‹ Œuvres complètes du poëte anonyme de la PologneChapitre 97 sur 105 · LE BARON · texte numérisé non relu

LE BARON

Vous nous avez perdus, comte.

UN AUTRE

Nous te refusons obéissance.

LE PRINCE

Nous nous entendrons nous-mêmes avec ce digne citoyen pour la reddition du château .

LE PARRAIN

Le grand homme qui m'a envoyé vous garantit la vie, si vous vous réunissez à lui et si vous reconnaissez les besoins du siècle.

QUELQUES voix.

Nous les reconnaissons ! nous les reconnaissons !

LE COMTE

Quand vous m'avez donné le commandement, j'ai juré de périr sur ces murs, et je tiendrai mon serment, et vous tous, vous périrez avec moi. — Ah! vous avez encore soif de la vie!... demandez alors à vos pères pourquoi ils ont dominé et opprimé .

(S'adressant à un comte.)

Et toi, pourquoi as-tu opprimé tes vassaux ?

(A un autre.)

Et toi, pourquoi as-tu passé ta jeunesse à jouer aux cartes et à voyager pour tes plaisirs, sans souci de la patrie?

(A un autre.)

Et toi, qui méprisais les faibles, pourquoi rampais-tu devant les forts?

(A une femme.)

Pourquoi n'as-tu pas élevé tes fils en hommes, en guerriers? — Aujourd'hui tu aurais des défenseurs; — mais tu aimais les Juifs, les beaux parleurs, les avocats ; va maintenant leur demander de défendre ta vie.

(Il se lève et tend les bras vers le ciel.)

Pourquoi tant vous hâter de courir à l'opprobre ? qui vous pousse à avilir vos derniers moments?... En avant, plutôt avec moi, en avant, messieurs, là, où nous attendent les baïonnettes et les balles, et non là, où se trouvent la potence et les bourreaux silencieux pour vous passer la corde au cou.

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