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pour son frère } mais il partait à luy plus souvent descouvert que couvert (0, et l'autre se mettoit très bien à son aise , car il faisoit grand froid. Mais deux mois après on vist bien un autre reviremarion de for* tune (*).
Cette conjuration d'Amboise fut le principal sujet de sa prison; carie Roy sestoit imprimé si bien cette opinion, que si elle eust pris fin qu'il eust passé le pas comme messieurs $e$ frères, et de Guyze, et autres, et qu'il se fust fort bien mis en son siège royal, ce disoit on; car il estoit de cœur haut et ambitieux, et qui ayrnoit plus une royauté qu'une pri ncipauté. Et pour ce, des lors ne le tint on jamais pourtant plus religieux qu'ambitieux.
Et ce qui l'aveugla plus en son ambition, ce fut aux premières guerres civiles, quand il se vit quasy commander à la moitié de la France, morceau très friand que M. l'Admirai, sou ottcle, lui avoit très bien préparé. Et ce Ait ce que dit un seigneur de par le monde ; « Le diable y ay t part , qu'un tel en est le « chef; car je cognois son humeur. S'il a mis une fois « le nez dans cette petite forme d'empire, jamais il ne «s'en despartira, et troublera tous jours la France « pour entretenir sa grandeur. Il nous seroit meilleur
'»•) Si M. de Voltaire avôit vu cet endroit de Brantôme, il n'auroit pas dit, p. m. 161 de son poème de la £i$*e, où il rapporte quelqme chose d'approchant que M. Jurieu a avabcé, qu'il ignore où ce mi-» nistre a pu déterrer ce fait, qui, comme on voit, n'est que le récit de Brantôme un peu brodé. (L. D. )
( a ) Revers de fortune» Cette expression vienk apparemment de quelque danse villageoise, où Marion, qui d'afrocd vipoit son danseur, étoit par lui revirée « son tour. Brantôme j'en est servi plus d'une fois. ( L. D. )
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« que le seul M. l'Admirai s'en meslast, car il a l'ame » plus douce , plus capable en tout que l'autre. »
Il devifct en telle gloire, qu'il fit battre monnoye d'argent (0, avec cette inscription àl'entour, comme un souverain : Louys treisiesme, rot de France 5 laquelle monnoye M. le connestablé, retenant tous jours de cette bonne paste ancienne, tout en collere, représenta à une assemblée générale qui fut faicte au conseil du Roy Tan 1567 , le 7 jour d'octobre après midy, au Louvre. On en détesta fort et la monnoye et la subscription. Je ne sçay s'il est vray, mais il s'en dîsoitprou en la chambre du Roy et de la Reyne, Voyre en la basse court.
Une autre ambition le saisit : lors que le duc d'Albe passa vers Flandres, M. le prince, avec d'autres, remonstrerent au Roy que, puis que l'Espagnol s'armoit, il falloit aussy s'armer et border la frontière de gens de guerre , comme portoit l'ancienne coustumc ; et ce fut lors qu'on envoya faire la levée de six mille Suisses, qui vindrent après : et quoy qu'on die et treuve l'on en escrit, ce fut M. le prince et les Huguenotz qui premiers cryerent après cela, car j'estois lors à la Court, et ceux qui l'ont escrit possible ne le sçavoient-ils pas mieux que moy.
Et sur cet arrivement M. le prince ne chauma pas de bastir pour soy , car il gaigna sy bien M. le connectable, son grand oncle de par sa femme, qu'il luy con-
(0 D'autres disent des écus d'or. Aussi vrai l'un que Fautre , et vraie calomnie inventée par les Jésuites. Voyez le Plaidoyer de M. Antoine Arnaud contre eux en 1594. t. 6. p. m. 164 des Ment, de la Ligue. M. Le Blanc , dans son Traité des Monnoies , dit avoir vu à Londres nn "de ces prétendus écus d'or. ( L. D. )
M. LE PRIJVCE DE C0HDÉ. 3l7
sentit la lieutenance-generalle en France sy le Boy la luy vouloit donner : et bien à propos la demandoit il au Boy pour eistre gênerai de ceste armée qu'on vouloit nouvellement faire dresser vers le duc d'Albe.
La Beyne, mère du Roy, point contente de cette ambition nouvelle d'icelle lieutenance generalle, elle qui aymoit fort Monseigneur, frère du Roy, depuis nostre roy Henry III, et qui voyoit et desiroit qu'à luy cette charge appartenoit, et à luy seul devoit escheoir, bien qu'il fust encor jeune (mais il ne demeura pas sept mois après de l'avoir), en donna advis à M. son fils, et l'emboucha et l'instruisit sy bien (et Dieu sçait de quelle main et bouche de bonne maistresse! ), qu'un soir en la salle que ladite Reynesouppoit à Sainct Germain des Prez, il me souvient fort bien que M. le prince y estant venu, Monsieur le prit et le menaenun coin où il parla bien à luy, et des grosses dents (comme on dict), et le reprit de son outrecuydance d'oser et vouloir prétendre sur la charge qui luy estoit deue; et que, s'il s'en mesloit jamais, qu'il l'en feroit repentir et le rendroit aussy petit compagnon comme il vouloit faire du grand.
Tant d'autres propos luy dict il (car il le tint long temps) que nous n'oyions point, car nous autres qui estions à luy nous nous en tenions de loin; mais nous voyions bien qu'il luy parloit de hautes parplles et de grande braveté , ores tenant son espée sur le poumeau fort haute , ores faisant semblant de taster à sa dague , ores enfonçant et ores hauçant son bonnet ; et bref, nous cogneusmes en luy une contenance fort bravasche et altiere, et telle que depuis, bien qu'ayons veu en mille endroicts une très bonne façon en luy , jamais aucuns
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qui estions là ne la récongneusmes si belle et asseurée. Nouttvismes bien au$sy M. le prince tousj ours descouvert et parler doux , à don geste ; et la Reyne ayant acheva de soupper^ ce jeu se desmesla, qu'elle sceut bien au long par M. son fils , qu'elle en ay ma davantage, et pute de M. le prince, qui en fit quelque plainte; mais elle ne s'en soucia. Et M. le prince aussy ne la fit guieres longue à la Court et s'en alla, et non sans la garder bonne à mondict seigneur, car au bout de trois moi* et demy la journée de Meaux fat dressée : et voylà d'où en fut la première source, que beaucoup ne sçavent pus et la couvrent sur la religion, comme fait M* éf La Noue; car possible ne sçavoit il pas ce que je vis.
Monsieur aussy , ayant sceti que cette partie avoit esté autant faicte pour luy, voire plus, que pour le Roy, la luy garda aussy meilleure) car, ayant esté faict lieutenant gênerai du Roy après la mort de M. le connestable , il ne cessa jamais qu'il n'eust raison dudict prince, qu'il hayssoit à mal mortel et plus que tous les Huguenots ; car il ne tint à luy que la bataille ne se donnast à Nostre-Dame de l'Espine. Il ne voulut point aussy la paix, sinon pour attrapper ledict prince en sa maison des Noyers en Bourgoigne, comme il la faillit belle.
Aux troisièmes troubles il l'agassà et pressa de tant de petits combats et escarmouches, qu'enfin il le mena à la bataille qui fut donnée vers Jarnac et Bassac , où ce prince vint fort résolu et en très brave et vaillant combattant, mai» pourtant fâché d'y venir, soit qu'il congneust son heure ou son desadvantage ; et pour ce en y allant il dicfc que, puis qu'on avoit faict un pas de