OXFORD
Sous le bon plaisir de Votre Grâce, voici railord le jeune prince avec la couronne.
Eh bien, mon fils, je croyais, la dernière fois que je vous ai admonesté, vous avoir donné une leçon suffisante, et voilà que vous recommencez! Ahl dis-moi, mon fil.^, tiouves-tu le temps si long que tu veuilles avoir la couronne avant que le souffle se soit exhalé de mes lèvres ?
Très-souverain seigneur et bien-aimé père, je suis entré dans votre chambre pour réconforter votre âme mélancolique ; j'ai cru alors. Dieu m'est témoin, que vous ne pouviez en revenir et que vous étiez mort. Que pouvais-je faire, sinon me lamenter avec larmes sur votre mort, ô mon père ? Et sur ce, voyant la couronne, je l'ai prise. Et, dites-moi, mon père, qui mieux que moi pourrait la prendre après votre mort? Mais puisque je vous retrouve vivant, je la remets très-humblement aux mains de Votre Majesté; et je suis le plus heureux des hommes que mon père vive! Et vive à jamais mon seigneur et père!
HENRY lY, Relève-toi, mon fils, ta réponse sonne bien à mon oreille. Car je dois confesser que j'étais dans un profond sommeil et tout à fait inconscient de ta venue. Mais approche, mon fils, et je vais de mon vivant te mettre en possession de la couronne, afin que nul ne t'en prive après ma mort.
Je puis bien l'accepter des mains de Votre Majesté; mais elle ne touchera jamais ma tête, tant que mon père sera vivant.
Il prend la couronne.
Dieu te maintienne en joie, mon fils ! Dieu te bénisse et te fasse son serviteur, et t'accorde un règne prospère ! Car Dieu sait, mon fils, avec quelle difficulté j'ai obtenu la couronne, avec quelle difficulté je l'ai conservée.
Peu m'importe de quelle manière vous l'avez obtenue. C'est de vous que je la tiens, et de vous je veux la garder. Que celui qui voudrait l'ôter de ma tête ait soin d'avoir une armure plus épaisse que la mienne;
sinon je lai percerai le cœur, fut-il plus dur que le cuivre ou le bronze.
Noble langage et digne d'un roi! ahl croyez-moi, milords, mon fils sera, j'en ai peur, le prince le plus martial et le plus victorieux qui lit jamais régné sur l'Angleterre.