SCENE XVI
[Dans le château de Windsor.]
Entrent BOLiNGBROKE en costume royal, Percy et d'autres lords.
BOLINGBROKE
— Personne ne peut-il me donner des nouvelles de mon enfant prodigue? — Voilà trois mois entiers que je ne l'ai vu. — S'il est un fléau qui nous menace, c'estlui.— Dieu veuille, milords, qu'on puisse le trouver! — Faiteschercher àLondres, dans les tavernes; — car on dit qu'il les fréquente journellement — avec des compagnons dévergondés et dépravés, — de ces gens, dit-on, qui se tiennent dans les ruelles étroites, battent — notre guet et dévalisent les passants, - Et lui, ce
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jeune gars libertin et efféminé, — se fait un point d'honneur de soutenir — cette bande dissolue! (22)
PERCY
— Milord, j'ai vu le prince il y a deux jours, — et je lui ai parlé des carrousels qui se donnent à Oxford.
BOLINGBROKE
— Et qu'a dit le galant ?
PERGY.
— Il a répondu qu'il irait dans un lupanar — prendre le gant de la créature la plus publique, — qu'il le porterait comme une faveur, et qu'avec cela — il désarçonnerait le plus robuste jouteur.
BOLINGBROKE
— Désespérément dissolu ! . . . Pourtant à travers ses vices — j'aperçois quelques étincelles d'espoir — que l'âge peut faire jaillir avec éclat. — Mais qui vient ici?
AuMERLE entre tout effaré.
AUMERLE
Oii est le roi ?
BOLINGBROKE
Que veut — notre cousin, avec ce regard et cet air effaré?
AUMERLE
— Dieu garde Votre Grâce ! Je supplie Votre Majesté — de permettre pour un moment que je m'entretienne seul
. avec elle.
BOLINGBROKE, aux lords.
— Retirez-vous et laissez-nous seuls.
Percy et les lords se retirent.
AUMERLE, se jetant aux pieds de Bolingbroke.
— Puissent mes genoux prendre à jamais racine en terre, — puisse ma langue être rivée dans ma bouche à mon palais, — si je me relève ou parle avant que vous pardonniez.