‹ Œuvres complètes du cardinal B. PaccaChapitre 135 sur 142 · QUATRIÈME PARTIE. — DOCUMENTS · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. — DOCUMENTS

les Etats de ces derniers ? Depuis trop longtemps, hélas ! l'Eglise universelle n'entend même plus la voix de son premier pasteur î

Nous réclamons donc pour le Saint-Siège la restitution, non de notre propre patrimoine, mais de celui de saint Pierre, Dieu ne l'ayant accordé au chef de son Eglise , de l'aveu même des écrivains les moins favorables au Saint-Siège, qu*afin qu'il puisse exercer librement, parmi les nations souvent ennemies ou rivales, le céleste pouvoir de gouverner les âmes, et conserver ainsi parmi les fidèles l'unité catholique.

Nous ne sommes mû ni par le désir de régner, ni par l'amour des richesses. Les devoirs les plus sacrés envers Dieu, envers l'Eglise, envers nos peuples, les serments solennels que nous avons faits, lors de notre exaltation au suprême pontificat, de conserver, de défendre et de revendiquer les droits et les possessions du Saint-Siège ; voilà ce qui nous a imposé le devoir impérieux de faire entendre ces réclamations.

Nous nous serions empressé , dans ces circonstances , d'envoyer un représentant à Prague, pour défendre nos droits au congrès; mais telle est notre situation que nous ne sommes pas même sûr que cette lettre parvienne à V. M. Si elle la reçoit cependant, nous la prions, en sa qualité de médiateur de la paix, d'obtenir qu'il nous soit permis, à nous aussi, de nous faire représenter; mais pourquoi ne la prierions-nous pas de servir, de défendre elle-même notre cause, qui, dans cette circonstance, nous le répétons, est celle de la religion ?

Plein de cette douce confiance que nous inspirent le caractère et les sentiments qui distinguent V. M. , nous ne cessons, dans l'amertume de notre cœur et au milieu de nos tribulations, d'adresser à Dieu les vœux les plus ardents pour la prospérité de V. M. et de toute son auguste famille ; et c'est avec la plus vive affection que nous lui donnons notre paternelle et apostolique bénédiction.

« Fontainebleau, le 24 juillet, l'an de Notre Seigneur 1813, de notre pontificat le quatorzième.

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