êtes pas satisfait, vous en aurez davantage.

LE JUGE

Çà, je vous en prie, milord, qui suis-je?

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