‹ Œuvres complètes du poëte anonyme de la PologneChapitre 70 sur 105 · I.É JUIF · texte numérisé non relu

I.É JUIF

Sur la liberté du désordre, sur le massacre sans fin, sur la ^ haine et les colères, nous établirons la force d'Israël. — Il ne reste encore que ces quelques seigneurs, que ces quelques hommes à renverser;-— des débris de la croix nous recouvrirons leurs cadavres !

CIKKUn.

La croix est devenue noire signe sacré'; — l'eau du baptême nous a réunis aux peuples... Les méprisants ont cru Il l'amour des méprisés! — La liberté est devenue notre loi, le bien du peuple, notre but. . . Les fils du Christ ont cru aux fils de Caïphe !— Nos pères jadis ont mis à mort l'ennemi, — nous le tuerons de nouveau aujourd'hui, et il ne ressuscitera plus.

LE JUIF

Encore quelques instants, encore quelques gouttes de venin, et le monde est à nous, à nous, ô mes frères !

CHŒUR

Jéhovah est le maître d'Israël, et nul autre; —trois fois crachons à la face des peuples et qu'ils périssent, — trois fois anathème sur eux !

(On entend frapper.)

LE JUIF

Que chacun se remette à f œuvre,— et toi, livre saint, disparais, qu'un regard maudit ne souille point tes pages.

(Il cache le Talmud.)

Qui est là?

UNE voix (derrière la porte.)

Ami, au nom de la liberté, ouvrez !

LE JUIF

Frères, reprenez marteaux et cordes.

(Il ouvre.) LÉONARD 'entrant).

Frères, vous veillez et aiguisez vos poignards pour demain,— c'est bien!

(S'approchant de l'un d'eux.)

Et toi, que fais-tu à l'écart?

210 LA COiMEDIE INFERNALE

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