TOME IV
« Faute de sens et Folie m’ont réduit à l’état que vous voyez. Mais avant de vous conter mon histoire, mon très gracieux seigneur, pourrai-je savoir qui vous êtes, d’où vous venez et où allez. »
« Ami , comme vous, j’ai passé à la cour une partie de ma vie. J’y ai perdu plus que gagné, cela doit vous suffire pour l’instant; veuillez donc achever le récit de vos aventures. »
F Abuzé.
« Soyez le bien venu, mon gentil compagnon, si vous voulez augmenter notre colleige. Car gens de votre état sont ici très nombreux. Par ma foi, je ferai donc à votre plaisir. »
Il raconte alors sa première jeunesse et les sages leçons que lui donna un sien parentet bon ami, grand clerc, déjà sur l’âge, qui l’instruisit des devoirs de l'homme envers Dieu, de sa création et de ses destinées.
« Je le remerciai très humblement, ajouta l’Abuzé; mais comme parmi les diverses manières de bien vivre, il avait oublié la vie de cour, je lui en demandai la raison. »
« Mon enfant, me répondit-il , tu m’as promptement interrompu pour me parler de vanités mondaines. Fasse le ciel que tu ne brûles pas tes ailes à leur éclat trompeur! Sans doute des hommes graves, réglés en leurs mœurs, qui serviraient leur seigneur en toute loyauté, sans crainte de lui dire la vérité , de l’admonester à bien faire, et à maintenir ses peuples en toute paix, tranquillité et amour, rempliraient parfaitement le bon vouloir de Dieu. Mais sur mon âme, je n’en connais guère. «
« Après plusieurs sages propos sur le même sujet, le bon vieillard s’éloigna les larmes aux yeux, en pensant que bientôt j’oublierais ses leçons. Je l’apercevais encore, lorsque je fus accosté par deux jeunes et brillants danloisels, 4buz et Folcuider , le frivole époux de Follebonbance. Ce dernier avait des oreilles d’une longueur merveilleuse , ce qui ne laissa pas que de m’étonner grandement, car il me semblait, du reste, gracieux et gentil seigneur. Bientôt la conversation s’engagea entre nous; ils me peignirent la cour sous des traits si séduisants, que déjà j’étais ébranlé pas leurs instances, lorsqu’un nouveau jouvencel nous salua courtoisement. Abuz m’en fit ainsi le portrait :
« ...C’est le plus doux,
« C’est le Temps désire de tous....
» C’est le Temps de court gracieulx ,
« Q ni entretient les amoureux...
« 11 est à l’un plein de promesses,
« De paroles et de largesses ,
« De dons, de lectres et de papiers,
« De chaynes, d’abitz et courriers.
“ Il faict les grands offices mectre « Es petites capacite's....
« 11 fait les saiges débouter « Et les folz en conseil bouter...
cc Or, ajouta-t-il, sois notre compagnon et prends le Temps comme il vient. Ne t’effraie pas des longues oreilles de Folcuider; c’est une mode agréable, très en usage à la cour; car notre dame et souveraine la trouve fort à son gré. Dans ce pays , il faut tout regarder , et feindre ne rien veoir , tout escouter , monstrant riens ne s ça voir, mot ne sonner des cas qu on sçait et voit. »
« Si mon histoire, mon bon seigneur, peut vous empêcher de faire les mêmes folies, reprit le pauvre Abuzé, en se tournant vers René, je l’achèverai sans rien omettre :
« Depuis quatre mois j’étais à la cour, et j’avais complètement vidé mon escarcelle, lorsqu’à force de promener avec mes deux amis, j’attirai les regards d’une noble dame. Elle me demanda doucement si je voulais être à son service, et me donna un petit cheval , deux chiens et un faucon à soigner.
« Le Temps me faisait de fréquentes visites; il était mon gouverneur, et je me conduisais toujours sur ses avis. Par son conseil , je raccourcis mes robes et mes pourpoints. Mes hauts de chausses me couvraient à peine, et c’était chose étrange à voir.
« Un jour que nous chassions au vol ensemble , je pris des perdrix , que j’eus soin d’offrir à madame la Court , notre gracieuse souveraine. Elle les reçut avec bonté, et appela son argentier, pour lui donner l’ordre de me délivrer par mois une certaine somme de deniers. Il me sembla alors que toutes les damoiselles d’honneur m’avaient en leurs bonnes grâces. Je me pris à composer pour elles chansons et ballades. Abuz les leur présentait de ma part ; et bien qu’elles fussent reçues en grands rires et moqueries , il me disait que mes vers étaient admirés à l’égal de ceux d’Allain1, et que les plus jeunes damoiselles cachaient dans leur ceinture mes billets amoureux.
« Madame la Court m’avait adressé ses plus douces paroles : je devais sous peu de jours obtenir quelque grand office , aux appointements d’un millier d’escus comptant. Hors de moi et plein de joie , je vins faire part au Temps de ces promesses dorées.
« Mon enfant, me répondit-il , s’il fallait semer toutes ces belles paroles, elles pousseraient en herbe plutôt que de t’enrichir d’un florin. Crois à ma vieille expérience. Dans la bonne ville de Paris, la plus grande et la meilleure cité de France , il n’est pas un marchand qui, sur un plein panier de semblables promesses, te
Âllain Charlier. Voyez la note du IIIe volume , page XV.
prêtât quatre aunes de drap ; d’hôtelier qui t’hébergeât douze nuits ; de tavernier qui te donnât à crédit la dépense d’une semaine. »
« Folcuider, Abuz et Follebonbance survinrent à ces derniers mots : « Cher maître, me dit Abuz, quel fondement a votre plainte, vous le dernier venu dans cet hôtel ? Il me semble que vous avez reçu vos gages , et que vous êtes nourri et logé sans débourser un denier. N’avez-vous pas encore pour joyeusement passer le temps un cheval, des chiens et un oiseau; et le soir, en compagnie des dames, ne pouvez-vous pas jouer à la paume, aux cartes, aux échecs, aux quilles, ou aux dés ? »
Follebonbance ajouta :
« Sans faute, mon très doux enfant, ces paroles sont véritables; mais mon bon frère a oublié de te parler des modes de cour. Achète un bonnet fendu au dessus de l’oreille, avec une petite chaîne d’or pendant sur le côté. Si l’on te demande pourquoi cette nouvelle manière, tu répondras que sur ton âme, toy ne ault.re ne savez à qaoy ce peult estre bon , si non pour gaster le bonnet , contrefaisant le loricart . Tu dois porter encore la cornette de velours sur l’épaule, des chausses et des pourpoints tailladés, des souliers à longue pointe. Ainsi gentiment accoutré , tu pourras deviser avec les dames , monter à cheval, le faucon sur le poing, te pavaner de rue en rue tout bellement, et faire maintes autres amoureuses folies. »
« Ces paroles flattaient trop mes goûts, pour n’y pas croire. Je devins inséparable de mes nouveaux amis. Bientôt il ne se passa plus de jours, que je ne fusse aux champs faire voler mon oiseau. J’y rencontrai par aventure un pauvre insensé, coiffé d’un chaperon à deux oreilles, qui me demanda, en riant, qui j’étais, et où j’allais. Puis, sur ma réponse, il se prit à rire, en disant qu’il venait d’assister à la fête des fous, et que bien certainement j’aurais eu le prix , s’il m’avait connu. » et A mon retour de la chasse, je passais mes soirées dans la chambre des dames. Une jeune damoiselle, nommée Folle-Amour, me prit dans ses lacets. J’oubliai bientôt pour elle mon cheval, mon faucon et mes chiens, et ne pensai qu’à ses beaux yeux. »
<■ Ainsi me tenoit Folle Amour,
« Et me pourmenoit nuyt et jour.
• Huy content, demain despiteux ,
Ung jour marry, l’aultre joyeulx ,
« Une heure en pleur, l’aultre en soucy...
« Faisant d’une ombre une ligure...
« Demy fol, saige peu souvent. »
« Je dépensais ainsi mes jours, à l’ombre de vaines promesses. Ma bourse se vidait, et je fus forcé d’emprunter sur mes gages. Par ma foi, je puis bien me vanter d’avoir alors connu la patience. Force m’était de mettre à toutes paroles le bonnet à la main ; et pour un seul dîner, j’eusse bien ôté quatre fois mon chaperon.
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Je commençai à faire connaissance avec les relaveux et regratte ux de robes et les radoubeux de pourpoints. Quand j’allais dans une boutique , si je demandais du drap gris de Rouen , il n’y avait que du vert de Montiviliers ; si je voulais du noir, il n’y avait que du violet; et toujours était hors de l’hôtel celui qui avait les clefs de l’armoire. Pour comble de malheur, madame la Court se plaignit de mes folles dépenses : « s’il n’a pas un denier, qu’il ne s’en prenne qu’à lui , dit-elle un jour avec humeur. »
n II me semblait cependant impossible que ma gracieuse maîtresse me laissât dans un tel abandon. Je m’adressai timidement à elle :
« Madame , je viens devers vous...
“ Et vous supplie à deux geuoulz ,
« Que par vostre noble largesse,
» Acquitez vers moy vo promesse.
<■ Hellas! madame, sur mon âme ,
* Plus n’ay maille ne denier...
“ Pour avoir à boire et mengier,
“ Ne nulle chose qui me faille.
•< Si vous plaise remédier “ A la requeste que vous baille.
« Puisque vous avez actendu,
« Actendez jusques à demain. »
«Telle fut la réponse de la Court à mes plaintes amères. Je m’adressai à mes amis : le premier avait envoyé son varlet en message, et lui avait remis au départ la clef de l’escarcelle; le page de l’autre courait les champs; le dernier était au désespoir de refuser son plus cher compagnon ; mais il avait engagé sa foi sur la demande de sa dame , de ne jamais prêter un maravédi ; et il ne pouvait manquer à sa parole.
« Je m’en allai ainsi tristement, rongeant mon frein, et maudissant mes faux amis. Sur le conseil d’ Abus, je présentai à la Court une nouvelle requête. Elle la reçut avec bonté, et la remit à un des seigneurs de son conseil, en me recommandant la patience.
« J’avais attendu en vain la réponse jusqu’au soir, lorsque j’aperçus le seigneur chargé d’examiner ma requête. Je mis un genou en terre , le bonnet à la main .
» Plus l’approuchoie, et plus aloit,
« Plus parloye, moins m’escoutoit ,
« Plus l'appeloye : Monseigneur,
« Moins escouloit le serviteur. »
« Voyant enfin qu’il ne pouvait m’éviter, haussant la voix d’un ton de colère et de dédain, il me dit que ma lettre était égarée, et qu’il était fort inutile de l’importuner davantage. »
Ici le royal auteur demande à l’Abuzé comment il n’a pas pris plutôt une résolution courageuse.
« Quant voyez que. riens ne tenoit » Vers vous de chascunc promesse ,
« Et que ce qu’elle promectoit « Tournoit en follie et simplesse,
« Pourquoi ne prenniez vous l’adresse « De vous despartir vistement ,
« Sans perdre ainsi vostre jeunesse,
» Sans savoir pourquoi ne comment... »
L' Abuzé.
<* De petiz dons m'entretenoit :
« Par ce point m’estoit amusant.
<■ L’ungjour, ung pourpoint me donnoit,
“ Ou quelque drop à l’avenant.
« Ainsi m’estoie entretenant ,
» Sans pensera nulle rapine,
« Et ma personne soustenant « Près du brouet de la cuisine.
« Mais 11e parlons plus de ceci, je vous prie, et continuons le récit de mes aventures.
« J’avais tristement repris le chemin de mon logis, lorsque je trouvai sur ma route l’hôtel du Temps, mon vieil ami. Je frappai à sa porte: il ne me répondit pas; Mais Ahuz, qui passait, me demanda pourquoi je sonnais si fort.
« Demandes-tu où est le Temps « Que lu soulois avoir en court?...
« Il est bien loing, si tousjours court...
Il m’engagea ensuite à demander à la Court une dernière audience. Je suivis son conseil, et me rendis le cœur brisé auprès de la belle maîtresse, que si longtemps j’avais servie,
« Madame .
« Où sont les biens et les largesses » Qu'en moy devaient estre assises;
« Où sont les dons et les promesses ,
« Que tant de fois m’avez promises...
« Pouvreté a sur moi tendu « Son filet pour prendre et deffaire « Le servant qui s’est actendu » Aux biens que vous lui debvez faire.
La Court .
« Pauvre Abuzé et descongneu ,
« A quoi veulx tu que remédie?...
« Croyz tu que puisse à tous entendre « De ceulx qui ont nécessité!...
« En moins d’un benedicite « Ce que j’auray promis oublie.
( Tl )
L'Abuzé.
« Eh! madame, que deviendra « Le pouvre qui vous a servie!
La Court.
« Ne me charge de ta follye...
L’Abuzé.
« Las! madame, avous oublié » Les services que vous ay faiz ,
« Les voyages que j’ay parfaiz ,
“ Les paines que pour vous ay prinscs... »
« Rebuté de ma dame etdetous mes amis, je demeuray comme un pauvre abandonné. Personne ne me venait plus en aide, mes compagnons me fuyaient. Vainement je cherchai à émouvoir la pitié des grands seigneurs et des princes :
« Vielz anges et vielz braconniers ,
« Vielz héraulx et vielz menestriers,
« Vielz chevaux et congneux lévriers,
« Vielz sergens , pouvres serviteurs ,
« N'ont guères l’amour des seigneurs. »
« La cour avait changé de résidence; et je n’avais même plus le misérable morceau de pain , quelle ne m’avait pas encore refusé. Je partis un bâton à la main , sans argent, sans cheval et sans page. Je cheminai tout le jour, et vins à nuit close, harassé et souffrant, demander l’hospitalité à un pauvre villageois. J’étais assis à son foyer, lorsqu’une dame âgée, nommée Congnoissance , entra dans la maison. Je lui dis en quelques mots comment, séduit par de vaines promesses, j’avais oublié les leçons de mes parents et la doctrine de mon vieux maître, passé à la cour mes plus belles années , et perdu ma santé, mon repos et mon avoir.
« Quand elle m’eut écouté tout au long: « Je viens trop tard, me dit-elle, et je « ne pourrais qu’augmenter tes chagrins et tes ennuis. Mais j’ai une mienne parente « pleine de sagesse et d’un grand sens, qui restera volontiers en ta compagnie. « Son nom est Patience , je te la présente, et j’espère que tu lui feras bon accueil. »
« Lors elle nous laissa tous les deux deviser ensemble. Abuz, qui m’avait suivi , revint encore s’asseoir auprès de moi.
Abuz.
« Nostre maistre , où est Folle Amour,
« Vostre mignaulde , gente et belle ,
» Qu'avez ensuivy nuyt et jour - Par vostre serment, où est-elle ?...
Abuzé.
« Las! Abuz , me demandez-vous « De Folle Amour aulcune chose ;...
— <• Avec Patience repose :
* De Folle Amour ne me souvient. »
— « El Folcuiiler vostre mignon ?... »
— « De Folcuider n'ay souvenance... -
— » Et Follebonbance sa femme ,
<■ L’avons tousiours entretenue?
• Où est-elle?
— « Par mon bapttbne,
« Je ne scay qu elle est devenue. .>
— « Quant an Temps ne povez venir,
« Qu’avez perdu par ne'gligence,
« Qu’avez-vous pour vous soustenir « Avecques vous? »
— « J’ay pascience. »
— « Touchant les promesses de. court « En guerdon et récompense,
« Qu’avez-vous qui vous secourt « Pouvre Abuzé? »
— « J’ay pascience. »
— «Et pour vostre painne et salaire,
« Y a-t-il aulcun qui y pense?
« Pour à voz loyers satisfaire,
« Qui avez-vous? »
— « J’ay pascience. »
« Puisque vous n’avez d’autre réponse, je veux, avant de vous quitter, vous donner « cette livrée, pour le paiement des plaisirs que dans un autre temps vous m’avez « faits. »
« Puis il me bailla une robe d’étoffe légère, semi-blanche, semi-violette; et me cpiitta sans autre adieu.
« Au point du jour frappèrent à la porte du logis, deux vieilles femmes édentées et décrépites. C’étaient Pouvreté et Maladie sa soeur, qui venaient me conduire à l’hospital. Je m’acheminai appuyé sur leur bras, la tête soutenue par Maladie, et tenant en main une béquille. Abuz me suivait par derrière, et me montrait du doigt aux passants.
« C’est ainsi , mon bon seigneur, que tout doucement j’arrivai au lieu où vous m’avez vu au commencement de ce récit. Si mon histoire peut servir à vous et à d’autres, je ne regretterai point le temps perdu à vous la raconter. »
CY FINE LE LIVRE DE l’abUZÉ EN COURT,
FAIT LE XII JUILLET , l’an DE GRACE MIVL, XXIII.
Cte DE QüATREBARBES.
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L’ABUZÉ EN COURT
Aristote, le très saige et très prudent philosophe, nous a pour doctrine laissé que main bon commencement ou bon moyen est œuvre reprouvée et non digne d’aulcune louenge, si par semblable continuacion n’est la fin d’icelle labeur ad ce correspondant. Car supposé que le commencement d’aucune œuvre soit bon et raisonnable, et la fin en est mauvaise et desordonnée, et à payne pourra estre de nulle valeur.
Et peult ainsi estre entendu entre toutes les entreprinses des créatures de quelque estât qu’ilz soyent, du plus grant jusques au moindre. Comme
1 La Bibliothèque royale possède quatre manuscrits de cet ouvrage :
1° N° 7,674, manuscrit composé de 55 feuillets vélin, in-f°, relié en veau. M. de Villeneuve croit que c’est l'original : ce qui nous fait pencher vers une opinion contraire, c’est que ce manuscrit ne renferme aucune vignette, aucune enluminure. On remarque à la fin du 55e feuillet : « Cy finit le livre de l'Abuzé en court , » fait le douzième jour de juillet l’an de grâce 1473. »
2° N° 1,967, manuscrit in-f°, papier ordinaire, écriture cursive, relié en parchemin, composé de 68 feuillets sans aucune ornementation. L’Abuzé en court comprend les 62 premiers feuillets, puis vient un petit poè’me intitulé : Le débat du vin et de l’eaue.
3° N° 7,912 , manuscrit in-8°, vélin , relié maroquin rouge aux armes de France, intitulé: La Danse des aveugles , poëme de Pierre Michaut , secrétaire de Charles-le Hardy. Ce manuscrit contient une riche copie de l’Abuzé en court qui termine le volume : 99 feuillets écrits en assez belle bâtarde avec des lettres tournures entrés grand nombre, peintes or, pourpre et azur. 19 miniatures mettent en scène les personnages du poëme ; chaque vignette est encadrée d’arabesques gracieuses, d’une fraicheur de coloris surprenante. Chose remarquable, les lignes, qui suivent immédiatement chaque miniature, sont renfermées dans l’encadrement et peintes alternativement or, azur et pourpre.
4° N° 58, fonds Gaignières, manuscrit in-4°, couverture en bois revêtue de velours cramoisi, très beau vélin, belle bâtarde enrichie d’innombrables lettres tournures nuancées de diverses couleurs rehaussées d’or. Les 49 premiers feuillets renferment l’Abuzé en court , avec 12 miniatures ou tableaux tirés du poëme,