‹ Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 95 sur 325 · SECOND VOITURIER · texte numérisé non relu

SECOND VOITURIER

Les pois et les fèves sont humides ici comme le chien, et il y a de quoi donner les vers à ces pauvres bêtes. Celte maison-ci est sens dessus dessous, depuis que Robin le palefrenier est mort.

PREMIER VOITURIER

Pauvre garçon ! Il n'a pas eu un bon moment depuis que le prix des avoines a monté : c'a été sa mort.

DEUXIÈME VOITURIER

Je crois que sur toute la route de Londres voici bien la maison la plus odieuse pour les puces. Je suis marqueté comme une tanche.

PREMIER VOITURIER

Comme une tanche ! Par la messe, jariiais roi de la chrétienté n'a été mieux mordu que je ne l'ai été depuis le premier chant du coq.

DEUXÉME VOITURIER.

Eh ! ils ne vous donnent jamais de pot de chambre, et alors vous faites eau dans la cheminée ; et votre urine engendre les puces comme des loches.

PREMIER VOITURIER

Holà, palefrenier! arrive donc, pendard, arrive donc!

DEUXIÈME VOITURIER

J'ai un jambon et deux racines de gingembre à porter jusqu'à Charing-Cross.

PREMIER VOITURIER

Cordieu! les dindons meurent de faim dans mon panier... Holà, palefrenier! La peste t' étouffe! As-tu pas d'yeux dans ta tête? Est-ce que tu n'entends pas? Si l'on n'est pas en droit de te fendre la caboche comme de boire un coup, je suis un franc coquin... Arrive donc, pendard!.. Est-ce que lu n'as pas de conscience?

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