CHŒUR DES ESPRITS DU MAL
Allons, spectres et fantômes, courez, volez vers lui, — et toi d'abord, toi, en tôte, son amante, morte d'hier ; retrempes-toi dans les vapeurs du matin, parcs-toi de fleurs, — bien-aimée du poète, en avant !
Et toi aussi, gloire, vieux aigle empaillé dans l'enfer, descends de la perche où t'oublia le chasseur, vole vers lui, étends tes ailes gigantesques, blanchies par le soleil, audessus de la tête du poète !
Sors de nos trésors, tableau vermoulu de l'Eden, chefd'œuvre de Belzébuth, restauré, badigeonné à neuf, toile enchanteresse, enroule-toi comme un nuage et vole vers le poète î Puis déplie-toi et enferme-le dans un cercle magique de montagnes et de mers, d'ombres et de lumière ! Mère nature, entoure le poète !
(Village. — Eglise. — Au-dessus de l'église^ et planant dans l'air, un ange.)