‹ Œuvres complètes du comte Xavier de MaistreChapitre 20 sur 114 · XXIV NOTICE SUR LE COMTE · texte numérisé non relu

XXIV NOTICE SUR LE COMTE

quoi lui lau'e dire en termes exprès par manière d'enseiîînement au lecteur : « Tout le secret de ma patience est a:.ns cette unique pensée : Dieu le veut. De ce point obscur et imperceptible où il m'a fixé, je concoui's à sa gloire, puisque fy suis dans l'ordre. Cette réflexion est bien douce 1 elle agit sur moi avec tant d'empire, que je suis porté à croire que cet amour de l'ordre fait partie de notre essence... » Peu s'en fallait, si l'ami s'en était mêlé davantage, que le Lépreux ne fût devenu un Vicaire Savoyard catholique et, non moins que l'autre, éloquent. Ah! laissez, laissez le lecteur conclure sur la simple histoire ; il tirera la moralité lui-même plus sûrement, si on ne la lui afliche pas; laissez-le se dire tout seul à demi voix que ce Lépreux, dans sa résignation si chèrement achetée, est plus réellement heureux peut-être jue bien des heureux du monde ; mais que tout ceci ressorte par une persuasion insensible ; faites, avec le conteur fidèle, que cet humble infortuné nous émeuve et nous élève par son exemple, sans trop se rendre compte à lui-même ni par devant nous.

A cet endroit du dialogue : « Quoi? le sommeil même vous abandonne 1 » le Lépreux, chez M. de

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