‹ Œuvres complètes du poëte anonyme de la PologneChapitre 25 sur 105 · VOIX AÉRIENNES · texte numérisé non relu

VOIX AÉRIENNES

Sur le rocher d(^ Pierre l'Église se construit, jour et niiil!

d'autres volk.

Les siècles sont comme des jours , — jiendanl sept jours elle fut bâtie, et, le huitième, elle a dominé le monde ! d'autres voix.

Parce que la parole vivante, — la sagesse et l'amour, — était en elle, — en elle rEsi)rit-Sainl !

,E l'OKMK inachevé:

LE JEUNE HOMME

OÙ volent ces voix ?

ALIGHEH.

KUes volent devant nou.slîi où nous aussi nous avons liàtc d'arriver. Maintenant, tu peux te relever, l'espace ne manque plus !

LE JEUNE HOMME

J'entends comme le retentissement de beaucoup de pas, comme si des hommes se rassemblaient quelque part làbas, au loin, devant nous.

ALIGHER.

L'oreille ne te trompe pas !

LE JEUNE HOMME

S'il y avait au moins un peu de lumière !

ALIGHER.

(-ompte encore dix pas et arrête !

LE CHŒDR LOINTAIN.

Comme du mouvement de milliers de pensées se dégage la voix de la Providence ; — comme de la foule des désirs (\e la jeunesse surgit une action grande et virile ; — ainsi au-dessus du tourbillon des oppressions et des persécutions, du tumulte des rêveries, des doutes, des hérésies, s'est élevée la puissance de Pi*.'rre. Il est le premier, le plus ancien serviteur parmi les serviteurs du Christ sur la terre !

Sous ses pieds, les couronnes et les fronts des rois, — au berceau et bercées de sa main, les nations-enfants !

Et il grandit de corps, foulant le corps.

Et maintenant! — il s'est enveloppé de pourpre, — il commande en maître, — il a succédé à Rome ! Et voici déjà les gémissements des hommes qui vont porter plainte contre lui. Écoutez donc et regardez, vous qui voulez connaître le présent et pénétrer l'avenir !

LE JEUNE HOMME

Quelle vue ! — c'est effrayant, Aligher !

ALIGHER.

Tel était l'aspect des plaines de Provence aux jours des Albigeois !

LE JEUNE HOMME

Des troupes de corbeaux dans cet air azuré ! — au milieu de ces oliviers, des cadavres, — puis encore des cadavres, — et là-bas, des débris carbonisés, des crânes, des bouffées de fumée!

ALIGHER.

A l'instant, tu apercevras aussi les vivants !

LE JEUNE HOMME

Au fond de ces grottes, il me semble que des cierges ont brillé !

ALIGHER.

C'est ainsi que d'ordinaire marchaient les hérétiques, — c'est ainsi qu'en sortant des entrailles de la terre ils saluaient la lumière du jour !

LE JEUNE HOMME

Quelles figures desséchées, lugubres, — * des capuchons^ — «- des frocs, — des glaives et des poignards ; — ils sont terribles I

Vois leurs cérémonies persécutées, — debout, rangés en demi-cercle, ils se confessent les uns aux autres, — d'autres encore s'imposent les mains et invoquent l'Esprit en silence !

LE JEUNE HOMME

Mais de quel air funèbre , comme si ce devait être pour la dernière fois !

VOIX d'un GUERRIER.

J'échappe d'un grand massacre, — mon cheval tombe

déjà et moi-même je succombe] — Ceux de Rome vous ont cernés ; — avant que le jour finisse votre fin viendra ! Frères, au revoir dans l'autre monde!

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