SCÈNE XVI
— Bonne tante, relevez-vous.
LA. DUCHESSE
Je ne demande pas à me relever. — L'unique grâce que je sollicite, c'est un pardon.
BOLINGBROKE
— Je lui pardonne comme Dieu me pardonnera.
LA DUCHESSE
— 0 heureux triomphe d'un genou ployé!— Pourtant, je ne suis pas guérie de ma frayeur : redis encore cela. — • Répéter un pardon, ce n'est pas doubler le pardon, — c'est seulement le confirmer.
BOLINGBROKE
— De tout mon cœur je lui pardonne.
LA DUCHESSE
Tu es un dieu sur la terre.
BOLINGBROKE
— Quant à notre loyal beau-frère (24), et à cet abbé, — et au reste de cette clique de conjurés, —la destruction va leur aboyer aux talons. —Bon oncle, faites envoyer des troupes — à Oxford et partout oii se trouveront ces traîtres. — Je jure qu'ils ne vivront pas longtemps en ce monde, — sans que je les attrape, si une fois je sais oii ils sont. — Mon oncle, adieu... Adieu, cousin. —Voire mère a heureusement prié pour vous; soyez désormais fidèle.
LA DUCHESSE
— Viens, mon fils, viens, vieux pécheur ; que Dieu fasse de toi un homme nouveau.
Ils sortent (25).