‹ Œuvres complètes du poëte anonyme de la PologneChapitre 38 sur 105 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

Une salle énorme. Des.lampcs sont suspendues aux murailles et aux voûtes. — Au fond, sur un trône élevé, le Président en toge blanche. — Du côté droit, une tribune fait saillie au mur ; des gradins y conduisent. — Le long des murs, des deux côtés, les Chœurs des Nations, chacune dans ses couleurs. Pancrace, à la tète du chœur polonais. — Aligher. — Le jeune homme.

LE CHŒUR INVISIBLE

Oui introduis-tu dans l'assemblée? N'est-ce pas seulement un coqts sans âme?

ALIGHER.

Un tel corps n'est qu'un bloc inanimé! Ce n'est point là ce que je vous amène.

LE CHŒUR INVISIBLE

Est-ce une àmc sans corps ?

ALIGHEB.

Une âme pareille n'est qu'un souflle, qu'un songe; je ne vous apporte pas de songe, ô mes bien-aimés!

LE CEŒUR INVISIBLE.

Qu'est-il donc celui qui t'accompagne?

ALIGHER.

Un Esprit vivant !... un Esprit sans commencement, car il est issu du Seigneur, — et sans fin, car il tend vers le Seigneur, mais ne se confondra jamais avec Lui ! Un corps et une âme lui furent donnés pour la route de l'éternité; mais lui, il est toujours le même, impérissable! Eux meurent et revivent tour à tour. Un jour, un jour avec vous il dépouillera le vêtement terrestre, et il en revêtira un autre plus élevé, à l'instant suprême du souvenir et du jugement! Mais auparavant, les destinées de cette planète, qui nous sont communes à tous, doivent se dénouer, et il se joint à vous, afin de hâter la veime des temps. Je vous en prie, je vous en conjure, recevez-le !

LE CHŒUR INVISIBLE

Qu'il nous dise le nom béni dont on Ta baptisé quand il naquit homme?

LE JEUNE HOMME

Henri !

LE CHŒUR INVISIBLE

Qu'il proclame le nom collectif des Esprits pour lesquels le Seigneur a voulu qu'il vécût et mourût, puisqu'il le fit naître parmi eux !

LE JEUNE HOMME

La Pologne !

LE CHŒUR INVISIBLE

Le chœur aérien te reçoit et n'exige de toi aucun serment. Par cela même que tu es et que tu te sais un Esprit, tu as déjà juré fidélité au Seigneur, à l'humanité et à la vérité ! Malheur non à eux, mais à toi, si tu faiblis, si tu doutes, si tu trahis. Maintenant, que les voix terrestres te saluent!

LE POËME INACHEVl-:

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