‹ Œuvres complétes du seigneur de Brantôme, accompagnées de remarques historiques et critiquesChapitre 10 sur 66 · SUR LE BA.R0N PES À»RETZ · texte numérisé non relu

SUR LE BA.R0N PES À»RETZ

« eu la Carraque, ares elle est pour vous autres. Quel « revers de fortune S » Et disoit cela si naifvement en son gascon, que , sy je le pouvois bien mettre par escrit par hpnne ortographe comme je le parler ois, il fairoit bon l'ouyr. Ceste carraque estoit une nauf vénitienne, la plus belle et la plus grande qui s'est peu veoir, car elle estoit de douze à treize cens tonneaux, avec cçla très bonne voyliere. Le capitaine Sore, normand, l'un des bons hommes de mer et des capitaines pention* naires de M. l'Admirai qui fust de ce temps, voyre qui a est£ depuis, il la prit, l'ayant trouvée qu'elle avoit passé le destroit de Gibartal, et tiroit vers la cotte d'Angleterre. Elle estoit plus armée en marchandise qu'en guerre, et fut menée à La Rochelle et en Brouage ; qui ayda fort aux Huguenots puis ampres à la prendre, pour avoir mis sur la hune, qui estoit très ample et large, quelque pièce qui endommageoit fort ceux qui deffendoient la bresche. Elle fut par ampres toute desarmée et laissée là dans le port , qu'on trouva fort à propos pour boucher l'entrée du port de La Rochelle, où estant remorguée par les galleres, fut là eschouéeetmiseà demy fond, et chargée de quelques pieces d'artillerie qui endommageoietit fort l'entrée dudict port; et nous servit beaucoup contre ceux qui vouloient entrer dedans, fors deux fois que deux barques conduictes par le capitaine Arnault , bon marinier, entrarent chargées de pouldre bien à propos, et au proffict des Rochelois, car ils estoient au tapis pour les poudres. Voylà la comparaison ridiculle que faisoit ce soldat gascon de cette carraque avec ces grands princes, qu'autres ne trouvarent bonne et s'en oflençarent, d'autres en rirent. Ainsy finit le parlement de ces deux

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sok&tfr> iftà dura long temp» et donna gtead plaisir à toute» l'assistance qwi estait là; «I toujours s^efttre eh-» voyaient quelques fearquebufcades, en se disant Pan à Vaatee qu'il n'en l^lloit point à*ot* de peur, car il 1 n'y a voit point de balles, et que q'estoit salue de plaisir; mais il y en avoit de bonnes et qui slffloienf fort bien à Vetitour de nos oreilles. Je sçay qu'il y a plusieurs qui diront que je faicts beaucoup dé petits fetz comptes dont je «l'en passerais bien; ouybiett pour aucuns, mais non pour raoy , me contentant de m'en renouvéfc- 1er la souvenance et en tirer autant de plaisir*

il. r <V

reprisé; bu discours

SUR M. DE MOIÎTLUC.

Pop* retourner gnçor à M. d$ Montbic, il servit fort bien h ce siège, cw il estait un fort digne homme de siège, pour e& avoir veu beaucoup ep son tecpps, dorçt il a'etj pouvait oublier les façqnsj uws po^rt^t, après prou ckt pefoe, la ville ne fttf prise* je diray en sou lieq poufqUQy » Q bon feoixu»# fut fort hçijreq* en ligpée et tre$ gialbeureu* à la garder*

Jl eut MarQ Anthoine sou 6& aisnjë :, brave et vaillant IWBe b.owme»<pM mourut 2* i'aœaitfd'Qstic} prçs Rome ; Uavoit esté nomry pa$e 4e i^ii*we4e Çteyse* cfcpuis UH^tem* de Nwiowrs , la^uejle jîfty veu sg glprifor de si belle Hoijrritwre,

he seçwd fut le c*ptoiiae l?srot,tm yai]te*i«u$sy>

c<H*r*g$v* et ambition il f¥t H«é k Vlufam* wte <k

Portxqpl y ïajr çnt pri$ pw forç** et as<*j4t, tf voulant fwto W ^steaM „ il ^eçuit uw^wde^rquebww^

4cm(H il mtfurut, et fut là enterra: el les Ftançois qui

M. DB ttONTMTC. n 49

estorent là s*en retotfrnarent, dont ils furent fort blasmei d'avoir laissé là le corps , et de qùoy ils ne Femportarènt avec eux; car après qu'ils forent partys les Portugais le desenterrareat et luy firent force vilainies et oprofereS, à celdty , dis je, qu'ils n'osoient auparatant arregarder an visage. Les Français s'amusèrent un peu trop à foire leur butin et pillage ( ce disoit on ), et adviser à leur prompt retour, sans songer à la con* servatàoB de l'honneur du corps mort de leur gênerai, J'estais à la Court lors , Venu de fraiz du secours de Malte > quand les nouvelles y arrivarent : beaucoup en blasmareat plusieurs capitaines françois y enquoy ils ne firent $*&> de mesraes comme firent ces braves ca* pkaines et soldats espagnols qui emportarent le corps de leur M. de Bourbon avec eux, quand ils se retirarent de Borne, et très officieusement, par une grande pieté> le mirent dans Gayette en toutte senreté, comme jfay dict cy dievant (*). Si ce capitaine Perot eust vescu , il eust feict de grandes entreprises etprises sur l'Espagnol et Portugais , Car il y avoit de grands desseins. II m'en conta aucuns lors que je m'en alois en Espagne^ et le trouvay à Bayonne en passant; il faisott construire deux fort beaux navires. On me parla fort de luy, et l'attendoit on en Espagne et Portugal en bonne dévotion, s'il y fusfc allé lors, pour hiy don* ner la touche. Mais il tarda son voyage près d'un an; car y qui veut dresser tels voyages il faut qu'il soit bien fondé de moyen* ou- appuyé de quelques grands ; autrement il ne tient pas long temps, comme je pense, et n'eust fakt cestuy là. J.e sçay bien ce que je luy en dicte à mon retour d'Espagne et Portugal, et ce qu'on

(0 Tome I, discbtofe xx. (S. )

BlAffTOME. T. 3. k

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disoit de luy. M. le vicomte d'Orte y estoit présent ; qui nous donna à soupper à tous deux, l'ayant encore trouvé là, par fortune, quavois passé il y avoit sept mois. Pour fin , ce fut un très grand dommage de cet homme là, car, quoy qu'il en fust, son brave courage le poussoit à attenter beaucoup. Il laissa un fils fort jeune, lequel n'a rien dégénéré en valeur au père; il l'a tousjours bien monstre par tout où il s'est trouvé, depuis que fort jeune il a commancé à porter les armes, et pour sa fin en ce siège d'Ardres, où, après avoir faict. plus qu'un Caesar en une saillye qu'il fit sur l'Espagnol, deffaict deux ou trois corps de garde, nettoyé une grand part des tranchez et traisné quelques pièces dans le fossé, fut emporté d'une canonnade , au moins ses deux cuisses; et mourut en. telle opinion, qu'un chacun a dict depuis que, luy vivant, la plfice ne pouvoit estre prise , comme depuis elle a esté fort aysement. Grande gloire pour luy, qui luy demeure engravée sur sa sépulture !

Le tiers fils de M. de Montluc fut le chevallier de Montluc, fort' gentil, le plus beau et le plus adroict de tous et en tous exercices, dkmeret, et avec cela très brave et vaillant comme ses frères. M. le grand maistre l'estimoit fort : lorsque nous en partismës, il demanda son congé à mondict sièur le grand maistre, qu'il luy donna mal aysement, parce qu'il n'avoit encor servy et faict son temps ; mais il le dispensa, et luy dict, lors qu'il prist congé de luy : « Allez, faictes mes « recommandations à M. de Montluc vostre père, et « quand vous serez en vostrç pays, arr estez moy une « cinquantaine de gentils cadetz gascons , jeunes et « délibérez comme vous, afin que, quand je vous man-

M. DE MOJITLUC. 5l

«deray, me les amenez. » Voylà la bonne opinion qu avoit ce grand maistre de luy. Il né fit jamais guiercs bien son profict depuis que M. de Montluc luy eut osté l'espée pour le faire evesque et tenir l'evesché de Condon, qu'il ne vouloit pas perdre, mais la mettre entre bonnes mains comme les siennes, car elle valoit beaucoup. Il la tint quelque temps, ayant pourtant tousjours son cœur plus au monde qu'à l'office de Dieu, et puis mourut de maladye.

Le quatriesme et plus jeune fils fut Fabien , dit M. de Montesquiou. M. de Montluc son père luy donna le nom de Fabien, pour l'amour de feu mon oncle de La Gbastaigneraye , qui estoit son parrin, et parce qu'ils s'entr'aymoient fort. M. de Montluc porta impatiemment sa mort , et changea de nom à son fils qui s'appelloit François, et luy bailla nom de Fabien du nom de son parrin mon oncle; d'autant, disaitil, qu'estant une fois de là les Monts, il avoit veu et cogneu un jeune gentil homme italien qui se nommoit Fabien, et avoit vengé la mort d'un sien parrin tué par un autre ; et par ce , par bizarrerie et opinion , il cuydoit que son fils, portant le nom de Fabien, luy servirait de bonne augure, et vangeroit la mort de son parrin M. de La Chastaigneraye ; mais rien de tout cela ne s'ensuivit , car , pendant que l'enfant croissoit, le temps, père d'oubliance, emporta au vent l'amitié et la souvenance de mon oncle, et se rendit grand amy de M. de Jarnac. Quelquesfois il n'est pas bon de tant promettre. Ce Fabien fut , comme ses frères, un très brave et vaillant gentil homme; il l'a monstre en force endroicts signalez. Il fut , comme le père, fort blessé à l'assaut de Rabastain d'une grande

5) M. DE MOKTLUC.

*rquebuz^àlabouchs,dqnt il en cuyda mourir; mais il s'en guérit, avec un peu de difformité à \$ bouche, laquelle pourtant se passa , et s'en remît à sa première beauté, car il estait beau et agréable : et, quelques apnées après, estant encore renouvelles la guerre des Huguenots , il fut tué, dont ce fut grand dommage. Il laissa de luy deux honne#eç, gentils et braves enfeus, l'un dict le seigneur de Montesquiou, et l'autre dict le seigneur de Pompignan, tosus deux très brèves et vaillant gentilshommes , ne degenerans, nullement à leur brave et valeureuse race : grand dommage du seigneur de Pompignan, quj > accompagnant en Hongrie ce brave M. de Nevers, y mourut de maladie ; mort peu digne de sa valeur, qui l'appelloit à, une plus konnorable : telle estoit sa destinée ; qu'y kroit on ?

V oylà la lignée, illustre du pauvre M. de Montkuc , laquelle il a veu devant soy toute mourir avant sa mort > qui filt u,i*e grande désolation pow luy , avoir si bifcn engendré ses enfans, nourris , eslevez , pousse* et agrandis, et tous se perdre au plu» beau de leur aage et foçtune.

Il eut deux frerç&, l'un, M. de Lyoux et qu'on appellent le jeune. Monjluc, qui fitf aussi un brave gentil homme et fort babillç. Maïs qui l'a esté plus que les deux frères, c'a esté ]\L l'çvesque de Valence, fat, deslié, trinquât , rompu, et corrompu, autant pour son, sçavoir que pour sa praticque. Il avoit esté de sa première profession jacobin , et. la feue royne de Navarre Margueritte, qui aymoit les gens, sçavans. et spirituels , le cognoissant tel, le deffroçqua et fe mena avec elle 4 la Court, le fit cognoistre, le poussa, luy aydfe, le fit employer en, plusieurs ambassades; car je pense

M. SB MOlfTLUC. S S

qu'il n'y a gtfieres pays eh l'Europe où il n'ayt esté ambassadeur et teft negotiation, on grande ou petite, jusques eu Cott&antinople , qui fut son premier advancemerit , et 11 Venize , en Polongne , Angleterre , Escosse et autres lieux. On lé tenoît luthérien au co*ft mente ment, et puis caltiniste, contre sa profession episcopalle; tarais il s'y comporta modegtemettt pat* bonne mine et beau semblant : la reyne dé Navarre le déffrtfccpia pour l'amour de cela. Ge rfa pas esté le pï-enliér qu'elle a deffrôcqué , tesmôing son dernier prédicateur , qtii estant jaeobin o$ l'appélloft frère Girard, après maistre Girard, et puis elle le fit evesque d'Olléroto. De ces tèàips il y eut quelques evesqués d'une voilée àoûbçonnéz sentir un peu mal de la éatlréftequé; M. dé Ifôiflftie, évesque de Vaôlance ; levèsque deUzàys, delà maison de Sàirict Gelais* tous dei*x gentilshommes 5 M. dé Marillac , evesquë de Vienftë ; M. l'evesque de Bayonne, lymosrn, de la maison de.... et noble, long temps ambassadeur en Allemagne ; et puis Fetesque d'OÏlérori, hiaistre Girard (>); tous sçavafns et grands personnages en tout pourtant.

Ôr, c'est assez parlé de toute ceste race bonne des' Montlucs; si fe*ay fé, avant finir, dette digression sur toy, et diray oomme je diseourois un jour avec un grand éapitaitlë de par lé mottde, et prince, du livre de M. de Mérifluc, lequel m'en dict de grandes louanges, tant dé sa vaillance que<te sa suffisance et defces

beaux eflecte de guerre, le me disant pourtant pai 4

(0 II oublie ici les deux plus connus, Jaqcues Spitame > cveque de Nevers, décapité à Genève, et Antoine Carracciol , évéque de Troyes, cpii se déclara ouvertement protestant^ et dont if a parlé cl -dessus tome I, discôjirs u. (S.)

trop vantard , bien qu'il eust faict plusieurs fautes en ses factions , dont il m'en remarqua deux fort grandes qu'il fitau siège de Sienne: l'une, dequoy il s'y opiniastra jusgues à l'extrémité, que luy ny les siens n'en pouvoient plus, et que certainement c'estoit un acle d'un très vaillant et généreux simple capitaine et soldat, mais non d'un gênerai ny d'un guerrier consideratif et politiq; car, puisque le Boy luy avoit mandé expressément, par M. de La Chappelle des Ursins, d'adviser bien à ne réduire à l'extrémité sa ville, ny au dernier morceau, ny à la discrétion de ses ennemis et perte de* l'honneur et la réputation du Roy (comme luy mesmes confesse avoir failly en cela), il y deyoit autrement adviser qu'il ne fit; car sy M. le marquis et le duc de Florence fussent estez aussy cruels et sanglantz comme ils furent gracieux et courtois, ou qu'il eust eu affaire à de grands capitaines qu'on a veu sévères , rigoureux et poinctilleux, comme un M. de Lautrec et d'autres, ou bjen au pape Jules, vers lequel les Siennois ayant envoyé pour leur capitulation, ils en eurent fort mauvaise responce , leur reprochant leur obstination , et qu'ils se retirassent au duc de FLurence et luy baillassent la carte blanche ; enquoy ne faut doubter que, s'il ne fust mort deux jours après, M. de Montluc et tous les Siennois estoient vendangez ou bien fricassez , quoy qu'il avoit résolu de donner la bataille dans la -ville. Cela est bon, si le marquis n'eust sceu ses nécessitez, famine et pauvretez, et les eust voulu emporter et assaillir de force; mais, les sçachant perdus et à la veille de la faim et de la mort, il n'avoit garde de combattre des gens désespérez qu'il tenoit la corde au col et à sa miséricorde : voylà pourquoy il ne de-

voit se mettre ny luy ny ses gens sy au bas , et eust mieux faict et acquis plus d'honneur advant que combattre la fain; cependant qu'il estoit en force et en vigueur, il de voit capituler ou entre ouvrir quelque parler d'accord, et voyr la composition qu'on luy eust présenté, ou bonne ou mauvaise, et selon cela l'accepter, ou du tout jouera la desesperade, faire une furieuse sortie surl'ennemy, selon l'opinion de plusieurs grands anciens capitaines et modernes, qu'il vaut beaucoup mieux de s'advancer et tenter fortune où elle peut favoriser, que de ne la tenter point, et veoyr devant ses yeux sa destruction toute apparente et certaine. C'estoit ce que devoit faire M. de Montluc, ainsy que fit en ce mesme temps le capitaine Bernardin, corsé, lequel, estant assiégé par André Doriè dans Sainct Florent en Corse, avec d'autres tant François qu'Italiens, et ayans tenus jusques à la totale extrémité de fain et toute nécessité, vinrent à composition avec ledit prince Dorie, qui leur promit toute bonne guerre de bagues et vies sauves, fors au capitaine Bernardin, qu'il vouloit résolument avoir pour* en faire à son plaisir. Ce que Voyant, désespéré de sa vie, il se résolut, avec une trentaine de ses meilleurs et résolus. soldaftz, de sortir les armes en main, et de se sauver ou mourù* bpavément : ce qu'il fit ; car, ayant combattu et forcé trois corps de garde l'un après l'autre, et tué force ennemis, ils eschapperent, bien senglants pourtant et couverts de force play es , et se sauvèrent la plus part où estoit M. de Termes, lieutenant de roy, qui ne peut assez admirer la valleùr et le courage de ces gens de bien. Ainsy devoit faire M. de Montluc, ce me disojt ce grand prince , ou du tout sans venir à

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ce dernier pojnct 4e la nécessite ou dp la miséricorde; car lors qu'on respiroii bien encor bravement il est à présumer que luy et les Siennoiç en eussent obtenu plus advantageuse capitulation , par octrpy de quelque espèce de leur liberté et de J^rs privilèges, ainsy que nioy-mesines je Vay ouy aipsy dire dans §ienae £ plusieurs honnestes seigneurs et daubes d# la ville ; et aussy ' que la loy de la guerre le porte ain$y,4e dpiu&er pljusto$t miséricorde et faire grâce par pitié a^^ perdus ei.pbt^tuz, qu'à ceux qifi sont debput et ont encor l$s armes en main. Certainement , sy M. de Montluc fus* esté assuré de quelques secpurs, pu dç Roy fiV de M. d'Estrozze , cela alloit \À&\ t et ceste opiniâtreté eust porté grand coup, et eust ^sté tr?£ utile et boanorable : mais, en estant désespéré , il falloit se contenter de la raison % et se recoudre qu'une \i\i\p çpmportion, lors quelle es toit à ^nniarché, eust mieux mis à son aise et en liberté cestç honnête republicquje. Nous lisons que ce giraW capitaine Darius, lors qu'il fut envoyé contre 1/es Jetons et Anibrons, au Jieu de les combajttre de prim$ abord, il se retint $oy* contre son naturel ppurUn^ et temporisa, endura force bravades et ipju^es de §€$ ennemis, et force parolles picquaçies d^& âien^ propre» ppUi^qi*oy il n» les menoit au çpfiib^t « Tout beau, teuv dict-il; nous c< ne sommes pas icy ppur gaigner de^ U'ipmphes,, des ce victoires et des gfcdyes particulières* *nais pour spu- « ver la république romaine eji toute l'Italie.» à quoy «/faut plus adviser qu'à yqs dires et généreux cour (c rages ; lorsqu'il faudra donner nous dpmtàron?. » M. de Montluc de mesmçs pe devojt tafct* adviser h sa gloire particulière, qui fast grande, certes, comme à

sauver la république de Sienne par une plus uiille et commode capitulation que celle qui se fit par ampres, plus par pitié quaufereipeut, et inespies après avoir rendu, de si beaux combat* et faict de si belles escarmouches et soustenn force grands assauts, et prinçir pallement celuy du fort de Cajnqiia, où les ennemis furent si bien frottez, et y aya?t perdu deux fois plus de gens que nous. C'estoit alors qu'il falloit parler d'jtf* cord, et, les armes brave* en la main, capituler; ay que l'ennemy possible en fut esté aussy aise tfy entendre que de s'amuser plus au siège, sans plus tenter fortune qy les hazards à si mauvais marché \ et alors ce fust esté le coup de la bonne capitulation : et ce fut ce que M. le mareschal de Tavaaes conseilla, à Monsieur, frère du Boy, ?pr#e la ^atftLUe 4e Monfccwatour» comme j'ay 4ict ailleurs : <* Nnus te* avws bien frotte», « dit-il , à l'heure fokLes la paix*, »

Mais M. de Montluc ne.se voulut contenter de la raison , ains voulut retenter fortune, tant il estait, avide ' d'ambition et de gloire; ainsi qu'il y a eu et a tous les jours de grands capitaines qui ayment mieux un pouce d'honneur pour eux qu'une . coudée de bien et. de gloire pour autruy ; bien contraires à Gatulvs, collègue et compagnes de Alurius eu caste guerre des Cy sobres r lesquels, ayant passé les Alpes et sVstans monstres aux Romains, grands, Juntto, dflraya^ded et horribles, ils en eurent si grand peiut -sur \t passage de la rivière de Lade, sy- qu'As se mirent en fitiite ot (juidarent le camp d'effçoy maugré luy ; si que, voyant on tel désordre , il alla prendra l'enseigne de Faigfa d'entre les mains, de oeluy q*i ta pôrtott, et luy> mesmes marcha devant la portant, afia que la hon|te

de ceste retraicte ou fuitte tombast toute sur luy, non pas sur sou pays, et qu'il semblast que les Romains suivissent leur capitaine et ne fuissent pas. Il repara puis après cette honte, car il gaigna la bataille et les défit, où il eut bonne part de la gloire et victoire avec Marius, voire meilleure.

Il n'y a plus aujourd'huy de ces capitaines qui voudraient rougir et recevoir un tel affront pour le gênerai. Ceux aussy qui ont cogneu M. de Montluc brave et vaillant, et cupide d'honneur, vôudroient bien jurer avefc moy qu'il eust mieux aymé crever de cent mille morts que faire ce traict, et eust plustost choisy de jouer le personnage d'autres braves capitaines romains qui ont osté les enseignes aux fuyards et les ont portées au milieu du plus fort de la meslée et du combat. Il y en a eu, et 6'en trouve tous les jours, une infinité de simples et grands capitaines qui ont choisy et choisissent plustost jce party que celuy de Catulus.

Je vous laisse donc à penser sy M. de Montluc eut toutes ces considérations à se deffaire de son honneur pour en garnir autruy : en tout pourtant il y a du médium; car on peut faire et l'un et l'autre. En quoy s'estonnoit ce prince dequoy le roy Henry ne luy en fist une réprimande, ou bien M. le connestable quand il le vist; car c'estoit un grand capitaine qui consideroit et pesoit bien toutes choses ; et mesmes qu'il ne faut jamais attendre le dernier coup de la fortune adverse , ny de la prospère non plus; car gare le revire marion. Car il falloit, comme j'ay diçt, jouer à la desesperade, sortir et mourir les armes en la main (possible qu'on en eust tué d'eux autant qu'eux des nostres), ou bien capituler de bonne heure.

Venons À la seconde faute , qui est de n'avoir voulu faire la capitulation de la ville, et l'avoir laissé faire à messieurs les Siennois; et s'estonnoit ce prince de son humeur bizarre, scrupule et cérémonie qu'il voulut observer en cela ; car il faisoit tord à son roy et à lu)' qui le représentait, et se devestoit de sa charge pour en vestir messieurs de Sienne; et mesmes qu'estans subjects du Boy, puis qu'ils s'estoient donnez à Itty et les aymoit et les tenoit pour tels, il les faisoit parler et taire le Roy ; il les faisoit composer, et luy son gênerai demeuroit muet; il les rendoit supérieurs, et luy inférieur à eux; bref, il leur rendoit l'honneur qui luy appartcnoit. Et ne fut sans cause que le roy Henry, lors qu'il luy discouroit cette capitulation , luy dict qu'il s'estonnoit que le marquis ne l'avoit defaict à la sortie, inférant par là que ses subjects ne pouvoyent parler ne composer pour luy son lieutenant présent , comme le sceut très-bien dire M. le marquis en faisant ceste capitulation, que ny M. de Montluc ny ses gens n'estoient point aux Siennois, mais au Boy, et n'avoient nul pouvoir de capituler pour eux. Mais M. de Montluc, tout ambitieux de son honneur particulier, respondit qu'il aymoit mieux que les Siennois capitulassent pour luy, et que le nom de Montluc ne s'en trouveroit jamais en capitulation. À quoy M. le marquis sceut très bien respondre qu'il avoit bien rendu en son temps deux forteresses avec la raison; que pour cela il n'en avoit esté repris de l'Empereur, ny moins estimé, et ne laissohse servir de luy en d'honnorables charges.

Mais quoy ! il falloit que ce coup là M. de Montluc se gouvernast par caprice , et se laissast aller à l'am-

6o M. de Momnvc.

bitkm, et à «on honneur ; enquojr il n'observa pas ce qu'il sceut reprocher à M* de Terride après son désastre d'Orte», comme verrez dans son livre, Je rer darguant d'une vaine gloire, que luy, foible, battu et presque deSaict, $e tenait sur le liant bout, et encor à l'eadroiet de celuy qui estait pour luy sauver la vie et l'honneur. Possible, si M. de Montluc ftist esté aussi rempli «en matière d'Estât ci pratàq comme il fat dèspuis , il n eus* pa$ tant brave M. le marquis ootmne M fit. Une autre raison qu'il allégua au roy Henry pour n'avoir capitulé au nom du Roy, fut que orfa luy serfoit beaucoup à ses prétentions qtfil ponvoit tdus jours avoir pour recouvrer encores Sienne. Geste raisofe est fort foiblç ; car, pour avoir perdu Naples et Milan , qu'il allègue, et autres places, soit par forces, par capitulations et traictei de paix, comme le Piedmoot, Savoye, ou autres aocîdens, comme la conté de AossîUon et Nioe, pour cela les droicfcs et prétentions que nosroys y ont dessus ne se perdent t et sont tousjoura sur leurs pieds de les attraper quand ils voudront, en quelque façon que ce soit : car le* plus belles prétentions et plus grands droîcts que tes roy s et des hauts princes souverains ont, sans tant pbinctiller sur la justice ny sur l'honneur , consistent sur la poincte dé leurs espées; et qui a la meilleure il gaigne la' moitié êe la partie, Voire toute bien souvent; et, comme disoit le bon du£ Philippe» de Bourgogne, leri royaumes appartiennent de droict à ceux qtii lés peuvent avoir par / force d 7 araiëfe on autrement : à qfroy sont fort subjels les Gaulois ou François, selon Tite Live, qui dît qu'ils portent feurs drotcts sur la pointe de leurs espees.

Ceste raison donc, allègue de M. de Montluc pour cela, n estoit valide pop pbis que celle de 9a vaine gloire et obsteptatioa; cor çft combien y a il eu de bons , brades et g^anck capitaines qui ont rendu des places par capitulations bien à propos? son* ik este» pour cela d^shonyorea, le moin* dm monde ? ainsy que firent, du temps de 90* pères et de nous x M. de L'EsiGa pour Crémone, M. de Yecttfenesôe pour Come^ messieurs <kLafaHce et AftontpeAacpourFouasaB, le comte San» serre ppur Saint-Ysier, M. de Montmorency pour Therouane , le araor Pietro Cojowio pour Garignan, Gaesar de Naples pour Yulpian; tant d'autoe^ que je laisse pour la briefroté ont ils perdu pour cela Thonaear? faisaient ik capituler les habitant des places? C'e^toient eux qui •> ea leur nom et celuy de leurs maistre* qu'il* représentaient, faisaient le tout comme la rajson. voulait > ce fust esté, autrement une vraye mocquerig et un&grand honte, car c'estoit proprement contrefaire ceu* qui portent des. moumoo& r lesquel* n'osent parler et fc&t parler d'autres.

Certainement, siM^ deMontluc et ses gens ne fussent este au Roy,, à ses, gages ny k sa paye, et que le* Sien- Hoiries y eussent appelles et soldoyez», ou que d'eux mesmes fussent allez à eux comme gens volontaires et mercenaires, comn*e il enadvint à ceux de La Rochelle en leur siège et autres lieux cpie. je nommerais bien, il estoit tae$ raisojft&ablâ que les Siennois parlassent et capitulassent pour eux ; mais là oit le nom. du Roy sonne et Veseoute, il faut, sans aucune considération, que Sa Majesté aille devant , et qu'elle seule se face ouy r, me«ne% p4£iny< uuç si bejje république qpe celte de Sienne, et qu'il- fust dict par grande honneur que ce

62 m. de moktluc:.

fust esté le Roy qui l'etist préservée, par son nom et sa capitulation, d'une totalle ruyne, à laquelle l'extrémité du siège l'avoit réduit, non pas Sienne eust sauvé les gens du Roy tiy son lieutenant, n'estant raison, comme j'ay dict, que les subjects parlassent pour le Roy, et le fissent passer par leurs loix', voulontez et capitulations; ce qui depuis a porté coup, car j'ay y eu dans Sienne aucuns et aucunes de la ville se prévaloir de cette gloire et en faire trophée. Par telle capitulation, et à perpétuité, cela se dira et se lira, à la honte des François, comme j'ay dict cy devant.

Une autre chose que je trouve fort mauvaise, et en laquelle trouva fort à dire ce prince, dequoy M. de Montluc tarda si long temps à chasser tant de bouches inutilles à l'extrémité, et que du commencement il ne les chassast , tant pour avoir mangé leurs vivres inutilement, qui eussent beaucoup servy , que pour les avoir jectez à la boucherie , à la fain , aux coups, aux forcemens de femmes et de filles ; car si du commencement il l'eust faict, avant que l'ennemy eust sarréla ville à l'estroit, toutes ces bouches s'en fussent allez au loing, et eussent cherché et pris party sans aucun danger : et en telles choses , certes, il y a de la conscience et de l'ire de Dieu.

Feu M. de Guy se, à son noble siège de Metz, ne fit pas ainsy, car du premier commencement il y mit si bon ordre qu'il n'y resta que les bouches u tilles. Ce brave prince estoit en tout consideratif, et faisoit bien parestre qu'il craignoit Dieu , qui le favorisa possible plus pour ce subject que pour autre; car et quelle plusgrande pitié pôuvoit on voir, que ces pauvres créatures ainsy exposez à toutes sortes de misères, comme

le livre le dict , et que le roy Henry déplora fort? Messieurs de La Rochelle en leur siège n'en chassèrent aucunes, bien qu'ils fussent près par de là le pain : aussi Dieu les assista, comme là fin s'en ensuivit, jusques là que beaucoup de pauvres gens , et hommes et femmes, qu'on n'eust jamais pensé, mirent la main à l'œuvre et aux armes, et leur Servirent beaucoup, comme j'en parle ailleurs. t

Pour les lansquenetz, de mesmes il les falloit chasser des l'abord, car il voyoit b\en que ce sont gens mutins quand ils viennent à la disette du pain et du vin, et qu'ils sont meilleurs pour la plaine que pour un siège , comme j'en parle ailleurs , qui peurent faire un grand desordre en la ville si l'on n'y eust remédié à leurs despans, car il en mourut beaucoup.

Certes, pour excuser M. de Montluc, ne faut point (butter que sy du commencement il eust eu loisir de mettre ordre à tout cela, il Teust faict, tant ilestoit prévoyant et pratiq capitaine ; mais il ne fut pas quasy arrivé dans Sienne, que le voylà assiégé : sy qu'il n'eut le temps de respirer ny mettre ordre, non pas seulement d'ad viser aux vivres, mais plustost à la guerre. D'advantage sa grande maladye, qui luy dura long temps, le destourna de toutes considérations; encor fit il tout ce qu'il peut, et plus que ses forces n'y basaient, ny que jamais fit Martin à danser, comme l'on dict.

D'une autre chose s'estonna bien fort ce prince, dequoy M. de d'Estrozze ne fistsouvant des courses, ne donnast des allarmes, des camisades, et enlevast des logis, enfonçast des tranchées au camp du marquis , mesmes sur le déclin du siège; dont il en eust eu bon

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marché, car il estait fort harassé et ne bastoit que d'iwie aasle, comme on dict, tant pour la longueur du siège, de la fatigue , dur froid, de* longues veittet et corvées de comhfttz , jusque à la fin ; car bien souvant les munition* failloient à venir, ou bie» fort tard : sy bien que M. d'Estr ofcze , s'il le» eust souvant visitez , esveillei d'allarmes, de eamisades, de forcement de trenchées et enlèvement c^ logb, ayans* estez aénsy cont* battus par le devaafc de» Strozstens^ et de ceux de la ville par le derrière» ils eussent bien so&gée&eux autre* ment qu'ils ne firent, et la capitulation possible sfcn fiist eUe ensuivye meilleure peeur les» pauvres: Siennois; et principalement que lediet sieur Estrozze estoit si près d'eux à Montalsin, et ayant encor assee de jollyes forces , non pour donner bataille, mais para hazer arr&nedita* (*), comme dict l'Espagnol, et fatiguer et importuner Tennemy à le mettre fort bas; car, pour la cavallerie , il estoit aussy fort, ainsy que M. de Montluc le dict. Le marquis n'avoifc que cinquante chevauxlégers, quasy mourons defain et hors des fourrages; M* d'Esfcrosue avoit la belle compagnie de M. de Sipiere, conduittepar ce brave Serillat, et encor avoit quelque autre cavallerie italienne, qui eust fort endommagé l'ennemy : mais rien de tout cela ; sy que l'on eùst dict que vers Montalsin H y avoit suspension d'armes ; dont j'en ay veu fort se mescontenter depuis les Siennois dans Sienne, comme firent ceux de Luçignan en leur siège de M. de La Noue et des Huguenots du dehors , qui ne les assistarent jamais par aydes et moyens tels que je viens de dire : j'en parle ailleurs*

(0 Pour faire des attaques, ( S. )

H. SB MOHTEUC. 6$

Ne faut doubter que d'un costé et d'autre n'y ait eu force raisons pour excuser celles de M. d*Estrozze : M. de Montluc leô dict au Boy. Celles de M. de La Noue, il les a dict très pertinentes à plusieurs, et mesmes à moy ; car, de faute de courage et de valleur, fltà avoit prtu et k revandre.

Je fis au 'siège de La Rochelle l'heure et le four que > s% fussent venus cinq cens chevaux et cinq cens bons harquebuziers, mesrties sur le déclin, ils eussent bren estonné le monde.

Or, pour fin tte ce discours, M. de Montluc a esté nn trefe grand, brave et bon capitaine dé son temps ;. et il le faisoit beau ouyr parler et discourir des armes et de la guerre, ainsy que j'en ay faict l'expérience ^ moy ayant esté sur la fin de Ses jours un de ses grand* gouverneurs, et mesmes au siège de La Rochelle , et à Lyon, lofs qu'il fiit faict mareschal de France. J'estais fort sotivant avec luy et m'aymoit fort, et prenoit grand plaisir quand je le mettois en propos et en train, et luy feisois quelques demandes de guerre ou autres choses; car je ne suis jamais esté sy jeune que je n'aye tousjours &ê fort curieux d'apprendre; et luy, me voyant en ceste volonté, il me respondoit de bon cœur et en beaux termes, car il avoit une fort belle eloquanoe militaire, et meu estimoit davantage. Dieu ait son &me. Notez sut* cette fin de discours que ce grand prince allégué n'en a tant dict que moyi

BIÀKtOME. T. 3.

£ô DIGRESSION SUR LB MâRESCBAL DE BIÉ.

SUt LE MARE^CBAL DE BUfc. -- -

Monsieur de M ontluq,, en »J* recoipg.de seç 4#*?~ moitw , parlant de la guerre de Boullongoe e( comté d'Oye , parle en bonne façon de M* le ttrajreschftl du Bié , et gtesmea lors q w , voyaut une fcjs sa cavelleri.e. faire mal et abandonner l'infanterie, il mit pied h terre* tout mareschal qu'il estait, et aveeques une piçqa* au poing se me( à la teste pour l'assister et courir sa fortune. Ce diâcews est geatûnei* escrit de M. de Monfrlue. Ce bon et brave chevallier avoijtbieiibeseiiig d'un» tel escrip* afc publàeweirt de sa yertu et valeur, car il a e»*é peu favorisé de.cgu* qui ont eseript de son temps; je crey que oe fut pour La< disgrâce qu'il eut à - auue de la redfâan & Boutogpe par se** gendre : et djsoit on Ions qu' ji fttf esté Jqy xaesmes en grand pey 11e * sms qu'on eut esgard fc son honnorable vieillesse et. à ses services pas*** j. moi» sur tout ,. disait on , le Roy luy «ireit, feict. grâce, d'autart qtfil ayoit c^ta fajct cbevalliec de s* main, eomjne le roy $on grap4 père de celte de M, de Bayardv Ce ue fust pas esté bea* au Roy ay so» pareil* eu$t. esté treiitô de cette façon, i si- Ait il condempw à une prison,, voire k 1% TOrt» disent aucuns. On disoit qu'on luy avoi* faift.tPfdr Jft m'en rapporte à ce qui en est ; mais il avoit esté en son temps un noble chevallier : la succession qu'il receut de M. de Bayard en fit quelque preuve, car le roy François, après sa mort, luy donna lamoictiéde la compagnie de cent hommes d'armes de M. de Bayard. C'est

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