‹ Œuvres complètes du poëte anonyme de la PologneChapitre 95 sur 105 · CHŒUR DES VOIX · texte numérisé non relu

CHŒUR DES VOIX

C'est en vain, — c'est en vain, plus de salut pour lui, ni sur la terre ni dans le ciel .

UNE voix.

Encore quelques jours de cette gloire terrestre et vaine, dont tes ancêtres m'ont frustré, moi et mes frères, et tu périras, toi et les liens, sans sépulture, sans les cloches qui sonnent le deuil, sans les larmes des amis et des parents. — Voire mort sera comme la nôtre triste et affreuse, et sur ce même rocher de douleur.

LE COMTE

Ah ! je vous reconnais enfin, esprits maudits !

(U fait un mouvement en avant.] GEORGES.

Mon père, n'avance pas plus loin.— Au nom du Christ, je t'en conjure, mon [)ère !

LE COMTE (s'arrête).

Dis, dis-moi qui tu vois?

GEORGES

C'est la hgure...

LE COMTE

La figure de qui ?

GEORGES

C'est un autre toi-même,— affreusement pâle,— enchaîné, — maintenant ils te torturent, j'entends tes cris... (Tombant à

genoux.) Père, pardonne moi ma mère est venue cette

nuit et m'a ordonné...

(Il s'évanouit.) LE COMTE (le prenant dans sesbrasj.

Ce dernier coup manquait ! ah 1 mon propre enfant m'amène au seuil de l'enfer... Marie! esprit implacable! Mon Dieu, et Toi, autre Marie, que j'ai invoqués tant de fois!... Là commence l'infini de la douleur et des ténèbres, — remontons à la lumière — je dois encore combattre les hommes, — puis viendra l'éternel combat.

(Il entraîne son fils.) CHŒUR DES VOIX DANS LE LOINTAIN.

Pour n'avoir rien aimé, rien adoré que toi, que toi-même et tes pensées, tu es damné, damné pour l'éternité !

(Salle dans le château de la Trinité, — Le comte, femmes, enfants, vieillards et comtes agenouillés à ses pieds. — Le parrain debout au milieu de la salle. — La foule au fond. — Armes suspendues aux parois, piliers gotlnques, ornements, fenêtres.)

LE COMTE

Non ! par mon fils, par l'âme de ma femme", non ! encore une fois, non !

LA COMKDir: INFERNALE 2GI

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