‹ Œuvres complètes du cardinal B. PaccaChapitre 2 sur 142 · A SES AMIS · texte numérisé non relu

A SES AMIS

G'est pour vous plaire, mes chers amis, que j'ai livré ces Mémoires à l'impression, malgré mon extrême répugnance à mettre au jour un ouvrage rédigé sans aucun soin, et, comme on dit ordinairement, currente calamo ; car je ne les avais pas écrits pour les publier, mais seulement pour fournir des lumières à quelque habile écrivain qui aurait entrepris de tracer l'histoire du glorieux pontificat de Pie VII, et pour répondre à quelques reproches que pouvaient faire à ma conduite ministérielle les personnes mal instruites de la véritable situation des affaires.

Ce qui me détournait encore de la publication de ces Mémoires, c'est que j'y parle de ma personne et de quelques opérations qui furent généralement applaudies ; or, parler de soi et de ses actions m'a toujours paru une chose aussi sotte que déplaisante.

L'année de mon ministère a pu paraître aux yeux du vulgaire une année funeste à l'Eglise ; mais aux yeux de l'homme éclairé elle sera à jamais une époque glorieuse pour le Saint-Siège et l'immortel Pie VII. Un auteur moderne a dit avec quelque vérité : « La prospérité de « l'Eglise est différente de celle des empires ; les humiliations de l'E- « glise, sa dispersion, la destruction de ses temples, les souffrances « de ses martyrs sont le temps de sa gloire ; et lorsque, aux yeux du a monde, il semble qu'elle triomphe, c'est alors le temps ordinaire de (( son abaissement *. )>

J Montesquieu, Grandeur et Décadence des nomains, chap. XXII.

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