SCÈNE YI. 12t
mettre en lieu sûr.. . Allez rassembler vos hommes, — et rejoignez-moi immédiatement au château de Berkley. — Je devrais également aller à Plashy, — mais le temps ne me le permet pas. Tout est bouleversé ; — tout est livré à la confusion.
Sortent York et la Reine.
BUSHY
— Le vent est bon pour porter les nouvelles en Irlande ; — mais aucune n'en revient. Lever des forces - proportionnées à celles de l'ennemi, - c'est pour nous tout à fait impossible.
GREEN
— En outre, notre dévouement au roi — nous dévoue à la haine de ceux qui n'aiment pas le roi,
BAGOT
— C'est-à-dire du peuple capricieux : car son amour — est dans sa bourse : et quiconque la vide — lui remplit le cœur d'une mortelle haine.
BUSHY
— Ainsi le roi est généralement condamné.
BAGOT
— Si le jugement dépend du peuple, nous le sommes également, - ayant toujours élé dévoués au roi.
GREEN
— Eh bien, je vais me réfugier sur-le-champ au château de Bristol : — le comte de Willshire y est déjà.
BUSHY
— J'irai avec vous : car le plus léger service — que le peuple hostile puisse nous rendre, — c'est de nous mettre tous en pièces, le chien! — Voulez -vous venir avec nous?
BAGOT
— Non, je vais en Irlande près de Sa Majesté. — Adieu. Si les présages de mon cœur ne sont pas vains, — nous
nous séparons ici tous trois pour ne jamais nous retrouver.
BUSHY
— Tout dépend de la tentative d'York pour repousser Bolingbroke.
GREEN
— Hélas! pauvre duc! la tâche qu'il entreprend, — c'est de compter les sables de la plage, c'est de boire l'Océan! — Pour un qui combattra de son côté, mille déserteront.
BUSHY
— Adieu, encore une fois ! une fois pour toutes, et pour toujours !
GREEN
— Eh bien, nous nous retrouverons peut-être.
BAGOT
Jamais, je le crains.
Ils sortent.