‹ Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 98 sur 325 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

[Une route aux environs de GadshiH.]

Il fait nuit. Entrent le prince Henry et PoiNs.

POINS

Allons, à l'affût! à l'affût! J'ai éloigné le cheval de Falstaff, et il est crispé de rage comme du velours gommé.

Range-toi.

LE PRINCE HENRY

Entre Falstaff.

FALSTÂIF.

Poins ! Poins ! le pendard ! Poins !

]JE PRINCE HENRY

Silence, mauvais foie gras ! quel tapage tu fais là !

FALSTAFF

Où est Foins, Hal?

LE PRINCE HENRY

Il est monté au haut de la colline ; je vais le chercher.

Il fait semblant de s'en aller.

Je suis maudit pour toujours voler en compagnie de ce filou-là. Le drôle a emmené mon cheval, et l'a attaché je ne sais où. Pour peu que je marche quatre pieds carrés plus loin, j'aurai la respiration coupée... Dame, après tout, je ne doute pas de mourir de ma belle mort, si j'échappe à la hart pour avoir tué ce coquin-là. Voilà vingt-deux ans que je jure à toute heure, à tout moment, de renoncer à la compagnie du coquin, et pourtant j'en suis ensorcelé. Si le drôle ne m'a pas donné des drogues pour me forcer à l'aimer, je veux être pendu ; c'est inexplicable autrement : j'ai bu des drogues. . . Poins ! Hal ! la peste de vous deux ! . . . Bardolphe ! Peto! que je meure de faim, si je vais voler un pas plus loin! S'il n'est pas vrai qu'il vaudrait autant devenir honnête homme et quitter ces drôles que boire un coup, je suis le plus franc maraud qui ait jamais mâché avec une dent. A pied, huit verges de terrain inégal, c'est pour moi soixante-dix milles; et ces chenapans au cœur de pierre ne le savent que trop bien. Peste soit du métier, quand les bandits ne sont pas honnêtes les uns envers les autres !

On siffle.

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