XAVIEU DE MAISTRE. XXIII
ajoutés, l'idée seule de rien ajouter est malheureuse Tout ce qu'on a introduit dans cette édition du Lépreux perfectionné se trouve compris, par manière d'indication, entre crochets, absolument comme dans les histoires de l'excellent Tillemont, qui craint tout au contraire de confondre rien de lui (le scrupuleux véridîque) avec la pureté des textes originaux. Or, dans le délicieux récit qu'on gâte, imaginez comment l'intérêt ému circule aisément à travers ces perpétuels crochets. Si j'étais professeur de rhétorique, je voudrais, au chapitre des narrations, comparer, confronter page à page les deux versions du Lépreux, et démontrer presque à chaque fois l'infériorité de fesprit cherché et du raisonnement en peine qui ne parvient qu'à surcharger le naïf et le simple. Les auteurs du Lépreux corrigé ont méconnu l'une des plus précieuses qualités du récit original, qui es dans l'absence de toute réflexion commune ou prétentieuse. Peut-être, lors de la rédaction première, s'était-il glissé quelque réflexion superflue dans ce que. le comte Joseph a conseillé à son frère de raccourcir, et il a bien fait. A quoi bon ces raisonnements dans la bouche de l'humble souffrant? Pour-