PREMIER SERVITEUR
— Gomment! vous croyez donc que le roi sera déposé?
LE JARDINIER
— 11 est déjà dominé; et il est fort probable — qu'il sera déposé... Des lettres sont parvenues la nuit dernière — à un ami cher de ce bon duc d'York, — qui annoncent de sombres nouvelles.
LA REINE, sortant de sa cachette.
Oh îj'étouffe! -ilfautquejeparle...Vieuxspectred'Adarn,
— toi dont l'état est de cultiver ce jardin, comment oses-tu
— de ta voix rauque balbutier cette sinistre nouvelle? — Quelle Eve, quel serpent t'a insinué — de répéter ainsi la chute de l'homme maudit? — Pourquoi dis- tu que Richard est déposé? — Être chétif, à peine au dessus de la terre, tu oses — présager la chute du roi ! Dis-moi oii, quand etcom^ ment — tu as su cette funeste nouvelle? Parle, misérable.
LE JARDINIER
— Pardonnez-moi, madame. J'ai peu de joie — à murmurer celte nouvelle; mais ce que je dis est vrai. — Le roi Richard est dans la puissantemain — deBohngbroke. Leurs deux fortunes sont pesées ; — dans le plateau de votre seigneur il n'y a que lui-même, — et quelques rares vanités qui le rendent encore plus léger ; — mais dans le bassin du grand Boling-