TOME IV
thiare, ce qu’on avait vainement tente depuis six ans. En 1453 , il fut élu évêque de Langres, duc et pair de France et sacré parson oncle. Louis XI , en instituant l’ordre de Saint Michel, l’en (it chancelier. Il était fi 1s d’un des frères de notre archevêque, Étienne Bernard, dit Moreau, en son vivant chevalier, trésoriergénéral de Louis II , duc d’Anjou, et de la reine de France sa fille, puis trésorier de France etcouseiller du roi Charles VII , qui parses lettres de 1433 (1) , lui permit d’ajouter et de mettre sur le tout de ses armes , « un écusson d’azur chargé d’une fleur de lys d’or, au lieu qu’il portait auparavant de sable à une étoile «d’or.» D’après Maan et Boisrideau , la même faveur fut étendue à son frère l’archevêque, au retour de son ambassade d’Espagne en 1455. Notre archevêque eut encore plusieurs autres frères et neveux , qui se distinguèrent tous, dit Maan , par leurs vertus et leur habileté dans les divers emplois qu’ils remplirent.
Les branches de cette ancienne famille alliée aux maisons du Bellay, Conan-Rabestan , Savary de Lancosme. deBeaune Semblançay , Hurault deCheverny , d Etampes Valencay , de Maillé et de Sesmaisons se rattachent toutes à Étienne Bernard. De nombreux rameaux existent encore en Bourgogne, Touraine, Anjou et Bretagne, sous les noms de Bernard deChainpigny, de la Roche, de Gautret, deDanne, de la Frégeolière , du Port, de la Fosse, de la Gâtinais , de Courville et de Marigny.
guarini (de Vérone) et le roi rené.
Parmi les savants les plus distingués du quinzième siècle on remarque Guarini. Disciple de Jean de Ravenne, il alla plus tard à Constantinople pour y étudier la langue grecque sous Manuel Cbrysoloras.
De retour dans sa patrie , il fut le premier Italien qui , depuis la chute de l’empire romain , y enseigna la langue grecque : on a de lui plusieurs ouvrages remarquables et quelques traductions. Il mourut à Ferrare le 4 décembre 1460.
Maffei place Guarini au premier rang parmi ceux qui ont remis en honneur les lettres grecques et latines. Le pape Nicolas V avait chargé Guarini du soin important de traduire en latin la Géographie de Strabon.
On voit à la bibliothèque d’Albi un petit in-folio manuscrit , qui a conservé sa vieille reliure ; le troisième feuillet porte ce titre: Strabonis , de situ orbis terrœque descriptione liber XVII et ultimus , in lalinam conversus linguam absolutus est. Anno Christi , MCCCCLVlll , tertio idus Julias. Ferrariae.
L’épître dédicatoire commence ainsi:
- Au très sérénissime et très illustre roi René, Antoine Marcellus se recommande en toute humilité.
» C’est un usage antique et encore observé , sérénissime Prince , que chacun s’empresse de déposer aux * pieds des monarques des offrandes de toute espèce , gages d’amour et de respect.... Pour moi , voulant ap- » porter à Votre Majesté un tribut d’un nouveau genre , je lui ai dédié un livre.... II restait à faire connaître, » de tous ceux qui se sont occupés de la description de l’univers , le plus infatigable et le plus pénétrant : » Strabon, en un mot, dont les travaux paraissaient ensevelis dans un oubli fatal. Le très saint Père Nicolas V, » de très illustre mémoire , le père de la littérature et des beaux-arts , ne put souffrir plus longtemps ce dé- » laissement injurieux, et , pour le tirer de l’obscurité, il fit choix d’un homme aussi recommandable par ses » vertus privées que parson éloquence, Guarini, de Vérone, également habile dans lalanguegrecque et dans « les lettres latines.... »
Antoine Marcellus, sénateur et doge de Venise, fut nommé par René chevalier de l’ordre du Croissant , en l’honneur duquel il avait composé un poème latin , qui a fait partie de la collection du célèbre Peiresc.
En tête du manuscrit de la bibliothèque d’Albi sont placées deux miniatures, d'une exécution et d’une conservation admirables. La première représente Guarini offrant son livre à Antoine Marcellus. Dans la seconde, on voit Guarini à genoux présentant sa traduction au roi René , bien que Guarini fût mort et que Marcellus ait seul présenté le livre au Roi. La singularité des costumes , la vérité des portraits , rendent ce petit tableau précieux. ( Note communiquée par M. le chevalier du Mège, de Toulouse.)
(I) Pere Anselme, Histoire des grands officiers de la couronne.
Guarini offrant au roi René la traduction de la Géographie de Strabon.
/e raz Æe/teAkr. /’/Z&u'Æé ak/
///A fbr/r/ rr et Zaatue S/iycss
Ce dernier volume des œuvres du prince le plus populaire de son siècle, serait incomplet, s’il n’était terminé par un tribut d’hommages rendu au génie, à l’art, à l’amitié et à la science. Sans ce concours si généreux et bienveillant , jamais je n’eusse entrepris l’ouvrage que j’abandonne aujourd’hui à l’indulgence du public.
Et d’abord, je citerai le grand statuaire, dont le noble cœur bat à toutes les gloires de la patrie, et l’artiste ingénieux et distingué, qui a reproduit avec tant de bonheur les admirables tableaux et dessins du bon Roi.
J’ose espérer que M. le marquis de Villeneuve , M. le chevalier Lautard, MM. Paulin Pâris et Eugène Janvier , et M. le vicomte Duchâtel me pardonneront de leur renouveler ici l’expression de mon dévouement et de ma reconnaissance.
MM. Grille, Cavé, Duchêne et Champollion ; MM. Mesnet et Chevalier, Roux-Alphéran, Rouard et Mouan (d’Aix), Gautier (de Tarascon), le chevalier du Mège (de Toulouse), Marchegay et Salmon me permettront également d’unir leurs noms dans un même souvenir.
G décembre 1845.
Cte DE QüATREBARBES.