‹ Œuvres complètes du roi RenéChapitre 65 sur 67 · SUR JEAN BERNARD, ARCHEVÊQUE DE TOURS · texte numérisé non relu

SUR JEAN BERNARD, ARCHEVÊQUE DE TOURS

Jean Bernard, archevêque de Tours, « nay en 1386, d’une famille considérable et fort ancienne (1), » professeur ès-lois, droit civil et canon , conseiller au parlement de Paris, séant alors à Poitiers, maître des requêtes en 1424, doyen et archidiacre de l’église d’Angers, chanoine prébende et chancelier de l’église de Tours, puis archevêque en 1441. Ses hautes vertus et sa capacité lui font donner la préférence sur ses compétiteurs par le pape Eugène IV.

Il consacre d’abord cinq années aux affaires de son diocèse, apaise les dissensions, règle les mœurs du clergé et des laïcs , et convoque ensuite à Angers le 10 juillet 1448 , un concile de ses sufïïagants. Il fait respecter les droits et prérogatives de son siège archiépiscopal , tant par l’évêque de Dole que par le primat de Lyon. En 1455, ambassadeur de Charles VII en Espagne, pour renouveler avec le nouveau roi Henri, les anciens traités de paix, il s’acquitte de cette mission avec autant d’habileté que de bonheur. En 1458 , député par Charles VII à l’assemblée de Mantoue, il y défend avec hardiesse etfermeté les droits de René d’Anjou au royaume de Naples, contre le pape Pie II, qui soutenait les patentions du fils du roi Alphonse. 11 accueille les évêques bretons, les défend contre leur duc et auprès de Charles VII, nonobstant les menaces du duc François, avec lequel il finit par les réconcilier. Employé en plusieurs autres ambassades, il s’y distingue toujours par son zèle et ses lumières. En 1463 , il assiste à l’entrevue des rois de France et d’Espagne. En 1465 , Jean de Beauvau , évêque d’Angers , voulant se soustraire à sa juridiction , il le réduit à l’obéissance , et meurt l’année suivante 1466 , âgé de 80 ans , et après vingt-cinq ans d’épiscopat. Honoré de la confiance et de l’affection toute particulière des rois Charles VII et René d’Anjou, sa mémoire fut longtemps vénérée.

Guy de Bernard, son neveu, en faveur duquel il résigna son office de maître des requêtes en 1439, s’illustra davantage encore par les services qu’il rendit à l’État daus les hautes missions qui lui furent confiées. En 1449 , ambassadeur vers le pape Nicolas V et l’anti-pape Félix, il détermina ce dernier à renoncer à la

(1) Boisrideau et Maan, Hist. des archevêques de Tours, 1667 et 1687, et charte originale communiquée par un membre de la famille :

« Sentence d’un procès entre les héritiers de feu noble seigneur messire Etienne Bernard, dit Moreau, en son vivant « chevalier, seigneur d’Escueillé et d’Avon, conseiller et maistre d’ostel du roy, demandeurs d’une part, et noble Jehanne « Berruyer, veufve dudit deffunct, défenderesse, d’aultre part; portant que les demandeurs devant le bailly, etc , ont dit et « déclairé, congneu et confessé qu’ils estoient et sont bien duement acertainez de la noblesse dudict deffunct, etqu’il estoit « d’ancien et noble lignaige, et qu’en vertu de la coutume de Touraine, ils reconnaissent leurs prétentions non « fondées. »

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