‹ Œuvres complètes du comte Xavier de MaistreChapitre 2 sur 114 · XAVIER DE MAISTRE. III · texte numérisé non relu

XAVIER DE MAISTRE. III

lumières, l'apparence en était si peu la même, que la plus forte n'a pas éteint l'autre, et n'a servi bien plutôt qu'à la faire ressortir. Heui'euse et pieuse destinée 1 la vocation littéraire du comte Xavier est tout entière soumise à l'ascendant du comte Josepli. 11 écrit par hasard, il lui communique, il lui abandonne son manuscrit, il lui laisse le soin d'en faire ce qu'il jugera à propos ; il se soumet d'avance, et les yeux fermés, à sa décision, à ses censures, et il se trouve un matin avoir acquis, à côté de son frère, une humble gloire tout à fait distincte, qui rejaillit à son tour sur celle même du grand aîné, et qui semble (ô récompense f) en atténuer par un coin l'éclatante rigueur, en lui communiquant quelque chose de son charme. C'a toujours été un rôle embarrassant que d'arriver le cadet d'un grand écrivain et de tout homme célèbre, ou simplement à la mode, qui vous prime, qu'on soit un vicomte de Mirabeau, un Ségur sans cérémonies \ ou Quintus Cicéron, ou le second des Corneille. Pour trancher la difficulté, l'esprit seul ne suffit pas tou-

I. Le vicomte de Ségur, pour se dUtioguer de son frère lorsque celni-«i fut devenu Maître des Gérérnooies sou£ Napoléco, et pour s'eu railler an peu, écrivait volontiers chez »fA amis : Sègur sans cérémonies.

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