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Oeuvres complètes du comte Xavier de Maistre

Nous avons eu occasion déjà, dans celte série d'écrivains français, d'en introduire plus d'un qui n'était pas né en France, et d'étonner ainsi le lecteur par riotre louange prolongée autour de quelque nom nouveau. Celui-ci, du moins, est bien connu de tous, et il n'y a pas besoin de précaulion pour l'aborder. Le comte Xavier de Maistre n'était jamais venu à Paris avant cet hiver; il n'avait qu'à peine traversé autre-

1. Cette Étude sur le comte Xavier de Maistre a été écrite par M. Sainte- Beuve en 1839, à Toccasion du seul et unique voyage que le comte Xavier fit à Paris. L'auteur des / orlrails conlei/ijioraitts se hâta de sakir au pu» sage la figure de cet lio:r.:ne sensible et de ce talent aimable : c'est um «squisse d'après na'urf..

II NuTICE SUR LE COMTE

fois un petit angle de la France, lorsque, vers 1825, îl revenait de Russie dans sa patrie, en Savoie, et se rendait de Strasbouî-g à Genève, par Besançon. Ayant passé depuis lors de longues années à Naples, su: celte terre de soleil et d'oubli, il ne s'était pas dout^ qu'il devenait, durant ce temps-là, ici, un de nos auteurs les plus connus et les mieux aimés, A son arrivée dans sa vraie patrie littéraire, sa surprise fut grande, comme sa reconnaissance : il s'était cru étranger, et chacun lui parlait de la Sibérienne, du Lépreux, des mêmes vieux amis.

Sans doute (et c'est lui plaire que de le dire) la renommée de son illustre frère est pour beaucoup dans cette espèce de popularité charmante qui s'en détache avec tant de contraste. Les paradoxes éloquents, la >erve étincelante et les magnifiques anathèmes de son glorieux aîné ont provoqué autour de cette haute figure une foule d'admirateurs ou de contradicteurs, une espèce d'émeute passionnée, émerveillée ou révoltée, une quantité de regards enfin, dont a profité tout à côté, sans le savoir, la douce étoile modeste qui le^ reposait des rayons caniculaires de l'astre parfois oiïcnsant. Quelle que fût l'inégalité des deux

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