XAVIER DE MAISTRE. XVII
plus savoureuse sous cet accent, comme le pain des montagnes sous son goût de sel pu de noix.
Lorsque la Savoie fut réunie à la France, le comte Xavier, qui servait en Piémont, crut devoir renoncer à sa patrie, dont une moitié, dit-il, l'avait elle-même abandonné. Nos guerres en Italie l'en chassèrent. Il émigra en Russie, n'emportant qu'un très-léger bagage littéraire,les premiers chapitres de Y Expédition nocturne peut-être, mais non pas assurément la Prisonnière de Pignerol, ni même le poème en vingt-quatre chants y dont il est question au chapitre xi de {'Expédition, car il n'avait rien écrit de tel et n'en parlait que par plaisanterie. Arrivé dans le Nord, sa première idée fut qu'il n'avait pour ressource que son pinceau, et, comme tant d'honorables émigrés, il se préparait à en vivre ; mais la fortune changea : il put garder Pépée, et, au service de la Russie, il parvint graduellement au rang de général *. Sa destinée avec son cœur acheva de s'y fixer, lorsqu'il eut épousé une personne douée selon l'âme et portant au front le
i. W reçut une blessure grave au bras droit, i un siège eo Géorgie, m léc«iubre tSlO.