SCÈNE XV
billet qu'il aura souscrit — pour quelque brillant costume à porter le jour des fêtes.
YORK
— Un billet à son ordre ! qu'aurait-il besoin d'un billet — souscrit envers lui-même? Femme, tu es folle... — Garçon, fais-moi voir cet écrit.
ÂUMERLE.
— Je vous en supplie, excusez-moi; je ne puis le montrer.
YORK
— Je veux être édifié; fais-le-moi voir, te dis-je.
Il arrache l'écrit de la poitrine d'Aumerle et lit.
— Trahison ! infâme trahison ! . . . scélérat ! traître ! misérable !
LA DUCHESSE
— Qu'y a-t-il, milord?
YORK
— Holà ! quelqu'un !
Entre un Valet.
Sellez mon cheval. ~ Miséricorde divine! quel guetapens !
LA DUCHESSE
— Voyons, qu'est-ce, milord?
YORK
— Donnez-moi mes bottes, vous dis-je ! sellez mon cheval ! — Ah ! sur mon honneur, sur ma vie, sur ma foi, — je dénoncerai le scélérat !
Le valet sort.
LA DUCHESSE
De quoi s'agit-il?
YORK
— Paix, femme stupide !
LA DUCHESSE
— Je ne veux pas rester en paix... De quoi s'agit-il, mon fils? .
AUMERLE
— Soyez calme, bonne mère ; il n'y va- que de ma vie.
LA DUCHESSE. -
De ta vie !
YORK
— Apportez-moi mes bottes, je vais trouver le roi.
. Le valet revient avec les bottes da duc. LA DUCHESSE, montrant le valet.
— Chasse-le, Aumerle... Pauvre enfant, tu es consterné.
Au valet.
— Hors d'ici, scélérat! ne reparais jamais devant moi.
YORK, au valet.
— Donne-moi mes bottes, te dis-je.
LA DUCHESSE
— Ah! York, que vas-tu faire?— Tu ne veux pas cacher la faute de ton enfant ! —AvOns-nous d'autres fils? Est-il vraisemblable que nous en ayons d'autres ? — Est-ce que le temps n'a pas tari en moi la fécondité? — Et tu veux enlever mon bel enfant à ma vieillesse, — et me dérober l'heureux nom de mère I — Ne te ressemble-t-il pas? N'est-il pas à toi?
YORK
— Femme niaise et folle, — tu veux cacher une conspiration si noire ! — Ils sont douze qui ont fait vœu, —en vertu d'un engagement mutuel, — de tuer le roi à Oxford.
LA DUCHESSE
Il n'en sera pas. — Nous le garderons ici : alors qu'y pourra-t-il?
— Arrière, radoteuse ! fût-il vingt fois mon fils, — je le dénoncerais.